Bulletins

Au jour le jour, juin 2024

Le Champ de Mars (dieu de la guerre) est situé derrière l'hôtel de ville de Montréal. Au cours 19e siècle, les garnisons britanniques s’y rassemblaient pour exécuter des manoeuvres, parader et célébrer leurs victoires.

Le 85e Bataillon … de La Prairie - suite et fin
La vie au camp Nous devons aux journalistes de l’époque les quelques descriptions de ce qu’était la vie aux camps d’entraînement pour ces milliers de miliciens. Ne perdons pas de vue que les camps devaient préparer les hommes au champ de bataille. « Je ne sais si cette vie-là a beaucoup d’attraits. Pour ceux qui sont forcés.[1] […]. Le camp se dresse à quelque 20 minutes du débarcadère des bateaux à vapeur en pleine campagne, lorsque vous débouchez des rues quelque peu étroites du village, c’est 420 tentes échelonnées en hémicycle à quelques distances du fleuve sur la déclivité. […] La blancheur marque de leurs cônes réguliers mêlée aux lueurs vacillantes des drapeaux qui flottent dans la brise présente à vos regards. […] Le site est du reste admirablement choisi, le fleuve, qui est très large à cet endroit, s’épanche en un immense bassin fermé à droite sur les coupes. […] À mesure que vous approchez, tout se dessine, les objets s’accentuent et les bruits deviennent plus distincts. Une fanfare joyeuse arrive jusqu’à vous, mêlée à la voix retentissante des officiers commandant les manœuvres. Une estafette galope à distance distribuant les ordres de l’état-major, çà et là une compagnie portant le sombre uniforme de carabinier ou l’écarlate tunique […] Peu d’indispositions et point de maladie dans le camp malgré les pluies intermittentes et les brusques changements de température qui ont signalé la dernière quinzaine. […] La vie au camp de la prairie est très régulière, presque aussi régulière qu’en campagne. Aucun sous-officier ou soldats ne peut sortir du camp. […] La diane[2] sonne à 5 h, on fait l’appel à 5h 30. À dix heures parade. Les gardes sont composées pour chaque bataillon de six hommes et d’un sergent. Le rapport des gardes se fait tous les jours en double inspection 3 fois par jour pour les exercices du tir à la cible. Chaque homme doit brûler dans sa journée 20 cartouches à balle; cinq à deux cents, dix à quatre cents, et cinq à cinq cents yards.  À dix heures du soir, le couvre-feu sonne pour tous, même si les exercices sont quelquefois longs et fastidieux. Il y a des compensations. On chante, on organise des jeux, on monte des spectacles plus ou moins originaux. […] »[3] Officiers de la compagnie no 1 au repos   « […] Le beau temps continue à favoriser nos militaires à La Prairie. L’installation est maintenant au complet et tout marche sur des roulettes. […] Et parades et manœuvres se font avec régularité et sans relâche. Le soleil ardent des deux derniers jours a eu pour effet d’assécher complètement le terrain, et les hommes peuvent maintenant faire leurs évolutions avec beaucoup d’aise. Malheureusement, la chaleur a été la cause, plusieurs ont dû être transportés aux infirmeries. On rapporte assez de cas d’insolation, mais aucun d’eux n’est grave. […] On se plaint que les tentes allouées aux commandants des divers bataillons sont beaucoup trop petites. Questionné à ce sujet par notre reporter hier soir, le major Roy explique que le nombre de tentes carrées ou marquises était très restreint. Et, que le département avait été obligé d’en faire un partage égal entre les différents cas. Le major Roy ajoute qu’il voudrait pouvoir obtenir des chapeaux de paille pour les hommes pendant les manœuvres de chaque jour. Leurs coiffures actuelles les préservent aucunement des rayons ardents du soleil. Et plusieurs se trouvent en conséquence dans l’impossibilité d’accomplir leurs devoirs. […] »[4] Les camps se terminent par une inspection générale suivie de récompenses : « L’inspection s’est terminée jeudi et a été tout à fait satisfaisante. La coupe de Sir Donald A. Smith[5] pour un concours entre tous les bataillons du campement a été gagnée par le 85e et la médaille accordée pour le concours entre compagnies a été remportée par la 5e compagnie du même bataillon, commandée par le capitaine La Rochelle. »[6] Les officiers du 85e vers 1895.   L’appui de la population Dès les premières années, les gens de La Prairie se montrent fiers de leur bataillon et sont ravis de l’animation qui accompagne les camps d’entraînement. Il n’y a pas à douter qu’encore à cette époque la milice joue un rôle important dans l’organisation sociale. D’ailleurs, dès la création du bataillon en 1880, ce sont certains des personnages les plus influents de La Prairie que l’on retrouve au nombre des officiers et des sous-officiers (le docteur Thomas-Auguste Brisson, le notaire Jean-Baptiste Varin, le député Léon-Benoît-Alfred Charlebois, le marchand et ex-maire Julien Brosseau, etc.).  À la fin d’un camp, le bataillon défile dans les rues de La Prairie, musique en tête. La population n’hésite d’ailleurs pas à visiter les camps et à fraterniser avec les miliciens. « L’autre soir, toute la société du village est arrivée, musique en tête et torche à la main, on a dansé sur l’herbe, les galants colonels, les solides majors et les fringants capitaines donnant la main aux pétillantes villageoises. C’était charmant. » [7] « Plus de 1500 personnes ont visité hier le camp de la prairie. Déjà au-delà de 1200 militaires appartenant à divers bataillons sont arrivés pour prendre part aux exercices. Hier, tous ont assisté à la messe à l’église de la prairie. »[8] « Des milliers de visiteurs viennent tous les jours de la ville[9] pour voir les opérations militaires. […]. Hier, il y a eu une grande parade, le soldat catholique au paradis à l’Église catholique et les soldats protestants au temple de leur religion. »[10] Quelques incidents « Jean-Baptiste Varin un des officiers du 85e bataillon se rendait à cheval mardi au camp lorsque sa monture prit tout à coup ombrage à quelque