Sélection d'une édition

    Don

    De Madame Claudette Pételle : 18 contrats notariés et paléographiés, contrats de Claude Guérin et Jeanne Cusson.

    De Madame Claudette Pételle : 18 contrats notariés et paléographiés, contrats de Claude Guérin et Jeanne Cusson....

    Nouvelles

    Dépliants

    En cette année 1996, la SHLM publie la deuxième édition du dépliant : Circuit patrimonial au cœur du Village, le Vieux-La Prairie. En 1975, le Ministère de la Culture a jugé bon de déclarer arrondissement historique le quartier où est née La Prairie en 1667. Aux yeux des experts le bâti présente une valeur patrimoniale à conserver. Une visite à pied au cœur du Vieux-La Prairie, à l’aide du dépliant particulièrement bien présenté, permet d’effectuer un voyage dans le temps à l’aide de photos et de textes fort bien choisis.

    Félicitations aux auteurs et réalisateurs : Gaétan Bourdages, Jean-Pierre Yelle, Jean-Sébastien Morin et Geneviève Zévort.

    Bienvenue dans le Vieux-La Prairie

    Souper annuel

    Tel que mentionné lors de notre dernier communiqué, nous vous donnons ci-après tous les détails pour notre Souper annuel, qui aura lieu le 27 avril 1996 à 17 h 30.

    À la suggestion de plusieurs de nos membres, cette année, notre Souper aura lieu au Restaurant « Au vieux fort », situé au 120, chemin de Saint-Jean, au 2e étage, La Prairie.

    Un repas chaud sera servi pour nos membres et leurs invités au coût de 25,00 $ par personne, taxes et service inclus, dont voici le menu :
     

    17 h 30 : apéritif aux frais de chaque invité

    18 h 30 : potage aux légumes de saison; Boston (runsteak) saisi au poivre vert; gâteau mousse aux pêches; thé, café
     

    Vous voudrez bien remplir le coupon-réponse ci-joint et nous le retourner avec votre chèque avant le 17 avril 1996, afin que nous puissions faire les réservations nécessaires.

    • Les personnes qui le désirent peuvent former leur table au nombre de 8 personnes.
    • Des prix de présence agrémenteront la soirée.
    • Pour de plus amples informations, vous pouvez communiquer avec :
    • La Société historique au 659-1393
    • Mme Céline Lussier au 659-1818

     

    Nous vous attendons nombreux avec vos parents et vos amis.

    Dépliants En cette année 1996, la SHLM publie la deuxième édition du dépliant : Circuit patrimonial au cœur du Village, le Vieux-La Prairie. En 1975, le Ministère de la Culture a jugé bon de déclarer arrondissement historique le quartier où est née La Prairie en 1667. Aux yeux des experts le bâti présente une valeur patrimoniale à conserver. Une visite à pied au cœur du Vieux-La Prairie, à l’aide du dépliant particulièrement bien présenté, permet d’effectuer un voyage dans le temps à l’aide de photos et de textes fort bien choisis. Félicitations aux auteurs et réalisateurs : Gaétan Bourdages, Jean-Pierre Yelle, Jean-Sébastien Morin et Geneviève Zévort. Bienvenue dans le Vieux-La Prairie Souper annuel Tel que mentionné lors de notre dernier communiqué, nous vous donnons ci-après tous les détails pour notre Souper annuel, qui aura lieu le 27 avril 1996 à 17 h 30. À la suggestion de plusieurs de nos membres, cette année, notre Souper aura lieu au Restaurant « Au vieux fort », situé au 120, chemin de Saint-Jean, au 2e étage, La Prairie. Un repas chaud sera servi pour nos membres et leurs invités au coût de 25,00 $ par personne, taxes et service inclus, dont voici le menu :   17 h 30 : apéritif aux frais de chaque invité 18 h 30 : potage aux légumes de saison; Boston (runsteak) saisi au poivre vert; gâteau mousse aux pêches; thé, café   Vous voudrez bien remplir le coupon-réponse ci-joint et nous le retourner avec votre chèque avant le 17 avril 1996, afin que nous puissions faire les réservations nécessaires. Les personnes qui le désirent peuvent former leur table au nombre de 8 personnes. Des prix de présence agrémenteront la soirée. Pour de plus amples informations, vous pouvez communiquer avec : La Société historique au 659-1393 Mme Céline Lussier au 659-1818   Nous vous attendons nombreux avec vos parents et vos amis....

    Conférence : « Jean-Jacques Lefebvre, sa carrière et son œuvre »

    Mercredi, le 20 mars 1996 à 20 heures aura lieu une présentation sur un pionnier de l’histoire régionale et de la généalogie au Québec : JEAN-JACQUES LEFEBVRE, 1905-1992, archiviste de carrière. Gilles Laberge, historien-archiviste, s’intéressera à l’homme, à sa carrière et son œuvre, bien méconnue, pour nous dévoiler de larges pans de ses travaux biographiques et généalogiques.

    Il faut signaler qu’il est l’auteur de plusieurs portraits de familles anciennes de Montréal, du Richelieu, de la rive sud et aussi de La Prairie qui font toujours l’objet de références chez les généalogistes. Autres initiatives, J.-J. LEFEBVRE a aussi produit plusieurs manuels de référence sur le passé du Québec. C’est un homme à découvrir!

    Au sujet du conférencier Gilles Laberge, il poursuit toujours une carrière professionnelle dans la grande région du Sud-ouest de Montréal avec des publications, des recherches, de l’animation thématique, un rôle de ressource-conseil, de concert avec maints organismes gouvernementaux et locaux.

    Parmi ses dernières recherches, Gilles Laberge a produit une vaste étude, avec l’aide financière du Ministère de la culture et des communications (Québec) et de la Société historique de La Prairie, sur l’œuvre considérable à recenser du généalogiste, JEAN-JACQUES LEFEBVRE, originaire de Saint-Constant. Il a entre autres remarqué que les publications de ce pionnier nous livrent de larges portions de l’histoire des hommes et des femmes de La Prairie toujours à découvrir!

    Gilles Laberge

    La conférence aura lieu dans les locaux de la Société historique, au 249 de la rue Sainte-Marie. Bienvenue à tous. L’entrée est gratuite.
     

    Le 20 mars à 20 heures.

    Mercredi, le 20 mars 1996 à 20 heures aura lieu une présentation sur un pionnier de l’histoire régionale et de la généalogie au Québec : JEAN-JACQUES LEFEBVRE, 1905-1992, archiviste de carrière. Gilles Laberge, historien-archiviste, s’intéressera à l’homme, à sa carrière et son œuvre, bien méconnue, pour nous dévoiler de larges pans de ses travaux biographiques et généalogiques. Il faut signaler qu’il est l’auteur de plusieurs portraits de familles anciennes de Montréal, du Richelieu, de la rive sud et aussi de La Prairie qui font toujours l’objet de références chez les généalogistes. Autres initiatives, J.-J. LEFEBVRE a aussi produit plusieurs manuels de référence sur le passé du Québec. C’est un homme à découvrir! Au sujet du conférencier Gilles Laberge, il poursuit toujours une carrière professionnelle dans la grande région du Sud-ouest de Montréal avec des publications, des recherches, de l’animation thématique, un rôle de ressource-conseil, de concert avec maints organismes gouvernementaux et locaux. Parmi ses dernières recherches, Gilles Laberge a produit une vaste étude, avec l’aide financière du Ministère de la culture et des communications (Québec) et de la Société historique de La Prairie, sur l’œuvre considérable à recenser du généalogiste, JEAN-JACQUES LEFEBVRE, originaire de Saint-Constant. Il a entre autres remarqué que les publications de ce pionnier nous livrent de larges portions de l’histoire des hommes et des femmes de La Prairie toujours à découvrir! Gilles Laberge La conférence aura lieu dans les locaux de la Société historique, au 249 de la rue Sainte-Marie. Bienvenue à tous. L’entrée est gratuite.   Le 20 mars à 20 heures. ...

