Sélection d'une édition

    Généalogie de Jérémie Robert

    Jérémie Robert

    Notre ami Jérémie est né le 2 juin 1913, il fit ses études à l'école de Saint-Mathieu. En 1927 il était déjà sur le marché du travail, engagé par la National Brick à Delson jusque vers 1931, puis il passa à la Canada Creosoting (Domtar), où il travailla durant trente-cinq ans. Il prit sa retraite en 1978. Mais quand on connaît monsieur Robert on sait qu'il n'a jamais pris vraiment de retraite. Dès l'âge de seize ans il devenait propriétaire d'un Ford 1914 pour trois cents dollars. Il a livré du bois, du charbon et de l'huile à chauffage jusqu'au pied du courant (Montréal) à cheval et en camion de 1932 à 1936.

    Jérémie Robert « Bootlegger », de 1932 à 1936, fait du transport de contrebande entre New York–Montréal–Mont-Laurier, où il a réussi la plupart du temps à déjouer ses poursuivants. Il posséda cinq camions Réo. Mais le 18 juillet 1936 à Terrebonne, un dimanche, à une heure et demie du matin, pour éviter d'être coincé, il a passé à travers un barrage et une clôture pour finalement tomber à l'eau. Le malheur c'est qu'il ne savait pas nager. Il fut pris. Monsieur Robert a perdu ses cinq camions d'une valeur de 3 800 $ chacun et fut condamné à une amende de 250 $. Il lui restait soixante cents pour téléphoner. Si cette épopée lui a coûté cher, elle fut riche en histoires bouleversantes. Il y a eu des moments trépidants qui se sont ajoutés à une vie intensément active.

    Louis Robert dit Lafontaine dit Lapomeray

    Louis Robert est né à Cognehors de La Rochelle le douze août 1638. Il vint en Nouvelle-France en qualité de soldat du Régiment de Carignan dans la Cie de monsieur Arnoult de Loubias; à l'été de 1665, les soldats s'embarquèrent à la Rochelle sur le Saint-Sébastien et arrivèrent à Québec le douze septembre en même temps que monsieur de Courcelle et Talon. Au mois de janvier 1666, il se dirige avec ses compagnons d'armes vers Trois-Rivières, lieu de leur cantonnement.

    Le dix janvier 1666, il passait un contrat de mariage avec Marie Bourgery, devant le notaire Séverin Ameau. La jeune fiancée n'avait pas encore douze ans, âge requis pour le mariage, la cérémonie religieuse fut célébrée en novembre 1670. Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières, et Henri de Chastelard, marquis de Salières, furent témoins de leur union, de laquelle naquirent neuf fils et trois filles.

    En 1668, lors de son licenciement de l'armée, Louis, désireux de s'établir à demeure en Nouvelle-France reçoit du Roi de France la somme de cent francs et les vivres d'une année; il s'établit définitivement à Boucherville comme agriculteur tout en exerçant le métier de cordonnier.

    Louis Robert décéda le premier janvier 1711, et son épouse Marie suivit le dix-neuf septembre 1719. Ils furent inhumés dans le cimetière de Boucherville. Cinq de ses fils et une fille vinrent s'établir dans la Seigneurie de Laprairie de la Magdeleine. De son passage à l'armée, l'ancêtre Louis avait gardé le surnom de Lafontaine, qu'il porta toute sa vie.

    Robert dit Lafontaine dit Lapomeray

    Jean-Guy, Yvon et Jean-Roch

     

     

    Jérémie Robert

    Léocadie Robert dit Le Breton

    Saint-Mathieu

    16 octobre 1937

    Cyprien Robert dit Le Breton

    Marie-Rose Longtin

    Omer Robert

    M.-Louise Robert dit Lapomeray

    Saint-Philippe de La Prairie

    15 septembre 1908

    Toussaint Robert dit Lapomeray

    Mathilda Foucreault

    Olivier Robert

    Mathilde Lefort

    Saint-Constant

    27 novembre 1860

    Barthélémie Lefort dit Laprairie

    Marie Robert dit Lapomeray

    Julien Robert

    Josephte Boyer

    Saint-Philippe de La Prairie

    15 octobre 1829

    Jean-Baptiste Boyer

    Marie Sédilot dit Montreuil

    Henri Robert

    Marguerite Roy

    Saint-Philippe de La Prairie

    2 octobre 1797

    Ignace Roy dit La Pensée

    Marie-Josephte De Rainville

    Pierre Robert

    Josephte Patenaude

    Saint-Philippe de La Prairie

    26 novembre 1764

    Joseph Patenaude

    Marie Deniau dit Destaillis

    François Robert dit Lapomeray

    Charlotte Robin dit Lapointe

    Saint-Antoine de Longueuil

    11 mai 1739

    Michel Robin dit Lapointe

    Angélique Dupré dit Rochefort

    François Robert dit Lapomeray

    Marie Lanctôt

    Saint-Antoine de Longueuil

    26 juin 1712

    François Lanctôt

    Marguerite Ménard dit Lafontaine

    Louis Robert dit Lafontaine

    Marie Bourgery

    Notre-Dame des Trois-Rivières

    25 novembre 1666

    Jean-Baptiste Bourgery

    Marie Gendre

    André Robert, marchand

    Catherine Bonin

    Sainte-Marguerite de La Rochelle

    20 février 1629

     

    Pierre Robert, laboureur

    Léonne Rembault

    Louis Robert, baptisé le 12/08/1638 à Sainte-Marguerite, ville, arrondisement et évêché de La Rochelle, Aunis (Charente-Maritime), France.

    Il est venu en Nouvelle-France en qualité de soldat du Régiment de Carignan, Compagnie De Loubias. Agriculteur et cordonnier de métier.