obstacle et jeta son cavalier sur la voie. M. Varin s’est infligé de graves blessures dans sa chute. »[11] Premier maire de La Prairie (1846), député de Huntingdon (1851) et responsable d’établir le plan cadastral de La Prairie (1866), le notaire Varin a déjà 71 ans au moment de sa chute de cheval. Un accident qui aurait pu mettre fin à sa carrière. « Un seul incident regrettable s’est produit au commandement du camp, c’est la difficulté survenue entre un lieutenant de garde et un sergent. Le lieutenant a été frappé par le sergent Régent qui n’était pas en devoir à ce moment. Celui-ci a été traduit devant une cour martiale le lendemain et a été condamné à la dégradation et a passé au cachot tout le temps du camp. Le coupable a allégué qu’il avait été provoqué par les fanfaronnades du jeune lieutenant. Mais comme il avait frappé un officier supérieur, sa conduite a été considérée comme une insulte à l’uniforme et il en a subi les conséquences. »[12] On comprend facilement que chez les militaires la discipline et le respect des supérieurs sont des éléments essentiels à la bonne marche des troupes. État major en 1896   « Le Colonel Aubry dit que le capitaine Rosenvinge a eu tort de dire que les affaires du bataillon n’allaient pas bien. Le capitaine Rosenvinge du 85e bataillon disait la semaine dernière à notre reporter que la bisbille s’était mise dans les rangs du bataillon qu’il venait de quitter à cause de la manière scandaleuse dont étaient gérées les affaires, et que l’on devait s’attendre à une enquête et au renvoi de plusieurs officiers. Nous avons rencontré ce matin le lieutenant-colonel Aubry, commandant 85e et nous avons été heureux de lui demander son opinion. Voici cette opinion : Il n’y a pas de discorde parmi les officiers du 85e. Au contraire, le meilleur esprit existe entre tous depuis la résignation du capitaine Rosenvinge. Rosenvinge vous a mal informé. Il n’y aura pas d’enquête comme il vous l’a dit sur la gestion des affaires du bataillon, car tous les officiers sont satisfaits. »[13] Autre incident à signaler, en 1889, les officiers du 85e Bataillon d’infanterie ont intenté une poursuite contre le journal Le Monde. Cependant, il nous a été impossible de retracer les détails spécifiques de cette affaire. En revanche, l’édition du Courrier du Canada du 17 février 1890, nous apprend que les officiers du 85e Bataillon qui avaient poursuivi Le Monde en dommages ont discontinué leurs procédés, après un arrangement à l’amiable. La révolte du Nord-Ouest et la guerre des Boers En mars 1885, un groupe de Métis dirigé par Louis Riel déclenche un soulèvement contre le gouvernement canadien dans les districts de la Saskatchewan et de l’Alberta pour protéger leurs droits, leurs terres et leur prospérité économique. Cette insurrection est accompagnée d’un soulèvement des Premières Nations qui craignaient la famine. Les forces de Louis Riel, sous le commandement militaire de Gabriel Dumont, étaient constituées de 300 à 400 combattants métis et de moins de 1 000 alliés des Premières Nations. Les forces gouvernementales, nettement supérieures en nombre, comprenaient près de 3 000 soldats venus de l’est, environ 1 700 combattants recrutés dans l’ouest et environ 500 membres de la Police à cheval du Nord-Ouest. Connu lors de sa fondation, en juin 1869, sous le vocable de « 65e Régiment, Mount-Royal Rifles », le Régiment devient en 1902 les « Carabiniers Mont-Royal ».  En 1931, il acquiert sa désignation définitive « Les Fusiliers Mont-Royal ». Du Québec, c’est principalement ce régiment canadien-français qui sera, en 1885, mobilisé au Nord-Ouest pour combattre la révolte des Métis. Or, craignant quelque défaite, il fut brièvement question d’y expédier des éléments du 85e Bataillon. À son retour de la campagne du Nord-Ouest, en juillet 1885, le 65e reçut un accueil triomphal à Montréal. Une grande procession, à laquelle participèrent trois compagnies du 85e et son harmonie, défila dans les rues de la ville. Affrontement du Nord-Ouest : « on s’occupe beaucoup de ce temps-ci à appeler les recrues dans les diverses parties du comté de Laprairie. Plusieurs hommes ont été engagés à cet effet. On s’attend à ce que le 85e bataillon sera appelé d’un jour à l’autre et l’on s’occupe de préparer les armes. »[14] « Au sujet de l’insurrection du Nord-Ouest on a commencé l’équipement du 83e bataillon de Joliette et du 85e de Laprairie. Le commandant de ce dernier bataillon a donné l’ordre à ses officiers de tenir ses hommes prêts à partir. »[15] Finalement, bien qu’il y eût beaucoup d’appelés, il apparaît certain qu’aucun milicien du 85e n’eût à aller combattre contre les troupes de Riel. Le scénario se répétera quelques années plus tard lorsqu’en 1899 il sera question d’aller combattre les Boers. « 3 officiers du 85e ont demandé de faire partie de l’expédition qui se rendra au Transvaal. »[16] « 125 hommes du 65e et du 85e bataillons sont désireux de faire partie du contingent militaire qui ira à la fin d’octobre combattre les Boers. »[17] Or, dans une lettre adressée à La Patrie en novembre 1899 depuis le navire qui transporte les troupes vers Cape Town, le lieutenant, auteur de la missive ne cite qu’un soldat du 85e présent à bord (il s’agit de C. Beaupré de Québec). Pour le 85e les moments de gloire sur le champ de bataille viendront avec les deux grands conflits mondiaux de 1914 et de 1939. Vers Montréal On sait que le 85e Bataillon a vu le jour à La Prairie grâce à un éminent personnage du lieu et il y a profité à plusieurs reprises des espaces nécessaires pour ses camps d’entraînement. Or, pour de multiples raisons (accès, exiguïté des lieux de rencontre, origine des miliciens et changements parmi les officiers), peu à peu le 85e Bataillon a vu ses principales activités être déplacées vers Montréal. Dès 1885, le 85e et d’autres unités de milice occupent la salle d’exercice de la rue Craig à Montréal. Les réunions de l’association de tir du 85e Bataillon ont également lieu à Montréal. Le Champ de Mars y est un vaste espace tout désigné pour les grands déploiements militaires. Ouverte en 1886, la salle d’exercices de la rue Craig était un lieu important pour les unités militaires. En 1888, le 85e Bataillon et d’autres unités de milice occupaient cette salle. On s’y rassemblait pour des manœuvres, des parades et les célébrations de victoires.   « Le 85e bataillon s’assemblera jeudi soir à la salle d’exercices sur la rue Craig pour y tenir son assemblée annuelle et pour y former les divers comités du bataillon pour l’année suivante. »[18] N’était-il pas plus agréable de parader dans les rues de Montréal plutôt que dans les rues étroites de La Prairie? Le lieutenant-colonel Brosseau cède sa place à la tête du bataillon en juillet 1892, ce qui n’est certes pas étranger à la perte d’influence des élites de La Prairie. Le 85e Bataillon devient Régiment vers 1900 pour ensuite être restructuré et rebaptisé en 1920 sous la désignation de Régiment de Maisonneuve en mémoire du fondateur de Montréal. Les racines du bataillon resteront toujours à La Prairie mais l’arbre ira grandir ailleurs.   ______________________________ [1] Les miliciens du 85e étaient des volontaires. [2] La diane est un bruit de caisse dont l’usage remonte à l’Antiquité. Le signal de la diane était donné tous les matins dans les camps romains. Son usage fut adopté au 17e siècle par la France pour l’armée de terre. [3] Journal Le Temps, édition du 7 juillet 1883. [4] La Presse, édition du 30 juin 1893. [5] Personnage immensément riche et de grande influence. Voir sa biographie dans le Dictionnaire biographique du Canada. [6] La Presse, édition du 28 septembre 1896. [7] Journal Le Temps, édition du 7 juillet 1883. [8] La Presse du 27 juillet 1887. [9] Montréal [10] La Presse, édition du 21 septembre 1896. [11] La Minerve, édition du 23 juin 1881. [12] La Presse, édition du 26 septembre 1896. [13] La Presse, édition du 9 juin 1898. [14] Le Franco-Canadien, édition du 10 avril 1885. [15] Le Quotidien, édition du 9 avril 1885. [16] Le Canada français, édition du 20 octobre 1899. [17] La Patrie, édition du 16 octobre 1899 [18] La Patrie, édition du 10 mai 1897 ...
Exposition 2024
Chaque été, une nouvelle exposition vous est offerte gratuitement au local de la SHLM. En 2024, la SHLM vous propose l’exposition: Aux racines du Haut-Richelieu: Trois siècles d’immigration. Mise sur pied par le Musée du Haut-Richelieu de Saint-Jean-sur-Richelieu, cette exposition porte sur les différentes vagues d’immigrants qui ont peuplé la région et leur impact sur les traditions locales. GRATUIT.   ...
C'est l'été !
Le retour de l’été à la SHLM signifie le retour du bourdonnement d’activités à la SHLM ! La SHLM a le privilège en 2024 de voir revenir des guides chevronnés ! Marie-Pierre Bellemare entamera sa 6e année parmi nous alors que David Barrette et Camille Faucher amorceront leur second été comme guides et/ou aide aux archives. Ces précieux guides, avec leurs connaissances sur l’histoire de La Prairie, accueilleront des groupes scolaires en juin. Par la suite, ils assureront l’ouverture de la SHLM tous les jours à compter du 22 juin, et ce, jusqu’à la fin du mois d’août. Ils travailleront également à la mise en valeur des archives historiques de la Société par des publications sur la page Facebook de la SHLM. Restez à l’affût ! Visites guidées du périmètre de l’ancien fort, de l’église et la crypte. 3 départs par jour (10h, 13h, 15h). Coûts : adulte 10 $, enfant 5 $.   ...
Mot du président
Fête de la Saint-Jean-Baptiste dans le Vieux-La Prairie Contrairement aux années précédentes, il n’y aura pas d’activités ou de journée thématique dans le Vieux-La Prairie pour souligner la fête nationale de la Saint-Jean-Baptiste. Cependant, fidèle à notre mission de faire connaître la généalogie et l’histoire locale, la SHLM ouvrira ses locaux la journée du 24 juin et nos guides étudiants offriront trois visites guidées gratuites du site patrimonial déclaré (10 h, 13 h et 15 h). Venez en apprendre plus sur la SHLM (52 années d’existence), la seigneurie de La Prairie (1647 à 1854), l’histoire du fort et de la bataille de 1691, le premier chemin de fer du Canada (1836), les inondations et les incendies du 19e siècle. Faites également une visite à pied de l’arrondissement (visite de l’église et de la crypte incluse). Bonne Saint-Jean-Baptiste! Stéphane Tremblay, président de la SHLM.       ...

Au jour le jour, mai 2024

Camp 1 : le 85e Bataillon au camp de La Prairie. (Le Monde illustré, édition du 17 octobre 1896)

Le 85e Bataillon … de La Prairie - partie 1
Les causes éloignées C’est en 1669 que le roi Louis XIV décrète la création de la première milice au niveau du pays. Tous les hommes de 16 à 60 ans sont considérés comme miliciens, peu importe leur classe sociale. […] Les miliciens se trouvaient sous les ordres d’un capitaine de milice qui est généralement un habitant important de la paroisse. Le commandant en chef était le gouverneur de la Nouvelle-France. Les dimanches et les jours fériés, on effectuait des exercices et les miliciens s’entraînaient sans autre rétribution que leur ration quotidienne. […] La milice ne possédait pas d’uniforme et chacun devait fournir son arme. L’histoire du 85e Bataillon s’inscrit dans la longue tradition de la milice canadienne-française qui du Régime français va se poursuivre sous le Régime anglais même si le rôle des capitaines de milice se voit passablement modifié. Évidemment, il n’est nullement question ici, comme l’a fait l’auteur Benjamin Sulte[1] à la fin du 19e siècle, de raconter le parcours entier de la milice canadienne-française depuis ses débuts. Nous nous limiterons à souligner les événements qui, à la veille de la Confédération, ont directement mené à la création du 85e Bataillon. Au début de la guerre de Sécession, bien que favorable aux états sudistes, la Grande-Bretagne proclame sa neutralité pour des raisons économiques. Elle souhaite maintenir ses liens commerciaux avec les deux belligérants et particulièrement avec le Sud qui fournit le coton à ses filatures de textile. Or, un malheureux incident va venir bouleverser cette fragile neutralité. Le 8 novembre 1861, le capitaine du San Jacinto, frégate de la marine des États-Unis, arraisonne le paquebot britannique Trent et fait prisonniers deux commissaires des états du Sud. Cette arrestation sur un navire neutre irrite grandement les Britanniques qui se préparent à l’envoi d’un corps expéditionnaire contre les États-Unis (c.