    Les salles de cinéma à La Prairie

    Cette année, le cinéma fête son centenaire : 1896-1996.

    Qu'en est-il de la projection de films à La Prairie depuis le début du siècle? Une dame âgée a vécu les étapes de la progression du cinéma. Elle nous livre ce qu'a conservé sa mémoire alerte et fidèle. Adolescente, elle allait « aux vues » avec son père, fin des années 1910 et années 1920, à la « salle » de cinéma tenue par Paul Hébert, propriétaire, dans le village, rue Saint-Ignace, lot # 26. M. Hébert avait bâti un ajout à sa maison, par l'arrière. Cette « salle », couverte de tôle ondulée avait une particularité unique : un arbre y poussait et les branches s'élançaient vers la lumière par un trou pratiqué dans le toit.

    La caissière, madame Purissima Dubois, habitait le lot # 27, la maison s'y trouve encore. On était à l'époque du film muet et Harold Ste-Marie, talentueux pianiste qui jouait « par oreille », adaptait ses performances à l'action du film.

    Notre aînée se souvient de deux films qu'elle a bien appréciés. La sœur Blanche, avec Liliane Gish, et Le Bossu de Notre-Dame avec Lon Chancy. En 1927 les inventeurs ont mis au point le cinéma parlant. A La Prairie, cette amélioration viendra dans les années 30.

    La 2ème salle de cinéma logera, chemin de Saint-Jean, dans l'ancienne église protestante désaffectée. Ce bâtiment, solidement construit, existe encore; il deviendra le garage Deneault, puis l'atelier Désilets (324 Chemin de Saint-Jean) près de la rue Notre-Dame.

    Les résidents de La Prairie, surtout les jeunes, auront les « vues » de la Molson, debout, en plein air. Rue Saint-Ignace dans les années 30 et 40 se trouvait la « cour d'école » des garçons qui fréquentaient l'Académie St-Joseph, angle Saint-Jean et Saint-Ignace.

    À la fin du printemps et à l'été, on dressait un grand écran, près du rempart. Lorsque le jour tombant permettait une visibilité convenable, la projection du film commençait. C'était gratuit et la foule des jeunes s'amusaient ferme supportés par la musique à forts décibels. Une pluie importante était cause de désappointement pour tous.

    La 3ème salle de cinéma : 1941-1982. Monsieur Armand Auclair achète en 1941 l'édifice portant le numéro civique 286, chemin de Saint-Jean à La Prairie. Dans ce bâtiment logeait dans les années 30 messieurs Brossard et Crépin, concessionnaires d'automobiles Ford. Armand Auclair aménage une confortable salle de cinéma, plancher incliné et sièges rembourrés.

    À La Prairie on disait : je vais au théâtre, voulant dire cinéma. Nous sommes évidemment à l'époque du cinéma parlant et la salle était très achalandée. On présentait des programmes intéressants et variés qui plaisaient à la clientèle de La Prairie et des villages environnants. Jean-Paul Auclair prend la relève de son père et réussit à 1enir le cinéma jusqu'en 1982.

    D'autres inventions de notre XXe siècle sonneront le glas pour les salles de cinéma tenues par des particuliers. La télévision, les clubs Vidéo changent radicalement les habitudes des amateurs de films.

    Les compagnies américaines telles « Famous Players », « Odéon » et autres, détiennent aujourd'hui le monopole de la présentation de films; ce sont elles maintenant qui décident ce que la clientèle devra voir et apprécier.

    Dans une grande ville comme Montréal existent des « salles de répertoire », subventionnées ou non, qui offrent des films que choisissent ceux qui refusent de suivre la mode imposée.

    On est loin de la fascination qu'exerçait l'image du film muet du début du siècle à La Prairie. Au cours de ce siècle d'existence du cinéma on est passé de l'image qui bouge, à l'ordinateur et à l'homme qui marche sur la lune!

    Cette année, le cinéma fête son centenaire : 1896-1996. Qu'en est-il de la projection de films à La Prairie depuis le début du siècle? Une dame âgée a vécu les étapes de la progression du cinéma. Elle nous livre ce qu'a conservé sa mémoire alerte et fidèle. Adolescente, elle allait « aux vues » avec son père, fin des années 1910 et années 1920, à la « salle » de cinéma tenue par Paul Hébert, propriétaire, dans le village, rue Saint-Ignace, lot # 26. M. Hébert avait bâti un ajout à sa maison, par l'arrière. Cette « salle », couverte de tôle ondulée avait une particularité unique : un arbre y poussait et les branches s'élançaient vers la lumière par un trou pratiqué dans le toit. La caissière, madame Purissima Dubois, habitait le lot # 27, la maison s'y trouve encore. On était à l'époque du film muet et Harold Ste-Marie, talentueux pianiste qui jouait « par oreille », adaptait ses performances à l'action du film. Notre aînée se souvient de deux films qu'elle a bien appréciés. La sœur Blanche, avec Liliane Gish, et Le Bossu de Notre-Dame avec Lon Chancy. En 1927 les inventeurs ont mis au point le cinéma parlant. A La Prairie, cette amélioration viendra dans les années 30. La 2ème salle de cinéma logera, chemin de Saint-Jean, dans l'ancienne église protestante désaffectée. Ce bâtiment, solidement construit, existe encore; il deviendra le garage Deneault, puis l'atelier Désilets (324 Chemin de Saint-Jean) près de la rue Notre-Dame. Les résidents de La Prairie, surtout les jeunes, auront les « vues » de la Molson, debout, en plein air. Rue Saint-Ignace dans les années 30 et 40 se trouvait la « cour d'école » des garçons qui fréquentaient l'Académie St-Joseph, angle Saint-Jean et Saint-Ignace. À la fin du printemps et à l'été, on dressait un grand écran, près du rempart. Lorsque le jour tombant permettait une visibilité convenable, la projection du film commençait. C'était gratuit et la foule des jeunes s'amusaient ferme supportés par la musique à forts décibels. Une pluie importante était cause de désappointement pour tous. La 3ème salle de cinéma : 1941-1982. Monsieur Armand Auclair achète en 1941 l'édifice portant le numéro civique 286, chemin de Saint-Jean à La Prairie. Dans ce bâtiment logeait dans les années 30 messieurs Brossard et Crépin, concessionnaires d'automobiles Ford. Armand Auclair aménage une confortable salle de cinéma, plancher incliné et sièges rembourrés. À La Prairie on disait : je vais au théâtre, voulant dire cinéma. Nous sommes évidemment à l'époque du cinéma parlant et la salle était très achalandée. On présentait des programmes intéressants et variés qui plaisaient à la clientèle de La Prairie et des villages environnants. Jean-Paul Auclair prend la relève de son père et réussit à 1enir le cinéma jusqu'en 1982. D'autres inventions de notre XXe siècle sonneront le glas pour les salles de cinéma tenues par des particuliers. La télévision, les clubs Vidéo changent radicalement les habitudes des amateurs de films. Les compagnies américaines telles « Famous Players », « Odéon » et autres, détiennent aujourd'hui le monopole de la présentation de films; ce sont elles maintenant qui décident ce que la clientèle devra voir et apprécier. Dans une grande ville comme Montréal existent des « salles de répertoire », subventionnées ou non, qui offrent des films que choisissent ceux qui refusent de suivre la mode imposée. On est loin de la fascination qu'exerçait l'image du film muet du début du siècle à La Prairie. Au cours de ce siècle d'existence du cinéma on est passé de l'image qui bouge, à l'ordinateur et à l'homme qui marche sur la lune!...

