Sélection d'une édition

    L’arrivée du téléphone à La Prairie

    N.D.L.R. Les informations qui suivent nous ont été fournies par la Compagnie de Téléphone Bell.

    Le premier téléphone de La Prairie entre en service en 1887, sept ans seulement après la fondation de la Compagnie de Téléphone Bell, et treize ans après qu’Alexander Graham Bell a inventé ce qu’on appelle alors « la merveille parlante ».

    En 1887, en effet, la première agence de la compagnie Bell ouvre ses portes à La Prairie, sous la direction de M. J.H.A. Sylvestre[1] ; elle apporte à une population d’environ 1000 personnes les avantages du téléphone.

    L’année suivante, en 1888, une ligne interurbaine relie La Prairie et Saint-Jean. Toutefois, le téléphone est accueilli plutôt froidement à La Prairie. La compagnie Laprairie Pressed Brick and Terra Cotta, qui apparaît dans l’annuaire téléphonique à compter de mars 1896, demeure l’unique abonné jusqu’en 1902, date à laquelle la compagnie J. B. Doré et fils[2] y est inscrite pour la première fois. À la fin de 1907, La Prairie compte sept téléphones en service.

    Par la suite, l’évolution du service téléphonique est lente, mais constante. Le 100e téléphone est installé en 1924, le 500e, en 1945, et le 1000e, en 1950.

    En décembre 1952, Bell Canada achète un terrain, situé au 425, rue Saint-Henri et, en 1954, elle y construit un immeuble pour y installer le central automatique.

    Le 12 juin 1955 a lieu la conversion du système à magnéto au système automatique et, en même temps, un nouveau mode de numérotation est adopté suivant lequel tous les numéros de téléphone comportent deux lettres et cinq chiffres. En 1963, le nom du central est éliminé et remplacé par de nouveaux numéros à sept chiffres. Le préfixe 659 est attribué aux numéros de La Prairie.

    Il y a quarante ans, en 1981, La Prairie comptait 11 510 téléphones en service.

    ______________________________

    [1] Hyacinthe Sylvestre possédait un magasin général qui était situé à l’emplacement actuel du restaurant Chez Julien.

    [2] Un fabricant de machinerie agricole.

    N.D.L.R. Les informations qui suivent nous ont été fournies par la Compagnie de Téléphone Bell. Le premier téléphone de La Prairie entre en service en 1887, sept ans seulement après la fondation de la Compagnie de Téléphone Bell, et treize ans après qu’Alexander Graham Bell a inventé ce qu’on appelle alors « la merveille parlante ». En 1887, en effet, la première agence de la compagnie Bell ouvre ses portes à La Prairie, sous la direction de M. J.H.A. Sylvestre[1] ; elle apporte à une population d’environ 1000 personnes les avantages du téléphone. L’année suivante, en 1888, une ligne interurbaine relie La Prairie et Saint-Jean. Toutefois, le téléphone est accueilli plutôt froidement à La Prairie. La compagnie Laprairie Pressed Brick and Terra Cotta, qui apparaît dans l’annuaire téléphonique à compter de mars 1896, demeure l’unique abonné jusqu’en 1902, date à laquelle la compagnie J. B. Doré et fils[2] y est inscrite pour la première fois. À la fin de 1907, La Prairie compte sept téléphones en service. Par la suite, l’évolution du service téléphonique est lente, mais constante. Le 100e téléphone est installé en 1924, le 500e, en 1945, et le 1000e, en 1950. En décembre 1952, Bell Canada achète un terrain, situé au 425, rue Saint-Henri et, en 1954, elle y construit un immeuble pour y installer le central automatique. Le 12 juin 1955 a lieu la conversion du système à magnéto au système automatique et, en même temps, un nouveau mode de numérotation est adopté suivant lequel tous les numéros de téléphone comportent deux lettres et cinq chiffres. En 1963, le nom du central est éliminé et remplacé par de nouveaux numéros à sept chiffres. Le préfixe 659 est attribué aux numéros de La Prairie. Il y a quarante ans, en 1981, La Prairie comptait 11 510 téléphones en service. ______________________________ [1] Hyacinthe Sylvestre possédait un magasin général qui était situé à l’emplacement actuel du restaurant Chez Julien. [2] Un fabricant de machinerie agricole....

    Jean-Baptiste Cantin et les De Montigny (4)

    1916

    Le 2 janvier, Cantin et le corps expéditionnaire retournent aux tranchées. L’ami du couple en profite pour envoyer quelques cartes postales à De Montigny annonçant son départ. Ces cartes illustrent la destruction dont sont témoins les troupes canadiennes partout où elles passent.

     

    « Monsieur, je vous envoie quelques cartes comme souvenir ou sont passé les soldats canadiens. D’un ami. »
    « Monsieur, tout vas bien en bonne santé aurevoir. D’un ami. »

    Le 15 janvier, Cantin reçoit un paquet de tabac canadien de la part de De Montigny. Le soldat lui envoie quatre autres cartes postales l’informant sur sa santé et le temps qu’il fait.

