Sélection d'une édition

    Mot du président

    Bonjour,

    La rentrée 2026 approche à grand pas pour la SHLM. De nombreux évènements vous attendent :

    Samedi 12 septembre (9h à 17h) :
    Nous animerons un kiosque lors de la Fête des Récoltes au parc Lucie-Roussel.

    Dimanche 13 septembre:
    Journée du patrimoine religieux à l’église de La Nativité (visites de l’église).

    À compter du lundi 14 septembre (19 h):
    Reprise des activités du club de généalogie.

    Samedi 26 septembre:
    Journées de la Culture: visites gratuites du Vieux La Prairie et du Musée d’archéologie.

    Visites effrayantes:
    De retour en octobre. Les dates seront annoncées prochainement.

    Antoine Simonato, Président de la SHLM

     

     

     

    Bonjour, La rentrée 2026 approche à grand pas pour la SHLM. De nombreux évènements vous attendent : Samedi 12 septembre (9h à 17h) : Nous animerons un kiosque lors de la Fête des Récoltes au parc Lucie-Roussel. Dimanche 13 septembre: Journée du patrimoine religieux à l’église de La Nativité (visites de l’église). À compter du lundi 14 septembre (19 h): Reprise des activités du club de généalogie. Samedi 26 septembre: Journées de la Culture: visites gratuites du Vieux La Prairie et du Musée d’archéologie. Visites effrayantes: De retour en octobre. Les dates seront annoncées prochainement. Antoine Simonato, Président de la SHLM      ...

    Guides-étudiant en 2026

     

    Nous tenons à remercier chaleureusement nos trois guides, Avelyn, Clélia et Matthias, pour leur excellent travail et leur engagement tout au long de l’été.

    Clélia Fournier
    Avelyn Daoust-McMahon

    Grâce à leur accueil chaleureux, leur enthousiasme et leur intérêt pour l’histoire, ils ont contribué à faire découvrir le patrimoine de la région à de nombreux visiteurs, certains venus d’aussi loin que la Nouvelle-Zélande. Ils ont notamment assuré l’accueil des visiteurs, animé les visites guidées du Vieux-La Prairie et, en collaboration avec l’ArchéoMusée, accueilli de nombreux groupes de jeunes lors des Journées du Vieux-La Prairie.

    Ils ont également répondu aux requêtes généalogiques et nous ont apporté une précieuse aide auprès de nos bénévoles dans le cadre de différentes tâches et recherches.

    Merci, Avelyn, Clélia et Matthias, pour votre dynamisme et votre belle contribution à notre saison estivale 2026!

    Nous vous souhaitons une excellente rentrée et beaucoup de succès dans vos études!

    Nos guides seront exceptionnellement de retour pour la Fête des récoltes, la Journée du patrimoine religieux et la Journée de la culture, auxquelles nous vous convions chaleureusement, ainsi que pour les visites effrayantes en octobre!

    L’exposition consacrée à Joséphine Marchand se poursuit! Nous remercions chaleureusement le Musée du Haut-Richelieu pour le prolongement de cette belle exposition jusqu’à la fin septembre.

     

    Matthias Galanis
      Nous tenons à remercier chaleureusement nos trois guides, Avelyn, Clélia et Matthias, pour leur excellent travail et leur engagement tout au long de l’été. Clélia Fournier Avelyn Daoust-McMahon Grâce à leur accueil chaleureux, leur enthousiasme et leur intérêt pour l’histoire, ils ont contribué à faire découvrir le patrimoine de la région à de nombreux visiteurs, certains venus d’aussi loin que la Nouvelle-Zélande. Ils ont notamment assuré l’accueil des visiteurs, animé les visites guidées du Vieux-La Prairie et, en collaboration avec l’ArchéoMusée, accueilli de nombreux groupes de jeunes lors des Journées du Vieux-La Prairie. Ils ont également répondu aux requêtes généalogiques et nous ont apporté une précieuse aide auprès de nos bénévoles dans le cadre de différentes tâches et recherches. Merci, Avelyn, Clélia et Matthias, pour votre dynamisme et votre belle contribution à notre saison estivale 2026! Nous vous souhaitons une excellente rentrée et beaucoup de succès dans vos études! Nos guides seront exceptionnellement de retour pour la Fête des récoltes, la Journée du patrimoine religieux et la Journée de la culture, auxquelles nous vous convions chaleureusement, ainsi que pour les visites effrayantes en octobre! L’exposition consacrée à Joséphine Marchand se poursuit! Nous remercions chaleureusement le Musée du Haut-Richelieu pour le prolongement de cette belle exposition jusqu’à la fin septembre.   Matthias Galanis...

    Conférence

    Le pari du silence 2.0

    Avec le spectacle Le pari du silence 2.0, Nadyne Bédard nous transporte au cœur des années 1920-1940, un moment charnière où le folklore canadien-français connaît un véritable âge d’or.

    Chercheurs, collecteurs, chanteurs et conteurs parcourent alors le territoire pour sauvegarder la mémoire vivante d’un peuple en transformation.

    À travers le récit de son arrière-grand-père Philias Bédard — agriculteur, aventurier du Klondike, chanteur et informateur précieux des folkloristes — la conteuse dévoile comment un destin individuel s’inscrit dans un vaste mouvement collectif. Contes, chansons, archives sonores et anecdotes éclairent cette époque fascinante où la tradition orale devient un projet national.

    Nadyne Bédard est conteuse, chanteuse et médiatrice du patrimoine vivant. Depuis 2005, elle fait vivre la tradition orale québécoise à travers des contes et des chansons inspirés de récits familiaux et populaires. Avec sensibilité et engagement, elle tisse des spectacles où la mémoire, l’identité et les voix de femmes occupent une place centrale.