à.d. les états du Nord). L’affaire va grandement choquer les habitants du Canada-Uni fidèles à la couronne d’Angleterre. Il fallait armer au plus tôt toutes les milices canadiennes afin de se porter à la défense de la Grande-Bretagne. En mai 1862, John A. Macdonald, futur premier premier ministre du Canada, présente un projet de loi afin de rendre la milice plus efficace. Le projet de loi est rejeté sous prétexte que les dépenses exigées seraient trop élevées.  Ce refus provoque la démission du duo Cartier-Macdonald. En 1864, une nouvelle loi sur la milice fut enfin adoptée et à l’automne 1865 il y eut un grand camp à La Prairie. Ce camp sera suivi de nombreux autres. On commence déjà à s’organiser en vue du départ du pays des garnisons anglaises. [2] Les officiers au lunch   La Confédération de 1867, en unissant la Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse, l’Ontario et le Québec actuels, apparaissait comme un instrument permettant à ces colonies anglaises d’assurer une défense commune.  C’est le départ des garnisons britanniques le 11 novembre 1871, qui marque définitivement les débuts d’une véritable organisation militaire du pays. Malgré tout, il y eut un peu de l’action des Sudistes dans la genèse du 85e Bataillon. Le 85e Bataillon d’infanterie En puisant dans les journaux de l’époque, dans les lignes qui suivent, nous limiterons notre récit aux vingt premières années d’existence du 85e Bataillon. Créé le 4 juin 1880, dans la lignée des événements décrits plus haut, le 85e Bataillon doit son existence au lieutenant-colonel Julien Brosseau qui en assurera le commandement jusqu’en 1892. Capitaine d’un vapeur, maire et commerçant très à l’aise, à l’époque, Brosseau exerçait une grande influence sur la vie sociale et économique de La Prairie. Cependant nous ignorons les motifs personnels qui l’ont amené à créer ce nouveau bataillon de milice rurale. « Nous voyons avec plaisir par le dernier numéro de la Gazette officielle du Canada, que la formation d’un nouveau bataillon, qui sera canadien-français, vient d’être autorisé. »[3] Le 85e est composé de 6, puis plus tard, de 8 compagnies :  no 1 Saint-Jérôme, no 2 village Saint-Jean-Baptiste, no 3 Laprairie, no 4 Laprairie, no 5 Côte Saint-Paul, no 6 Longueuil. Sa devise est :  Bon bras et bon cœur. « Grande fête à Laprairie dimanche prochain. Les citoyens de l’endroit présenteront au 85e Bataillon deux drapeaux qui devront figurer dans leurs différentes parades. Ils sont l’ouvrage des dames des localités où se recrutent les soldats de ce bataillon. Cette idée a été émise lorsqu’après le départ du 65e Bataillon il fut question d’envoyer aussi le 85e de l’avant [c.à.d. aller combattre au Nord-Ouest]. »[4] Compagnie numéro 1 à la parade   Chaque compagnie est composée de 108 hommes volontaires (soit 3 pelotons de 36 hommes), d’un capitaine, d’un lieutenant et d’un sous-lieutenant. Les officiers supérieurs sont : 1 lieutenant-colonel qui est le commandant, 4 majors et 3 capitaines. À même les effectifs on formera un corps de musique, un corps de tambours et clairons, un corps d’ambulance ainsi qu’un corps de sapeurs. En 1883, le colonel Brosseau organisera une association de tir qui vingt ans plus tard comptera plus de 300 membres. Les meilleurs éléments participent à un concours annuel de tir à la cible. Car, sur le champ de bataille il faut savoir viser juste. En septembre 1888, le marchand général de La Prairie, Hyacinthe Sylvestre, note dans son journal personnel ; « tir au 85e bataillon à Laprairie. Alphonse gagne la médaille de la puissance[5] 10 $, le prix du colonel 10 $ et un prix de 5 $ en argent. » Tant l’association de tir que le bataillon procèdent annuellement, l’une à l’élection de ses administrateurs et le second à l’élection des sous-officiers. Les miliciens, qui sont des volontaires, reçoivent une indemnité pour leur participation aux activités de leur bataillon. En juillet 1883, alors que le colonel Harwood félicitait le lieutenant-colonel Brosseau pour la tenue de son bataillon, ce dernier répliqua qu’il était presqu’impossible de maintenir le bataillon dans son état actuel si l’indemnité des troupes n’était pas augmentée.[6] La question de l’indemnisation réapparut au feuilleton en 1895 quand un malaise est créé par la nouvelle que les bataillons ne recevraient pas leur paie ordinaire. Le ministre de la Milice à Ottawa crut rassurer tout le monde en promettant de demander un subside à cet effet. Prudent, le 85e Bataillon, lors de sa réunion mensuelle décide que le bataillon ne pourrait prendre part à la fête de la Reine s’il ne recevait pas sa paie ordinaire.[7] L’histoire ne dit pas si la reine Victoria s’était offusquée de cette décision. Les premiers commandants furent le lieutenant-colonel Julien Brosseau de 1880 au 22 juillet 1892, le lieutenant-colonel A.D. Aubry de 1892 jusqu’en 1897 qui, cédant aux demandes de ses officiers, accepta de diriger le bataillon jusqu’au 22 juillet 1899. C’est le lieutenant-colonel J.P.A. Des Trois-Maisons qui lui succéda. Ce dernier élargit les effectifs en ajoutant 2 nouvelles compagnies : No. 1 Maisonneuve, no 2 Quartier Saint-Jean-Baptiste, no 3 Saint-Henri Montréal, no 4 Saint-Henri (formée en décembre 1881), no 5 Côte Saint-Paul, no 6 Sainte-Cunégonde, no 7 village de Lorimier, no 8 Côte Saint-Louis du Mile End. « En 1880, le bataillon avait donc pour officiers : lieutenant-colonel Julien Brosseau, commandant ; Godefroy Laviolette, seigneur de Saint-Jérôme, premier major ; Alfred Charlebois, M. P. P., marchand de Laprairie, deuxième major; A.