Bulletins

Au jour le jour, juin 2011

Inondation du printemps sur la rue du Boulevard en 1945.

Cet été, j’irai au Vieux Marché
Depuis plusieurs mois, les membres du conseil d’administration ont multiplié les efforts afin de vous offrir, ainsi qu’au grand public, des activités estivales qui devraient vous inciter à venir faire un tour dans le Vieux La Prairie. Comme vous pouvez le constater dans les lignes qui suivent, il y en aura pour tous les goûts : Dans le cadre des célébrations entourant le 175e anniversaire du premier chemin de fer au Canada, nous vous proposons, en collaboration avec Exporail le Musée ferroviaire canadien, une exposition sur les métiers du rail. Le 22 juillet à 19 h 30 au complexe Saint-Laurent, conférence donnée par M. Stéphane Tremblay sur le premier chemin de fer au Canada. Venez expérimenter un parcours de géocaching en petit groupe ou en famille. Nos guides sont disponibles du mardi au dimanche à 10 h et à 14 h pour des visites guidées du Vieux La Prairie. Les vendredis 29 juillet, 5 et 12 août ne manquez pas une des représentations de l’activité théâtrale très courue, Marcher dans l’ombre du passé. Août sera le mois de l’archéologie avec L’archéo, j’en mange ! Venez observer des artefacts recueillis lors des nombreuses campagnes de fouilles archéologiques dans le Vieux La Prairie. Le 20 septembre à 19 h 30 à l’église de la Nativité, conférence sur les églises de La Prairie afin de souligner le 170e anniversaire de l’église actuelle.   À n’en pas douter, l’été sera beau et chaud dans le Vieux La Prairie. ...
La SHLM au congrès sur l’Amérique française
Du 20 au 22 mai dernier avait lieu à Montréal le premier congrès sur l’Amérique française organisé conjointement par la Fédération Histoire Québec, la Fédération québécoise des Sociétés de généalogie et la Société franco-ontarienne d’histoire et de généalogie. Pendant trois jours, ce congrès a su offrir une foule d’activités autour du thème de l’histoire de la francophonie en Amérique. Sept membres de la SHLM y représentaient notre organisme à divers titres. Outre la participation aux assemblées générales respectives des deux fédérations québécoises, de nombreuses conférences et activités étaient proposées aux congressistes. Voici, en quelques lignes, le résumé de trois d’entre elles : « Évangéline, héroïne québécoise », conférence de M. Joseph-Yvon Thériault, professeur de sociologie à l’université du Québec à Montréal. Par Marie-Hélène Bourdeau Lors de cette conférence, M. Thériault expliqua comment trois groupes culturels différents se sont appropriés ce poème de quatre-vingt pages écrit en 1847 par Henry Wadsworth Longfellow. Le poème original racontait l’histoire d’Évangéline et de Gabriel, séparés lors de la déportation des Acadiens. Par la suite, Évangéline va voyager à travers les États-Unis, à la recherche de son amoureux, pour finalement s’établir à Philadelphie. C’est là qu’elle retrouvera Gabriel qui mourra dans ses bras. Évangéline décèdera au même endroit quelques années plus tard. Les Américains furent les premiers à s’approprier le poème et les personnages et firent d’Évangéline un des poèmes les plus vendus de tous les temps. Par la suite, les Acadiens réclamèrent cette histoire comme étant la leur. Dans la version acadienne, Évangéline et Gabriel se retrouvent et meurent en Acadie. Finalement, les Cajuns de Louisiane se sont aussi identifiés aux héros de cette histoire. Un auteur a repris l’histoire en se basant sur un couple ayant réellement existé, renommant les personnages et terminant leur histoire tragique en Louisiane. « Les Canadiens-français et la guerre de Sécession » conférence de M. Jean Lamarre, professeur titulaire au département d’histoire de l’université de Kingston (Ontario). Par Jean L’Heureux J’ai eu l’occasion de participer à un fascinant atelier portant sur un sujet méconnu du public : la participation des Canadiens-français à la Guerre de Sécession entre 1860 et 1865. Ces derniers ont représenté environ 1,3 % des effectifs de l’armée du Nord (Union) soit 15 000 soldats. La motivation des Canadiens-français qui s’enrôlaient dans l’armée de l’Union était essentiellement d’ordre économique : le Nord avait besoin de soldats et la solde était bonne. Nos compatriotes ont cependant acquis une réputation peu enviable : celle d’avoir obtenu le plus haut taux de désertion, surtout vers la fin de la guerre alors que les combats étaient des plus meurtriers. Ces désertions en grand nombre peuvent s’expliquer par le fait que les Canadiens-français se battaient pour défendre une cause qui n’était pas la leur. Excursion à la maison Saint-Gabriel Par Stéphane Tremblay Le dimanche 22 mai, après la messe à la basilique Notre-Dame, je me suis rendu avec une vingtaine d’autres congressistes à la ferme Saint-Gabriel pour notre excursion de l’après-midi. Située en plein coeur du quartier Pointe-Saint-Charles, la maison Saint-Gabriel est tout ce qui reste de l’immense domaine agricole qui s’étendait jadis du pont Champlain au pont Victoria et qui avait été, en 1688, concédé à Marguerite Bourgeoys et aux soeurs de la Congrégation de Notre-Dame par le sieur de Maisonneuve. Arrivée à Ville-Marie avec la Grande Recrue de 1653, Marguerite Bourgeoys voulait enseigner aux petites Amérindiennes et aux enfants des colons. Après avoir fait l’école dans une étable de la rue Saint-Paul, Marguerite Bourgeois se fit concéder la terre de François Leber, qui ira s’établir à La Prairie par la suite, et sa maison de ferme qui, en plus d’accueillir les soeurs de la Congrégation de Notre- Dame, servira aussi à loger les Filles du Roy entre 1668 et 1673. La maison Saint-Gabriel est devenue un musée en 1966 et sa mission est de décrire les conditions de vie des colons en Nouvelle- France à la fin du 17e siècle. Une visite à ne pas manquer pour tous les amateurs d’histoire. ...