    Généalogie de Robert Gagné

    Robert Gagné

    France Gervais

    P. de J. de Longueuil

    24 novembre 1990

    Hermas Gervais

    Léa Choquet

    Fernand Gagné

    Jeanne-d’Arc Poirier

    Saint-Henri de Montréal

    28 octobre 1950

    Isidore Poirier

    Eulalie Montpetit

    Alphonse Gagné

    Aglaé Imbeau

    Saint-François, Île d’Orléans

    28 septembre 1920

    Célestin Imbeau

    Geneviève Picard

    Gaudiose Gagné

    Marie Lacouline

    Saint-Roch de Québec

    13 octobre 1884

    Gaudias Lacouline

    Marie Thibault

    Fabien-Ferdinand Gagné

    Adélaïde-Victoire Thivierge

    Saint-François, Île d’Orléans

    28 août 1855

    Louis Thivierge

    Marthe Lacroix

    Louis Gagné

    Marguerite Verret

    Saint-Jean, Île d’Orléans

    16 janvier 1815

    Jean Verret

    Marie-Anne Charlan

    Louis dit Raphaël Gagné

    Marie-Geneviève Guyon dit Dion

    Saint-Jean, Île d’Orléans

    20 février 1792

    Augustin Guyon dit Dion

    Marie-Thérèse Delisle

    Louis Gagnier

    Isabelle Guérard dit Legras

    Saint-François, Île d’Orléans

    19 novembre 1764

    Charles Guérard

    Marie-Madeleine Lepage

    Raphaël Gagné

    Marie-Josephte Allaire

    Saint-François, Île d’Orléans

    4 juillet 1729

    Louis Allaire

    Anne Asselin

    Ignace Gagné

    Louise Tremblay

    L’Ange-Gardien, Montmorency

    6 novembre 1689

    Pierre Tremblay

     

    Anne Achon

    Louis Gasnier

    Marie Michel

    Saint-Martin, Igé, Orne

    Notaire Régnard, Perche, France, 11 juin 1638

    Pierre Michel

    Louise Gosri

    Louis Gasnier

    Marie Launay

    De Saint-Martin du Vieux-Bellême, arrondissement Mortagne, évêché de Chartres, Perche (Orne)

     

    Robert Gagné, archiviste de l'Association Gagné-Bellavance

    Né à Montréal en 1952, Robert Gagné habite Brossard depuis quelques années. Sa passion de l'histoire l'entraîne à suivre des cours de généalogie avec M. Claude Perrot et à obtenir un diplôme en instrumentation historique de généalogie à l’UQAM. Membre de l'Association de famille Gagné-Bellavance, il est nommé archiviste. Il a écrit un essai intitulé « Instrument de recherche concernant Pierre Ganier fils de Pierre Ganier et Marguerite Rosée ».

    Le patronyme Gagné a subi plusieurs transformations au cours des siècles. À l'origine il s'écrit Gasnier et prend lentement les formes populaires de Gagné et Gagnier.

    Louis Gasnier, né le 13 septembre 1612, est le cadet d'une famille de quatre enfants : Noël, Jacques, Pierre et Louis. Seul Louis et Pierre viendront au Canada. Fils de Louis Gasnier et Marie Launay, Louis travaille avec son père comme meunier à Guémansais, puis au moulin de Courtoulin dans la province du Perche. Il épouse en 1638 Marie Michel à l'église Saint-Martin, à Igé dans le département de l'Orne.

    Louis et Marie vivent à Igé et rêvent du Nouveau monde. Ils ont eu deux enfants lorsque la famille Gasnier traverse l'océan et fait baptiser à Québec, le 20 septembre 1644, une fille qu'elle nomme Marie. Deux ans plus tard, les Gasnier s'installent à la ferme Saint-Charles du Cap-Tourmente, où Louis exerce le métier de laboureur pour le compte de la Compagnie des Cent Associés.

    Le 20 octobre 1650, on lui concède une terre de cinq arpents non loin du futur site Sainte-Anne de Beaupré. Au printemps 1661, Louis disparaît soudain avec un de ses voisins, Louis Guimond. Un manuscrit conservé au Séminaire de Québec révèle qu'à huit heures du matin commença le massacre de plusieurs personnes à Beaupré. Les Relations des jésuites mentionnent une lettre du captif J. François Hertel : « connaissez-vous Louis Guimond pris cet été?… » Il est très probable que Louis Gasnier fut pris par les indiens à cette occasion. Finalement, l'inventaire des biens de Louis Gasnier et Louis Guimond fut rédigé le même jour, soit le 14 juillet 1661.

    Au mystère de la disparition des deux Louis s'ajoute une certaine confusion. Lequel des deux fut le premier miraculé de Sainte-Anne de Beaupré en 1658? L'abbé Morel mentionne le nom de Louis Guimond dans sa première liste des « Miracles arrivés en l'église de Sainte-Anne… », mais dans sa seconde liste rédigée en 1687 et plus complète, le nom de Louis Gasnier remplace celui de Louis Guimond. Le mystère reste entier.

    COMPLÉMENT

    Trois souches de Gagné se partagent la descendance de ce nom au Canada. François Gagné dit Poitevin, fils de Jean et d'Andrée Roussette. Il épouse à Trois-Rivières Jeanne Vanasse le 3 novembre 1695. Les deux autres, deux frères, sont parmi les pionniers du Régime français : Pierre et Louis Gasnier. Fils de Louis Gasnier et Marie Launay, Pierre épouse Marguerite Rosée vers 1639, à Saint-Côme de Vair. Le couple se retrouve Québec à l'été 1653.

    Cet ancêtre décède sur la côte de Beaupré en 1656. Suite à sa mort, sa veuve Marguerite Rosée ira s'installer à Montréal avec trois de ses enfants : Pierre, Nicolas et Marguerite. Seul son fils Louis demeure sur la côte de Beaupré. Louis, surnommé Bellavance, fut gratifié par Jean Talon en 1672 d'une seigneurie au Cap St-Ignace, qu'il partage avec Nicolas Gamache. Plusieurs de ses descendants portent aujourd’hui le nom de Bellavance.

    Pierre, le second enfant de Marguerite Rosée, s'installe à La Prairie. Il épouse Catherine Daubigeon le 19 novembre 1670, à l'église de la Nativité de La Prairie. Ce mariage est d'ailleurs le premier inscrit au registre paroissial. Pierre, grâce à son courage, sera le premier capitaine de Milice à La Prairie. Il décède le 26 mars 1726 à l'âge de 81 ans.