    Jérémie Robert Notre ami Jérémie est né le 2 juin 1913, il fit ses études à l'école de Saint-Mathieu. En 1927 il était déjà sur le marché du travail, engagé par la National Brick à Delson jusque vers 1931, puis il passa à la Canada Creosoting (Domtar), où il travailla durant trente-cinq ans. Il prit sa retraite en 1978. Mais quand on connaît monsieur Robert on sait qu'il n'a jamais pris vraiment de retraite. Dès l'âge de seize ans il devenait propriétaire d'un Ford 1914 pour trois cents dollars. Il a livré du bois, du charbon et de l'huile à chauffage jusqu'au pied du courant (Montréal) à cheval et en camion de 1932 à 1936. Jérémie Robert « Bootlegger », de 1932 à 1936, fait du transport de contrebande entre New York–Montréal–Mont-Laurier, où il a réussi la plupart du temps à déjouer ses poursuivants. Il posséda cinq camions Réo. Mais le 18 juillet 1936 à Terrebonne, un dimanche, à une heure et demie du matin, pour éviter d'être coincé, il a passé à travers un barrage et une clôture pour finalement tomber à l'eau. Le malheur c'est qu'il ne savait pas nager. Il fut pris. Monsieur Robert a perdu ses cinq camions d'une valeur de 3 800 $ chacun et fut condamné à une amende de 250 $. Il lui restait soixante cents pour téléphoner. Si cette épopée lui a coûté cher, elle fut riche en histoires bouleversantes. Il y a eu des moments trépidants qui se sont ajoutés à une vie intensément active. Louis Robert dit Lafontaine dit Lapomeray Louis Robert est né à Cognehors de La Rochelle le douze août 1638. Il vint en Nouvelle-France en qualité de soldat du Régiment de Carignan dans la Cie de monsieur Arnoult de Loubias; à l'été de 1665, les soldats s'embarquèrent à la Rochelle sur le Saint-Sébastien et arrivèrent à Québec le douze septembre en même temps que monsieur de Courcelle et Talon. Au mois de janvier 1666, il se dirige avec ses compagnons d'armes vers Trois-Rivières, lieu de leur cantonnement. Le dix janvier 1666, il passait un contrat de mariage avec Marie Bourgery, devant le notaire Séverin Ameau. La jeune fiancée n'avait pas encore douze ans, âge requis pour le mariage, la cérémonie religieuse fut célébrée en novembre 1670. Pierre Boucher, gouverneur de Trois-Rivières, et Henri de Chastelard, marquis de Salières, furent témoins de leur union, de laquelle naquirent neuf fils et trois filles. En 1668, lors de son licenciement de l'armée, Louis, désireux de s'établir à demeure en Nouvelle-France reçoit du Roi de France la somme de cent francs et les vivres d'une année; il s'établit définitivement à Boucherville comme agriculteur tout en exerçant le métier de cordonnier. Louis Robert décéda le premier janvier 1711, et son épouse Marie suivit le dix-neuf septembre 1719. Ils furent inhumés dans le cimetière de Boucherville. Cinq de ses fils et une fille vinrent s'établir dans la Seigneurie de Laprairie de la Magdeleine. De son passage à l'armée, l'ancêtre Louis avait gardé le surnom de Lafontaine, qu'il porta toute sa vie. Robert dit Lafontaine dit Lapomeray Jean-Guy, Yvon et Jean-Roch     Jérémie Robert Léocadie Robert dit Le Breton Saint-Mathieu 16 octobre 1937 Cyprien Robert dit Le Breton Marie-Rose Longtin Omer Robert M.-Louise Robert dit Lapomeray Saint-Philippe de La Prairie 15 septembre 1908 Toussaint Robert dit Lapomeray Mathilda Foucreault Olivier Robert Mathilde Lefort Saint-Constant 27 novembre 1860 Barthélémie Lefort dit Laprairie Marie Robert dit Lapomeray Julien Robert Josephte Boyer Saint-Philippe de La Prairie 15 octobre 1829 Jean-Baptiste Boyer Marie Sédilot dit Montreuil Henri Robert Marguerite Roy Saint-Philippe de La Prairie 2 octobre 1797 Ignace Roy dit La Pensée Marie-Josephte De Rainville Pierre Robert Josephte Patenaude Saint-Philippe de La Prairie 26 novembre 1764 Joseph Patenaude Marie Deniau dit Destaillis François Robert dit Lapomeray Charlotte Robin dit Lapointe Saint-Antoine de Longueuil 11 mai 1739 Michel Robin dit Lapointe Angélique Dupré dit Rochefort François Robert dit Lapomeray Marie Lanctôt Saint-Antoine de Longueuil 26 juin 1712 François Lanctôt Marguerite Ménard dit Lafontaine Louis Robert dit Lafontaine Marie Bourgery Notre-Dame des Trois-Rivières 25 novembre 1666 Jean-Baptiste Bourgery Marie Gendre André Robert, marchand Catherine Bonin Sainte-Marguerite de La Rochelle 20 février 1629   Pierre Robert, laboureur Léonne Rembault Louis Robert, baptisé le 12/08/1638 à Sainte-Marguerite, ville, arrondisement et évêché de La Rochelle, Aunis (Charente-Maritime), France. Il est venu en Nouvelle-France en qualité de soldat du Régiment de Carignan, Compagnie De Loubias. Agriculteur et cordonnier de métier. ...

    L’Odyssée du Rituel de 1703 (4)

    Les DEVOIRS des chrétiens : la vie quotidienne à La Prairie

    Dans son ETUDE D'HISTOIRE SOCIALE, La Prairie en Nouvelle-France, 1647-1760, Louis Lavallée signale la « pauvreté des rapports de visites de paroisses rédigés par les évêques », il ajoute « quand ils existent, ils ne livrent pas les informations nécessaires pour retrouver le chrétien quelconque et savoir comment il pratiquait sa religion et vivait sa foi ».

    Sachant que Mgr de Saint-Vallier fut contesté par ceux qui eurent à souffrir de sa rigueur, nous savons tout de même qu'il se dévoua aux devoirs de sa charge avec zèle. Lorsqu'il envoie une ordonnance aux habitants de La Prairie de la Madeleine le 28 mai 1719, sa semonce utilise un langage maintes fois repris en France à l'époque :

    « C'est avec douleur, écrit-il, que nous avons appris à notre retour de France le mauvais usage ou vous eties de paroistre contre la bienséance en simple chemise, sans caleçon et sans culotte, pendant l’été pour éviter la grande chaleur ce qui nous a d’autant plus surpris que nous voyons violer par là les règles de la modestie, que l’apôtre demande dans touts les chrétiens, une occasion si prochaine de péché à vous et aux autres personnes qui peuvent vous voir dans cet état nous mettant dans l’obligation de vous représentez le nombre innombrable de péchés dont vous trouverés coupable à l’heure de la mort non seulement des vôtres mais encore de ceux d’autruy (…) nous a déterminé à demander à monsieur le marquis de Vaudreuil, gouverneur général de tout le pays, à s’employer à nous ayder à déraciner dans votre paroisse une si détestable coutume qui seroit la cause assurée de la damnation d’un grand nombre de pères de familles aussy bien que des enfants. »

    Le Père Tellier, qui écrit en 1844, (propos rapportés par Louis Lavallée, p. 111) passe ses commentaires sur la façon dont il voit la population catholique de La Prairie; on peut penser que les mêmes éléments se retrouvaient un siècle plus tôt. L'image idyllique que l'on se fait parfois de nos ancêtres se trouve pour le moins secouée. Mgr de Saint-Vallier, s'il avait vécu dans années 1840, aurait sans doute beaucoup souffert de l'écart entre la théologie qui l'inspirait et la vie quotidienne de nos ancêtres.