Bouillon de nouvelles
Une maison menacée ? La maison et la terre sises au 2825, chemin de Saint- Jean ont récemment été vendues. La demeure de briques moulées en panneresse aurait été construite vers 1850. On notera sur la photo ci-jointe le toit à larmiers recouvert de tuiles métalliques imbriquées et les briques posées en soldats sur les linteaux. L’acheteur, qui est un promoteur immobilier, devant se soumettre aux nouveaux règlements concernant les installations sanitaires, pourrait éventuellement être tenté de démolir la demeure puisqu’il n’a pas l’intention de l’habiter. Voilà un dossier à suivre de près.   Le club nautique de La Prairie M. Marcel Moussette, archéologue, nous a transmis ce petit texte qui lui a été envoyé par son ami l’historien Jean Provencher. « Le bal masqué de samedi soir au club nautique de Laprairie a été couronné d’un succès sans précédent. Une foule d’étrangers, parés des costumes les plus sélects et de meilleur goût, y ont pris part. C’était merveille de voir tous ces jolis couples se dessiner à travers les parures éclatantes de la salle du club. L’orchestre Ratto avait été chargé de la partie musicale. Il a servi les danseurs à souhait, et charmé les oreilles des nombreux spectateurs. À minuit, eut lieu le grand Cake Walk, puis les masques tombèrent à la grande hilarité des assistants qui ne s’étaient pas reconnus sous leur déguisement. Bref, la soirée a été des plus charmantes, ce qui fait honneur aux organisateurs de cette jolie fête. Le club nautique de Laprairie, fondé en 1875, est le plus ancien club de ce genre dans les alentours de Montréal et a fait beaucoup de bien au village de Laprairie. » La Patrie, 25 juillet 1898 Autour de 1900, un peu avant, un peu après, le Cake Walk était très à la mode à Montréal et à Québec.   Sacrés pigeons ! Au cours du printemps, une firme spécialisée a dû intervenir dans le lanterneau le plus élevé du clocher de l’église de la Nativité afin de refaire le grillage qui empêche les pigeons de s’y installer. Le clocher renferme depuis plusieurs années des antennes servant à la transmission des appels par téléphones portables ; on aura facilement compris que, dans le clocher, les fientes et les télécommunications ne font pas bon ménage. La qualité de l’eau… au club nautique Le texte suivant, tiré du procès-verbal de la réunion du conseil municipal de La Prairie du 8 juin 1896, nous permet de soupçonner que si la fête menait bon train au club nautique, on ne s’y baignait pas dans une eau très propre. Autre temps, autres préoccupations ! « Joseph A. Beaudry inspecteur du conseil d’hygiène de la Province de Québec déclare que l’aqueduc qui fournit l’eau à la population du village est dans de très mauvaises conditions sanitaires. Le conseil considère que ce rapport est exagéré mais décide d’y voir. M. le Dr Brisson suggère qu’il serait très opportun d’avoir un dépotoir pour déposer tous les vidanges et saletés et propose secondé par M. Bourassa il est résolu unanimement que ce dépotoire soit situé et établi à l’extrémité sud ouest de la rue (?). Il est aussi question de faire creuser une espèce de fossé sur l’ancien quai de l’Aigle (ce quai était situé vis-à-vis l’actuelle rue Saint-Henri, donc en amont du club nautique) afin que les égouts qui se déchargent en haut de ce quai puissent être emportés plus facilement. » […] Bonne baignade ! ...
Nouvelles SHLM
Vente de livres usagés Mise en place par un noyau de fidèles bénévoles, notre vente annuelle de livres usagés, d’une durée de trois jours, a connu cette année encore, un énorme succès. Les fonds recueillis serviront à la réalisation de divers projets au sein de notre organisme. Merci à tous les acheteurs de livres ainsi qu’à l’équipe du tonnerre qui a oeuvré durant des mois afin d’assurer le succès de cette activité. Nous vous disons, à l’an prochain !   Bénévolat étudiant Durant le mois d’avril, deux étudiants de l’école de La Magdeleine ont donné chacun douze heures de bénévolat à la SHLM dans le cadre de leur projet personnel d’implication communautaire. Ils ont travaillé à indexer quatorze périodiques dans le logiciel Bibliotek. Grâce à leur travail, le contenu en histoire et en généalogie de ces périodiques, tout comme pour les livres, sera accessible via une recherche dans le logiciel Bibliotek. Durant l’été, nos guides étudiants termineront le travail.   Guides étudiants Grâce à une subvention d’Emploi été Canada la SHLM profitera des services de trois guides étudiants au cours de l’été qui vient. Ce sont Stéphanie Guérin, Marie-Pier Davies et Charles-Éric Saint-Louis Dupuis. Nous leur souhaitons un bien bel été.   Nouveaux membres La SHLM est fière de souhaiter la bienvenue à ses nouveaux membres : 444 René Demers 445 Alain Poupart 448 Yves L’Heureux 450 Colette Surprenant 451 Ginette L’Écuyer-Plante 452 Michel Plante 453 Juliette Montreuil 454 Ann Johnson Anderson 455 Alexandre Saint-Onge Perron ...