    Robert Gagné France Gervais P. de J. de Longueuil 24 novembre 1990 Hermas Gervais Léa Choquet Fernand Gagné Jeanne-d’Arc Poirier Saint-Henri de Montréal 28 octobre 1950 Isidore Poirier Eulalie Montpetit Alphonse Gagné Aglaé Imbeau Saint-François, Île d’Orléans 28 septembre 1920 Célestin Imbeau Geneviève Picard Gaudiose Gagné Marie Lacouline Saint-Roch de Québec 13 octobre 1884 Gaudias Lacouline Marie Thibault Fabien-Ferdinand Gagné Adélaïde-Victoire Thivierge Saint-François, Île d’Orléans 28 août 1855 Louis Thivierge Marthe Lacroix Louis Gagné Marguerite Verret Saint-Jean, Île d’Orléans 16 janvier 1815 Jean Verret Marie-Anne Charlan Louis dit Raphaël Gagné Marie-Geneviève Guyon dit Dion Saint-Jean, Île d’Orléans 20 février 1792 Augustin Guyon dit Dion Marie-Thérèse Delisle Louis Gagnier Isabelle Guérard dit Legras Saint-François, Île d’Orléans 19 novembre 1764 Charles Guérard Marie-Madeleine Lepage Raphaël Gagné Marie-Josephte Allaire Saint-François, Île d’Orléans 4 juillet 1729 Louis Allaire Anne Asselin Ignace Gagné Louise Tremblay L’Ange-Gardien, Montmorency 6 novembre 1689 Pierre Tremblay   Anne Achon Louis Gasnier Marie Michel Saint-Martin, Igé, Orne Notaire Régnard, Perche, France, 11 juin 1638 Pierre Michel Louise Gosri Louis Gasnier Marie Launay De Saint-Martin du Vieux-Bellême, arrondissement Mortagne, évêché de Chartres, Perche (Orne)   Robert Gagné, archiviste de l'Association Gagné-Bellavance Né à Montréal en 1952, Robert Gagné habite Brossard depuis quelques années. Sa passion de l'histoire l'entraîne à suivre des cours de généalogie avec M. Claude Perrot et à obtenir un diplôme en instrumentation historique de généalogie à l’UQAM. Membre de l'Association de famille Gagné-Bellavance, il est nommé archiviste. Il a écrit un essai intitulé « Instrument de recherche concernant Pierre Ganier fils de Pierre Ganier et Marguerite Rosée ». Le patronyme Gagné a subi plusieurs transformations au cours des siècles. À l'origine il s'écrit Gasnier et prend lentement les formes populaires de Gagné et Gagnier. Louis Gasnier, né le 13 septembre 1612, est le cadet d'une famille de quatre enfants : Noël, Jacques, Pierre et Louis. Seul Louis et Pierre viendront au Canada. Fils de Louis Gasnier et Marie Launay, Louis travaille avec son père comme meunier à Guémansais, puis au moulin de Courtoulin dans la province du Perche. Il épouse en 1638 Marie Michel à l'église Saint-Martin, à Igé dans le département de l'Orne. Louis et Marie vivent à Igé et rêvent du Nouveau monde. Ils ont eu deux enfants lorsque la famille Gasnier traverse l'océan et fait baptiser à Québec, le 20 septembre 1644, une fille qu'elle nomme Marie. Deux ans plus tard, les Gasnier s'installent à la ferme Saint-Charles du Cap-Tourmente, où Louis exerce le métier de laboureur pour le compte de la Compagnie des Cent Associés. Le 20 octobre 1650, on lui concède une terre de cinq arpents non loin du futur site Sainte-Anne de Beaupré. Au printemps 1661, Louis disparaît soudain avec un de ses voisins, Louis Guimond. Un manuscrit conservé au Séminaire de Québec révèle qu'à huit heures du matin commença le massacre de plusieurs personnes à Beaupré. Les Relations des jésuites mentionnent une lettre du captif J. François Hertel : « connaissez-vous Louis Guimond pris cet été?... » Il est très probable que Louis Gasnier fut pris par les indiens à cette occasion. Finalement, l'inventaire des biens de Louis Gasnier et Louis Guimond fut rédigé le même jour, soit le 14 juillet 1661. Au mystère de la disparition des deux Louis s'ajoute une certaine confusion. Lequel des deux fut le premier miraculé de Sainte-Anne de Beaupré en 1658? L'abbé Morel mentionne le nom de Louis Guimond dans sa première liste des « Miracles arrivés en l'église de Sainte-Anne... », mais dans sa seconde liste rédigée en 1687 et plus complète, le nom de Louis Gasnier remplace celui de Louis Guimond. Le mystère reste entier. COMPLÉMENT Trois souches de Gagné se partagent la descendance de ce nom au Canada. François Gagné dit Poitevin, fils de Jean et d'Andrée Roussette. Il épouse à Trois-Rivières Jeanne Vanasse le 3 novembre 1695. Les deux autres, deux frères, sont parmi les pionniers du Régime français : Pierre et Louis Gasnier. Fils de Louis Gasnier et Marie Launay, Pierre épouse Marguerite Rosée vers 1639, à Saint-Côme de Vair. Le couple se retrouve Québec à l'été 1653. Cet ancêtre décède sur la côte de Beaupré en 1656. Suite à sa mort, sa veuve Marguerite Rosée ira s'installer à Montréal avec trois de ses enfants : Pierre, Nicolas et Marguerite. Seul son fils Louis demeure sur la côte de Beaupré. Louis, surnommé Bellavance, fut gratifié par Jean Talon en 1672 d'une seigneurie au Cap St-Ignace, qu'il partage avec Nicolas Gamache. Plusieurs de ses descendants portent aujourd’hui le nom de Bellavance. Pierre, le second enfant de Marguerite Rosée, s'installe à La Prairie. Il épouse Catherine Daubigeon le 19 novembre 1670, à l'église de la Nativité de La Prairie. Ce mariage est d'ailleurs le premier inscrit au registre paroissial. Pierre, grâce à son courage, sera le premier capitaine de Milice à La Prairie. Il décède le 26 mars 1726 à l'âge de 81 ans....

    Quelques mots de notre vocabulaire

    Tiré de : Le Glossaire acadien, Pascal Poirier

    Éditions d'Acadie, 1993

    Flasque : subst. macs. Flacon. Nous avons pris ce mot directement de l'anglais flash. C'est tout de même un vieux mot de France : « En son sage plus de vingt et six bouettes et flasques toujours pleines ». (Pantagruel).

    C'est le même mot que flacon : qui s'est écrit flasche d'abord, puis flasque, puis flascon. On trouve, modifié de forme dans toutes les langues de l'Europe : « Duo ligne a vasculo, quae, vulgo flascones vocantur » (GRÉGOIRE DE TOURS).

    Exprès : (Par). Exprès, volontairement : Je ne l'ai pas fait par exprès.

    L'expression est condamnée par les maîtres de la langue qui veulent qu'on dise exprès tout seul : Je ne l'ai pas fait exprès. En dépit des grammairiens, le peuple de France dit comme nous, par exprès. C'est un archaïsme, c.-à-d., un bon mot de la vieille langue : « Comme tout un qui par exprès, l'eschauffe petit à petit » (Rapporté par Littré).