    De février à avril, la correspondance de Cantin se résument surtout à deux bagues qu’il souhaite envoyer aux De Montigny :

    6 février : « Monsieur, j’ai fait un oubli en vous demandant vos mesure de doigts pour les bagues. Envoyer moi la mesure de votre demoiselle svp. D’un ami. »

    19 mars : « Monsieur, je dois vous envoyer vos bagues ces jours ici. »

    18 avril : « Monsieur, je vais vous expédier vos bagues ces jours ici. Écrivez immédiatement sur reception s.v.p. En bonne santé tout est bien pour le moment. »

    Cantin passa l’été 1916 à combattre en Belgique.

    Vers la fin du mois d’août, le corps expéditionnaire se dirigea vers le front de la Somme[1], en France qui avait commencé presque deux mois plutôt, le premier juillet.

    Selon les rapports médicaux contenus dans son dossier militaire, Cantin fut blessé gravement le 8 septembre 1916, quelque chose lui ayant perforé le milieu du bras gauche. Il fut déclaré sourd de l’oreille droite, crachant du sang en plus d’avoir été gazé[2]. Le 26 septembre, il se remit de ses blessures et fut déclaré apte à reprendre son poste de sergent du corps expéditionnaire.

    Collection Steve Lussier
    www.les bouteilles du québec.com

    1917-1919

    Jean-Baptiste Cantin fut libéré de ses fonctions militaires le 29 juin 1919, à l’âge de 40 ans[3]. On peut supposer que Cantin retourna à La Prairie retrouver le couple De Montigny à leur hôtel pour y passer du bon temps, raconter ses faits d’armes et probablement prendre un verre.

    D’ailleurs, dans l’une de ses nombreuses lettres envoyées en 1915 à De Montigny, Cantin fit part de son amour pour la bière canadienne : « […] 5 cents la bière vous souvenez-en juger maintenant par vous-même.

    Quand on sort des tranchées et que nous sommes sur la réserve, on peut acheter de la bière a 2 sous le verre elle est forte comme la petite bière d’épinette canadien on pense souvent a la Molson et le cheval noir[4] de Lachine. »

     

     

    ______________________________

    [1] Roy, R.H., et Richard Foot, « Le Canada et la bataille de la Somme ».  Dans l’Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié décembre 21, 2006; Dernière modification décembre 11, 2018. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/bataille-de-la-somme

    [2] Bibliothèque et Archives Canada, Dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale, Recherche : base de données, Item : Cantin, John Baptiste (26175), https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/dossiers-personnel/Pages/item.aspx?IdNumber=86651

    [3] Idem.

    [4] Il s’agit de la bière Black Horse très populaire à l’époque.

     

     

    1916 Le 2 janvier, Cantin et le corps expéditionnaire retournent aux tranchées. L’ami du couple en profite pour envoyer quelques cartes postales à De Montigny annonçant son départ. Ces cartes illustrent la destruction dont sont témoins les troupes canadiennes partout où elles passent.   « Monsieur, je vous envoie quelques cartes comme souvenir ou sont passé les soldats canadiens. D’un ami. » « Monsieur, tout vas bien en bonne santé aurevoir. D’un ami. » Le 15 janvier, Cantin reçoit un paquet de tabac canadien de la part de De Montigny. Le soldat lui envoie quatre autres cartes postales l’informant sur sa santé et le temps qu’il fait. De février à avril, la correspondance de Cantin se résument surtout à deux bagues qu’il souhaite envoyer aux De Montigny : 6 février : « Monsieur, j’ai fait un oubli en vous demandant vos mesure de doigts pour les bagues. Envoyer moi la mesure de votre demoiselle svp. D’un ami. » 19 mars : « Monsieur, je dois vous envoyer vos bagues ces jours ici. » 18 avril : « Monsieur, je vais vous expédier vos bagues ces jours ici. Écrivez immédiatement sur reception s.v.p. En bonne santé tout est bien pour le moment. » Cantin passa l'été 1916 à combattre en Belgique. Vers la fin du mois d’août, le corps expéditionnaire se dirigea vers le front de la Somme[1], en France qui avait commencé presque deux mois plutôt, le premier juillet. Selon les rapports médicaux contenus dans son dossier militaire, Cantin fut blessé gravement le 8 septembre 1916, quelque chose lui ayant perforé le milieu du bras gauche. Il fut déclaré sourd de l’oreille droite, crachant du sang en plus d’avoir été gazé[2]. Le 26 septembre, il se remit de ses blessures et fut déclaré apte à reprendre son poste de sergent du corps expéditionnaire. Collection Steve Lussierwww.les bouteilles du québec.com 1917-1919 Jean-Baptiste Cantin fut libéré de ses fonctions militaires le 29 juin 1919, à l’âge de 40 ans[3]. On peut supposer que Cantin retourna à La Prairie retrouver le couple De Montigny à leur hôtel pour y passer du bon temps, raconter ses faits d'armes et probablement prendre un verre. D’ailleurs, dans l’une de ses nombreuses lettres envoyées en 1915 à De Montigny, Cantin fit part de son amour pour la bière canadienne : « […] 5 cents la bière vous souvenez-en juger maintenant par vous-même. Quand on sort des tranchées et que nous sommes sur la réserve, on peut acheter de la bière a 2 sous le verre elle est forte comme la petite bière d’épinette canadien on pense souvent a la Molson et le cheval noir[4] de Lachine. »     ______________________________ [1] Roy, R.H., et Richard Foot, « Le Canada et la bataille de la Somme".  Dans l'Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié décembre 21, 2006; Dernière modification décembre 11, 2018. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/bataille-de-la-somme [2] Bibliothèque et Archives Canada, Dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale, Recherche : base de données, Item : Cantin, John Baptiste (26175), https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/dossiers-personnel/Pages/item.aspx?IdNumber=86651 [3] Idem. [4] Il s’agit de la bière Black Horse très populaire à l’époque.    ...