À propos du bulletin
Éditeur Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine Dépôt légal 2002 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 1499-7312 COLLABORATEURS : Coordination Gaétan Bourdages Rédaction Gaétan Bourdages Marie-Hélène Bourdeau Jean L’Heureux Stéphane Tremblay Révision Robert Mailhot Design graphique François-B. Tremblay www.bonmelon.com Impression SHLM Siège social 249, rue Sainte-Marie La Prairie (Québec), J5R 1G1 Téléphone 450-659-1393 Courriel [email protected] Site Web www.laprairie-shlm.com Les auteurs assument l’entière responsabilité de leurs articles. Desjardins Caisse La Prairie commandite l’impression du bulletin Au jour le jour. ...

Au jour le jour, mai 2011

Gravure provenant de chez Exporail, le Musée ferroviaire canadien

Invitation à nos membres
Le 15 mai prochain à 14 h, aura lieu le lancement de la première édition en quatre volumes des répertoires de baptêmes, mariages et sépultures de la Nativité de La Prairie. L’évènement se déroulera à l’étage du 249, rue Sainte-Marie dans le Vieux La Prairie. Cette édition est principalement due au travail acharné de M. Jean L’Heureux, un généalogiste de grande expérience. Tous les membres de la SHLM sont invités à se joindre à ce grand moment de la vie de notre Société. Nous vous prions de confirmer votre présence auprès de notre coordonnatrice, Mme Marie-Hélène Bourdeau, au 450-659-1393 ou, par courriel : [email protected] ...
Anecdotes généalogiques
Les recherches généalogiques sont passionnantes et souvent pleines d’aventures et de situations imprévues. Comme on ne choisit pas ses ancêtres, il arrive que l’on fasse à l’occasion des découvertes étonnantes ou encore que l’on s’arrête sur des situations amusantes comme celles que nous présentons dans ces pages. Ah la vache ! Par Gaétan Bourdages Selon les registres paroissiaux, une tante, qui aura bientôt 92 ans, fut baptisée du nom de Marie Pauline Jacqueline. Or, il y a quelques années, je lui fis remarquer que, selon la coutume, elle aurait dû être prénommée Jacqueline et non Pauline comme ce fut le cas. Comme j’étais avide d’en savoir davantage, elle me fournit l’explication qui suit. Lorsque, au retour du baptême, ma marraine apprit à mon grand-père Gédéon que j’allais m’appeler Jacqueline, il eut la réaction suivante: « On a déjà une vache qui s’appelle Jacqueline, yé pas question que la p’tite porte ce nom-là, elle va s’appeler Pauline. » Nul n’osa contester la sentence.   Des années difficiles Nos ancêtres ont connu des époques bien difficiles. Il y a un siècle, dans les campagnes québécoises, les mortalités à la naissance étaient fréquentes. Les enfants mort-nés étaient nombreux et, lorsque le médecin accoucheur devait choisir entre sauver la vie de la mère ou celle de l’enfant à naître, l’Église l’obligeait à préserver d’abord la vie de l’enfant. Malgré cela, Trefflé Houle, mon arrière grand-père maternel, racontait en 1920 alors qu’il était âgé de 71 ans, qu’il avait eu 11 enfants et qu’il ne lui en restait plus que quatre vivants. La demande en mariage Le second mariage de mon arrière arrière-grand-père Octave eut lieu suite à des circonstances particulières. Âgé de 18 ans, son fils Gédéon lui demande la permission de se marier. Octave, son père, accepte à la condition qu’on respecte la coutume du temps qui voulait que le père du futur époux aille faire la grande demande au père de la future mariée. Octave se rend donc chez M. Ratté pour lui demander s’il consent à donner sa fille en mariage, mais sans préciser à qui elle est destinée. Le père Ratté accepte d’emblée, croyant que sa fille épousera le jeune Gédéon. Il demande ensuite à sa fille Annabella si elle accepte de se marier. Elle dit oui. Octave, fier du quiproquo, part aussitôt rejoindre son fils Gédéon dans la voiture et lui fait comprendre que la fille et le père avaient dit oui mais que c’était pour lui, Octave, que la demande avait été faite : « J’ai fait la grande demande et elle a accepté de m’épouser, tu es jeune et tu vas avoir moins de misère que moi à t’en trouver une autre. » Gédéon attendit donc presque un an avant de marier sa première épouse. Une décision irrévocable Par Jean-Marc Garant Dans un petit village de la Gaspésie de la fin du 19e siècle, Napoléon, le grand-père de la première femme de mon père devint veuf. Dans ce même village, une dame Adélina Babin, mère de deux jeunes enfants, était en deuil de son premier époux depuis seulement quelques semaines. La soeur de cette dernière qui travaillait dans une filature à Manchester, en Nouvelle- Angleterre, l’invita à venir la rejoindre afin de travailler dans la manufacture avec elle. On trouverait bien quelqu’un pour s’occuper des enfants. Quelque temps plus tard, le père de Napoléon et celui d’Adélina se rencontrent sur le perron de l’église, après la messe du dimanche, et conviennent de se revoir pour discuter du mariage de leurs enfants respectifs. En fin d’aprèsmidi, les deux hommes se retrouvent donc dans le salon chez les Babin. On fait venir Adélina et son père lui dit : « Je te présente Napoléon Garant qui est veuf et demain matin tu le maries. » Adieu Manchester et ses filatures, ils se sont mariés le lundi matin. Ils vécurent heureux et eurent cinq enfants. ...