    « Toute paroisse populeuse et centrale, où se trouve un peuple léger et fou du plaisir, un peuple commerçant et chicaneur, un peuple ignorant et routinier, un peuple voyageur et buveur […] a besoin d’être renouvelée de temps en temps. Or avant l’établissement des chemins de fer et des bateaux à vapeur, les charretiers et les bateliers formaient la moitié du village, et les auberges pullulaient sur tous les points de la paroisse. Une grande partie des jeunes gens se louaient aux agens des différentes compagnies qui exploitaient les pelleteries et voyageaient plusieurs années au milieu des sauvages […]. Or il est de notoriété publique dans le pays que la vie ordinaire de ces sortes de voyageurs est une vie d’affreux blasphèmes, d’ivrognerie continuelle, d’immoralité complète. Et c’était là l’importation la plus certaine dont ces nombreux voyageurs dotaient leur patrie […]. Un pareil ensemble de circonstances avait fait de Laprairie une paroisse mal famée dans les environs. Vols, fraudes, usures, procès, blasphèmes, ivrogneries, fêtes, orgies, batteries, dérèglements et scandales de tous les genres, tels étaient les excès qui forçaient les curés du voisinage à dire à leurs prônes : “Mes frères, gardez-vous bien d’aller tel jour à Laprairie… Mes frères, tenez vos enfants loin des scandales qui désolent certaines paroisses, etc., etc.” […]. Je suis porté à croire qu’eu égard au peu d’instruction religieuse de la masse du peuple, il y a peut-être trop de dévotions : car ces bonnes gens apprécient mal ce qu’ils entendent, confondent, défigurent bien des choses par leurs pratiques ridicules ou superstitieuses […]. Le peuple est ou peu instruit ou tout à fait ignorant; plein de foi et souvent de crédulité. Il croit devoir prendre toute espèce de dévotions pour l’âme comme toute espèce de médecine pour le corps; tâter de tous les confesseurs comme de tous les docteurs ou médecins; et ne manquer ni aucune indulgence ni aucune communion. S’il y a quelque part de feu sans lumière, c’est ici assurément; mais après tous c’est un moindre mal que la lumière sans chaleur. »

    Paroisse de La Prairie dans :

    diocèse de Québec 1667-1840

    diocèse de Montréal 1840-1933

    diocèse de St-Jean 1933-

    Bibliographie

    • Fonds E. Choquet, Archives de la Société historique de La Prairie.
    • Lacroix, Yvon, Les origines de La Prairie (1667-1697), Bellarmin, 1981, p. 80.
    • Lavallée, Louis, La Prairie en Nouvelle-France, 1647-1760, McGill-Queen's University Press, 1992, p. 109-111.
    • Lefebvre, Jean-Jacques, Saint-Constant et Saint-Philippe-de-La-Prairie, Les Éditions L'Éclair, Hull 1947, p. 35 et s.
    • St-Vallier, Monseigneur, évêque de Québec, Rituel, imprimé à Paris en 1703.

     