    Jean-Baptiste Cantin et les De Montigny (3)

    Par la suite, Cantin reviendra à quelques reprises sur la bataille d’Ypres avec deux cartes qu’il envoie le 23 juillet. Il insiste beaucoup sur les effets dévastateurs qu’a eus cette bataille sur la ville belge.

     

    « Monsieur, Cette carte vous représente la plus grande Halle du monde en fait de draps il ne reste seulement que des ruines maintenant. »
    « Monsieur, J’aime a vous offrir ces cartes de Ypres parce que c’est la que les troupes canadiennes ont résisté a la garde prussienne. D’un ami. »

     

    Les mois passent et les cartes postales envoyées au couple De Montigny se résument à des messages très courts sur sa santé et sur le temps qu’il fait. Les combats se poursuivent dans les tranchées en sol français.

    Le 22 décembre, Cantin et le corps expéditionnaire rentrent à Londres passer les vacances de Noël. Le soldat montréalais en profite pour envoyer quatre cartes postales.

    À Domina, il fait sa grande annonce : « Monsieur, j’ai l’honneur de vous dire que je suis nommé sergent maintenant alors j’ai porté trois galons que j’ai gagné sur la ligne de feu. »

    À Albina, il lui fait part en trois cartes postales de sa visite des endroits touristiques de Londres.

    « Madame, Je vous envoi quelque vues de Londres étant de passage ici. C’est une belle ville a visité. Aurevoir à bientôt. »
    « Madame, Je suis en bonne santé et j’espère que vous jouissez du même bonheur que moi ainsi que votre famille. Aurevoir a bientôt. »
    « Madame, Nous somme bien venu a Londres les canadiens qui reviennent de la ligne de feu. Aurevoir a bientôt. »
    Par la suite, Cantin reviendra à quelques reprises sur la bataille d’Ypres avec deux cartes qu’il envoie le 23 juillet. Il insiste beaucoup sur les effets dévastateurs qu’a eus cette bataille sur la ville belge.   « Monsieur, Cette carte vous représente la plus grande Halle du monde en fait de draps il ne reste seulement que des ruines maintenant. » « Monsieur, J’aime a vous offrir ces cartes de Ypres parce que c’est la que les troupes canadiennes ont résisté a la garde prussienne. D’un ami. »   Les mois passent et les cartes postales envoyées au couple De Montigny se résument à des messages très courts sur sa santé et sur le temps qu’il fait. Les combats se poursuivent dans les tranchées en sol français. Le 22 décembre, Cantin et le corps expéditionnaire rentrent à Londres passer les vacances de Noël. Le soldat montréalais en profite pour envoyer quatre cartes postales. À Domina, il fait sa grande annonce : « Monsieur, j’ai l’honneur de vous dire que je suis nommé sergent maintenant alors j’ai porté trois galons que j’ai gagné sur la ligne de feu. » À Albina, il lui fait part en trois cartes postales de sa visite des endroits touristiques de Londres. « Madame, Je vous envoi quelque vues de Londres étant de passage ici. C’est une belle ville a visité. Aurevoir à bientôt. » « Madame, Je suis en bonne santé et j’espère que vous jouissez du même bonheur que moi ainsi que votre famille. Aurevoir a bientôt. » « Madame, Nous somme bien venu a Londres les canadiens qui reviennent de la ligne de feu. Aurevoir a bientôt. »...

    Jean-Baptiste Cantin et les De Montigny (2)

    Les attaques aux gaz ainsi que les conditions de vie dans les tranchées semblent avoir marqué Cantin au point de se demander si l’opinion publique de son pays s’indignera des horreurs de la guerre.

    Le 4 juillet, Cantin envoie quatre cartes postales, deux à De Montigny et deux autres à Albina. Celles-ci, en plus d’être très révélatrices de la relation amicale entre le couple et le soldat montréalais, nous montrent aussi la perception genrée de la guerre. Domina, l’homme, s’intéresse aux objets de guerre tandis que Albina, la femme, reçoit des cartes à connotation positive symbolisant le souvenir, l’amitié et l’espoir.