Anecdotes généalogiques (suite)
Les deux beaux-frères Par Stéphane Tremblay Mon arrière-grand-père, Napoléon Tremblay, a eu deux filles de son premier mariage avec Ozine Hébert : Maria-Anna-Lumina (née à Sainte- Cunégonde le 23 août 1882) et Marie-Ozia-Délia (née à Sainte-Cunégonde le 25 janvier 1884). Suite à l’acquisition de sa terre à tabac (donation de l’oncle d’Ozine Hébert à Napoléon) en 1887, toute la famille déménage à Saint-Jacques-de- L’Achigan dans le comté de Montcalm en 1888. Maria-Anna-Lumina épouse Horace Leroux, beurrier et cultivateur de Saint-Césaire, le 24 novembre 1903 à Saint-Jacques-de-L’Achigan où le couple s’établit. Marie-Ozia-Délia épouse Adélmard Hogue (tailleur de la paroisse Sacré-Coeur de Montréal), le 14 janvier 1908 à Saint-Jacques-de-L’Achigan. Au recensement de 1911, le couple habite rue Plessis à Montréal dans la paroisse Sacré-Coeur. Les deux soeurs vont mourir dans la fleur de l’âge à quelques années d’intervalle : Maria- Anna-Lumina meurt à Saint-Jacques-de- l’Achigan le 18 juillet 1908 et sera inhumée au même endroit deux jours plus tard. Quant à Marie-Ozia-Délia, elle meurt à Montréal le 1er juin 1913 et sera inhumée à Saint-Jacques-de- L’Achigan le 4 juin. Voici le point central de mon anecdote : les deux beaux-frères (Adélmard Hogue, le tailleur, et Horace Leroux, le cultivateur) se retrouvent veufs et, dans un élan nostalgique et ne voulant pas se perdre de vue, vont épouser successivement deux autres soeurs célibataires. C’est Horace qui donne la mesure en 1909 et Adhélmar suivra le pas en 1914. Après 11 mois de veuvage, Horace Leroux épouse Juliette Dugas (fille de Joseph Dugas et de Valérie Morache) à Saint-Jacques-de-L’Achigan le 22 juin 1909. Après 7 mois de veuvage, Adélmard Hogue épouse Gabrielle Dugas (fille de Joseph Dugas et Valérie Morache) à Saint-Jacques-de- L’Achigan le 14 janvier 1914. La veuve joyeuse Par Marie-Hélène Bourdeau Marie Madeleine Fiset est née vers 1671, probablement dans la région de L’Ange-Gardien. Elle épouse Étienne Boutin le 27 janvier 1687. Aucun enfant ne naîtra de cette union. Onze mois plus tard, le 27 novembre 1688, elle épouse Michel Bounilot ; ils auront une fille, Marie Madeleine. Le 16 juillet 1690, à Saint-Anne-de-Beaupré, elle épouse en 3e noce Mathurin Martineau dit Saintonge ; ils auront 6 enfants. En mai 1708, elle met au monde Marie Ursule, fille de Benoît Duhaut, avec qui elle n’est pas mariée. Le 11 juin 1708, elle épouse Pierre Hély avec qui elle vivra jusqu’au 3 août 1711, jour de son décès. Elle aura une fille de ce mariage, Thérèse. Marie Madeleine Fiset était la troisième épouse de Pierre Hély, qui se mariera deux autres fois par la suite. Marie Madeleine aura donc eu quatre époux et une enfant illégitime. Pierre Hély, son dernier mari, aura eu cinq épouses. Frérot et soeurette Le premier octobre 1823, à l’Immaculée-Conception de Trois-Rivières, se sont mariés Isidore Hélie et Angèle Hélie après avoir reçu de l’évêque une double dispense de consanguinité au deuxième degré ainsi que la dispense de la publication des trois bans. Le père d’Isidore était le frère du père d’Angèle et la mère d’Isidore était la soeur de la mère d’Angèle. Isidore et Angèle étaient donc des cousins germains qui avaient en commun quatre grands-parents au lieu de deux. Le droit canon requiert une dispense de consanguinité pour les mariages entre parents de 4 degrés et moins. Les dispenses pour les liens aux 3e et 4e degrés sont accordées par les évêques ; les dispenses pour les liens au deuxième degré sont consenties par le pape ; les mariages entre deux personnes ayant un lien au 1er degré ou un lien en ligne directe sont interdits. Il existe aussi des dispenses pour affinité. Lorsqu’un mariage a lieu, les parents d’un conjoint sont considérés comme le père et la mère de l’autre conjoint. Lors d’un remariage, les liens entre un individu et la famille du conjoint décédé sont identiques aux liens avec sa propre famille et une dispense pour affinité doit être obtenue. Pour ce qui est des parrains et marraines, ils sont considérés comme les parents de l’enfant, avec les liens qui s’ensuivent. L’affinité spirituelle signifie que l’un des deux époux, ou les deux époux, a déjà été avant ce mariage parrain ou marraine lors du baptême d’un enfant de l’un des deux époux dans un précédent mariage. Pour se marier ensemble, il leur faut alors obtenir une dispense pour affinité spirituelle. Né plus tard ! Par Solange Lamarche Tout généalogiste doit faire preuve de prudence en consultant les différentes banques de données. On y trouve parfois des erreurs cocasses comme celle qui suit : François Couturier est né le 11 et a été baptisé le 12 février 1789 à La Prairie. Il était issu du second mariage de François Couturier avec Marie Lachaîne qui avait eu lieu à Saint-Eustache en 1788. Or, dans la banque de données informatisées, on indique par erreur que François Couturier est le fils né du premier mariage de François Couturier et de Marie Lirette. Or Marie Lirette étant décédée à Pointe-Claire le 23 avril 1783, il est très peu probable qu’elle ait été la mère de François. ...