     

     

    EXCEPTIONNELLEMENT

    JEUDI 17 septembre 2026 à 19 h

    Théâtre du Vieux-La Prairie

    247, rue Sainte-Marie à La Prairie

    Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $

    Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393

     

     

    Le pari du silence 2.0 Avec le spectacle Le pari du silence 2.0, Nadyne Bédard nous transporte au cœur des années 1920-1940, un moment charnière où le folklore canadien-français connaît un véritable âge d'or. Chercheurs, collecteurs, chanteurs et conteurs parcourent alors le territoire pour sauvegarder la mémoire vivante d'un peuple en transformation. À travers le récit de son arrière-grand-père Philias Bédard — agriculteur, aventurier du Klondike, chanteur et informateur précieux des folkloristes — la conteuse dévoile comment un destin individuel s'inscrit dans un vaste mouvement collectif. Contes, chansons, archives sonores et anecdotes éclairent cette époque fascinante où la tradition orale devient un projet national. Nadyne Bédard est conteuse, chanteuse et médiatrice du patrimoine vivant. Depuis 2005, elle fait vivre la tradition orale québécoise à travers des contes et des chansons inspirés de récits familiaux et populaires. Avec sensibilité et engagement, elle tisse des spectacles où la mémoire, l’identité et les voix de femmes occupent une place centrale.     EXCEPTIONNELLEMENT JEUDI 17 septembre 2026 à 19 h Théâtre du Vieux-La Prairie 247, rue Sainte-Marie à La Prairie Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $ Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393    ...

    Conférence

    Philippe Gélinas, ménétrier (crédit photo: Élise Boer) (Joueur d’instrument de musique populaire sous l’Ancien Régime et au Moyen Âge, souvent appelé violoneux de campagne.)

    Oyez, Oyez, Voyage musical unique à travers le temps !

    Des grands châteaux du Moyen Âge, jusqu’au coeur des belles seigneuries de la Nouvelle-France, venez entendre les airs à danser des ménestrels et les chants de rame des canotiers d’autrefois.

    Par le biais d’anecdotes historiques, le multi-instrumentiste Philippe Gélinas propose une activité artistique interactive autour d’instruments inusités: vièle à archet, cornemuse, luth, cistre, dulcimer, flûtes, vielle à roue…

    Des musiques étonnantes qui ont animé la vie des gens il y a plus de 400 ans!

    Fondateur et directeur artistique de l‘Atelier du Conte en musique et en images (ACMI), il a parcouru les routes du Québec et à l’extérieur des frontières pour présenter la musique ancienne et les instruments d’époque et ce, pendant plus de 30 ans.

     

     

     

    Mardi 13 octobre 2026 à 19 h

    Théâtre du Vieux-La Prairie

    247, rue Sainte-Marie à La Prairie

    Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $

    Pour information : https://shlm.info, 450-659-1393

     

     

    Philippe Gélinas, ménétrier (crédit photo: Élise Boer) (Joueur d'instrument de musique populaire sous l'Ancien Régime et au Moyen Âge, souvent appelé violoneux de campagne.) Oyez, Oyez, Voyage musical unique à travers le temps ! Des grands châteaux du Moyen Âge, jusqu’au coeur des belles seigneuries de la Nouvelle-France, venez entendre les airs à danser des ménestrels et les chants de rame des canotiers d’autrefois. Par le biais d’anecdotes historiques, le multi-instrumentiste Philippe Gélinas propose une activité artistique interactive autour d’instruments inusités: vièle à archet, cornemuse, luth, cistre, dulcimer, flûtes, vielle à roue… Des musiques étonnantes qui ont animé la vie des gens il y a plus de 400 ans! Fondateur et directeur artistique de l‘Atelier du Conte en musique et en images (ACMI), il a parcouru les routes du Québec et à l’extérieur des frontières pour présenter la musique ancienne et les instruments d’époque et ce, pendant plus de 30 ans.       Mardi 13 octobre 2026 à 19 h Théâtre du Vieux-La Prairie 247, rue Sainte-Marie à La Prairie Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $ Pour information : https://shlm.info, 450-659-1393    ...

    Joseph Hébert – Capitaine de milice, juge de paix et censitaire

    Introduction

    Joseph Hébert naît vers 1740 à la Rivière‑aux‑Canards, près de Grandpré, dans l’actuelle Port Williams en Nouvelle‑Écosse, au sein d’un monde acadien bientôt bouleversé par la Déportation. Adolescent au moment de la Déportation de 1755, il porte le nom de son père, Joseph Hébert, et sa mère est Madeleine Dupuis. Après les années d’exil, il s’ancre à La Prairie comme habitant, censitaire, capitaine de milice et juge de paix, autant de rôles qui témoignent d’une reconstruction lente, mais résolue. Son parcours offre un point d’observation privilégié sur une famille acadienne qui reprend racine dans la vallée du Saint‑Laurent, au tournant du XIXᵉ siècle, sous un régime britannique qui reste, pour eux, celui de l’ennemi.

    1. Origines acadiennes et rupture de 1755

    ___________________________________________

    La famille de Joseph Hébert est installée depuis si longtemps sur les rives de la Rivière‑aux‑Canards que le lieu a fini par porter leur surnom. Tout près se trouve le village des Dupuis, auquel Joseph est apparenté par sa mère et trois de ses oncles et tantes. Entre 1742 et 1753, ses quatre sœurs et son frère naissent au village des Héberts. À la veille de la Déportation de 1755, la famille y est solidement enracinée.

    Figure 1 – L’ancêtre de l’auteur est René David Hébert (1762-1839)

    En septembre 1755, Joseph subit le sort de nombreux jeunes Acadiens : enfermé dans l’église de Grand‑Pré sous les ordres de Winslow, il voit se briser le monde de son enfance. Quelques semaines plus tôt, son père — qui porte le même prénom — a déjà été capturé à Halifax, où il était venu comme député réclamer la restitution des canots et des fusils confisqués.

    Le 13 décembre 1755, le sloop Dove quitte la Pointe des Boudrots avec le dernier convoi à partir de la région des Mines, emportant Joseph[i] vers le Connecticut. Les exilés entassés sur le Dove appartiennent surtout aux lignées Dupuis (huit familles) et Braux (cinq familles), auxquelles s’ajoutent quatre familles Hébert dit Groc. Quinze autres familles Hébert dit Groc sont séparées de ce groupe et expédiées sur d’autres navires vers le Massachusetts. Les archives du Connecticut et les manifestes de bord fixent l’arrivée du Dove à New London le 30 janvier 1756[ii], quoique les sources se contredisent sur la date.