    Les DEVOIRS des chrétiens : la vie quotidienne à La Prairie Dans son ETUDE D'HISTOIRE SOCIALE, La Prairie en Nouvelle-France, 1647-1760, Louis Lavallée signale la « pauvreté des rapports de visites de paroisses rédigés par les évêques », il ajoute « quand ils existent, ils ne livrent pas les informations nécessaires pour retrouver le chrétien quelconque et savoir comment il pratiquait sa religion et vivait sa foi ». Sachant que Mgr de Saint-Vallier fut contesté par ceux qui eurent à souffrir de sa rigueur, nous savons tout de même qu'il se dévoua aux devoirs de sa charge avec zèle. Lorsqu'il envoie une ordonnance aux habitants de La Prairie de la Madeleine le 28 mai 1719, sa semonce utilise un langage maintes fois repris en France à l'époque : « C'est avec douleur, écrit-il, que nous avons appris à notre retour de France le mauvais usage ou vous eties de paroistre contre la bienséance en simple chemise, sans caleçon et sans culotte, pendant l’été pour éviter la grande chaleur ce qui nous a d’autant plus surpris que nous voyons violer par là les règles de la modestie, que l’apôtre demande dans touts les chrétiens, une occasion si prochaine de péché à vous et aux autres personnes qui peuvent vous voir dans cet état nous mettant dans l’obligation de vous représentez le nombre innombrable de péchés dont vous trouverés coupable à l’heure de la mort non seulement des vôtres mais encore de ceux d’autruy (…) nous a déterminé à demander à monsieur le marquis de Vaudreuil, gouverneur général de tout le pays, à s’employer à nous ayder à déraciner dans votre paroisse une si détestable coutume qui seroit la cause assurée de la damnation d’un grand nombre de pères de familles aussy bien que des enfants. » Le Père Tellier, qui écrit en 1844, (propos rapportés par Louis Lavallée, p. 111) passe ses commentaires sur la façon dont il voit la population catholique de La Prairie; on peut penser que les mêmes éléments se retrouvaient un siècle plus tôt. L'image idyllique que l'on se fait parfois de nos ancêtres se trouve pour le moins secouée. Mgr de Saint-Vallier, s'il avait vécu dans années 1840, aurait sans doute beaucoup souffert de l'écart entre la théologie qui l'inspirait et la vie quotidienne de nos ancêtres. « Toute paroisse populeuse et centrale, où se trouve un peuple léger et fou du plaisir, un peuple commerçant et chicaneur, un peuple ignorant et routinier, un peuple voyageur et buveur […] a besoin d’être renouvelée de temps en temps. Or avant l’établissement des chemins de fer et des bateaux à vapeur, les charretiers et les bateliers formaient la moitié du village, et les auberges pullulaient sur tous les points de la paroisse. Une grande partie des jeunes gens se louaient aux agens des différentes compagnies qui exploitaient les pelleteries et voyageaient plusieurs années au milieu des sauvages […]. Or il est de notoriété publique dans le pays que la vie ordinaire de ces sortes de voyageurs est une vie d’affreux blasphèmes, d’ivrognerie continuelle, d’immoralité complète. Et c’était là l’importation la plus certaine dont ces nombreux voyageurs dotaient leur patrie […]. Un pareil ensemble de circonstances avait fait de Laprairie une paroisse mal famée dans les environs. Vols, fraudes, usures, procès, blasphèmes, ivrogneries, fêtes, orgies, batteries, dérèglements et scandales de tous les genres, tels étaient les excès qui forçaient les curés du voisinage à dire à leurs prônes : “Mes frères, gardez-vous bien d’aller tel jour à Laprairie… Mes frères, tenez vos enfants loin des scandales qui désolent certaines paroisses, etc., etc.” […]. Je suis porté à croire qu’eu égard au peu d’instruction religieuse de la masse du peuple, il y a peut-être trop de dévotions : car ces bonnes gens apprécient mal ce qu’ils entendent, confondent, défigurent bien des choses par leurs pratiques ridicules ou superstitieuses […]. Le peuple est ou peu instruit ou tout à fait ignorant; plein de foi et souvent de crédulité. Il croit devoir prendre toute espèce de dévotions pour l’âme comme toute espèce de médecine pour le corps; tâter de tous les confesseurs comme de tous les docteurs ou médecins; et ne manquer ni aucune indulgence ni aucune communion. S’il y a quelque part de feu sans lumière, c’est ici assurément; mais après tous c’est un moindre mal que la lumière sans chaleur. » Paroisse de La Prairie dans : diocèse de Québec 1667-1840 diocèse de Montréal 1840-1933 diocèse de St-Jean 1933- Bibliographie Fonds E. Choquet, Archives de la Société historique de La Prairie. Lacroix, Yvon, Les origines de La Prairie (1667-1697), Bellarmin, 1981, p. 80. Lavallée, Louis, La Prairie en Nouvelle-France, 1647-1760, McGill-Queen's University Press, 1992, p. 109-111. Lefebvre, Jean-Jacques, Saint-Constant et Saint-Philippe-de-La-Prairie, Les Éditions L'Éclair, Hull 1947, p. 35 et s. St-Vallier, Monseigneur, évêque de Québec, Rituel, imprimé à Paris en 1703.  ...

    L’Odyssée du Rituel de 1703 (3)

    Du Rituel de 1703 : les sages-femmes

    Dans un rituel, il y a toujours une place importante allouée au baptême, et au XVIIIe siècle le rôle des sages-femmes est intimement lié à ce sacrement. Mgr de Saint-Vallier y consacre 75 pages sur 673. Dans un pays nouveau, vaste, peu peuplé, à majorité paysanne, les futures mamans doivent compter sur la présence d'une sage-femme lors de l'accouchement. L'évêque énumère dans le détail les droits et surtout les devoirs de la sage-femme, plus particulièrement lorsque l'enfant semble peu viable : la sage-femme « le baptisera sur la partie du corps qui paraîtra dehors (…) ensuite on réitérera le baptême sous condition ». Les curés instruiront les sages-femmes « de la manière d'administrer le sacrement de baptême, (…) ils les avertiront de tout ce qui leur est défendu sous peine d'excommunication ».

    Quand les sages-femmes peuvent-elles baptiser? « (…) jamais en présence d'un prêtre ou d'un laïc (…) elles baptiseront lorsque les enfants seront dans l'état que la pudeur ne permettrait pas à un homme de le faire ».

    De l’élection des sages-femmes

    Le curé fait appel aux femmes de sa paroisse parmi « les plus vertueuses, les plus honnêtes, les plus prudentes, les plus propres à cette fonction ». Il y a alors une élection et la femme élue par ses consœurs prêtera serment sur les saints évangiles selon la formule suivante :

    « Je N. jure et promets à Dieu le Créateur tout-puissant en votre présence, Monsieur, de vivre et mourir en la Foi Catholique, Apostolique et Romaine, de m'acquitter avec plus de fidélité et de diligence qu'il me sera possible, de la charge que j'entreprends, d'assister les femmes dans leurs couches, et de ne permettre jamais que ni la mère ni l’enfant encourent aucun mal par ma faute et où je verrai quelque péril éminent, d'user du conseil et de l'aide des Médecins, Chirurgiens, et des sages-femmes que je connaîtrai expérimentées et entendues en cette fonction. Je promets aussi de ne point révéler les secrets des familles, ni des personnes que j'assisterai, de n'user d'aucun moyen illicite ou de superstition sous quelque couleur ou prétexte que ce soit, par vengeance ou mauvaise affection, (…) de procurer de tout mon pouvoir le salut corporel et spirituel tant de la mère que de l'enfant. »