    « Monsieur, Je vous offre ces cartes sachant que vous portez beaucoup d’intérêts a la guerre. Ceci vous donne une aperçue après une bataille se sont les attelages des blessés et des morts. »
    « Monsieur, Celle-ci est une pièce de navire qui longe les côtes et dans les canaux. Il font un magnifique travail au dire des ingénieurs. »

     

     

     

     

     

     

     

    « Madame, Cette carte vous donne une idée des cimetières militaires qu’il y a eu en France et en Belgique. Il sont bien nombreux par malheur. Penser quelques fois aux vivants mais n’oublions jamais les morts. »
    « Madame, je vous offre cette carte comme reconnaissance vue que vous penser a moi dans mon exil. D’un soldat canadien. »
    Les attaques aux gaz ainsi que les conditions de vie dans les tranchées semblent avoir marqué Cantin au point de se demander si l’opinion publique de son pays s’indignera des horreurs de la guerre. Le 4 juillet, Cantin envoie quatre cartes postales, deux à De Montigny et deux autres à Albina. Celles-ci, en plus d'être très révélatrices de la relation amicale entre le couple et le soldat montréalais, nous montrent aussi la perception genrée de la guerre. Domina, l’homme, s’intéresse aux objets de guerre tandis que Albina, la femme, reçoit des cartes à connotation positive symbolisant le souvenir, l’amitié et l’espoir. « Monsieur, Je vous offre ces cartes sachant que vous portez beaucoup d’intérêts a la guerre. Ceci vous donne une aperçue après une bataille se sont les attelages des blessés et des morts. » « Monsieur, Celle-ci est une pièce de navire qui longe les côtes et dans les canaux. Il font un magnifique travail au dire des ingénieurs. »               « Madame, Cette carte vous donne une idée des cimetières militaires qu’il y a eu en France et en Belgique. Il sont bien nombreux par malheur. Penser quelques fois aux vivants mais n’oublions jamais les morts. » « Madame, je vous offre cette carte comme reconnaissance vue que vous penser a moi dans mon exil. D’un soldat canadien. »...

    En préparation…

    ...

    Jean-Baptiste Cantin et les De Montigny (1)

    Candidat à la maîtrise en histoire à l’Université de Montréal (UdeM), Antoine Simonato est membre du CA de la SHLM depuis quelques années.

     

    Domina De Montigny et Albina Guérin, quelques années après leur aventure au Klondike, décidèrent en 1907 d’acheter et de rénover l’Hôtel Martin (l’actuel 228 rue Sainte-Marie). Ils tinrent cet hôtel ouvert aux voyageurs et gens des environs jusqu’en 1922[1]. C’est durant cette période, à partir de 1915, que le couple De Montigny a entretenu une correspondance par cartes postales avec un certain Jean-Baptiste Cantin, un de leur ami montréalais qui se porta soldat volontaire dans les forces expéditionnaires canadiennes.

    C’est une courte partie de l’histoire de Jean-Baptiste Cantin qui sera racontée à travers la correspondance qu’a reçue le couple De Montigny. C’est aussi une histoire qui lie deux habitants de La Prairie au conflit sans précédent que fut la Première Guerre mondiale. Même s’il est souvent question d’histoire locale, celle-ci est interconnectée d’une manière ou d’une autre aux évènements ailleurs dans le monde.

    Qui est Jean-Baptiste Cantin?

    Jean-Baptiste Cantin naquit le 29 avril 1879 dans le village de Pointe-aux-Trembles, situé à l’extrémité est de l’île de Montréal. Selon son dossier du Corps expéditionnaire canadien[2], il s’est enrôlé le 22 septembre 1914 à l’âge de 35 ans. Il mesurait 1,75 mètre, avait les yeux bleus et les cheveux poivre et sel. Il fut affecté à l’unité du 14e bataillon des forces expéditionnaires canadiennes avec pour matricule 26175[3].

    Dans son dossier, il n’est mentionné que deux membres de sa famille immédiate, soit sa sœur Béatrice Tardif, à laquelle il lègue dans son testament tous ses avoirs s’il venait à mourir. Son autre sœur est Mme Joseph Marrn[4]. Célibataire, il occupait précédemment les emplois de jardinier et de cocher.

    1914

    Si l’on se fie à l’histoire du corps expéditionnaire canadien[5], bien que le Canada, en tant que dominion de l’Empire britannique, entra immédiatement en guerre en août 1914 contre les empires centraux dont l’Allemagne, le pays n’avait pas de force militaire prête à s’engager dans la Grande Guerre.

    C’est ainsi que le Canada proposa à l’Angleterre l’envoi de 25 000 hommes. 35 000 se portèrent volontaires, dont 30 617 composèrent le premier contingent[6].

    Jean-Baptiste Cantin fut l’un d’eux. Avec le corps expéditionnaire, il entreprit jusqu’en octobre, un entraînement rapide à la base militaire de Valcartier (Québec) pour ensuite être envoyé en Angleterre[7]. Cantin et le reste du corps expéditionnaire s’entraînèrent alors jusqu’à la fin janvier 1915 avant d’être envoyés en France où se déroulaient alors les combats du front de l’Ouest.

    1915

    Le 27 janvier 1915, le soldat montréalais envoya cette carte postale (voir au haut de cette page) à Domina De Montigny avec la note suivante:

    « Monsieur, Je crois que se sont les dernières nouvelles que je vous envoie sur le sol anglais. Nous somme en bonne santé. Nous partons pour la France le 1 février. J.B. Cantin »

    Celle-ci est la plus vieille carte postale de Cantin que la SHLM possède dans le fonds d’archives P20[8]. Cantin et le corps expéditionnaire canadien avaient alors terminé leur formation dans la zone d’entraînement militaire se trouvant sur la plaine de Salisbury, dans le sud-est de l’Angleterre.