     

    1. Exil et mariage

    ____________________________________________

    La précarité de l’exil se lit dans le destin de Madeleine Dupuis, mère de Joseph, morte au Connecticut en 1760, à trente-huit ans. Pourtant, c’est dans cette même terre d’exil que son père Joseph, alors cinquantenaire, trouve une seconde vie en s’unissant à Anne Bourg, jeune veuve de vingt ans sa cadette. De cette union naît une nouvelle lignée : René David, ancêtre de l’auteur, voit le jour à Guilford en 1762 ; puis Jacques, futur patriote déporté en Australie après les rébellions de 1837-38 ; et enfin trois demi-sœurs, avant que la famille ne regagne La Prairie en 1774.

    Joseph aurait également acquis, durant ces années, une solide maîtrise du français et de l’anglais, à l’écrit comme à la lecture, compétence dont l’utilité se manifeste pleinement lors de son établissement à La Prairie.

     

    En 1765, au Connecticut, Joseph unit sa destinée à celle de sa cousine germaine Magdelaine Josephte Hébert, dite Josephe, fille de son oncle Olivier. Ce mariage au sein du réseau acadien relève moins du hasard que de l’instinct : face à la dispersion, les familles déracinées resserrent leurs liens et se replient sur le cercle des leurs. Pour Joseph, cette union est aussi une boussole, le premier geste d’un homme qui recommence, doucement, à espérer un avenir après l’exil.

    Quelques mois plus tard, la Proclamation du gouverneur James Murray et sa politique de peuplement des seigneuries ouvrent justement cette voie : les Acadiens du Massachusetts et du Connecticut déposent des requêtes pour gagner la province de Québec, et la famille Hébert s’inscrit dans ce mouvement qui conduit les premiers navires d’exilés vers le port de Québec en 1766.

    1. Retour à La Prairie

    ____________________________________________

    En juin 1768, Joseph Hébert quitte le Connecticut à bord du sloop Phenix[iii] à destination de Boston, en compagnie de son grand‑père René dit le Groc Hébert et des familles de ses oncles Charles, Armand et Olivier. Les registres de bord, rédigés pour la famille de Charles, notent simplement « Joseph Hébert, son neveu, 28 ans », confirmant son identité et son lien de parenté. Sa femme n’apparaît pourtant pas avec lui, mais dans un autre regroupement, avec la famille de son père Olivier, comme si l’on avait préféré que le papier lui‑même détourne le regard d’un mariage entre cousins germains.

    Quelques semaines plus tard, rassemblée à Boston autour de l’oncle Jacques, la famille Hébert au complet monte sur la goélette Betsey[iv] qui doit les mener au port de la ville de Québec. Ces déplacements entre la Nouvelle-Angleterre, Boston et le Québec racontent un retour par étapes plutôt qu’un rapatriement massif et immédiat. Les premiers d’entre eux sont d’ailleurs arrivés dans la région deux étés plus tôt. En août 1768, une lettre du prêtre Desligneries mentionne Joseph Hébert[v] à La Prairie et confirme que la famille est arrivée à destination.

    Quatorze mois s’écoulent ensuite avant la régularisation du mariage de Joseph et Josephte, le 10 octobre 1769[vi], à Saint‑Philippe, paroisse des parents de l’épouse. Ce délai, probablement lié à un empêchement de consanguinité, marque aussi l’ancrage progressif du couple dans la seigneurie de la rive sud de Montréal.

    1. Famille et tutelle

    ____________________________________________

    De l’union de Joseph et Josephe Hébert ne survit qu’un seul enfant, Joseph, baptisé à l’Assomption le 13 janvier 1776 et inhumé à La Prairie le 9 décembre[vii] suivant. Consanguinité, enfant unique, mort avant un an: avec Joseph, cette branche s’éteint.  Même si sa descendance directe est close, Joseph reste au centre du groupe familial et, privé d’enfants, il assume peu à peu un rôle de père auprès de ses neveux et demi‑frères.

    À la mort de son père, il se présente en mars 1783[viii] devant la Cour des prérogatives de Montréal pour faire établir une tutelle en faveur des enfants mineurs du second lit, ses demi-frères et demi-sœurs. Cette décision témoigne de la confiance dont il jouit au sein du groupe familial. Quinze ans plus tard, Joseph se voit confier la curatelle de son neveu, Guillaume Hébert[ix], sourd et muet. L’année suivante, son neveu Samuel Everton arrive du Connecticut pour s’installer à La Prairie, et Joseph l’accueille en lui donnant à exploiter son verger par bail[x]. Son dévouement envers sa famille est tel que certains parents lui confient la tutelle de leurs enfants en cas de décès.

    L’absence d’héritier direct contribue, en partie, à l’importance que prennent les neveux, nièces et frères consanguins dans la transmission de ses biens. Joseph rédige au moins trois testaments et concède deux donations entre vifs, jusqu’à ce que son dernier testament lègue les biens restants à ses deux demi‑frères, dont l’un est mon ancêtre.

    Suite dans le prochain numéro.

    Notes

    [i] Paul Delaney, La liste de Winslow expliquée, Moncton, N.-B., Les Éditions Perce-Neige, 2020, p. 306–307

    [ii] Ibid. p.403

    [iii] André-Carl Vachon, Les Acadiens déportés qui acceptèrent l’offre de Murray, Québec, Éditions La Grande Marée, 2016, p. 253

    [iv] Ibid. p. 255

    [v] Nicole Martin-Verenka, Chassés d’Acadie : les Acadiens du sud de Montréal (Québec : Éditions Histoire Québec, 2003), p. 298

    [vi] Registres paroissiaux et actes d’état civil, 1621–1968 », Collection Drouin, Québec, Canada.

    [vii] Ibid.

    [viii] Cour des prérogatives de Montréal, ordonnance de tutelle concernant les enfants mineurs de feu Joseph Hébert, 14 mars 1783.