Pèlerinage à l’Oratoire
M. Gilles Lussier m’a raconté que, durant la décennie 1940 et peut-être avant, des hommes de La Prairie organisaient à chaque printemps, lors de la fête de Saint-Joseph, un pèlerinage à pied vers l’Oratoire. Bien que nous ignorions l’origine de cette randonnée annuelle ainsi que la date du dernier pèlerinage, la tradition mérite d’être soulignée. Compte tenu du climat et de la distance, cette marche ne devait pas être de tout repos. Il fallait compter au moins 22 kilomètres, dont 10 km d’ici au pont Victoria, pour se rendre dans ce lieu de culte très fréquenté à l’époque et encore de nos jours. Si l’on considère qu’une troupe peu aguerrie à la marche progresse à environ 4 km/heure, compte tenu de la fatigue et de quelques arrêts, on devait marcher pendant près de sept heures avant d’arriver à destination. Afin d’assister à la première messe du matin, on s’obligeait à quitter La Prairie vers 22 ou 23 heures le 18 mars. Entre La Prairie et Saint-Lambert, quelques individus se joignaient au groupe en cours de route. Mars étant un mois capricieux marqué par d’importants écarts de température, les conditions de marche n’étaient pas toujours idéales. À titre d’exemple, dans la nuit du 19 mars 1948 la température s’est maintenue autour de – 2º C alors qu’au cours de la journée il a fait 10º C et il est tombé 19,3 mm de pluie. Malgré la longueur du parcours, il n’était nullement question d’apporter une collation à consommer en cours de route ; les règles en vigueur à l’époque exigeaient que tout communiant soit à jeun depuis minuit. À destination, après la messe dédiée à Saint-Joseph, épuisé après cette longue nuit, on allait prendre un bon repas avant le retour à La Prairie. Les mieux entraînés revenaient à pied mais ils devaient être rares. Parents et amis ramenaient les autres en voiture. Cette aventure collective témoigne d’un esprit de ferveur et d’une piété qui, pourtant répandus dans le Québec de l’époque, étaient rarement aussi manifestes chez la gent masculine. ...
01 Jan 1970
Notre prochaine conférence: L’histoire de l’architecture en Nouvelle-France
À propos du bulletin
Éditeur Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine Dépôt légal 2002 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 1499-7312 COLLABORATEURS : Coordination Gaétan Bourdages Rédaction Gaétan Bourdages Marie-Hélène Bourdeau Jean-Marc Garant Solange Lamarche Stéphane Tremblay Révision Robert Mailhot Design graphique François-B. Tremblay www.bonmelon.com Impression SHLM Siège social 249, rue Sainte-Marie La Prairie (Québec), J5R 1G1 Téléphone 450-659-1393 Courriel [email protected] Site Web www.laprairie-shlm.com Les auteurs assument l’entière responsabilité de leurs articles.  Desjardins Caisse La Prairie commandite l’impression du bulletin Au jour le jour. ...

Au jour le jour, avril 2011

Gravure provenant de chez Exporail, le Musée ferroviaire canadien

Assemblée générale annuelle
Dix-sept membres étaient présents lors de notre assemblée générale de mars dernier. Le petit nombre de participants n’a réduit en rien la qualité des échanges et les discussions se sont poursuivies assez longuement. Plusieurs suggestions ont été faites au sujet du brunch annuel qui attire trop peu de nos membres. Seul à avoir soumis sa candidature, M. Albert Juneau a été élu au C.A. et, aussitôt après l’assemblée, les membres du C.A. ont coopté M. François-Bernard Tremblay qui occupera le poste de trésorier.   Avis aux intéressé(e)s, il reste encore un poste à combler au sein de notre C.A. ...
De nouveaux outils pour une recherche généalogique
Curieux de connaître la vie quotidienne de mes ancêtres Tremblay, je me suis mis à la généalogie à l’été 2007. Je me suis retrouvé face à un véritable travail d’enquête et j’étais loin d’imaginer la complexité de ces recherches. Voici, en quelques lignes, le fruit de trois années de travail. Débutons par une mise en contexte. Mon arrière arrière-arrière-grand-père René 1 Tremblay a quitté Baie-Saint- Paul vers 1820 pour s’établir dans la région de Saint-Jacques-le-Mineur. Son fils, René 2, va quitter la Montérégie à deux reprises pour les États-Unis (Peru et Cohoes, NY). Mon arrière-grand-père, Napoléon (fils de René 2), est le seul Tremblay de sa lignée à revenir au Québec au début des années 1880 pour s’y marier et pour travailler comme ouvrier dans une fonderie installée sur la rive du canal Lachine. Peu avant son deuxième mariage en 1889, Napoléon est devenu cultivateur de tabac à Saint- Jacques-de-l’Achigan (près de Joliette) lorsque l’oncle de ses deux épouses (il a épousé consécutivement deux cousines) lui donna sa terre en échange d’une rente viagère. Mon grand-père Euclide Tremblay est né sur cette terre à tabac en 1901. J’ignorais absolument tout de l’histoire de ma famille avant l’établissement de Napoléon comme producteur de tabac. Afin de découvrir toute cette histoire plus que passionnante, j’ai dû apprendre à maîtriser certaines ressources essentielles que je vous dévoile à l’aide d’exemples concrets tirés du récit de famille que je viens de vous résumer.   Les recensements et les arbres généalogiques du site www.ancestry.ca Lors de son mariage avec Ozine Hébert le 30 octobre 1881 dans la paroisse de Sainte-Cunégonde à Montréal, Napoléon Tremblay indique que ses parents habitent Cohoes, NY. En consultant le site d’Ancestry, j’ai pu avoir accès à tous les recensements américains (1850, 1860, 1870 et 1880) et canadiens (1851, 1861, 1871 et 1881), ce qui m’a aidé à retracer les déménagements de part et d’autre de la frontière de René 2 et de sa famille. Le mariage de René 2 et de Sophronie Gadoua a été célébré à Saint-Jacquesle- Mineur le 23 septembre 1845. J’ai pu retrouver ce couple à Peru, NY (près de Plattsburgh), dans le recensement américain de 1850. Par la suite, René 2 et sa famille reviennent à Saint-Jacques-le-Mineur (recensés là en 1861 et en 1871). En 1880, la famille de René 2 refait surface dans un recensement américain. Elle habite à l’époque la rue Garner à Cohoes et Napoléon, âgé alors de 24 ans, est ouvrier dans une fonderie de tuyaux (« pipe factory »). La famille de René 2 est alors définitivement établie à Cohoes et seul Napoléon reviendra au Québec. En consultant la section des arbres généalogiques publiés par les membres d’Ancestry, j’ai pu entrer en contact avec un cousin de la famille Gadoua. Son ancêtre, Eusèbe Gadoua, était le frère de Sophronie et les deux familles habitaient sur la rue Garner à Cohoes. Grâce à ce cousin, je me suis rendu là-bas à l’été 2009 et j’ai pu prendre plusieurs photos dans la paroisse Saint-Joseph où habitaient les familles Tremblay et Gadoua. De nos jours, le tiers des habitants de cette ville ont des ancêtres canadiens-français. ...