-J.-A. Roberge, notaire de Laprairie, paie-maître ; P. Dumouchel, comptable de Laprairie, quartier-maître ; Dr T. -A. Brisson, de Laprairie, chirurgien ; J.-A. Ouimet, de Montréal, assistant chirurgien ; A.-A. Laviolette, marchand de Saint-Jérôme, capitaine commandant la compagnie n° 1 ; D. Barry, avocat de Montréal, capitaine commandant la compagnie n° 2 ; A. Sylvestre, marchand de Laprairie, capitaine commandant la compagnie n° 3 ; T. Bourassa, capitaine du vapeur Laprairie, capitaine commandant la compagnie n° 4 ; A.-D. Aubry, de la côte Saint-Paul, capitaine commandant la compagnie n° 5; capitaine F. Jodoin, du vapeur Longueuil, capitaine commandant la compagnie n° 6. » [8] Afin de faire connaître au grand public le nouveau bataillon, le commandant Brosseau fit préparer, à La Prairie, un grand pique-nique, sur l’ancienne propriété de M. de Lorimier située à environ six milles (9,6 km) du village. Les camps d’entraînement La formation des régiments de milice passe obligatoirement par les camps d’entraînement, lesquels ont lieu à chaque été. L’entraînement du 85e Bataillon se tenait surtout à La Prairie, mais il y a eu aussi des camps à Valcartier, Trois-Rivières, Saint-Jean et ailleurs. Car, certaines compagnies venaient de Saint-Jérôme, Trois-Rivières, Sorel, Rivière-du-Loup, Rimouski et le Témiscouata.  Les camps durent de 8 à 12 jours. 1881 : fin juin, camp du 85e Bataillon à La Prairie 1883 : le 2 juillet, camp de 1 600 hommes à La Prairie 1884 : 1er juillet début du camp de 8 jours du 85e Bataillon à La Prairie. « À la fin du camp, le colonel Brosseau en tête, la troupe a défilé par les rues hier après-midi au grand complet et musique en tête. Tout le monde a admiré la bonne discipline et la tournure martiale de ces volontaires. »[9] 1885 :  le 22 septembre, début du camp de La Prairie. C’est sans doute à cause de l’insurrection du Nord-Ouest que le camp a été déplacé au début de l’automne. 1886 : le camp a lieu à Longueuil. 1887 : fin juin, au-delà de 1200 militaires prennent part aux exercices à La Prairie. 1888 : fin juin, le 85e Bataillon est au camp à Trois-Rivières. 1891 : fin juillet, camp à La Prairie. Début septembre, les exercices réguliers du 6e district militaire sont commencés à La Prairie. 1893 : fin juin, camp à La Prairie. Le 85e est qualifié de plus beau bataillon de la province. On verra à ce que chaque soldat soit habillé proprement dès l’ouverture du camp. 1895 : le camp a lieu au mois de juin à La Prairie. Selon le journaliste de La Presse, il y règne un esprit de discipline qui fait bien augurer de la bonne entente existante entre les officiers et les soldats du 85e Bataillon. 1896 : pour le 85e Bataillon, le camp a lieu à La Prairie à compter du 15 septembre alors que d’autres camperont à Saint-Jean. 1897 : fin juin, camp à Saint-Joseph de Lévis. 1898 : camp à La Prairie le 28 juin. 1899 : le camp de La Prairie sera ouvert du 21 juin au 2 juillet. Il y aura 5 000 hommes sous les armes. 1903 : le 1er juillet, 256 hommes du 85e Bataillon sont partis camper à Trois-Rivières. Suite et fin dans le numéro de juin.   _____________________________ [1] Sulte Benjamin, Histoire de la milice canadienne-française, 1760-1897. Desbarats & Cie, Imprimeurs et Graveurs, Montréal, 20 juin 1897.  147 pages. [2] Sulte, œuvre citée, pages 58 et 59. [3] Le Journal de Trois-Rivières du 10 juin 1880. [4] L’Étendard, le 24 septembre 1885. [5] Il s’agit du Dominion du Canada. Alphonse Sylvestre, marchand et frère de Hyacinthe, était capitaine commandant de la compagnie no 3 du 85e Bataillon. [6] L’Étendard, édition du 7 juillet 1883 [7] La Presse, édition du 9 mai 1895 [8] Benjamin Sulte, œuvre citée, pages 105 et 106 [9] La Minerve, le 8 juillet 1884 ...
Hommage à France Pinsonneault
Soirée des bénévoles du député – Hommage à France Pinsonneault – Le jeudi 26 avril dernier, la SHLM participait à la soirée hommage aux bénévoles organisée par le Ministre Christian Dubé, député provincial de la circonscription de La Prairie. Il s’agit d’un moment privilégié de mettre en lumière celles et ceux qui ont donné de leur temps et de leur énergie au cours de l’année 2023 dans la circonscription. Dans le cas de la SHLM, la récipiendaire était madame France Pinsonneault. Elle a reçu cet hommage en compagnie du président de la SHLM, M. Stéphane Tremblay. Madame Pinsonneault s’adonne à la généalogie et la paléographie à la SHLM depuis plus de 20 ans. En outre, elle donne un coup de main au club de généalogie et a participé au projet des Biens des Jésuites. Dans les derniers mois, Mme Pinsonneault a amorcé un nouveau projet de grande ampleur : la numérisation et la transcription des registres paroissiaux de la paroisse du Christ-Roi de La Prairie. Travail de moine à lequel elle s’est astreinte quasiment à temps plein à l’été 2023. De plus, belle surprise au cours de la soirée, Mme Pinsonneault a été l’heureuse gagnante d’un tirage d’une bouteille de sirop d’érable produit par M. Dubé à sa cabane à sucre personnelle ! Bravo France !   Clin d’oeil Le député Dubé, aussi ministre de la Santé, a demandé à Mme Pinsonneault d’expliquer en quoi consistait la paléographie. Suite aux explications, il a mentionné qu’elle serait alors en mesure de déchiffrer sans problème….les prescriptions des médecins !   ...
Journée nationale des Patriotes
20 mai 2024 de 12h à 16h À la mémoire des Patriotes, le lundi 20 mai 2024 de 12h à 16h se tiendra une fête familiale dans le Vieux-La Prairie. Jeux gonflables pour les plus petits, discours patriotiques et reconstitution historique par la Garnison de Montréal, danses folkloriques, hot-dogs, kiosques. Visite guidée GRATUITE, un seul départ : 15h. Venez célébrer avec nous au 249 rue Sainte-Marie !   ...