    [ix] District de Montréal, Cour du banc du roi, requête concernant la curatelle de Guillaume Hébert, 21 mars 1798

    [x] Bail à ferme no 1748, 1er octobre 1799, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

    Introduction Joseph Hébert naît vers 1740 à la Rivière‑aux‑Canards, près de Grandpré, dans l’actuelle Port Williams en Nouvelle‑Écosse, au sein d’un monde acadien bientôt bouleversé par la Déportation. Adolescent au moment de la Déportation de 1755, il porte le nom de son père, Joseph Hébert, et sa mère est Madeleine Dupuis. Après les années d’exil, il s’ancre à La Prairie comme habitant, censitaire, capitaine de milice et juge de paix, autant de rôles qui témoignent d’une reconstruction lente, mais résolue. Son parcours offre un point d’observation privilégié sur une famille acadienne qui reprend racine dans la vallée du Saint‑Laurent, au tournant du XIXᵉ siècle, sous un régime britannique qui reste, pour eux, celui de l’ennemi. Origines acadiennes et rupture de 1755 ___________________________________________ La famille de Joseph Hébert est installée depuis si longtemps sur les rives de la Rivière‑aux‑Canards que le lieu a fini par porter leur surnom. Tout près se trouve le village des Dupuis, auquel Joseph est apparenté par sa mère et trois de ses oncles et tantes. Entre 1742 et 1753, ses quatre sœurs et son frère naissent au village des Héberts. À la veille de la Déportation de 1755, la famille y est solidement enracinée. Figure 1 - L'ancêtre de l'auteur est René David Hébert (1762-1839) En septembre 1755, Joseph subit le sort de nombreux jeunes Acadiens : enfermé dans l’église de Grand‑Pré sous les ordres de Winslow, il voit se briser le monde de son enfance. Quelques semaines plus tôt, son père — qui porte le même prénom — a déjà été capturé à Halifax, où il était venu comme député réclamer la restitution des canots et des fusils confisqués. Le 13 décembre 1755, le sloop Dove quitte la Pointe des Boudrots avec le dernier convoi à partir de la région des Mines, emportant Joseph[i] vers le Connecticut. Les exilés entassés sur le Dove appartiennent surtout aux lignées Dupuis (huit familles) et Braux (cinq familles), auxquelles s’ajoutent quatre familles Hébert dit Groc. Quinze autres familles Hébert dit Groc sont séparées de ce groupe et expédiées sur d’autres navires vers le Massachusetts. Les archives du Connecticut et les manifestes de bord fixent l’arrivée du Dove à New London le 30 janvier 1756[ii], quoique les sources se contredisent sur la date.   Exil et mariage ____________________________________________ La précarité de l’exil se lit dans le destin de Madeleine Dupuis, mère de Joseph, morte au Connecticut en 1760, à trente-huit ans. Pourtant, c’est dans cette même terre d’exil que son père Joseph, alors cinquantenaire, trouve une seconde vie en s’unissant à Anne Bourg, jeune veuve de vingt ans sa cadette. De cette union naît une nouvelle lignée : René David, ancêtre de l’auteur, voit le jour à Guilford en 1762 ; puis Jacques, futur patriote déporté en Australie après les rébellions de 1837-38 ; et enfin trois demi-sœurs, avant que la famille ne regagne La Prairie en 1774. Joseph aurait également acquis, durant ces années, une solide maîtrise du français et de l’anglais, à l’écrit comme à la lecture, compétence dont l’utilité se manifeste pleinement lors de son établissement à La Prairie.   En 1765, au Connecticut, Joseph unit sa destinée à celle de sa cousine germaine Magdelaine Josephte Hébert, dite Josephe, fille de son oncle Olivier. Ce mariage au sein du réseau acadien relève moins du hasard que de l’instinct : face à la dispersion, les familles déracinées resserrent leurs liens et se replient sur le cercle des leurs. Pour Joseph, cette union est aussi une boussole, le premier geste d’un homme qui recommence, doucement, à espérer un avenir après l’exil. Quelques mois plus tard, la Proclamation du gouverneur James Murray et sa politique de peuplement des seigneuries ouvrent justement cette voie : les Acadiens du Massachusetts et du Connecticut déposent des requêtes pour gagner la province de Québec, et la famille Hébert s’inscrit dans ce mouvement qui conduit les premiers navires d’exilés vers le port de Québec en 1766. Retour à La Prairie ____________________________________________ En juin 1768, Joseph Hébert quitte le Connecticut à bord du sloop Phenix[iii] à destination de Boston, en compagnie de son grand‑père René dit le Groc Hébert et des familles de ses oncles Charles, Armand et Olivier. Les registres de bord, rédigés pour la famille de Charles, notent simplement « Joseph Hébert, son neveu, 28 ans », confirmant son identité et son lien de parenté. Sa femme n’apparaît pourtant pas avec lui, mais dans un autre regroupement, avec la famille de son père Olivier, comme si l’on avait préféré que le papier lui‑même détourne le regard d’un mariage entre cousins germains. Quelques semaines plus tard, rassemblée à Boston autour de l’oncle Jacques, la famille Hébert au complet monte sur la goélette Betsey[iv] qui doit les mener au port de la ville de Québec. Ces déplacements entre la Nouvelle-Angleterre, Boston et le Québec racontent un retour par étapes plutôt qu’un rapatriement massif et immédiat. Les premiers d’entre eux sont d’ailleurs arrivés dans la région deux étés plus tôt. En août 1768, une lettre du prêtre Desligneries mentionne Joseph Hébert[v] à La Prairie et confirme que la famille est arrivée à destination. Quatorze mois s’écoulent ensuite avant la régularisation du mariage de Joseph et Josephte, le 10 octobre 1769[vi], à Saint‑Philippe, paroisse des parents de l’épouse. Ce délai, probablement lié à un empêchement de consanguinité, marque aussi l’ancrage progressif du couple dans la seigneurie de la rive sud de Montréal. Famille et tutelle ____________________________________________ De l'union de Joseph et Josephe Hébert ne survit qu'un seul enfant, Joseph, baptisé à l'Assomption le 13 janvier 1776 et inhumé à La Prairie le 9 décembre[vii] suivant. Consanguinité, enfant unique, mort avant un an: avec Joseph, cette branche s’éteint.  Même si sa descendance directe est close, Joseph reste au centre du groupe familial et, privé d’enfants, il assume peu à peu un rôle de père auprès de ses neveux et demi‑frères. À la mort de son père, il se présente en mars 1783[viii] devant la Cour des prérogatives de Montréal pour faire établir une tutelle en faveur des enfants mineurs du second lit, ses demi-frères et demi-sœurs. Cette décision témoigne de la confiance dont il jouit au sein du groupe familial. Quinze ans plus tard, Joseph se voit confier la curatelle de son neveu, Guillaume Hébert[ix], sourd et muet. L'année suivante, son neveu Samuel Everton arrive du Connecticut pour s’installer à La Prairie, et Joseph l’accueille en lui donnant à exploiter son verger par bail[x]. Son dévouement envers sa famille est tel que certains parents lui confient la tutelle de leurs enfants en cas de décès. L’absence d’héritier direct contribue, en partie, à l’importance que prennent les neveux, nièces et frères consanguins dans la transmission de ses biens. Joseph rédige au moins trois testaments et concède deux donations entre vifs, jusqu’à ce que son dernier testament lègue les biens restants à ses deux demi‑frères, dont l’un est mon ancêtre. Suite dans le prochain numéro. Notes [i] Paul Delaney, La liste de Winslow expliquée, Moncton, N.-B., Les Éditions Perce-Neige, 2020, p. 306–307 [ii] Ibid. p.403 [iii] André-Carl Vachon, Les Acadiens déportés qui acceptèrent l’offre de Murray, Québec, Éditions La Grande Marée, 2016, p. 253 [iv] Ibid. p. 255 [v] Nicole Martin-Verenka, Chassés d’Acadie : les Acadiens du sud de Montréal (Québec : Éditions Histoire Québec, 2003), p. 298 [vi] Registres paroissiaux et actes d’état civil, 1621–1968 », Collection Drouin, Québec, Canada. [vii] Ibid. [viii] Cour des prérogatives de Montréal, ordonnance de tutelle concernant les enfants mineurs de feu Joseph Hébert, 14 mars 1783. [ix] District de Montréal, Cour du banc du roi, requête concernant la curatelle de Guillaume Hébert, 21 mars 1798 [x] Bail à ferme no 1748, 1er octobre 1799, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec....