    Tiré de : Le Glossaire acadien, Pascal Poirier Éditions d'Acadie, 1993 Flasque : subst. macs. Flacon. Nous avons pris ce mot directement de l'anglais flash. C'est tout de même un vieux mot de France : « En son sage plus de vingt et six bouettes et flasques toujours pleines ». (Pantagruel). C'est le même mot que flacon : qui s'est écrit flasche d'abord, puis flasque, puis flascon. On trouve, modifié de forme dans toutes les langues de l'Europe : « Duo ligne a vasculo, quae, vulgo flascones vocantur » (GRÉGOIRE DE TOURS). Exprès : (Par). Exprès, volontairement : Je ne l'ai pas fait par exprès. L'expression est condamnée par les maîtres de la langue qui veulent qu'on dise exprès tout seul : Je ne l'ai pas fait exprès. En dépit des grammairiens, le peuple de France dit comme nous, par exprès. C'est un archaïsme, c.-à-d., un bon mot de la vieille langue : « Comme tout un qui par exprès, l'eschauffe petit à petit » (Rapporté par Littré)....

    Don

    Don de Paul Saint-Marie :

    Histoire ancienne, EM. Lefranc, Paris, Jacques Lecoffre, 1851, 512 pages.

    Fait intéressant à noter : ce volume a échappé à la dilapidation des livres de la bibliothèque de La Société Littéraire du Village de La Prairie, et porte le numéro 179. Il provient de Fabre et Gravel, librairie, rue Saint-Vincent, Montréal.

    Don de Paul Saint-Marie : Histoire ancienne, EM. Lefranc, Paris, Jacques Lecoffre, 1851, 512 pages. Fait intéressant à noter : ce volume a échappé à la dilapidation des livres de la bibliothèque de La Société Littéraire du Village de La Prairie, et porte le numéro 179. Il provient de Fabre et Gravel, librairie, rue Saint-Vincent, Montréal....

    Nouvelles

    Décès

    Le Père Jules Romme nous a quittés le 19 janvier dernier. Ce prêtre d'une personnalité attachante, tout dévoué à son ministère sacerdotal, était un passionné de l'histoire. Il a écrit plusieurs monographies de la région : Saint-Constant, Beaujeu et Delson, etc. La Société historique de la Prairie lui doit une quantité de documents et d'informations qui sont venus enrichir nos archives. Il a su décrire de sa plume alerte les maisons de l'arrondissement historique de La Prairie dans une brochure mise à la disposition du public. Nous avons perdu un érudit, un précieux collaborateur et un ami.

    Prompt rétablissement

    À Mme Adélard Demers qui est présentement à l'hôpital, elle est la mère de Mme Lucille Demers-Lamarre; nous lui offrons nos meilleurs vœux de prompt rétablissement et de bonne santé.

    L'église de la Nativité de la Sainte-Vierge de La Prairie, Québec, Héritage 1995

    Les membres du Conseil Général se sont cotisés pour offrir un don de 100 $ à la Fabrique. Pour ce don nous avons reçu une « relique » du plancher du chœur datant de 1865. La plaque est authentifiée No. 36/150 par Père Jean-Guy Gagnon, c.s.c., prêtre modérateur, curé de La Prairie.

    Félicitations

    Félicitations à Mme Claire Quesnel, membre de la SHLM, à qui la Fondation des maladies du cœur du Québec a rendu hommage dernièrement. Le lieutenant-gouverneur du Québec, M. Martial Asselin, lui a remis le « cœur d'argent » pour souligner son dévouement à la cause.

    Souper annuel

    Date à inscrire à votre agenda samedi, le 27 avril 1996.

    Décès Le Père Jules Romme nous a quittés le 19 janvier dernier. Ce prêtre d'une personnalité attachante, tout dévoué à son ministère sacerdotal, était un passionné de l'histoire. Il a écrit plusieurs monographies de la région : Saint-Constant, Beaujeu et Delson, etc. La Société historique de la Prairie lui doit une quantité de documents et d'informations qui sont venus enrichir nos archives. Il a su décrire de sa plume alerte les maisons de l'arrondissement historique de La Prairie dans une brochure mise à la disposition du public. Nous avons perdu un érudit, un précieux collaborateur et un ami. Prompt rétablissement À Mme Adélard Demers qui est présentement à l'hôpital, elle est la mère de Mme Lucille Demers-Lamarre; nous lui offrons nos meilleurs vœux de prompt rétablissement et de bonne santé. L'église de la Nativité de la Sainte-Vierge de La Prairie, Québec, Héritage 1995 Les membres du Conseil Général se sont cotisés pour offrir un don de 100 $ à la Fabrique. Pour ce don nous avons reçu une « relique » du plancher du chœur datant de 1865. La plaque est authentifiée No. 36/150 par Père Jean-Guy Gagnon, c.s.c., prêtre modérateur, curé de La Prairie. Félicitations Félicitations à Mme Claire Quesnel, membre de la SHLM, à qui la Fondation des maladies du cœur du Québec a rendu hommage dernièrement. Le lieutenant-gouverneur du Québec, M. Martial Asselin, lui a remis le « cœur d'argent » pour souligner son dévouement à la cause. Souper annuel Date à inscrire à votre agenda samedi, le 27 avril 1996....

    Conférence : le moulin à vent de La Prairie de 1670 à 1760

    Chers amis,

    Ce mois-ci, notre conférence portera sur le moulin à vent de La Prairie de 1670 à 1760.

    Cette conférence sera donnée par Élaine Sirois et elle la présente ainsi : « J’ai découvert la Société historique de La Prairie parce que j’y ai travaillé durant l’été 1994 dans le cadre du programme DÉFI. C’est à ce moment que j’ai pris connaissance de la richesse des archives sur la seigneurie de La Prairie, ce qui m’a donné le goût de faire des recherches historiques.

    L’histoire est un domaine qui me passionne depuis longtemps. Je poursuis actuellement des études de maîtrise en histoire à l’Université de Montréal. Je travaille sur un aspect de l’histoire religieuse de la Suisse, pays que j’ai eu la chance de découvrir pour y avoir vécu et étudié pendant l’année 1994-1995.

    À l’époque de la Nouvelle-France, la colonie ne peut se développer sans les moulins. Ce sont eux qui nourrissent les colons grâce à la farine de blé qui constitue la plus grande part de leur alimentation.

    Après avoir présenté brièvement La Prairie à l’époque du Régime français et le moulin comme l’élément clef du régime seigneurial, j’aborderai plus spécifiquement le moulin à vent de La Prairie. Je parlerai entre autres des problèmes de situation géographique du moulin et de son rôle militaire à la fin du XVIIe siècle. Je parlerai aussi des meuniers de La Prairie à travers les deux sources de documents notariés que nous avons : les baux de location et les inventaires des biens du moulin. Une dernière partie sera accordée aux relations entre les meuniers et les seigneurs.

    C’est donc un rendez-vous le 21 février à 20 heures au local de la SHLM, 249 rue Sainte-Marie. Comme toujours, l’entrée est gratuite.