De nouveaux outils pour une recherche généalogique (suite)
Les annuaires Lovell : www.bibnum2.banq.qc.ca/bna/lovell/ Cet annuaire des résidents de Montréal existe depuis 1842 et est disponible sur le site internet de Bibliothèque et Archives nationales du Québec. En consultant ce site, j’ai découvert que Napoléon Tremblay habitait sur la rue Delisle dans la paroisse Sainte-Cunégonde et qu’il était « chauffeur de fer ». À cette époque, la Montreal Rolling Mill (qui deviendra la compagnie Stelco) fabriquait du métal sur le bord du canal Lachine à quelques rues de la résidence de Napoléon. Compte tenu de la conjoncture économique de l’époque, la Cohoes Iron Mill et la Montreal Rolling Mill vont fusionner à la fin des années 1880. Je soupçonne que Napoléon avait probablement demandé son transfert à Montréal même si c’était une ville qu’il ne connaissait pas. Facebook : www.facebook.com Eh oui ! Dans ma démarche, j’ai même trouvé une utilité généalogique à ce fameux réseau social. Comme ma famille semblait être la seule famille Tremblay ayant fait souche à Cohoes, je me suis mis à fouiller sur Facebook à la recherche d’éventuels parents en provenance de cette ville. C’est ainsi que je suis tombé sur un autre cousin, cette fois de la famille Tremblay. Son arrière-grand-père était un des frères de Napoléon. Comme ce cousin avait déjà été conseiller municipal de Cohoes, il avait quelques bonnes relations avec les administrateurs de la paroisse Saint-Joseph puisque, en février 2009, à la fermeture de la paroisse, un de ses amis avait été chargé d’informatiser toutes les données des baptêmes, mariages et sépultures. C’est ainsi que j’ai pu obtenir toutes les éléments qui me manquaient pour compléter mon arbre généalogique du côté de la lignée américaine. Toutes ces découvertes généalogiques n’auraient pu s’effectuer dans un délai aussi rapide il y a une dizaine d’années. La numérisation de plusieurs fonds d’archives, comme la collection Drouin et les répertoires Lovell, a permis aux chercheurs d’avoir accès à une foule de renseignements rapidement et efficacement tout en étant confortablement assis dans leur salon. La généalogie vous intéresse ? N’hésitez pas à venir faire des recherches avec nous à la SHLM car, comme l’affirme notre expert, M. Jean L’Heureux, « Toute l’information est là, il s’agit de la trouver ». ...
Vente de livres usagés
Nos bénévoles continuent d’accepter les dons de livres en bon état. En encart de ce bulletin, vous trouverez une invitation pour la prévente destinée à nos membres ainsi que des coupons que nous vous incitons à distribuer à vos parents et amis. ...
01 Jan 1970
Notre prochaine conférence: L’institutrice de la Nouvelle-France à nos jours
Nouvelles SHLM
Tournoi de golf de la mairesse Suite au cinquième tournoi de golf de la mairesse, parrainé par la Fondation Guy Dupré, la Société d’histoire recevait récemment un chèque au montant de 2 500 $. Les membres du C.A. de la SHLM remercient chaleureusement Mme Lucie F. Roussel (à gauche) ainsi que M. Guy Dupré (à droite) pour leur générosité envers notre organisme. Concert de la Fondation Liette-Turner Le concert-bénéfice de la Fondation Liette-Turner aura lieu le 14 mai 2011 à 19 h 30 à l’église de La Nativité de La Prairie. Les choeurs invités : le tout nouveau Choeur des jeunes du Québec 2011 ainsi que le Choeur classique de l’Outaouais, gagnant 2010 de la bourse de la Fondation. Coût des billets : 20 $ (billets VIP 100 $). Vous pouvez acheter votre billet et faire un don via notre site web à l’adresse : www.fondationlietteturner.org. Nouveaux membres La Société d’histoire souhaite la bienvenue à ces nouveaux membres :   437 Jean-Guy Poirier 438 Rachel Stephens 439 Alexia Stephens 440 Diane Provost 441 Jean Beaudin 442 Solange Maheu 443 Simon Lupien ...
À propos du bulletin
Éditeur Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine Dépôt légal 2002 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 1499-7312 COLLABORATEURS : Coordination Gaétan Bourdages Rédaction Gaétan Bourdages Stéphane Tremblay Révision Robert Mailhot Design graphique François-B. Tremblay www.bonmelon.com Impression SHLM Siège social 249, rue Sainte-Marie La Prairie (Québec), J5R 1G1 Téléphone 450-659-1393 Courriel [email protected] Site Web www.laprairie-shlm.com Les auteurs assument l’entière responsabilité de leurs articles. Desjardins Caisse La Prairie commandite l’impression du bulletin Au jour le jour. ...