Les Îles de la Madeleine sur la rue Sainte-Marie !
La série Temps de chien était de passage le 29 avril à La Prairie. La maison jaune tout juste devant le local de la SHLM, et abritant le restaurant Le Passage, est devenue l’espace d’une journée un coquet café madelinot ! Entendra-t-on le bruit des vagues ?   ...
Stage en archives
En mai et juin, la SHLM bénéficiera de la présence et du travail d’une stagiaire en archivistique, madame Amélia Laramée, de l’École de bibliothéconomie et des sciences de l’information (EBSI) de l’Université de Montréal. Membre de la SHLM, résidente de La Prairie et déjà initiée à la généalogie, madame Laramée réalisera bénévolement le traitement d’un fonds d’archives. Mentionnons qu’en mars dernier prenait fin le stage de madame Daphnée Hounzell qui a complété le traitement du fonds P83 de madame Claire Robert. Un grand merci à ces dames qui donnent un coup de main au traitement des précieuses archives de la SHLM !   ...
Mot du président
La SHLM et les deux fédérations. Afin de profiter d’une foule de services et d’activités (assurances, formations, conférences…), la SHLM est membre de deux fédérations dont les objectifs cadrent avec ceux de notre mission : La Fédération Histoire Québec (FHQ) et la Fédération québécoise des sociétés de généalogie (FQSG). Les deux fédérations organisent des activités qui rassemblent la plupart des organismes à caractère culturel et patrimonial de la province. C’est ainsi que la FHQ tiendra son congrès annuel (et son assemblée générale annuelle) au Château Montebello du 16 au 18 mai prochains. La FQSG, quant à elle,  tiendra son Conseil de généalogie annuel (formation et assemblée générale) au centre multifonctionnel Guy-Dupré de La Prairie le 1er juin prochain. La SHLM participera à ces deux événements en y déléguant un membre de son conseil d’administration ou sa directrice générale. Stéphane Tremblay, président   ...
21 May 2024
Conférence

Au jour le jour, avril 2024

Fouilles archéologiques en juin 1994 à l'angle des rues Saint-Georges et Sainte-Marie. Ces fouilles avaient été rendues possibles suite à l'incendie et à la démolition de la taverne Patenaude.

Quelques photos inédites
Une récente visite aux archives de La Nativité nous a permis de découvrir un album contenant de nombreuses photos inédites, dont trois daguerréotypes, de la fin du 19e siècle. Il s’agit de personnages en lien plus ou moins étroit avec La Prairie. Hélas, un grand nombre des photos ne sont pas identifiées. Nous profitons quand même de l’occasion pour vous présenter quelques figures de l’époque. LÉON-BENOÎT-ALFRED CHARLEBOIS Né à La Prairie, le 18 février 1842, fils de Benoît Charlebois et de Madeleine David. A étudié à l’école primaire de son village natal. Commerçant de grains. Président du Turnpike Road Trust. Major junior du 85e Bataillon. Auditeur de la Municipalité de La Prairie en 1870. Conseiller municipal de La Prairie du 13 janvier 1871 au 13 janvier 1873. Élu député conservateur dans La Prairie en 1875. Réélu en 1878, en 1881 et en 1886. Officier au 85e Bataillon depuis sa fondation en 1880, il a démissionné de son poste en 1885. Il avait épousé dans la cathédrale de Montréal, le 24 août 1868, Marie Elmire Varin, fille de Jean-Baptiste Varin, notaire, et d’Hermine Raymond. Décédé en fonction à La Prairie, le 27 juin 1887, à l’âge de 45 ans et 4 mois. Il est inhumé dans le cimetière de La Prairie, chemin de Saint-Jean, le 30 juin 1887.[1] AMBROISE HÉBERT Ambroise Hébert et son épouse Sophie Demers, maître boulanger sur la rue Saint-Ignace. En 1843, il achète le lot no 14 sur lequel se trouve une maison de bois, laquelle a sans doute été détruite par le grand incendie d’août 1846. Le couple Hébert-Demers a, entre autres, eu deux fils devenus prêtres. L’un, Ambroise, malade de consomption, a été ordonné à La Prairie où il est d’ailleurs décédé à l’âge de 24 ans. L’autre, Wilfrid, est devenu sulpicien et a agi à titre d’exécuteur testamentaire au décès de son père en 1905. Après l’incendie de 1846, Ambroise Hébert a fait construire l’édifice en brique qui deviendra plus tard la Boulangerie Lussier qui sera détruite par le feu en 1982.               DAVID LÉBERT a été commis sur la rue Saint-Jacques à La Prairie ainsi qu’au magasin général « A. Charlebois & Co », coin Sainte-Marie et chemin de Saint-Jean.           JULIEN BROSSEAU   Julien Brosseau (1837-1912, décédé à 74 ans et 7 mois) était à la fois maire de la municipalité du village (1876-1885), maître de poste, marchand de bois, agent pour les compagnies d’assurance Canada Fire and Marine Insurance et Commercial Union Assurance Co. of London, directeur et secrétaire de la Laprairie Navigation Co. (1867), capitaine du vapeur l’Aigle, et également directeur et secrétaire de la Laprairie Turnpike Road Co. (la Cie du Chemin macadamisé). Il était un homme riche et influent. Julien Brosseau fut également agent de la Montreal Telegraph Company et de la Queen Insurance Co. of Liverpool and London, sans oublier la Royal Insurance Co. of England. Après avoir agi comme officier du détachement volontaire de La Prairie lors de la guerre contre les Féniens en 1870, une décennie plus tard, en 1880, Julien Brosseau fondait le 85e Bataillon d’infanterie (dont il était lieutenant-colonel) qui devint le Régiment de Maisonneuve en 1920.[2]   L’ABBÉ JEAN-BAPTISTE ALLARD Né à Châteauguay en 1833, de Charles Allard, cultivateur et d’Amable Primeau. Il fut ordonné à Montréal le 10 octobre 1860. Vicaire à Saint-Hyacinthe de 1860-1861, à Sorel (1861-1862), à La Prairie (1862-1864). Professeur au collège classique de Terrebonne (1864-1866). Missionnaire à Key West en Floride 1866-1875, où il est décédé le 9 décembre 1875. Extrait de « Le dictionnaire biographique du clergé canadien-français ». Par l’abbé J.-B.