    Il faudra attendre jusqu’au 30 avril avant que Cantin ne réécrive à De Montigny. Cette fois-ci, il s’agit d’une lettre envoyée à La Prairie par l’entremise du YMCA (Young Men’s Christian Association). Dans celle-ci, Cantin raconte sa blessure subie lors de la deuxième bataille d’Ypres, en Belgique :

    […] J’ai été blessé à l’épaule gauche et a la jambe droite a la hauteur de la cuisse. J’ai a vous dire que les obus des allemands sont dur car il u en a une qui a fait explosion pret de moi j’étais sur une hauteur et quand je me suis réveillé j’étais dans un fossé a plusieurs verges. Je suis encore souffrant du gaz que j’ai respiré les journeaux doivent vous en avoir parler avant moi.[9] […]

    En effet, la deuxième bataille d’Ypres a vu, pour la première fois de la guerre, l’utilisation d’armes chimiques[10] par les Allemands. Cantin et le corps expéditionnaire y subirent de graves blessures.

    Pendant le mois de mai, le soldat montréalais écrivit une autre lettre ainsi qu’une carte postale mettant au courant De Montigny de l’évolution de son séjour à l’hôpital.

    Cantin se remit de ses blessures le 10 juin et envoya une carte postale avec une question adressée à De Montigny : « Monsieur, […] quel est l’opinion de la guerre nous il suffit d’être aux tranchées pour ne rien connaitre. Écrire c’est notre seule satisfaction que nous avons dans les tranchées. Quand les obus ne nous inonde pas trop. […][11] »

    Note: Toutes les transcriptions sous les images sont exactes. Aucune correction orthographique ou grammaticale n’a été appliquée.

    ______________________________

    [1] Lucien Martin, La Prairie. Regard sur un passé glorieux. 2017, 41-51.

    [2] Bibliothèque et Archives Canada, Dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale, Recherche : base de données, Item : Cantin, John Baptiste (26175), https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/dossiers-personnel/Pages/item.aspx?IdNumber=86651

    [3] Idem.

    [4] Idem.

    [5] Stacey, C.P., « Corps expéditionnaire canadien ».  Dans l’Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié février 06, 2006; Dernière modification mars 29, 2020. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/corps-expeditionnaire-canadien

    [6] Idem.

    [7] Idem.

    [8] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM.

    [9] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM.

    [10] Roy, R.H., et Richard Foot, « Le Canada et la deuxième bataille d’Ypres ».  Dans l’Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié juillet 27, 2006; Dernière modification décembre 04, 2018. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/deuxieme-bataille-dypres

    [11] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM.