    Du Rituel de 1703 : les sages-femmes Dans un rituel, il y a toujours une place importante allouée au baptême, et au XVIIIe siècle le rôle des sages-femmes est intimement lié à ce sacrement. Mgr de Saint-Vallier y consacre 75 pages sur 673. Dans un pays nouveau, vaste, peu peuplé, à majorité paysanne, les futures mamans doivent compter sur la présence d'une sage-femme lors de l'accouchement. L'évêque énumère dans le détail les droits et surtout les devoirs de la sage-femme, plus particulièrement lorsque l'enfant semble peu viable : la sage-femme « le baptisera sur la partie du corps qui paraîtra dehors (...) ensuite on réitérera le baptême sous condition ». Les curés instruiront les sages-femmes « de la manière d'administrer le sacrement de baptême, (…) ils les avertiront de tout ce qui leur est défendu sous peine d'excommunication ». Quand les sages-femmes peuvent-elles baptiser? « (…) jamais en présence d'un prêtre ou d'un laïc (...) elles baptiseront lorsque les enfants seront dans l'état que la pudeur ne permettrait pas à un homme de le faire ». De l’élection des sages-femmes Le curé fait appel aux femmes de sa paroisse parmi « les plus vertueuses, les plus honnêtes, les plus prudentes, les plus propres à cette fonction ». Il y a alors une élection et la femme élue par ses consœurs prêtera serment sur les saints évangiles selon la formule suivante : « Je N. jure et promets à Dieu le Créateur tout-puissant en votre présence, Monsieur, de vivre et mourir en la Foi Catholique, Apostolique et Romaine, de m'acquitter avec plus de fidélité et de diligence qu'il me sera possible, de la charge que j'entreprends, d'assister les femmes dans leurs couches, et de ne permettre jamais que ni la mère ni l’enfant encourent aucun mal par ma faute et où je verrai quelque péril éminent, d'user du conseil et de l'aide des Médecins, Chirurgiens, et des sages-femmes que je connaîtrai expérimentées et entendues en cette fonction. Je promets aussi de ne point révéler les secrets des familles, ni des personnes que j'assisterai, de n'user d'aucun moyen illicite ou de superstition sous quelque couleur ou prétexte que ce soit, par vengeance ou mauvaise affection, (...) de procurer de tout mon pouvoir le salut corporel et spirituel tant de la mère que de l'enfant. »...

    L’odyssée du Rituel de 1703 (2)

    Dans quelles mains le Rituel de 1703 a-t-il passé? Une certitude? Non, mais des hypothèses.

    La paroisse de La Prairie dessert de nombreux habitants, et cela depuis les débuts : à La Prairie, il y a « une cure à servir où il y a cent habitations de français » écrit le père Chauchetière en 1682.

    Le procureur général de la colonie rencontre seigneurs et habitants en 1721, dont Paul-Armand Ulric, curé fixe de La Prairie.

    Jacques Marchand des Ligneries, sulpicien, est curé de La Prairie de 1731 à 1775.

    À Saint-Philippe de La Prairie, Messire Ignace Gamelin est curé de 1756 à 1799. Gamelin et J. des Ligneries sont de « bons amis ».

    Dans le Fonds d'Archives E. Choquet nous trouvons le testament de Jacques des Ligneries (27-03-1775) et l'inventaire après décès que dresse son exécuteur testamentaire (17- 05-1775).

    Ignace Gamelin, qui préside l'inventaire des biens de « son ami », note que la bibliothèque du défunt compte 1 100 volumes. Plusieurs séries sont incomplètes… J. des Ligneries, pendant ses 44 années de ministère à La Prairie, a reçu souvent des visiteurs qui venaient « emprunter » des volumes. De plus, et ceci est fort significatif; l'évêque de Québec envoyait au curé des jeunes théologiens qui séjournaient à La Prairie pour terminer leurs études théologiques et s'initier à la pratique pastorale.

    Dans le Rituel de 1703 se trouve une enveloppe vide et non datée, dont le papier très jauni témoigne de l'ancienneté. Cette enveloppe est adressée à :

    Madame Frédéric Singer

    St-Philippe

    Or un prêtre sulpicien (1828-1887) né à Saint-Philippe avait pour père Frédéric Singer, marchand du village, sa mère avait pour nom Cécile Hert. Que cette enveloppe ait contenu une lettre envoyée par Augustin Singer à sa mère nous apparaît plausible.

    Le Rituel de 1703 comprend une autre particularité : un texte manuscrit de 2 pages (recto-verso) y a été inséré et collé entre les pages 250-251. Il s'agit d'une copie du texte latin de l'indulgence plénière accordée aux catholiques du diocèse de Québec par le Pape Benoit XIV (pape de 1740 à 1758).

    Tous ces indices ne peuvent nous permettre de conclure par quelles mains a passé la copie du Rituel de 1703 que possède la S.H.L.M. Ce qui importe, c'est que nous possédons ce volume qui nous permet de mieux connaître les normes sous-jacentes aux directives et observances que l'évêque de Québec voulait imposer aux colons, nos ancêtres.

    Dans quelles mains le Rituel de 1703 a-t-il passé? Une certitude? Non, mais des hypothèses. La paroisse de La Prairie dessert de nombreux habitants, et cela depuis les débuts : à La Prairie, il y a « une cure à servir où il y a cent habitations de français » écrit le père Chauchetière en 1682. Le procureur général de la colonie rencontre seigneurs et habitants en 1721, dont Paul-Armand Ulric, curé fixe de La Prairie. Jacques Marchand des Ligneries, sulpicien, est curé de La Prairie de 1731 à 1775. À Saint-Philippe de La Prairie, Messire Ignace Gamelin est curé de 1756 à 1799. Gamelin et J. des Ligneries sont de « bons amis ». Dans le Fonds d'Archives E. Choquet nous trouvons le testament de Jacques des Ligneries (27-03-1775) et l'inventaire après décès que dresse son exécuteur testamentaire (17- 05-1775). Ignace Gamelin, qui préside l'inventaire des biens de « son ami », note que la bibliothèque du défunt compte 1 100 volumes. Plusieurs séries sont incomplètes... J. des Ligneries, pendant ses 44 années de ministère à La Prairie, a reçu souvent des visiteurs qui venaient « emprunter » des volumes. De plus, et ceci est fort significatif; l'évêque de Québec envoyait au curé des jeunes théologiens qui séjournaient à La Prairie pour terminer leurs études théologiques et s'initier à la pratique pastorale. Dans le Rituel de 1703 se trouve une enveloppe vide et non datée, dont le papier très jauni témoigne de l'ancienneté. Cette enveloppe est adressée à : Madame Frédéric Singer St-Philippe Or un prêtre sulpicien (1828-1887) né à Saint-Philippe avait pour père Frédéric Singer, marchand du village, sa mère avait pour nom Cécile Hert. Que cette enveloppe ait contenu une lettre envoyée par Augustin Singer à sa mère nous apparaît plausible. Le Rituel de 1703 comprend une autre particularité : un texte manuscrit de 2 pages (recto-verso) y a été inséré et collé entre les pages 250-251. Il s'agit d'une copie du texte latin de l'indulgence plénière accordée aux catholiques du diocèse de Québec par le Pape Benoit XIV (pape de 1740 à 1758). Tous ces indices ne peuvent nous permettre de conclure par quelles mains a passé la copie du Rituel de 1703 que possède la S.H.L.M. Ce qui importe, c'est que nous possédons ce volume qui nous permet de mieux connaître les normes sous-jacentes aux directives et observances que l'évêque de Québec voulait imposer aux colons, nos ancêtres....