    Chers amis, Ce mois-ci, notre conférence portera sur le moulin à vent de La Prairie de 1670 à 1760. Cette conférence sera donnée par Élaine Sirois et elle la présente ainsi : « J’ai découvert la Société historique de La Prairie parce que j’y ai travaillé durant l’été 1994 dans le cadre du programme DÉFI. C’est à ce moment que j’ai pris connaissance de la richesse des archives sur la seigneurie de La Prairie, ce qui m’a donné le goût de faire des recherches historiques. L’histoire est un domaine qui me passionne depuis longtemps. Je poursuis actuellement des études de maîtrise en histoire à l’Université de Montréal. Je travaille sur un aspect de l’histoire religieuse de la Suisse, pays que j’ai eu la chance de découvrir pour y avoir vécu et étudié pendant l’année 1994-1995. À l’époque de la Nouvelle-France, la colonie ne peut se développer sans les moulins. Ce sont eux qui nourrissent les colons grâce à la farine de blé qui constitue la plus grande part de leur alimentation. Après avoir présenté brièvement La Prairie à l’époque du Régime français et le moulin comme l’élément clef du régime seigneurial, j’aborderai plus spécifiquement le moulin à vent de La Prairie. Je parlerai entre autres des problèmes de situation géographique du moulin et de son rôle militaire à la fin du XVIIe siècle. Je parlerai aussi des meuniers de La Prairie à travers les deux sources de documents notariés que nous avons : les baux de location et les inventaires des biens du moulin. Une dernière partie sera accordée aux relations entre les meuniers et les seigneurs. C’est donc un rendez-vous le 21 février à 20 heures au local de la SHLM, 249 rue Sainte-Marie. Comme toujours, l’entrée est gratuite. ...

    Le Noël de Pierriche, par Emmanuel Desrosiers

    Un conteur de La Prairie

    Emmanuel Desrosiers (1897-1945).

    Né à La Prairie, Emmanuel Desrosiers a collaboré à plusieurs revues et magazines, ainsi qu'aux journaux La Presse et La Patrie. Il aimait profondément La Prairie, sa ville natale et patrie de ses ancêtres. Il a collaboré étroitement avec l'abbé Élysée Choquet à la recherche de notre histoire locale et régionale (Fonds d'archives É. Choquet).

    Les extraits du Noël de Pierriche que nous publions aujourd'hui sont de 1931. Emmanuel avait connu, dans son enfance, un « quêteux » surnommé « Prophète » qui arpentait les campagnes de la Côte Sainte-Catherine et autres, 2 fois l'an. Dans la famille Desrosiers, Prophète, était toujours bien reçu, la « mère » en profitait pour laver tous ses vêtements et la nuit il pouvait dormir dans un lit douillet et confortable. Prophète, de son vrai nom Steven Simmon, Irlandais, catholique, avait une façon bien particulière de faire son signe de croix. La famille l'entendait dire à haute voix : j'aime Dieu, je me donne à Dieu, j'ai un grand regret d'avoir offensé Dieu.

    Pierriche arrive chez Sévère Lefort, cultivateur· de la Coste Sainte-Catherine, la veille de Noël. Il doit lutter contre le froid, et est reçu dans la maison confortable plus longtemps qu'il ne pensait. Le printemps et sa douceur deviennent pour lui irrésistibles…

    Le Noël de Pierriche, Mon Magazine, décembre 1931 (Emmanuel Desrosiers).

    LE NOEL DE PIERRICHE

    Pierriche marchait sous la rafale.

    La tempête de neige tourbillonnait et accrochait partout, aux branches dénudées, ses lambeaux blancs. Près des granges, des bancs immaculés se formaient. Les bâtiments étaient clos, la campagne déserte. Seules, de loin en loin, les maisons dressaient leurs masses grises, et aux abords de la route les peupliers décharnés, s'élançaient vers le sombre firmament.

    Pierriche avançait péniblement sur le chemin qui s'effaçait, il labourait la neige de ses chaussures trop grandes qui se glaçaient. La route était longue. Il la connaissait. Depuis vingt ans il y passait, mendiant son pain, couchant dans les granges à l'été. L'hiver il lui fallait frapper à coups redoublés aux portes closes et se garer des chiens qui n'avaient jamais voulu le reconnaître pour un ami.

    Au loin, là-bas, au détour de la route, se laissait entrevoir la ferme de Sévère Lefort. Il y arrêterait. C'était du monde à l'aise. Il y serait peut-être reçu. Le cœur plein d'espérance à cette pensée, il hâta le pas. Il n’allait guère vite car la neige s'amoncelait davantage et comme le vent fléchissait, le duvet blanc tombait plus dru. Encore un effort, puis l'allée de frênes de la ferme se montra.

    Il traversa la prairie blanche, s'arrêta pour respirer et se secouer puis frappa à la porte du « tambour ».

    Gédéon Lefort, le plus vieux des fils, vint ouvrir.

    Il fut bien reçu. On le fit asseoir près du Poêle. Le chien vint le flairer il ne grogna point : puisqu'on l'avait laissé entrer, c'est qu'il devait être un ami.

    Déshabille-toi, vieux bougre de quêteux.

    C'était l'heure du dîner.

    Tout le monde s'approcha de table sans rien dire. Le quêteux se fit menu et s'alla blottir dans le coin près des « entraits » sur le grand banc jaune.

    Les Lefort mangeaient comme des brutes, sans presque respirer. Ils s'empiffraient de viandes lourdes avec une conviction de rite. Quand arrivèrent les tourtières, Pierriche avait déjà mangé à son saoul. Les Lefort continuaient de happer les croûtes grasses et les beignes sucrés.

    Vas-tu à la messe de minuit, vieux?

    À confesse! Pierriche n'avait pas de péché ou si peu, mais enfin l'offre était bonne. Il resterait puisque madame Lefort le voulait.

    Après le repas du soir pris à la clarté de la lampe brillante qui éclairait la belle nappe blanche et la jolie vaisselle bleue, tout le monde se « changea » y compris le bon quêteux. Il eut un peu de peine à chausser les bottines en cuir « patent » qu'avait laissées David, mais avec l'aide de Gédéon et l'encouragement de toute la famille, ce fut bientôt fait. Pierriche ne s'était jamais vu aussi bien vêtu, aussi faraud. Il en avait beaucoup d'orgueil, de vanité : péché qui ne l'aurait pas affleuré s'il avait continué de cheminer par les routes dont la monotonie le forçait au recueillement et à la méditation. Il réalisa dans sa pauvre cervelle, bien confusément, que la vie dans la société était pleine de danger. Ce fut bien pis quand le père Sévère Lefort « passa la traite à la ronde » d'un vieux cidre de pommes d'amour qui « piquait la luette » et réchauffait le cœur. Pierriche, toujours privé de bonnes choses et surtout d'alcool, sentit courir dans ses veines la liqueur bienfaisante qui lui tournait la tête. Il dut s'asseoir sur le pied d'un sofa et la tête dans les mains se mit à pleurer.

    Il pleurait, il ne savait pas pourquoi. Il pleurait à cause de la douce sensation, de la griserie du cidre.

    Vers neuf heures, Gédéon « attela ». C'était l'heure raisonnable pour aller à la messe de minuit et surtout pour les confessions.

    D'ailleurs les Forest, les Ste-Marie, les Longtin étaient passés, même Virginie Faille qui était toujours en retard. La « sleigh à boîte » arrêta devant la maison et un formidable cri retentit :

    – « Êtes-vous prêts? »

    Comme il n'y avait pas beaucoup de place, Pierriche fut invité à se tenir debout sur la « palette » à l'arrière.

    Marche, Jess!

    Et la grand’jument grise allongea le pas sur la neige que la nuit durcissait. Quand elle trottait, la bande de grelots égrenait avec entrain une cacophonie de sons clairs qui réjouissait le quêteux que la rafale enneigeait.

    Personne ne parlait : c'était l'examen de conscience.