    Candidat à la maîtrise en histoire à l’Université de Montréal (UdeM), Antoine Simonato est membre du CA de la SHLM depuis quelques années.   Domina De Montigny et Albina Guérin, quelques années après leur aventure au Klondike, décidèrent en 1907 d’acheter et de rénover l’Hôtel Martin (l’actuel 228 rue Sainte-Marie). Ils tinrent cet hôtel ouvert aux voyageurs et gens des environs jusqu’en 1922[1]. C’est durant cette période, à partir de 1915, que le couple De Montigny a entretenu une correspondance par cartes postales avec un certain Jean-Baptiste Cantin, un de leur ami montréalais qui se porta soldat volontaire dans les forces expéditionnaires canadiennes. C’est une courte partie de l’histoire de Jean-Baptiste Cantin qui sera racontée à travers la correspondance qu’a reçue le couple De Montigny. C’est aussi une histoire qui lie deux habitants de La Prairie au conflit sans précédent que fut la Première Guerre mondiale. Même s’il est souvent question d’histoire locale, celle-ci est interconnectée d’une manière ou d’une autre aux évènements ailleurs dans le monde. Qui est Jean-Baptiste Cantin? Jean-Baptiste Cantin naquit le 29 avril 1879 dans le village de Pointe-aux-Trembles, situé à l’extrémité est de l’île de Montréal. Selon son dossier du Corps expéditionnaire canadien[2], il s’est enrôlé le 22 septembre 1914 à l’âge de 35 ans. Il mesurait 1,75 mètre, avait les yeux bleus et les cheveux poivre et sel. Il fut affecté à l’unité du 14e bataillon des forces expéditionnaires canadiennes avec pour matricule 26175[3]. Dans son dossier, il n’est mentionné que deux membres de sa famille immédiate, soit sa sœur Béatrice Tardif, à laquelle il lègue dans son testament tous ses avoirs s’il venait à mourir. Son autre sœur est Mme Joseph Marrn[4]. Célibataire, il occupait précédemment les emplois de jardinier et de cocher. 1914 Si l’on se fie à l’histoire du corps expéditionnaire canadien[5], bien que le Canada, en tant que dominion de l’Empire britannique, entra immédiatement en guerre en août 1914 contre les empires centraux dont l’Allemagne, le pays n’avait pas de force militaire prête à s’engager dans la Grande Guerre. C’est ainsi que le Canada proposa à l’Angleterre l’envoi de 25 000 hommes. 35 000 se portèrent volontaires, dont 30 617 composèrent le premier contingent[6]. Jean-Baptiste Cantin fut l’un d’eux. Avec le corps expéditionnaire, il entreprit jusqu’en octobre, un entraînement rapide à la base militaire de Valcartier (Québec) pour ensuite être envoyé en Angleterre[7]. Cantin et le reste du corps expéditionnaire s’entraînèrent alors jusqu’à la fin janvier 1915 avant d’être envoyés en France où se déroulaient alors les combats du front de l’Ouest. 1915 Le 27 janvier 1915, le soldat montréalais envoya cette carte postale (voir au haut de cette page) à Domina De Montigny avec la note suivante: « Monsieur, Je crois que se sont les dernières nouvelles que je vous envoie sur le sol anglais. Nous somme en bonne santé. Nous partons pour la France le 1 février. J.B. Cantin » Celle-ci est la plus vieille carte postale de Cantin que la SHLM possède dans le fonds d’archives P20[8]. Cantin et le corps expéditionnaire canadien avaient alors terminé leur formation dans la zone d’entraînement militaire se trouvant sur la plaine de Salisbury, dans le sud-est de l’Angleterre. Il faudra attendre jusqu'au 30 avril avant que Cantin ne réécrive à De Montigny. Cette fois-ci, il s’agit d’une lettre envoyée à La Prairie par l’entremise du YMCA (Young Men's Christian Association). Dans celle-ci, Cantin raconte sa blessure subie lors de la deuxième bataille d’Ypres, en Belgique : […] J’ai été blessé à l’épaule gauche et a la jambe droite a la hauteur de la cuisse. J’ai a vous dire que les obus des allemands sont dur car il u en a une qui a fait explosion pret de moi j’étais sur une hauteur et quand je me suis réveillé j’étais dans un fossé a plusieurs verges. Je suis encore souffrant du gaz que j’ai respiré les journeaux doivent vous en avoir parler avant moi.[9] […] En effet, la deuxième bataille d’Ypres a vu, pour la première fois de la guerre, l’utilisation d’armes chimiques[10] par les Allemands. Cantin et le corps expéditionnaire y subirent de graves blessures. Pendant le mois de mai, le soldat montréalais écrivit une autre lettre ainsi qu’une carte postale mettant au courant De Montigny de l’évolution de son séjour à l'hôpital. Cantin se remit de ses blessures le 10 juin et envoya une carte postale avec une question adressée à De Montigny : « Monsieur, […] quel est l’opinion de la guerre nous il suffit d’être aux tranchées pour ne rien connaitre. Écrire c’est notre seule satisfaction que nous avons dans les tranchées. Quand les obus ne nous inonde pas trop. […][11] » Note: Toutes les transcriptions sous les images sont exactes. Aucune correction orthographique ou grammaticale n’a été appliquée. ______________________________ [1] Lucien Martin, La Prairie. Regard sur un passé glorieux. 2017, 41-51. [2] Bibliothèque et Archives Canada, Dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale, Recherche : base de données, Item : Cantin, John Baptiste (26175), https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/dossiers-personnel/Pages/item.aspx?IdNumber=86651 [3] Idem. [4] Idem. [5] Stacey, C.P., « Corps expéditionnaire canadien ».  Dans l'Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié février 06, 2006; Dernière modification mars 29, 2020. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/corps-expeditionnaire-canadien [6] Idem. [7] Idem. [8] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM. [9] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM. [10] Roy, R.H., et Richard Foot, « Le Canada et la deuxième bataille d’Ypres ».  Dans l'Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié juillet 27, 2006; Dernière modification décembre 04, 2018. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/deuxieme-bataille-dypres [11] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM....

    Mot du président pour la nouvelle année

    En 2022, la SHLM soulignera les 50 ans de sa fondation. Hélas, au moment d’écrire ces quelques lignes, la situation avec la pandémie est plus qu’inquiétante, ce qui nous empêche de dresser la liste de nos activités ainsi que de nos événements à venir. Pourrons-nous reprendre nos conférences mensuelles en mode présentiel à partir du 18 janvier ? Nos locaux seront-ils fermés à moyen ou à long terme ?

    La plupart des activités en marge du 50e de la SHLM sont prévues entre la mi-juin et la mi-novembre. Cette période de l’année est la moins touchée par la contamination. Dès que nous serons fixés sur la suite des événements, nous pourrons produire un calendrier plus précis des animations planifiées afin de souligner cette année historique.

    Malgré un agenda difficile à prévoir, vous pouvez nous aider à remplir notre mission en posant un geste simple, mais combien important ; renouveler votre carte de membre au cours du mois de janvier.

    Bonne et heureuse année 2022

    Bonheur, prospérité et santé !

    Stéphane Tremblay

    Président

    En 2022, la SHLM soulignera les 50 ans de sa fondation. Hélas, au moment d’écrire ces quelques lignes, la situation avec la pandémie est plus qu’inquiétante, ce qui nous empêche de dresser la liste de nos activités ainsi que de nos événements à venir. Pourrons-nous reprendre nos conférences mensuelles en mode présentiel à partir du 18 janvier ? Nos locaux seront-ils fermés à moyen ou à long terme ? La plupart des activités en marge du 50e de la SHLM sont prévues entre la mi-juin et la mi-novembre. Cette période de l’année est la moins touchée par la contamination. Dès que nous serons fixés sur la suite des événements, nous pourrons produire un calendrier plus précis des animations planifiées afin de souligner cette année historique. Malgré un agenda difficile à prévoir, vous pouvez nous aider à remplir notre mission en posant un geste simple, mais combien important ; renouveler votre carte de membre au cours du mois de janvier. Bonne et heureuse année 2022 Bonheur, prospérité et santé ! Stéphane Tremblay Président...