    Conférence

    Jean-Sébastien Marchand

    Le Québec semble être une « société amoureuse distincte » (championne du monde de l’union libre, avec beaucoup de divorces et de célibat), mais il n’en est rien. La nation québécoise est prisonnière de mythes, de clichés, de normes et de conformismes, et surtout d’une histoire.

    Alors que le Québec a dit adieu aux unions traditionnelles et a adopté une vision plus individualiste, son approche de l’amour, héritée des XVIIIe et XIXe siècles, persiste.

    Venez découvrir les particularités de l’amour québécois à travers l’histoire, ainsi que ce qui continue d’en faire une réalité encore aujourd’hui.

    Jean-Sébastien Marsan est un écricain et journaliste. Il est auteur de la série Histoire populaire de l’amour au Québec (2024).

    Depuis 1993, monsieur Marsan apparait régulièrement dans les journaux et les médias à titre de rédacteur et chroniqueur. Il a notamment participé à plusieurs reprises à l’émission Aujourd’hui l’histoire à la radio de Radio-Canada. Il était aussi adjoint à la direction générale et directeur des communications de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) de 2016 à 2022.

     

    Mardi 17 février 2026 à 19 h

    Théâtre du Vieux-La Prairie

    247, rue Sainte-Marie à La Prairie

    Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $

    Pour information : https://shlm.info, 450-659-1393

     

     

    Jean-Sébastien Marchand Le Québec semble être une « société amoureuse distincte » (championne du monde de l’union libre, avec beaucoup de divorces et de célibat), mais il n’en est rien. La nation québécoise est prisonnière de mythes, de clichés, de normes et de conformismes, et surtout d’une histoire. Alors que le Québec a dit adieu aux unions traditionnelles et a adopté une vision plus individualiste, son approche de l’amour, héritée des XVIIIe et XIXe siècles, persiste. Venez découvrir les particularités de l’amour québécois à travers l’histoire, ainsi que ce qui continue d’en faire une réalité encore aujourd’hui. Jean-Sébastien Marsan est un écricain et journaliste. Il est auteur de la série Histoire populaire de l’amour au Québec (2024). Depuis 1993, monsieur Marsan apparait régulièrement dans les journaux et les médias à titre de rédacteur et chroniqueur. Il a notamment participé à plusieurs reprises à l’émission Aujourd’hui l’histoire à la radio de Radio-Canada. Il était aussi adjoint à la direction générale et directeur des communications de l’Union des écrivaines et des écrivains québécois (UNEQ) de 2016 à 2022.   Mardi 17 février 2026 à 19 h Théâtre du Vieux-La Prairie 247, rue Sainte-Marie à La Prairie Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $ Pour information : https://shlm.info, 450-659-1393    ...

    Conférence

    La Crise vue de la cuisine :
    Les ménagères montréalaises durant la grande Dépression des années 1930

    La crise économique des années 1930 est souvent associée, dans la mémoire collective, à des images de chômage masculin et de misère visible : files d’attente aux soupes populaires, travailleurs itinérants ou colons en Abitibi. Les femmes y sont pourtant peu présentes. Or, des témoignages recueillis auprès d’épouses de chômeurs montrent qu’elles ont joué un rôle crucial dans la survie des familles. Avec des secours directs insuffisants, elles ont fait preuve d’une grande ingéniosité pour nourrir leurs enfants, payer le loyer et maintenir la vie quotidienne.

    Cette conférence met en lumière ces stratégies de survie féminines, trop souvent oubliées, et rappelle que l’expérience antérieure de la pauvreté a permis à ces femmes de faire face à des situations extrêmes. Vue de la cuisine, la Crise n’est pas très spectaculaire. Elle ne fait pas de belles photos. Elle devient très « ordinaire ».
    Un « ordinaire » fait de tâches ménagères toujours plus lourdes sans éclats, mais combien essentielles.