-A. Allaire         MADEMOISELLE ROBERT   Léandre Robert épouse en premières noces Émilie Desanges Hébert à Chambly en 1848. Ils vivent à Chambly. Il est hôtelier et déjà en 1880, il est propriétaire de l’Hôtel Montréal à La Prairie sur la rue du Boulevard, et ce, jusqu’à son décès en 1897. De ce premier mariage survivront 3 filles : Victorine, Angélina, et Agnès. Le bâtiment de pierre à trois étages avait été bâti par Marc Gagnon, sans doute après le grand incendie de 1846. Durant les dernières années de son existence l’hôtel avait été converti en logements multiples avant d’être incendié en 1972. Devenu veuf en 1880, Léandre Robert épouse en 1882, à l’âge de 54 ans, Anne Kane, veuve âgée de 37 ans. Celle-ci, orpheline irlandaise, a été mariée en 1857 à l’âge de 12 ans à Alexandre Crompe de Saint-Isidore. Ce cliché présente-il une des filles de Léandre ? Ou Anne Kane Robert, sa seconde épouse qui lui survivra ? Anne Kane était aussi connue sous « Annie King » (c’est ainsi qu’elle apparaît dans le registre paroissial lors de son décès en 1900). N.B. Au Québec on appelait « mademoiselle » une jeune fille ou une femme non mariée.                   ÉLISABETH SYLVESTRE Née le 20 janvier 1862, elle est également fille de Hyacinthe Sylvestre (marchand général) et de Marie Foisy. Ce couple a eu 6 filles et un garçon, tous nés à La Prairie.                 MARIE BLANCHE COLOMBE SYLVESTRE Née en 1857, elle est la fille de Hyacinthe Sylvestre et de Marie Foisy. Elle épouse Ambroise Napoléon Montanari (Ambroise Pierre Paul et Anne Eulalie Prairie) à La Prairie le 1er août 1881. Elle était organiste à l’église alors que son père était le sacristain si plein de zèle qu’on l’appelait le 2e curé. Hyacinthe Sylvestre, était aussi marchand général et capitaine des pompiers.[3]           ______________________________ [1] Tiré du site de l’Assemblée nationale du Québec sur les anciens députés. [2] Voir le Au jour le jour de janvier 2012. [3] Voir le Au jour le jour de février 2015     ...
Élections 2024
Conformément aux règlements de la SHLM, trois postes étaient en élection au conseil d’administration pour l’année 2024. Seules trois mises en candidature ont été reçues dans les délais prescrits. En conséquence, lors de l’assemblée générale annuelle du 19 mars dernier, messieurs Jean-Pierre Labelle, Stéphane Tremblay et Jonathan Trottier ont été réélus au conseil d’administration pour les deux prochaines années. Merci à tous les membres présents!   ...
Casse-tête
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Mot du président
Toujours fidèle à sa mission, la SHLM organisera plusieurs activités durant la saison printanière. Voici quelques dates à inscrire à votre calendrier : 14 avril : Brunch offert aux bénévoles et aux membres de la SHLM au centre multifonctionnel Guy-Dupré pour souligner la Semaine nationale de l’action bénévole. Dévoilement du (de la) bénévole de l’année 2023. 16 avril : Conférence à 19 h au Théâtre : Monsieur Philippe Boulanger « Corsaires et espionnage en Méditerranée au 16e siècle ». 20 mai : La SHLM participera à l’organisation de la Journée nationale des Patriotes dans le Vieux-La Prairie avec l’équipe du député fédéral, M. Alain Therrien. 21 mai : Conférence à 19 h au Théâtre : Monsieur André-Carl Vachon « Les réfugiés et miliciens acadiens en Nouvelle-France 1755-1763 ». 24 juin : Il n’y aura pas de festivités dans le Vieux-La Prairie cette année pour la Fête nationale de la Saint-Jean-Baptiste. Nos locaux seront ouverts et nos guides étudiants offriront trois visites guidées gratuites durant la journée (10 h, 13 h et 15 h). Au plaisir d’échanger avec vous lors d’une de ces activités. Bon printemps Stéphane Tremblay, Président de la SHLM ...
16 Apr 2024
Conférence 16 avril 2024

Au jour le jour, mars 2024

La gare de Laprairie vu du chemin de Saint-Jean (1880-1966)

Gare à vous...
La naissance du premier chemin de fer au pays en juillet 1836 allait de toute évidence entraîner de multiples changements. L’essor industriel de la seconde moitié du 19e siècle va provoquer l’expansion rapide du réseau ferroviaire (particulièrement au sud du Saint-Laurent) et en conséquence la construction de gares dans des centaines de villages et de hameaux. La croissance des chemins de fer au Québec, laquelle a atteint un sommet vers 1920, était avant tout dictée par les besoins de développement de l’économie nord-américaine. Ce qui explique que la distribution des gares était, à l’époque, particulièrement dense dans les campagnes autour de Montréal et des villes en plein essor industriel comme Granby, Saint-Hyacinthe et Sherbrooke (des municipalités judicieusement situées en bordure d’un important cours d’eau). Ce qui explique que durant le siècle qui s’étend de 1850 à 1950, les gares des campagnes ont joué un rôle prédominant dans le transport des passagers et des marchandises vers les grands centres et inversement. Importants lieux de rencontres et d’échanges, les gares offraient de nombreux services à la population : télégraphe, envoi de colis, toilettes publiques, prise en charge des bagages et salle d’attente. Mais, à compter des premières décennies du 20e siècle, l’apparition de l’automobile et du transport routier allait sérieusement et graduellement ébranler l’hégémonie du transport sur rails. L’urbanisation a provoqué un important déplacement des populations rurales vers les villes, cela, ajouté à la multiplication des automobiles et au développement du réseau routier, a eu pour effet de réduire le nombre de voyageurs par train et rendre ainsi caduques de nombreuses voies ferrées ainsi que leurs petites gares. De plus, au cours de la seconde moitié du 20e siècle, le développement des banlieues ajouté à la mécanisation et à la réorientation de l’activité agricole ont favorisé un nouvel exode vers les villes et largement transformé le paysage rural de certaines régions. Ces importants changements ont également eu un effet sur l’usage de bâtiments jusque-là associés à la campagne québécoise dont les magasins généraux et les gares. Témoins d’une époque révolue, visibles du ciel et couvertes de végétation, d’anciennes