    Chœur classique de La Prairie

    Dans le but de remercier la SHLM d’avoir participé à la gestion du piano du Sentier du Vieux-Fort l’été dernier, la Ville de La Prairie a offert aux bénévoles de la SHLM une paire de billets pour le concert du Choeur classique de La Prairie.

    Nous avons effectué un tirage le jeudi 25 novembre en présence de Caroline Laberge, Michel Daoust (nouveau membre) et Stéphane Tremblay. La gagnante est Mme Nicole Surprenant, bénévole à la vente de livres usagés d’octobre dernier.

    À cause des mesures sanitaires en vigueur, le concert, qui devait avoir lieu le 11 décembre, a dû être reporté au 12 mars 2022.

    Dans le but de remercier la SHLM d'avoir participé à la gestion du piano du Sentier du Vieux-Fort l’été dernier, la Ville de La Prairie a offert aux bénévoles de la SHLM une paire de billets pour le concert du Choeur classique de La Prairie. Nous avons effectué un tirage le jeudi 25 novembre en présence de Caroline Laberge, Michel Daoust (nouveau membre) et Stéphane Tremblay. La gagnante est Mme Nicole Surprenant, bénévole à la vente de livres usagés d'octobre dernier. À cause des mesures sanitaires en vigueur, le concert, qui devait avoir lieu le 11 décembre, a dû être reporté au 12 mars 2022....

    Renouvellement de la carte de membre

    Décembre c’est Noël, mais c’est aussi le temps de
    renouveler votre carte de membre de la SHLM !

    Si l’année 2021 a plutôt été tranquille en raison de la
    pandémie, l’année 2022 sera grouillante d’activités !

    Oui : en 2022 la SHLM fêtera ses 50 ans d’existence !

    Et plusieurs activités sont prévues tout au long de l’année afin de
    souligner ces 50 années de labeur bénévole !

    Les activités sont gratuites pour les membres comme vous le savez, alors pourquoi s’en passer ?

    • 40 $ abonnement individuel
    • 65 $ abonnement conjoint

    Vous pouvez renouveler votre adhésion de plusieurs façons:

    • sur notre site web à la page https://shlm.info/abonnement/
    • par chèque par la poste
    • par Interac en utilisant l’adresse courriel [email protected]
    • en passant à nos bureaux (chèque, débit, crédit, comptant).

     

    Passez le mot à votre entourage ! Défi recrutement lancé !

     

    Caroline Laberge, archiviste et directrice générale

    Décembre c'est Noël, mais c'est aussi le temps de renouveler votre carte de membre de la SHLM ! Si l'année 2021 a plutôt été tranquille en raison de la pandémie, l'année 2022 sera grouillante d'activités ! Oui : en 2022 la SHLM fêtera ses 50 ans d'existence ! Et plusieurs activités sont prévues tout au long de l'année afin de souligner ces 50 années de labeur bénévole ! Les activités sont gratuites pour les membres comme vous le savez, alors pourquoi s'en passer ? 40 $ abonnement individuel 65 $ abonnement conjoint Vous pouvez renouveler votre adhésion de plusieurs façons: sur notre site web à la page https://shlm.info/abonnement/ par chèque par la poste par Interac en utilisant l’adresse courriel [email protected] en passant à nos bureaux (chèque, débit, crédit, comptant).   Passez le mot à votre entourage ! Défi recrutement lancé !   Caroline Laberge, archiviste et directrice générale...

    Le ministère de la Culture sous la loupe

    La Maison Chevalier, dans le Vieux-Québec a fait les manchettes depuis sa vente par le musée de la civilisation à Gestion 1608, une filiale du Groupe Tanguay.

    De nombreux spécialistes s’opposaient fermement à la vente de ce bâtiment classé il y a 65 ans. Puis voilà que l’historien Luc Noppen tente de nous démontrer que la restauration de 1956 n’en fut pas vraiment une; les démolisseurs n’y seraient pas allés de main morte, l’architecte aurait confondu latrines et cheminées, etc. En conséquence, le bâtiment ne serait pas aussi « patrimonial » que certains le prétendent.

    Cette vente à la hâte n’est que le plus récent chapitre illustrant l’incapacité du ministère de la Culture et des Communications (MCC) de protéger les plus beaux joyaux de notre patrimoine bâti. Depuis quelques décennies et davantage récemment, le patrimoine québécois a subi des pertes irrécupérables. Que ce soit par indifférence, par ignorance, par mauvaise foi ou par manque de financement, les municipalités et les propriétaires privés laissent se détériorer des bâtiments exceptionnels qui autrement pourraient être récupérés. On démolit trop souvent sous de fallacieux prétextes.