    Les circonstances s'y prêtaient : le bercement de la carriole que la « grise » tirait par saccade; l'ombre presque dense qui enveloppait les choses; le bois de sapins que l'on côtoyait et où devait se cacher la meute des loups-garous ou tout au moins satan lui-même; le souvenir de David Lizotte. C'était l'heure de l'exploration intérieure.

    Sévère Lefort, vieux bougre d'habitant, âpre au gain, pas très honnête dans les marchés, sacrant comme un bûcheron; madame Lefort qui avait deux « moulins à beurre » : un pour les gens de la ville et un pour « eux autres »; Gédéon qui souvent « brossait » battait la grise, « maganait » les animaux; Aglaé qui avait la langue longue et qui détestait à mort Luména Ste-Marie, sa voisine… et Pierriche qui n'avait pas de péché.

    Et le silence continua plus profond. Chacun descendant au fond lui-même afin de scruter les cachettes secrètes qui existent dans chaque cœur humain. Seul Pierriche ne scrutait rien occupé qu'il était de se tenir sur la « palette » alors que la « sleigh » plongeait dans cahots.

    Au bout d'une heure de voyage le village montra ses premières maisons illuminées et son clocher prometteur. La sacristie était pleine de monde : l'hôtelier Chéri Lanctôt, « Brinbale » Daignault, Jos-Paul Ayotte, Jérémie Cardinal et jusqu'à « Ménouque » Deschênes. Tout le monde était à confesse.

    Son tour vint d'entrer dans le confessionnal. Madame Lefort l'avait précédé et avait prévenu l'abbé Bédard qui reçut Pierriche comme un père reçoit son enfant qu'il n'a pas vu depuis de longues années.

    Et Pierriche sortit de là transformé.

    Le quêteux était au comble de la joie. Souvent, dans le passé, à l'heure de la naissance du Christ il était passé par les chemins battus à la recherche d'un gîte qu'on lui refusait par crainte de la vermine; souvent il avait entendu l'appel lointain des cloches pendant qu'il s'enfonçait sous les mélèzes chargés de givre. Cette nuit, il était dans le banc des Lefort, un beau banc bourré de peluche rouge.

    Pour le chemin de retour les Lefort se tassèrent et firent une place à Pierriche dans la carriole.

    Pierriche, tu ne resterais pas avec nous. L'hiver, il n'y a pas grand'chose à faire : le train, soigner les poules, rentrer du bois?

    Pierriche ne répondait pas. Il était bon mais il était si paresseux. L'hiver était froid, il se faisait vieux, les routes étaient plus longues… Enfin il répondit oui.

    À l'arrivée « Putiphar », le chien des Lefort ne se possédait pas de joie, il se roulait aux pieds du quêteux.

    Les Lefort réveillonnaient.

    Pierriche resta à rêver près du poêle avec « Putiphar » qui l'observa. Quand l'heure du train arriva, le vieux qui s'était « changé », alluma le fanal et sortit dans le vent qui soulevait la neige. À l'étable où le chien l'avait suivi, il trouva les bêtes encore somnolentes. Il y en avait, il n'achevait plus de les compter : une, deux, trois, six, onze, treize vaches; un, trois, cinq, neuf chevaux; six, onze, dix-neuf moutons; huit gorets et des poules.

    Pierriche revit la route balayée par l'ouragan, les nuits sans lune, les granges inhospitalières et l'alternative de crever peut-être sous un pont, entouré du mugissement sans pitié de la tempête; il resta et fit le « train » pendant que les Lefort se reposaient bien au chaud avec la pensée douce de la « charité ».

    Pierriche était pris.

    Il ne pouvait partir.

    Le chien le suivait partout.

    Pierriche avait pourtant une idée, une idée de délivrance.

    L'hiver passa et avec lui les neiges disparurent. Pierriche inlassablement faisait le « train » escorté de « Putiphar » pendant que les Lefort se prélassaient dans leurs couchettes ou se chauffaient près du poêle.

    Le printemps arriva avec ses tièdes journées et les brumes chaudes qui montaient du sol quand le soir tombait.

    Il fallut penser aux semences. Les instruments aratoires furent inspectés, réparés, graissés. Tout fut préparé pour le viol de la terre.

    Quand le jour fut arrivé du véritable labeur des champs, Pierriche profita de la nuit, incapable d'affronter plus longtemps le travail de la ferme et la « charité » des Lefort… il s'enfuit… avec « Putiphar ».