    Véritable pionnière de l’histoire des femmes et de l’histoire sociale, Denyse Baillargeon a enseigné pendant 25 ans à l’Université de Montréal. Elle a participé et réalisé d’importantes publications, comme Brève histoire des femmes au Québec ou encore, Repenser la nation : histoire du suffrage féminin au Québec. C’est avec immense honneur que la SHLM se vaudra le plaisir de recevoir cette figure de proue du mouvement féministe au Québec.

     

    Mardi 21 avril 2026 à 19 h

    Théâtre du Vieux-La Prairie

    247, rue Sainte-Marie à La Prairie

    Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $

    Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393

     

     

    La Crise vue de la cuisine : Les ménagères montréalaises durant la grande Dépression des années 1930 La crise économique des années 1930 est souvent associée, dans la mémoire collective, à des images de chômage masculin et de misère visible : files d’attente aux soupes populaires, travailleurs itinérants ou colons en Abitibi. Les femmes y sont pourtant peu présentes. Or, des témoignages recueillis auprès d’épouses de chômeurs montrent qu’elles ont joué un rôle crucial dans la survie des familles. Avec des secours directs insuffisants, elles ont fait preuve d’une grande ingéniosité pour nourrir leurs enfants, payer le loyer et maintenir la vie quotidienne. Cette conférence met en lumière ces stratégies de survie féminines, trop souvent oubliées, et rappelle que l’expérience antérieure de la pauvreté a permis à ces femmes de faire face à des situations extrêmes. Vue de la cuisine, la Crise n’est pas très spectaculaire. Elle ne fait pas de belles photos. Elle devient très « ordinaire ». Un « ordinaire » fait de tâches ménagères toujours plus lourdes sans éclats, mais combien essentielles. Véritable pionnière de l’histoire des femmes et de l’histoire sociale, Denyse Baillargeon a enseigné pendant 25 ans à l’Université de Montréal. Elle a participé et réalisé d’importantes publications, comme Brève histoire des femmes au Québec ou encore, Repenser la nation : histoire du suffrage féminin au Québec. C’est avec immense honneur que la SHLM se vaudra le plaisir de recevoir cette figure de proue du mouvement féministe au Québec.   Mardi 21 avril 2026 à 19 h Théâtre du Vieux-La Prairie 247, rue Sainte-Marie à La Prairie Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $ Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393    ...

    Assemblée générale annuelle

    Notre prochaine assemblée générale annuelle aura lieu le 17 mars 2026 à 19h00 au Théâtre du Vieux-La Prairie, 247 rue Sainte-Marie, La Prairie.
    Votre présence est importante.

    Notre prochaine assemblée générale annuelle aura lieu le 17 mars 2026 à 19h00 au Théâtre du Vieux-La Prairie, 247 rue Sainte-Marie, La Prairie. Votre présence est importante....

    Les origines de l’ancienne boulangerie de la rue Saint-Ignace

    Le pain aliment de base

    Dans la vie quotidienne des habitants de la Nouvelle‑France, le pain occupait une place absolument centrale. Il était préparé à partir du blé cultivé localement, que les meuniers transformaient en farine dans le moulin banal. Cette farine servait ensuite à cuire un pain souvent consommé à tous les repas, au point d’être considéré comme l’aliment de base des habitants de l’époque.

    La recette était simple : farine, eau, sel et levain qu’on mélangeait dans un grand pétrin en bois. Pour la cuisson, les maisons avaient souvent un four extérieur en pierre ou en argile.

    Compte tenu de l’importance du pain, le boulanger fut l’un des premiers artisans à s’établir au début de la colonie, d’abord dans les petites agglomérations. La Prairie aurait vu arriver son premier boulanger dans la première moitié du 19e siècle.

    Le métier exige de travailler dès 4 heures du matin et les journées de repos sont peu nombreuses.

    Les transactions sur les lots 14 et 15

    Grâce à ses travaux, madame France Pinsonneault a pu établir la chaîne de titres des lots 14 et 15, là où s’établira au 20e siècle la boulangerie Lussier. Nous vous présentons ici les résultats de ses recherches.

    « Je me suis intéressée aux lots 14 et 15 parce qu’Edmour Lussier était mon grand-oncle, son épouse, Martha Dupuis, étant la sœur de mon grand-père Serge Dupuis. »

    En 1697, Les Jésuites vendent à Hiérosme Longtain.

    En 1701, Hiérosme Longtain vend les lots 14 et 15 à Louis Dupuis (ancêtre des Dupuis) et Barbe Dubau.

    Louis Dupuis et Barbe Dubau cèdent les lots à Jacques et François (fils) enfants de François Pinsonneau, ancêtre des Pinsonneau.

    Avant de mourir, François fils, donne sa moitié du lot à son frère Jacques.

    En 1751, Jacques Pinsonneau vend la maison et la terre à Joseph Menneson maître menuisier.

    Suite à un incendie, Menneson rebâtit la maison.

    En 1753, Menneson vend les lots 14 et 15 à Pierre Lefebvre.

    Puis, Pierre Lefebvre et Marguerite Moquin vendent à Philip Cron.

    En 1775, Cron revend à Pierre Lefebvre.

    À cause d’une mésentente au sujet de la grandeur du terrain, il y a eu bornage sur plusieurs lots par l’arpenteur. Ce nouvel arpentage aura pour effet de provoquer plusieurs rétrocessions de lots.

    En 1782, Lefebvre vend à nouveau à Jacques Alexis Lamarre.

    En 1794, Lamarre vend à Pierre Ste-Marie. Quelques mois plus tard, ce dernier vend à Marie-Anne Faye veuve de J. Duquet.

    En 1813, dans son testament, Marie Faille veuve cède les lots à Gaspard Ninsel et Ursule Faille.

    En 1837, Ursule Faille, veuve de Gaspard Ninsel, vend à Ambroise Hébert.

    En 1843, Ambroise Hébert, maître boulanger, achète le lot no 14 sur lequel se trouve une maison de bois, laquelle a sans doute été détruite par le grand incendie d’août 1846. Après l’incendie de 1846, Ambroise Hébert a fait construire l’édifice en brique qui deviendra plus tard la Boulangerie Lussier. Voilà sans doute la naissance d’une première boulangerie à La Prairie.