Au jour le jour, mars 2011

Illustration de la locomotive Dorchester : utilisée il y a 175 ans pour le premier chemin de fer au Canada entre La Prairie et Saint-Jean.

Assemblée générale annuelle
Nous convions tous nos membres à l’assemblée générale annuelle du 15 mars prochain. Votre participation à cet exercice est essentielle à la bonne marche de notre organisme. Nous avons besoin de votre présence pour : 1- Exercer votre droit de vote 2- Exprimer votre point de vue 3- Faire des suggestions aux membres du C.A. 4- Vous assurer de la saine gestion de la Société d’histoire ...
1896 : plaidoyer pour un second pont sur la Rive-Sud
En cette fin de 19e siècle, les commerçants et les citoyens de La Prairie peuvent rejoindre la métropole en utilisant le bateau à vapeur durant la belle saison et le pont de glace durant l’hiver. On en conviendra facilement, ces deux liens possèdent leurs limites et leurs inconvénients mais semblent suffire à assurer le transit des personnes et des marchandises. Ouvert depuis 1859 après quatre années de gigantesques travaux, le pont Victoria est le seul lien permanent entre la Rive-Sud et Montréal. Un quart de siècle plus tard le Grand Tronc, jusqu’alors seul utilisateur, concède un droit de passage au Canadien Pacifique, ce qui a pour effet que l’unique voie ferroviaire du pont finira par ne plus satisfaire à la demande. On décide donc de faire du pont Victoria un pont à deux voies sur les mêmes piliers. En 1898, le pont est rouvert sous le nom de Victoria Jubilee. Il comprend désormais deux voies de chemin de fer et deux voies latérales à péage pour les véhicules et les piétons.Pierre Wilson et Annick Poussart. Montréal, par ponts et traverses, Éditions Nota bene, Montréal 1999. Page 38. Ces travaux d’élargissement du pont Victoria avaient dû être entrepris une ou deux années auparavant. En effet, en mars 1896, un bill intitulé « Acte constituant en corporation la compagnie du chemin de fer suburbain de la Rive-Sud » (South Shore Suburban Railway Co.) est soumis à l’attention du conseil municipal de La Prairie. Étonnamment, l’objectif de cette entreprise est de « construire un pont de trafic général entre St. Lambert et un point sur la rive nord à l’extrémité ouest de la jetée de protection, pour se rattacher avec la rue St. Etienne dans la Cité de Montréal. »Conseil municipal de La Prairie, procès-verbal de la réunion du 2 mars 1896 Le conseil municipal après avoir pris communication (sic) de ce bill et jugeant la chose avantageuse pour les cultivateurs de la Rive-Sud acquiesce à ce bill proposé par M. le conseiller Louis Bourdeau, secondé par M. le conseiller Dr Brisson et adopté à l’unanimité. Pourquoi donc vouloir construire un second pont à partir de Saint-Lambert alors que le pont Victoria est déjà en place et qu’il suffit de le modifier ? De nombreux arguments apparaissent au procès-verbal de la réunion du 2 mars 1896 pour justifier que les membres du conseil municipal demandent au gouvernement fédéral d’accorder promptement toute l’attention nécessaire à ce projet de pont et qu’il en facilite la construction. À première vue, ce nouveau pont donnerait aux voitures un accès facile et direct au centre de la ville. Surtout que la région s’étendant de Saint-Rémi à Verchères, avec une population de quatre-vingt-dix mille âmes, est essentiellement agricole, avec pour principal marché la Cité de Montréal. On juge également qu’en été la navigation n’est pas favorable aux cultivateurs « vu que le service de bateaux à vapeur les amène aux différents marchés à une heure tardive le matin et les oblige à retourner à une heure déterminée le soir ». À cause de ces horaires contraignants, ceux-ci seraient donc obligés de précipiter la vente de leurs produits et privés de la part la plus profitable des marchés, arrivant trop tard le matin et devant quitter trop tôt en soirée. Le cultivateur qui choisissait de passer la nuit à Montréal pour écouler plus facilement ses produits devait en principe supporter un surcroit de dépenses pour se loger et se nourrir. Le conseil municipal évoque également les tarifs élevés exigés par la compagnie de navigation : « Attendu qu’en somme tout le commerce entre cette région et la Cité de Montréal est absolument sous le contrôle absolu et à la merci d’une compagnie de navigation, c’est-à-dire consacré au monopole. » On souligne également le fait qu’entre la saison de navigation et le pont de glace, et inversement, il y a au moins deux mois durant lesquels il n’existe absolument aucun moyen de communication qui permette aux cultivateurs de transporter eux-mêmes leurs produits à Montréal. Cette absence de lien priverait la région de revenus importants. Il est vrai qu’à cause des caprices de l’hiver le chemin de glace est un lien incertain. Ainsi en 1834 le chemin entre La Prairie et Montréal ne fut praticable qu’au milieu du mois de février alors qu’à l’hiver suivant on a pu traverser avec sûreté dès la première semaine de janvier.Le pont de glace de l’hiver 1834-1835 par Gaétan Bourdages, Au jour le jour, mars 2008 Mais, du seul point de vue économique, la présence des cultivateurs de la Rive-Sud sur les marchés montréalais en hiver était-elle si importante ? Le pont de glace n’était-il pas surtout profitable aux marchands de Montréal ? D’ailleurs, à cette époque, La Prairie et Montréal entretiennent chacun leur moitié du pont de glace. Il est vrai que la mise en place du chemin de glace exige beaucoup d’efforts. En 1895, la traverse requiert 1 200 balises de 8 pieds et son entretien par un citoyen coûte 95 cents par jour, à l’exception des deux jours de l’ouverture pour lesquels il faut lui verser 2,00 $ par jour. Le