    Un conteur de La Prairie Emmanuel Desrosiers (1897-1945). Né à La Prairie, Emmanuel Desrosiers a collaboré à plusieurs revues et magazines, ainsi qu'aux journaux La Presse et La Patrie. Il aimait profondément La Prairie, sa ville natale et patrie de ses ancêtres. Il a collaboré étroitement avec l'abbé Élysée Choquet à la recherche de notre histoire locale et régionale (Fonds d'archives É. Choquet). Les extraits du Noël de Pierriche que nous publions aujourd'hui sont de 1931. Emmanuel avait connu, dans son enfance, un « quêteux » surnommé « Prophète » qui arpentait les campagnes de la Côte Sainte-Catherine et autres, 2 fois l'an. Dans la famille Desrosiers, Prophète, était toujours bien reçu, la « mère » en profitait pour laver tous ses vêtements et la nuit il pouvait dormir dans un lit douillet et confortable. Prophète, de son vrai nom Steven Simmon, Irlandais, catholique, avait une façon bien particulière de faire son signe de croix. La famille l'entendait dire à haute voix : j'aime Dieu, je me donne à Dieu, j'ai un grand regret d'avoir offensé Dieu. Pierriche arrive chez Sévère Lefort, cultivateur· de la Coste Sainte-Catherine, la veille de Noël. Il doit lutter contre le froid, et est reçu dans la maison confortable plus longtemps qu'il ne pensait. Le printemps et sa douceur deviennent pour lui irrésistibles... Le Noël de Pierriche, Mon Magazine, décembre 1931 (Emmanuel Desrosiers). LE NOEL DE PIERRICHE Pierriche marchait sous la rafale. La tempête de neige tourbillonnait et accrochait partout, aux branches dénudées, ses lambeaux blancs. Près des granges, des bancs immaculés se formaient. Les bâtiments étaient clos, la campagne déserte. Seules, de loin en loin, les maisons dressaient leurs masses grises, et aux abords de la route les peupliers décharnés, s'élançaient vers le sombre firmament. Pierriche avançait péniblement sur le chemin qui s'effaçait, il labourait la neige de ses chaussures trop grandes qui se glaçaient. La route était longue. Il la connaissait. Depuis vingt ans il y passait, mendiant son pain, couchant dans les granges à l'été. L'hiver il lui fallait frapper à coups redoublés aux portes closes et se garer des chiens qui n'avaient jamais voulu le reconnaître pour un ami. Au loin, là-bas, au détour de la route, se laissait entrevoir la ferme de Sévère Lefort. Il y arrêterait. C'était du monde à l'aise. Il y serait peut-être reçu. Le cœur plein d'espérance à cette pensée, il hâta le pas. Il n’allait guère vite car la neige s'amoncelait davantage et comme le vent fléchissait, le duvet blanc tombait plus dru. Encore un effort, puis l'allée de frênes de la ferme se montra. Il traversa la prairie blanche, s'arrêta pour respirer et se secouer puis frappa à la porte du « tambour ». Gédéon Lefort, le plus vieux des fils, vint ouvrir. Il fut bien reçu. On le fit asseoir près du Poêle. Le chien vint le flairer il ne grogna point : puisqu'on l'avait laissé entrer, c'est qu'il devait être un ami. – Déshabille-toi, vieux bougre de quêteux. C'était l'heure du dîner. Tout le monde s'approcha de table sans rien dire. Le quêteux se fit menu et s'alla blottir dans le coin près des « entraits » sur le grand banc jaune. Les Lefort mangeaient comme des brutes, sans presque respirer. Ils s'empiffraient de viandes lourdes avec une conviction de rite. Quand arrivèrent les tourtières, Pierriche avait déjà mangé à son saoul. Les Lefort continuaient de happer les croûtes grasses et les beignes sucrés. – Vas-tu à la messe de minuit, vieux? À confesse! Pierriche n'avait pas de péché ou si peu, mais enfin l'offre était bonne. Il resterait puisque madame Lefort le voulait. Après le repas du soir pris à la clarté de la lampe brillante qui éclairait la belle nappe blanche et la jolie vaisselle bleue, tout le monde se « changea » y compris le bon quêteux. Il eut un peu de peine à chausser les bottines en cuir « patent » qu'avait laissées David, mais avec l'aide de Gédéon et l'encouragement de toute la famille, ce fut bientôt fait. Pierriche ne s'était jamais vu aussi bien vêtu, aussi faraud. Il en avait beaucoup d'orgueil, de vanité : péché qui ne l'aurait pas affleuré s'il avait continué de cheminer par les routes dont la monotonie le forçait au recueillement et à la méditation. Il réalisa dans sa pauvre cervelle, bien confusément, que la vie dans la société était pleine de danger. Ce fut bien pis quand le père Sévère Lefort « passa la traite à la ronde » d'un vieux cidre de pommes d'amour qui « piquait la luette » et réchauffait le cœur. Pierriche, toujours privé de bonnes choses et surtout d'alcool, sentit courir dans ses veines la liqueur bienfaisante qui lui tournait la tête. Il dut s'asseoir sur le pied d'un sofa et la tête dans les mains se mit à pleurer. Il pleurait, il ne savait pas pourquoi. Il pleurait à cause de la douce sensation, de la griserie du cidre. Vers neuf heures, Gédéon « attela ». C'était l'heure raisonnable pour aller à la messe de minuit et surtout pour les confessions. D'ailleurs les Forest, les Ste-Marie, les Longtin étaient passés, même Virginie Faille qui était toujours en retard. La « sleigh à boîte » arrêta devant la maison et un formidable cri retentit : – « Êtes-vous prêts? » Comme il n'y avait pas beaucoup de place, Pierriche fut invité à se tenir debout sur la « palette » à l'arrière. – Marche, Jess! Et la grand’jument grise allongea le pas sur la neige que la nuit durcissait. Quand elle trottait, la bande de grelots égrenait avec entrain une cacophonie de sons clairs qui réjouissait le quêteux que la rafale enneigeait. Personne ne parlait : c'était l'examen de conscience. Les circonstances s'y prêtaient : le bercement de la carriole que la « grise » tirait par saccade; l'ombre presque dense qui enveloppait les choses; le bois de sapins que l'on côtoyait et où devait se cacher la meute des loups-garous ou tout au moins satan lui-même; le souvenir de David Lizotte. C'était l'heure de l'exploration intérieure. Sévère Lefort, vieux bougre d'habitant, âpre au gain, pas très honnête dans les marchés, sacrant comme un bûcheron; madame Lefort qui avait deux « moulins à beurre » : un pour les gens de la ville et un pour « eux autres »; Gédéon qui souvent « brossait » battait la grise, « maganait » les animaux; Aglaé qui avait la langue longue et qui détestait à mort Luména Ste-Marie, sa voisine... et Pierriche qui n'avait pas de péché. Et le silence continua plus profond. Chacun descendant au fond lui-même afin de scruter les cachettes secrètes qui existent dans chaque cœur humain. Seul Pierriche ne scrutait rien occupé qu'il était de se tenir sur la « palette » alors que la « sleigh » plongeait dans cahots. Au bout d'une heure de voyage le village montra ses premières maisons illuminées et son clocher prometteur. La sacristie était pleine de monde : l'hôtelier Chéri Lanctôt, « Brinbale » Daignault, Jos-Paul Ayotte, Jérémie Cardinal et jusqu'à « Ménouque » Deschênes. Tout le monde était à confesse. Son tour vint d'entrer dans le confessionnal. Madame Lefort l'avait précédé et avait prévenu l'abbé Bédard qui reçut Pierriche comme un père reçoit son enfant qu'il n'a pas vu depuis de longues années. Et Pierriche sortit de là transformé. Le quêteux était au comble de la joie. Souvent, dans le passé, à l'heure de la naissance du Christ il était passé par les chemins battus à la recherche d'un gîte qu'on lui refusait par crainte de la vermine; souvent il avait entendu l'appel lointain des cloches pendant qu'il s'enfonçait sous les mélèzes chargés de givre. Cette nuit, il était dans le banc des Lefort, un beau banc bourré de peluche rouge. Pour le chemin de retour les Lefort se tassèrent et firent une place à Pierriche dans la carriole. – Pierriche, tu ne resterais pas avec nous. L'hiver, il n'y a pas grand'chose à faire : le train, soigner les poules, rentrer du bois? Pierriche ne répondait pas. Il était bon mais il était si paresseux. L'hiver était froid, il se faisait vieux, les routes étaient plus longues... Enfin il répondit oui. À l'arrivée « Putiphar », le chien des Lefort ne se possédait pas de joie, il se roulait aux pieds du quêteux. Les Lefort réveillonnaient. Pierriche resta à rêver près du poêle avec « Putiphar » qui l'observa. Quand l'heure du train arriva, le vieux qui s'était « changé », alluma le fanal et sortit dans le vent qui soulevait la neige. À l'étable où le chien l'avait suivi, il trouva les bêtes encore somnolentes. Il y en avait, il n'achevait plus de les compter : une, deux, trois, six, onze, treize vaches; un, trois, cinq, neuf chevaux; six, onze, dix-neuf moutons; huit gorets et des poules. Pierriche revit la route balayée par l'ouragan, les nuits sans lune, les granges inhospitalières et l'alternative de crever peut-être sous un pont, entouré du mugissement sans pitié de la tempête; il resta et fit le « train » pendant que les Lefort se reposaient bien au chaud avec la pensée douce de la « charité ». Pierriche était pris. Il ne pouvait partir. Le chien le suivait partout. Pierriche avait pourtant une idée, une idée de délivrance. L'hiver passa et avec lui les neiges disparurent. Pierriche inlassablement faisait le « train » escorté de « Putiphar » pendant que les Lefort se prélassaient dans leurs couchettes ou se chauffaient près du poêle. Le printemps arriva avec ses tièdes journées et les brumes chaudes qui montaient du sol quand le soir tombait. Il fallut penser aux semences. Les instruments aratoires furent inspectés, réparés, graissés. Tout fut préparé pour le viol de la terre. Quand le jour fut arrivé du véritable labeur des champs, Pierriche profita de la nuit, incapable d'affronter plus longtemps le travail de la ferme et la « charité » des Lefort... il s'enfuit... avec « Putiphar »....