    Décès

    Nous avons appris le décès de Monsieur Joseph Falcon, de La Prairie, père d'Hélène et de Denise, membres de la S.H.L.M. Nous leur offrons nos sincères sympathies.

    Nous avons appris le décès de Monsieur Joseph Falcon, de La Prairie, père d'Hélène et de Denise, membres de la S.H.L.M. Nous leur offrons nos sincères sympathies....

    Dons

    2 séries « Le Bastion ». 8 exemplaires, brochures, 1982-1983.

    Roy, Gaston, f.i.c., La chapelle des Frères de l'Instruction Chrétienne La Prairie, Archives f.i.c., La Prairie, 1995.

    Don du frère Jean Laprotte f.i.c.

    2 séries « Le Bastion ». 8 exemplaires, brochures, 1982-1983. Roy, Gaston, f.i.c., La chapelle des Frères de l'Instruction Chrétienne La Prairie, Archives f.i.c., La Prairie, 1995. Don du frère Jean Laprotte f.i.c....

    Conférence : trois projets de sauvetage par la Fondation Royal-Roussillon

    Notre conférencier du mois de janvier est bien connu des membres de la Société historique, il s'agit de Michel Létourneau, architecte. À plusieurs reprises, nous avons apprécié son dynamisme et son souci du détail lors des conférences antérieures.

    Monsieur Létourneau est co-auteur du livre « La Nativité de La Prairie », il a participé à la réalisation du livre « La Prairie, images d'hier », il est aussi vice-président de la Fondation Royal-Roussillon qui vise la protection du patrimoine.

    Monsieur Létourneau nous entretiendra sur trois projets de « sauvetage » par la Fondation Royal-Roussillon pour la protection du patrimoine.

    Le premier projet concerne le sauvetage de la maison Robidoux (+1820), située sur le rang Saint-Régis à Saint-Constant et son transport sur la rue Sainte-Marie, dans l'arrondissement historique de La Prairie.

    Le second projet touche le sauvetage de la maison Guillaume Laberge, boulevard Salaberry à Chateauguay (1830).

    Dans le troisième projet, M. Létourneau nous fera un compte-rendu des sondages archéologiques de la firme « ETHNOSCOP » autour de l'ancienne place de l'église et de l'ancien presbytère de Saint-Constant.

    C'est un rendez-vous que vous ne voudrez pas manquer. L'exposé aura lieu le mercredi 17 janvier à 20 heures, dans les locaux de la Société historique de La Prairie-de-la-Magdeleine situés au 249 de la rue Sainte-Marie. L'entrée est gratuite et si l'on désire d'autres renseignements, on téléphone au 659-1393.

    Notre conférencier du mois de janvier est bien connu des membres de la Société historique, il s'agit de Michel Létourneau, architecte. À plusieurs reprises, nous avons apprécié son dynamisme et son souci du détail lors des conférences antérieures. Monsieur Létourneau est co-auteur du livre « La Nativité de La Prairie », il a participé à la réalisation du livre « La Prairie, images d'hier », il est aussi vice-président de la Fondation Royal-Roussillon qui vise la protection du patrimoine. Monsieur Létourneau nous entretiendra sur trois projets de « sauvetage » par la Fondation Royal-Roussillon pour la protection du patrimoine. Le premier projet concerne le sauvetage de la maison Robidoux (+1820), située sur le rang Saint-Régis à Saint-Constant et son transport sur la rue Sainte-Marie, dans l'arrondissement historique de La Prairie. Le second projet touche le sauvetage de la maison Guillaume Laberge, boulevard Salaberry à Chateauguay (1830). Dans le troisième projet, M. Létourneau nous fera un compte-rendu des sondages archéologiques de la firme « ETHNOSCOP » autour de l'ancienne place de l'église et de l'ancien presbytère de Saint-Constant. C'est un rendez-vous que vous ne voudrez pas manquer. L'exposé aura lieu le mercredi 17 janvier à 20 heures, dans les locaux de la Société historique de La Prairie-de-la-Magdeleine situés au 249 de la rue Sainte-Marie. L'entrée est gratuite et si l'on désire d'autres renseignements, on téléphone au 659-1393. ...

    Paul Sainte-Marie de La Prairie, un Sainte-Marie pure laine

    Louis Marie dit Sainte-Marie, est l'ancêtre de tous les Sainte-Marie d'Amérique. Pionnier de Ville-Marie, il arriva en Nouvelle-France le 12 septembre 1665 comme soldat du Régiment de Carignan, Compagnie de La Varenne.

    Le 31 mai 1667 à Montréal, il épousa Mathurine Gouard, une fille du Roy; 11 enfants naîtront de ce mariage. Seuls deux fils assureront la continuité du patronyme Sainte-Marie. Le second, Louis, s'établit à Longueuil, où il eut une nombreuse descendance. Michel, l'aîné de la famille, le premier Sainte-Marie à naître en Amérique, s'établit à La Prairie où il y fut un des premiers pionniers. C'est de celui-ci dont nous vous parlerons aujourd'hui. Il fut baptisé Michel-Sidrac en l'honneur de son parrain Michel-Sidrac Du Gué Sieur de Boisbriand et Capitaine de la Compagnie de Chambelley.

    Le 9 février 1680, à l'âge de 11 ans et 10 mois, Michel s'engage à travailler pour M. Robutel Sieur Saint-André pour trois années entières comme serviteur. Ce Monsieur Robutel de Saint-André était Co-seigneur avec Jacques Leber de l’Île Saint-Paul (Île des Sœurs). À la fin de son engagement, il s'engage à Antoine Pascaud, marchand à Ville-Marie, pour effectuer pour le compte de celui-ci, un voyage à Fort Michillimakinac; ce fort était situé à l'embouchure des lacs Michigan et Huron.

    Le 11 avril 1695, à La Prairie, il épouse Marguerite Brosseau, fille du célèbre meunier de La Prairie, Denis Brosseau, et de Marie-Louise Hébert. De ce mariage naquirent 10 enfants : 7 garçons et 3 filles.