gardien pour la cabane sur le pont de glace est payé 4,00 $ par semaine. Lorsque le temps le permet, un service de diligence est disponible entre Montréal, La Prairie, Saint- Philippe, Saint-Jacques-le-Mineur et Napierville.Pour une illustration de la diligence sur le pont de glace voir la une du Au jour le jour de novembre 2008. Évidemment, lorsque le fleuve est libre de glaces, il faut composer avec les aléas de la navigation ; périodes de crue et d’étiage du fleuve. En période de basses eaux, on procède au délestage du vapeur afin d’étirer la saison de navigation. En dépit de ses réserves au sujet du service offert par le vapeur, le conseil municipal multipliera les efforts pour entretenir et améliorer le quai de la rue du Boulevard et maintenir, grâce au cure-môleMachine dont on se sert pour curer les ports et qui est établie sur un ponton. Appareil de dragage. , un chenal favorable à la navigation entre La Prairie et Montréal. L’autre quai de La Prairie, le quai de l’Aigle, ancien quai utilisé par le vapeur Princess Victoria pour desservir le chemin de fer, est sans doute à cette époque peu ou pas utilisé car, en juin 1896, il est question d’y faire creuser une espèce de fossé afin que les égouts qui se déchargent en amont de ce quai puissent être emportés plus facilement par le courant. L’empressement des conseillers municipaux à appuyer sans réserve ce projet d’un nouveau pont vers Montréal étonne malgré les arguments avancés. Ce projet est-il apparu alors que les travaux d’élargissement du pont Victoria étaient déjà en marche ? Ou encore l’idée d’un nouveau pont dans le même secteur aurait-elle précipité des travaux déjà projetés sur le pont Victoria ? Quelle logique soutenait la construction d’un second pont à Saint-Lambert destiné au transit des voitures et des piétons ? Les conseils municipaux des autres villes de la Rive-Sud ont-ils réagi avec autant de zèle que celui de La Prairie ? En 1896, un pont ouvert aux voitures à partir de Saint-Lambert est certes pratique, à la condition bien sûr que les gens de La Prairie puissent s’y rendre et en revenir facilement durant la saison froide. ...
Parution d’un nouvel atlas
« The 1776-1777 Northern Campaigns of the American War for Independence and Their Sequel : Contemporary Maps of Mainly German Origin ». Le 24 septembre dernier, se tenait la 7ième conférence annuelle sur la Révolution américaine. Comme par les années antérieures, l’événement a eu lieu à l’ancien avant-poste français de Fort-Carillon, aujourd’hui Fort Ticonderoga. En 2010, les organisateurs de la conférence en ont profité pour inviter les co-auteurs Tom Barker, professeur émérite du Département d’Histoire de l’Université de New-York à Albany (SUNYA), et Paul Huey, archéologue en chef de l’État de New-York, à lancer leur ouvrage sur, entre autres, les expéditions militaires américaines au Canada (circa 1775-76). Cette oeuvre est doublée d’un volumineux atlas méticuleusement documenté. L’intérêt particulier de cette nouvelle parution pour les passionnés de l’histoire du Québec tient aux liens tissés avec nos ancêtres dont les noms auraient des résonnances germaniques. (Ex. Fyfe, Wilhelmy, Reichemback (Raquepas), Inkel, etc.) Il est bien connu que l’Angleterre avait un problème de recrutement pour cette guerre impopulaire. Il n’y avait pas assez de soldats (redcoats) pour contrer l’invasion des jeunes révolutionnaires américains, car ce n’était pas le seul conflit dans lequel l’Empire était engagé. La solution : faire appel à des troupes étrangères (auxiliaires) pour servir la Couronne Britannique. Quelque 35 000 soldats allemands furent donc engagés pour combattre l’armée continentale des révolutionnaires américains, dont 5 000 servirent dans la Province de Québec. La majorité des troupes envoyées au Québec était du duché de Braunschweig-Luneburg sous le commandement du Général Friedrich Adolphus Riedesel (1738-1800), ainsi que du régiment de l’état impérial de Hessen-Hanau (Reichsterritorialstaaten) sous le commandement du Colonel Willhelm Rudolph Von Gall (1734-1799). Leur mission première était de repousser les forces américaines hors de la Province de Québec (1775-1776), pour ensuite se rendre au lac Champlain et jusqu’à Albany et la rivière Hudson. Certains officiers Hanau et Braunschweigers étaient des cartographes militaires, dont le capitaine Georg Heinrich Paeush (1736-1796) et ‘Herr Leutnant’ Ludwig Cancrinus décédé à Montréal le 16 octobre 1776. Suite à des recherches exhaustives dans les archives allemandes de Hessisches Staatsarchiv Marburg et d’autres à Wolfenbuttel, les auteurs de cet atlas historique – sinon de cet historique atlas – ont découvert une carte unique du village de La Prairie en date du 11 juillet, 1776. L’auteur en est Ludwig Cancrinus, sous-lieutenant de la 5e compagnie du régiment Erbprinz du Colonel Von Gall, qui était de passage à La Prairie durant l’été de 1776. Intitulé en allemand Sketch du Village de La Prairie-Sainte-Magdeleine en Amérique, cette carte et plusieurs autres sont disponibles dans l’atlas de Barker & Huey. Les auteurs remercient certains membres de la SHLM pour leur contribution, à savoir : M. Jean-Marc Garant, M. Gaétan Bourdages, M. Albert LeBeau ainsi que l’historien Réal Fortin de Saint-Jean-sur-Richelieu. ...
Livres usagés
Nos bénévoles continuent d’accepter les dons de livres en bon état. N’oubliez pas que les revenus de cette vente permettent à la SHLM de réaliser des projets qui lui permettent d’être fidèle à sa mission de conservation du patrimoine et de diffusion de l’information à caractère historique. ...
À propos du bulletin
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