    Selon Gérard Lussier, M. Hébert prit deux appartements dans la maison, puis en arrière dans la cour il construisit un four de 40 pieds de profondeur sur 30 pieds de largeur. Ce four fut plus tard remplacé par des installations plus modernes, mais qui ne donnaient pas de meilleurs résultats.

    De l’union de Ambroise Hébert et Sophie Demers naîtront six enfants : Jean-Baptiste, Sophie, Alphonse, Ambroise (prêtre, décédé à La Prairie à l’âge de 24 ans), Wilfrid sulpicien et Hector.

    Ambroise Hébert et Sophie Demers

    Ambroise Hébert travaille avec son fils Hector Hébert et lui apprend le métier de boulanger. Au décès d’Ambroise Hébert en 1905, c’est son fils Wilfrid Hébert qui est désigné exécuteur testamentaire et administrateur des biens. En conséquence, Hector hérite de la boulangerie et de tout le matériel qui s’y trouve.

    En 1910, Wilfrid Hébert, administrateur des biens de son défunt père, vend la boulangerie à Arthur Barbeau.

    Testament en faveur d’Arthur Barbeau de son épouse Flore Lamarre décédée en 1921.

    Vente judiciaire par Arthur Barbeau à Arthur Barbeau 1923 sur le lot 14.

    Barbeau avait vendu à Maximin Olivier, mais ce dernier disparaît en 1923 et son épouse remet la boulangerie à Arthur Barbeau.

    En 1924, vente par Emilien Lamarre à Edmour Lussier maître boulanger.

    Edmour Lussier avait appris son métier dans une boulangerie de Farnham. Puisque la boulangerie prend de l’expansion, en 1925, il doit acquérir le lot 15 qui est à côté et qui appartient à Joseph Georges Carrier. Il achète également un terrain à proximité sur Saint-Georges afin d’y entreposer les voitures et les chevaux. On y installera également une meunerie.

    Edmour et son épouse, le couple aura 9 enfants, ont habité la partie droite de la boulangerie. Il y avait également un logis à l’étage. Parce qu’elle était située en bordure du fleuve, les inondations ont causé de nombreuses difficultés à la boulangerie. De plus, les années de la grande crise économique exigèrent beaucoup de souplesse de la part des administrateurs de la jeune entreprise.

    En 1963, Edmour Lussier, qui décédera en 1970, vend à son fils Gérard et autres. En 1971, on produit 1500 pains par jour, qui seront distribués dans La Prairie, Brossard, Delson, Candiac, Saint-Constant et Kahnawake.

    En 1979, Gérard Lussier prend sa retraite et vend à son frère et associé Gaston-Guy Lussier et autres.

    Au soir du 2 mai 1982, un incendie est déclaré à l’arrière de l’édifice. De jeunes garçons auraient mis le feu dans des détritus. Après une nuit de combat contre le feu, le bâtiment est complètement détruit. Au moment de l’incendie, Gaston-Guy, Daniel et Pierre en assumaient la direction. Suite à la conflagration, 38 employés se retrouvent sans travail.

    La petite entreprise ne survivra pas à ce désastre.

    En 1985, le terrain est vendu à Cécile Morin, veuve de J. Giroux. Deux ans plus tard, madame Giroux cède le terrain à René Héon et autres qui le céderont à Québec inc.

    Enfin, en avril 1995, Québec inc. le vend à la municipalité pour la somme de 33 000 $.

    Quelques années plus tard, en 1998, Hydro-Québec y fera ériger la Place de la boulangerie.