    Michel-Sidrac fut un des premiers de La Prairie à posséder un permis de vente d'alcool.

    Le 27 janvier 1696, Michel-Sidrac se lance en affaires, il formule une demande de permis pour un débit de boisson à La Prairie de la Magdeleine, il l'obtient à la condition qu'il observe et fasse observer chez lui les ordonnances et les règles de nos seigneurs et du Conseil souverain de ce pays.

    Michel-Sidrac se fait concéder plusieurs terres et emplacements; dans l'enceinte du Fort de La Prairie, à la Côte Fontarabie, et le 28 septembre 1717, il achète une terre située chemin des Prairies (boul. des Prairies à Brossard). Michel-Sidrac Marie dit Sainte-Marie décède à La Prairie le 29 juillet 1749 à l'âge de 81 ans. Ce pionnier de La Prairie laissa une nombreuse descendance jusqu'à ce jour. Paul Sainte-Marie de La Prairie est un de ceux-là, fils d'Adolphe Sainte-Marie et d'Eva Sainte-Marie, c'est ce qu'on appelle « un Sainte-Marie pure laine ». Paul vécut son enfance sur la terre familiale « côté paternel » et dans la maison de pierre construite vers 1750 par son ancêtre direct, Louis Marie dit Sainte-Marie, petit-fils du premier à porter ce nom. Cette Maison historique, située au 1303 Marie-Victorin à La Prairie, est aujourd'hui habitée par la sixième génération de Sainte-Marie qui se sont succédées depuis près de deux siècles et demi.

    Le père de Paul Sainte-Marie, Adolphe Sainte-Marie, fut un prospère cultivateur, décoré de plusieurs médailles de mérite agricole et fut, vers la fin du 19ème siècle, un grand importateur de graines de semence et un des premiers à importer des graines de tomate au Québec.

    Bravo à cette famille de Pionniers.

    Richard Sainte-Marie

    Extrait de : La Première Famille Ste-Marie d’Amérique

    Louis Marie dit Sainte-Marie, est l'ancêtre de tous les Sainte-Marie d'Amérique. Pionnier de Ville-Marie, il arriva en Nouvelle-France le 12 septembre 1665 comme soldat du Régiment de Carignan, Compagnie de La Varenne. Le 31 mai 1667 à Montréal, il épousa Mathurine Gouard, une fille du Roy; 11 enfants naîtront de ce mariage. Seuls deux fils assureront la continuité du patronyme Sainte-Marie. Le second, Louis, s'établit à Longueuil, où il eut une nombreuse descendance. Michel, l'aîné de la famille, le premier Sainte-Marie à naître en Amérique, s'établit à La Prairie où il y fut un des premiers pionniers. C'est de celui-ci dont nous vous parlerons aujourd'hui. Il fut baptisé Michel-Sidrac en l'honneur de son parrain Michel-Sidrac Du Gué Sieur de Boisbriand et Capitaine de la Compagnie de Chambelley. Le 9 février 1680, à l'âge de 11 ans et 10 mois, Michel s'engage à travailler pour M. Robutel Sieur Saint-André pour trois années entières comme serviteur. Ce Monsieur Robutel de Saint-André était Co-seigneur avec Jacques Leber de l’Île Saint-Paul (Île des Sœurs). À la fin de son engagement, il s'engage à Antoine Pascaud, marchand à Ville-Marie, pour effectuer pour le compte de celui-ci, un voyage à Fort Michillimakinac; ce fort était situé à l'embouchure des lacs Michigan et Huron. Le 11 avril 1695, à La Prairie, il épouse Marguerite Brosseau, fille du célèbre meunier de La Prairie, Denis Brosseau, et de Marie-Louise Hébert. De ce mariage naquirent 10 enfants : 7 garçons et 3 filles. Michel-Sidrac fut un des premiers de La Prairie à posséder un permis de vente d'alcool. Le 27 janvier 1696, Michel-Sidrac se lance en affaires, il formule une demande de permis pour un débit de boisson à La Prairie de la Magdeleine, il l'obtient à la condition qu'il observe et fasse observer chez lui les ordonnances et les règles de nos seigneurs et du Conseil souverain de ce pays. Michel-Sidrac se fait concéder plusieurs terres et emplacements; dans l'enceinte du Fort de La Prairie, à la Côte Fontarabie, et le 28 septembre 1717, il achète une terre située chemin des Prairies (boul. des Prairies à Brossard). Michel-Sidrac Marie dit Sainte-Marie décède à La Prairie le 29 juillet 1749 à l'âge de 81 ans. Ce pionnier de La Prairie laissa une nombreuse descendance jusqu'à ce jour. Paul Sainte-Marie de La Prairie est un de ceux-là, fils d'Adolphe Sainte-Marie et d'Eva Sainte-Marie, c'est ce qu'on appelle « un Sainte-Marie pure laine ». Paul vécut son enfance sur la terre familiale « côté paternel » et dans la maison de pierre construite vers 1750 par son ancêtre direct, Louis Marie dit Sainte-Marie, petit-fils du premier à porter ce nom. Cette Maison historique, située au 1303 Marie-Victorin à La Prairie, est aujourd'hui habitée par la sixième génération de Sainte-Marie qui se sont succédées depuis près de deux siècles et demi. Le père de Paul Sainte-Marie, Adolphe Sainte-Marie, fut un prospère cultivateur, décoré de plusieurs médailles de mérite agricole et fut, vers la fin du 19ème siècle, un grand importateur de graines de semence et un des premiers à importer des graines de tomate au Québec. Bravo à cette famille de Pionniers. Richard Sainte-Marie Extrait de : La Première Famille Ste-Marie d’Amérique...