voies ferrées parcourent encore la plaine du Saint-Laurent. À l’époque, l’architecture (majoritairement à ossature de bois) et l’allure des gares variaient au gré des compagnies ferroviaires et des entrepreneurs locaux. Leurs périmètres allaient de 40 X 20 pieds à 80 X 20 pieds et n’avaient le plus souvent que le rez-de-chaussée. Les couleurs des murs extérieurs n’étaient pas uniformes, quoique le plus souvent grises ou rouges. L’agencement des pièces (salle d’attente, entrepôt pour le fret et toilettes) n’était pas standardisé. Lorsqu’elles avaient un étage, ce dernier servait de logement au chef de gare et à sa famille. C’était le monde d’hier avec son lot de souvenirs. Plan type d’une gare À mesure qu’elles devenaient inutiles, de nombreuses gares furent abandonnées et démolies. D’autres furent transportées plus ou moins loin de leur emplacement d’origine afin de servir à d’autres usages. Signe des temps, nombre d’anciens chemins de fer abandonnés et délestés de leurs rails furent convertis en pistes multifonctionnelles (le P’tit Train du Nord, la piste Granby-Waterloo, etc.).   La gare de Mont-Laurier menacée de démolition (Journal Le Devoir)   Quelques exemples Brosseau était un hameau situé au pourtour de la gare du même nom à l’intérieur du périmètre actuel de la ville de Brossard. Nous ignorons l’année de construction de la gare de Brosseau (Brosseau Station), mais nous savons qu’elle était sise à courte distance au NNE du Chemin des Prairies.   Brosseau Station (Coll. Marcel Gravel)   Inutilisée, cette gare a été achetée par Lucien Sainte-Marie vers 1959-1960[i], lequel l’a déménagée sur la rue Orléans. Il l’a ensuite modifiée pour en faire un édifice à quatre logements, si bien qu’elle était devenue méconnaissable. Il y a moins de 10 ans, un promoteur immobilier l’a démolie pour la remplacer par une grande maison unifamiliale.   Brosseau Station   Autre exemple, construite en 1914, la gare de Saint-Philippe était autrefois située sur la montée Monette à l’intersection de la voie ferrée. De là on pouvait rejoindre Montréal, Saint-Jean-sur-Richelieu et les États-Unis. La gare a été déménagée en 1967 au 3227 de la route Édouard-VII pour être transformée en résidence à 2 étages. Dans ces deux exemples, peut-on sérieusement parler de survivance du patrimoine bâti? Comme dans le cas de la gare de Brosseau, il s’agit au mieux de récupération de matériaux, puisque les bâtiments n’ont plus du tout l’allure d’une gare. Un bilan La consultation du très intéressant site « Les gares patrimoniales du Québec » (https://patrimoineduquebec.com/GaresduQuebec/repertoire-des-gares/) nous a permis de tirer quelques conclusions révélatrices. Le site répertorie 123 gares à travers le Québec, dont 30 (24%) sont protégées à titre d’immeubles patrimoniaux. De ces 123 édifices, 34 servent encore de gares (28%). Ces chiffres sont révélateurs du peu d’intérêt que les différentes localités accordent à leur patrimoine bâti.   Ancienne gare de Saint-Philippe (Photo Gaétan Bourdages)   Nous avons également constaté qu’il existe trois façons de conserver une gare à valeur patrimoniale et ainsi d’éviter sa disparition :  soit que l’édifice conserve sa fonction de gare, soit qu’on le déménage ou encore qu’on lui confie (souvent après restauration) une nouvelle vocation. Dans ce dernier cas, les usages sont multiples et varient selon les besoins du milieu : bibliothèque municipale, maison de la culture, centre d’interprétation, OBNL, musée, commerce, information touristique, halte pour piste cyclable, bureaux d’administration, résidence funéraire, résidence privée, marché public, restaurant, micro-brasserie, centre d’archives, etc. Ainsi, d’une certaine façon, les gares qui étaient autrefois intrinsèquement liées à l’essor économique des régions continuent dans une moindre mesure à exercer des fonctions qui supportent l’économie et la culture des localités. Compte tenu du peu de bâtiments restants, n’est-il pas temps de crier « gare ! » ? ______________________________ [i] Information obtenue de Mme Yolande Sainte-Marie. Source: J. Derek Booth, Railway Stations in Southern Quebec, Canadian Rail, No 256, April 1973, pages 103 à 108 ...
Assemblée générale annuelle
Membres de la SHLM : on vous attend ! Le mardi 19 mars à 19 h au Théâtre du Vieux-La Prairie pour l’Assemblée générale annuelle de la SHLM. Une collation sera servie. Votre présence est précieuse et vos idées sont les bienvenues ! ...
Bibliothèque - Nouvelles acquisitions 2024
Saint-Rémi 1760-1875. Origines et début d’urbanisation. / par Hélène Trudeau Hélène Trudeau éditrice, Longueuil. 2016     ______________________________   Brève histoire du Québec / par Jean Hamelin et Jean Provencher Boréal 1997                 ______________________________   La civilisation de la Nouvelle-France 1713-1744 / par Guy Frégault Bibliothèque québécoise 1990           ______________________________ L’Acadie. Pages glorieuses / par Candide de Nant Éditions de L’Écho, Montréal 2001   ...
Mot du président
L’édition 2024 de la Semaine de l’action bénévole au Québec aura lieu entre le 14 et le 20 avril prochains et aura pour thème « Bénévoler, c’est brillant ». La SHLM profitera de cette semaine thématique pour souligner l’implication et le travail de ses membres et bénévoles lors d’un déjeuner qui se déroulera au Centre multifonctionnel Guy-Dupré, situé au 500 rue Saint-Laurent, le dimanche 14 avril prochain. Le nom du (ou de la) bénévole de la SHLM pour l’année 2023 sera dévoilé durant cet événement. En terminant, nous vous rappelons qu’il n’est toujours pas trop tard pour devenir membre de la SHLM afin de pouvoir assister à notre assemblée générale annuelle qui aura lieu à 19 h le mardi 19 mars prochain au Théâtre du Vieux-La Prairie (247, rue Sainte-Marie). Bon printemps à toutes et à tous ! Stéphane Tremblay Président de la SHLM ...
16 Apr 2024
Conférence 16 avril 2024

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