    Les employés de la boulangerie Lussier
    Le pain aliment de base Dans la vie quotidienne des habitants de la Nouvelle‑France, le pain occupait une place absolument centrale. Il était préparé à partir du blé cultivé localement, que les meuniers transformaient en farine dans le moulin banal. Cette farine servait ensuite à cuire un pain souvent consommé à tous les repas, au point d’être considéré comme l’aliment de base des habitants de l’époque. La recette était simple : farine, eau, sel et levain qu’on mélangeait dans un grand pétrin en bois. Pour la cuisson, les maisons avaient souvent un four extérieur en pierre ou en argile. Compte tenu de l’importance du pain, le boulanger fut l’un des premiers artisans à s’établir au début de la colonie, d’abord dans les petites agglomérations. La Prairie aurait vu arriver son premier boulanger dans la première moitié du 19e siècle. Le métier exige de travailler dès 4 heures du matin et les journées de repos sont peu nombreuses. Les transactions sur les lots 14 et 15 Grâce à ses travaux, madame France Pinsonneault a pu établir la chaîne de titres des lots 14 et 15, là où s’établira au 20e siècle la boulangerie Lussier. Nous vous présentons ici les résultats de ses recherches. « Je me suis intéressée aux lots 14 et 15 parce qu’Edmour Lussier était mon grand-oncle, son épouse, Martha Dupuis, étant la sœur de mon grand-père Serge Dupuis. » En 1697, Les Jésuites vendent à Hiérosme Longtain. En 1701, Hiérosme Longtain vend les lots 14 et 15 à Louis Dupuis (ancêtre des Dupuis) et Barbe Dubau. Louis Dupuis et Barbe Dubau cèdent les lots à Jacques et François (fils) enfants de François Pinsonneau, ancêtre des Pinsonneau. Avant de mourir, François fils, donne sa moitié du lot à son frère Jacques. En 1751, Jacques Pinsonneau vend la maison et la terre à Joseph Menneson maître menuisier. Suite à un incendie, Menneson rebâtit la maison. En 1753, Menneson vend les lots 14 et 15 à Pierre Lefebvre. Puis, Pierre Lefebvre et Marguerite Moquin vendent à Philip Cron. En 1775, Cron revend à Pierre Lefebvre. À cause d’une mésentente au sujet de la grandeur du terrain, il y a eu bornage sur plusieurs lots par l’arpenteur. Ce nouvel arpentage aura pour effet de provoquer plusieurs rétrocessions de lots. En 1782, Lefebvre vend à nouveau à Jacques Alexis Lamarre. En 1794, Lamarre vend à Pierre Ste-Marie. Quelques mois plus tard, ce dernier vend à Marie-Anne Faye veuve de J. Duquet. En 1813, dans son testament, Marie Faille veuve cède les lots à Gaspard Ninsel et Ursule Faille. En 1837, Ursule Faille, veuve de Gaspard Ninsel, vend à Ambroise Hébert. En 1843, Ambroise Hébert, maître boulanger, achète le lot no 14 sur lequel se trouve une maison de bois, laquelle a sans doute été détruite par le grand incendie d’août 1846. Après l’incendie de 1846, Ambroise Hébert a fait construire l’édifice en brique qui deviendra plus tard la Boulangerie Lussier. Voilà sans doute la naissance d’une première boulangerie à La Prairie. Selon Gérard Lussier, M. Hébert prit deux appartements dans la maison, puis en arrière dans la cour il construisit un four de 40 pieds de profondeur sur 30 pieds de largeur. Ce four fut plus tard remplacé par des installations plus modernes, mais qui ne donnaient pas de meilleurs résultats. De l’union de Ambroise Hébert et Sophie Demers naîtront six enfants : Jean-Baptiste, Sophie, Alphonse, Ambroise (prêtre, décédé à La Prairie à l’âge de 24 ans), Wilfrid sulpicien et Hector. Ambroise Hébert et Sophie Demers Ambroise Hébert travaille avec son fils Hector Hébert et lui apprend le métier de boulanger. Au décès d’Ambroise Hébert en 1905, c’est son fils Wilfrid Hébert qui est désigné exécuteur testamentaire et administrateur des biens. En conséquence, Hector hérite de la boulangerie et de tout le matériel qui s’y trouve. En 1910, Wilfrid Hébert, administrateur des biens de son défunt père, vend la boulangerie à Arthur Barbeau. Testament en faveur d’Arthur Barbeau de son épouse Flore Lamarre décédée en 1921. Vente judiciaire par Arthur Barbeau à Arthur Barbeau 1923 sur le lot 14. Barbeau avait vendu à Maximin Olivier, mais ce dernier disparaît en 1923 et son épouse remet la boulangerie à Arthur Barbeau. En 1924, vente par Emilien Lamarre à Edmour Lussier maître boulanger. Edmour Lussier avait appris son métier dans une boulangerie de Farnham. Puisque la boulangerie prend de l’expansion, en 1925, il doit acquérir le lot 15 qui est à côté et qui appartient à Joseph Georges Carrier. Il achète également un terrain à proximité sur Saint-Georges afin d’y entreposer les voitures et les chevaux. On y installera également une meunerie. Edmour et son épouse, le couple aura 9 enfants, ont habité la partie droite de la boulangerie. Il y avait également un logis à l’étage. Parce qu’elle était située en bordure du fleuve, les inondations ont causé de nombreuses difficultés à la boulangerie. De plus, les années de la grande crise économique exigèrent beaucoup de souplesse de la part des administrateurs de la jeune entreprise. En 1963, Edmour Lussier, qui décédera en 1970, vend à son fils Gérard et autres. En 1971, on produit 1500 pains par jour, qui seront distribués dans La Prairie, Brossard, Delson, Candiac, Saint-Constant et Kahnawake. En 1979, Gérard Lussier prend sa retraite et vend à son frère et associé Gaston-Guy Lussier et autres. Au soir du 2 mai 1982, un incendie est déclaré à l’arrière de l’édifice. De jeunes garçons auraient mis le feu dans des détritus. Après une nuit de combat contre le feu, le bâtiment est complètement détruit. Au moment de l’incendie, Gaston-Guy, Daniel et Pierre en assumaient la direction. Suite à la conflagration, 38 employés se retrouvent sans travail. La petite entreprise ne survivra pas à ce désastre. En 1985, le terrain est vendu à Cécile Morin, veuve de J. Giroux. Deux ans plus tard, madame Giroux cède le terrain à René Héon et autres qui le céderont à Québec inc. Enfin, en avril 1995, Québec inc. le vend à la municipalité pour la somme de 33 000 $. Quelques années plus tard, en 1998, Hydro-Québec y fera ériger la Place de la boulangerie. Les employés de la boulangerie Lussier...

    Mot du président

    Bonjour,

    Déjà un mois écoulé en cette année 2026. Notre organisme est en mode planification afin d’atteindre ses objectifs.

    C’est pourquoi le conseil d’administration, les directeurs de comités ainsi que notre directeur général préparent la documentation nécessaire à la tenue de l’assemblée générale annuelle, laquelle aura lieu le mardi 17 mars 2026 à 19 h au Théâtre du Vieux-La Prairie, situé au 247 rue Sainte-Marie.

    Pour y assister, vous devez être membre en règle. Pour cela, vous pouvez renouveler votre adhésion ou devenir membre de la SHLM via notre site internet ou encore en personne durant nos heures d’ouverture.

    Nous travaillons également à l’embauche de nos guides étudiants en vue de l’été 2026. Vous êtes étudiant(e) au cégep ou à l’université, disponible dès juin, faites parvenir votre CV à monsieur David Barrette à [email protected].

    Antoine Simonato, président de la SHLM

     

    Bonjour, Déjà un mois écoulé en cette année 2026. Notre organisme est en mode planification afin d’atteindre ses objectifs. C’est pourquoi le conseil d’administration, les directeurs de comités ainsi que notre directeur général préparent la documentation nécessaire à la tenue de l’assemblée générale annuelle, laquelle aura lieu le mardi 17 mars 2026 à 19 h au Théâtre du Vieux-La Prairie, situé au 247 rue Sainte-Marie. Pour y assister, vous devez être membre en règle. Pour cela, vous pouvez renouveler votre adhésion ou devenir membre de la SHLM via notre site internet ou encore en personne durant nos heures d’ouverture. Nous travaillons également à l’embauche de nos guides étudiants en vue de l’été 2026. Vous êtes étudiant(e) au cégep ou à l’université, disponible dès juin, faites parvenir votre CV à monsieur David Barrette à [email protected]. Antoine Simonato, président de la SHLM  ...