    Généalogie de Paul Sainte-Marie

    Claudette et Jacques

     

     

    Paul Sainte-Marie

    Jeannette Larivière

    La Nativité de La Prairie

    12 décembre 1942

    Alfred Larivière

    Alice Raymond

    Adolphe Sainte-Marie

    Marie-Éva Sainte-Marie

    La Nativité de La Prairie

    28 octobre 1902

    Victor Sainte-Marie

    Élisabeth Brossard

    Pierre-Adolphe Sainte-Marie

    Sophie Brosseau

    La Nativité de La Prairie

    16 octobre 1849

    Joseph Brosseau

    Marguerite Lefort dit Prairie

    Louis-Amable Sainte-Marie

    Suzanne Barbeau dit Boisdoré

    La Nativité de La Prairie

    12 juillet 1825

    Louis Barbeau dit Boisdoré

    Suzanne Hébert

    Pierre-Paul Sainte-Marie

    Marguerite Bourassa

    La Nativité de La Prairie

    19 février 1781

    François Bourassa

    Agnès Lefebvre

    Louis Sainte-Marie

    Madeleine Marcil

    Saint-Antoine-de-Padoue de Longueuil

    10 avril 1747

    Charles Marcil

    Marie Surprenant dit Lafontaine

    François Marie

    Marguerite Bourbon

    Saint-Antoine-de-Padoue de Longueuil

    26 janvier 1705

    Jean Bourbon

    Marie-Anne Benoît dit Livernois

    Louis Marie

    Mathurine Goard

    Notre-Dame de Montréal

    31 mai 1667

    Gilles Goard

    Catherine Léger

    Louis Marie

    Marguerite Peigne

    De Saint-Symphorien, ville, arrondissement et archevêché de Tours en Touraine (Indre-et-Loire)

    France

    Louis, époux de Mathurine, est venu en qualité de soldat de la compagnie de La Varenne au régiment de Carignan.

    Claudette et Jacques     Paul Sainte-Marie Jeannette Larivière La Nativité de La Prairie 12 décembre 1942 Alfred Larivière Alice Raymond Adolphe Sainte-Marie Marie-Éva Sainte-Marie La Nativité de La Prairie 28 octobre 1902 Victor Sainte-Marie Élisabeth Brossard Pierre-Adolphe Sainte-Marie Sophie Brosseau La Nativité de La Prairie 16 octobre 1849 Joseph Brosseau Marguerite Lefort dit Prairie Louis-Amable Sainte-Marie Suzanne Barbeau dit Boisdoré La Nativité de La Prairie 12 juillet 1825 Louis Barbeau dit Boisdoré Suzanne Hébert Pierre-Paul Sainte-Marie Marguerite Bourassa La Nativité de La Prairie 19 février 1781 François Bourassa Agnès Lefebvre Louis Sainte-Marie Madeleine Marcil Saint-Antoine-de-Padoue de Longueuil 10 avril 1747 Charles Marcil Marie Surprenant dit Lafontaine François Marie Marguerite Bourbon Saint-Antoine-de-Padoue de Longueuil 26 janvier 1705 Jean Bourbon Marie-Anne Benoît dit Livernois Louis Marie Mathurine Goard Notre-Dame de Montréal 31 mai 1667 Gilles Goard Catherine Léger Louis Marie Marguerite Peigne De Saint-Symphorien, ville, arrondissement et archevêché de Tours en Touraine (Indre-et-Loire) France Louis, époux de Mathurine, est venu en qualité de soldat de la compagnie de La Varenne au régiment de Carignan. ...

    L’odyssée du Rituel de 1703 (1)

    La S.H.L.M possède dans sa bibliothèque un volume qui date de 1703, un rituel; on ne sait comment il nous est parvenu. Dans les prochaines pages, on vous présente certaines hypothèses du parcours de ce volume ainsi que certains éléments de contenu qui illustrent bien les préoccupations d'une époque.

    Par quel cheminement ce Rituel de 673 pages, vieux de près de 300 ans, est-il parvenu à la Société historique de La Prairie? Sa page de présentation est comme suit :

    Rituel du Diocèse de Québec publié par l’ordre de Monseigneur de Saint-Vallier évêque de Québec. Imprimé à Paris, avec privilège du Roi en l'an 1703.

    Volume rare, et pour cause… Mgr de Saint-Vallier, en France lors de la première publication de son rituel, en expédie quelques exemplaires en Nouvelle-France pour avoir réactions de son clergé. Le père Bouvart, supérieur des Jésuites, écrit un long réquisitoire contre le Rituel; il est en complet désaccord avec la pensée théologique qui sous-tend le texte. En 1704, Mgr de Saint-Vallier quitte la France, direction Québec, et apporte un gros coffre de Rituels dont la teneur a été modifiée. Le bateau fait un court voyage et l’évêque de Québec passe cinq ans en Angleterre, prisonnier des Anglais. Le coffre de Rituels est vendu à l'encan comme butin de guerre et les précieux volumes disparaissent.

    Il existe toujours dans la colonie quelques exemplaires de la version de 1700. Cependant, quelques volumes de l'édition de 1703 sont parvenus en Nouvelle-France puisque la S.H.L.M. en possède un exemplaire qui a servi et qui est devenu usé et fragile.

    La S.H.L.M possède dans sa bibliothèque un volume qui date de 1703, un rituel; on ne sait comment il nous est parvenu. Dans les prochaines pages, on vous présente certaines hypothèses du parcours de ce volume ainsi que certains éléments de contenu qui illustrent bien les préoccupations d'une époque. Par quel cheminement ce Rituel de 673 pages, vieux de près de 300 ans, est-il parvenu à la Société historique de La Prairie? Sa page de présentation est comme suit : Rituel du Diocèse de Québec publié par l’ordre de Monseigneur de Saint-Vallier évêque de Québec. Imprimé à Paris, avec privilège du Roi en l'an 1703. Volume rare, et pour cause... Mgr de Saint-Vallier, en France lors de la première publication de son rituel, en expédie quelques exemplaires en Nouvelle-France pour avoir réactions de son clergé. Le père Bouvart, supérieur des Jésuites, écrit un long réquisitoire contre le Rituel; il est en complet désaccord avec la pensée théologique qui sous-tend le texte. En 1704, Mgr de Saint-Vallier quitte la France, direction Québec, et apporte un gros coffre de Rituels dont la teneur a été modifiée. Le bateau fait un court voyage et l’évêque de Québec passe cinq ans en Angleterre, prisonnier des Anglais. Le coffre de Rituels est vendu à l'encan comme butin de guerre et les précieux volumes disparaissent. Il existe toujours dans la colonie quelques exemplaires de la version de 1700. Cependant, quelques volumes de l'édition de 1703 sont parvenus en Nouvelle-France puisque la S.H.L.M. en possède un exemplaire qui a servi et qui est devenu usé et fragile....