    En 2012, la nouvelle loi sur le patrimoine culturel transférait aux municipalités des responsabilités en matière de gestion du patrimoine que ces dernières, faute d’expertise, d’encadrement et de financement, étaient incapables d’assumer correctement. Pour corriger cette situation, il faut absolument revoir la loi et les orientations du MCC.

    C’est dans ce sens qu’en juin 2020, le Vérificateur général du Québec présentait à l’Assemblée nationale un rapport sur les performances du ministère de la Culture et des Communications dont voici les principales conclusions :

    Il n’y a pas de stratégie d’intervention en matière de patrimoine immobilier, alors qu’une telle stratégie aiderait notamment le MCC à susciter l’adhésion collective et à résoudre des enjeux de sauvegarde qui existent depuis des décennies.

    Le MCC encadre peu les actions des municipalités, alors qu’elles sont des actrices incontournables en ce qui concerne la sauvegarde du patrimoine immobilier.

    Le MCC ne détient pas l’information qui lui permettrait de bien intervenir sur le patrimoine immobilier québécois.

    Le classement de biens patrimoniaux ne fait pas l’objet d’un traitement équitable et diligent par le MCC.

    Le MCC n’offre pas aux propriétaires d’immeubles patrimoniaux les outils et le soutien appropriés pour leur permettre de bien orienter leurs interventions et d’assurer la conservation de ces immeubles. (À La Prairie, grâce au programme d’aide à la restauration des bâtiments d’intérêt patrimonial et du site patrimonial, une aide financière substantielle a récemment été rendue disponible aux propriétaires de bâtiments anciens.)

    L’État ne fait pas preuve d’exemplarité en matière de sauvegarde et de valorisation du patrimoine immobilier. (Le cas de la bibliothèque Saint-Sulpice, classé monument historique en 1988, en est un exemple flagrant.)

    Malgré les multiples efforts d’un comité de sauvegarde, après cinq années d’intervention, le sort de la maison Brossard du chemin des Prairies à Brossard n’est toujours pas fixé. De plus, de nombreux propriétaires de maisons anciennes restaurées selon les règles ont de la difficulté à trouver preneur lorsqu’ils souhaitent s’en départir. Notre patrimoine bâti vit actuellement des heures sombres.

    La Maison Chevalier, dans le Vieux-Québec a fait les manchettes depuis sa vente par le musée de la civilisation à Gestion 1608, une filiale du Groupe Tanguay. De nombreux spécialistes s’opposaient fermement à la vente de ce bâtiment classé il y a 65 ans. Puis voilà que l’historien Luc Noppen tente de nous démontrer que la restauration de 1956 n’en fut pas vraiment une; les démolisseurs n’y seraient pas allés de main morte, l’architecte aurait confondu latrines et cheminées, etc. En conséquence, le bâtiment ne serait pas aussi « patrimonial » que certains le prétendent. Cette vente à la hâte n’est que le plus récent chapitre illustrant l’incapacité du ministère de la Culture et des Communications (MCC) de protéger les plus beaux joyaux de notre patrimoine bâti. Depuis quelques décennies et davantage récemment, le patrimoine québécois a subi des pertes irrécupérables. Que ce soit par indifférence, par ignorance, par mauvaise foi ou par manque de financement, les municipalités et les propriétaires privés laissent se détériorer des bâtiments exceptionnels qui autrement pourraient être récupérés. On démolit trop souvent sous de fallacieux prétextes. En 2012, la nouvelle loi sur le patrimoine culturel transférait aux municipalités des responsabilités en matière de gestion du patrimoine que ces dernières, faute d’expertise, d’encadrement et de financement, étaient incapables d’assumer correctement. Pour corriger cette situation, il faut absolument revoir la loi et les orientations du MCC. C’est dans ce sens qu’en juin 2020, le Vérificateur général du Québec présentait à l’Assemblée nationale un rapport sur les performances du ministère de la Culture et des Communications dont voici les principales conclusions : Il n’y a pas de stratégie d’intervention en matière de patrimoine immobilier, alors qu’une telle stratégie aiderait notamment le MCC à susciter l’adhésion collective et à résoudre des enjeux de sauvegarde qui existent depuis des décennies. Le MCC encadre peu les actions des municipalités, alors qu’elles sont des actrices incontournables en ce qui concerne la sauvegarde du patrimoine immobilier. Le MCC ne détient pas l’information qui lui permettrait de bien intervenir sur le patrimoine immobilier québécois. Le classement de biens patrimoniaux ne fait pas l’objet d’un traitement équitable et diligent par le MCC. Le MCC n’offre pas aux propriétaires d’immeubles patrimoniaux les outils et le soutien appropriés pour leur permettre de bien orienter leurs interventions et d’assurer la conservation de ces immeubles. (À La Prairie, grâce au programme d’aide à la restauration des bâtiments d’intérêt patrimonial et du site patrimonial, une aide financière substantielle a récemment été rendue disponible aux propriétaires de bâtiments anciens.) L’État ne fait pas preuve d’exemplarité en matière de sauvegarde et de valorisation du patrimoine immobilier. (Le cas de la bibliothèque Saint-Sulpice, classé monument historique en 1988, en est un exemple flagrant.) Malgré les multiples efforts d’un comité de sauvegarde, après cinq années d’intervention, le sort de la maison Brossard du chemin des Prairies à Brossard n’est toujours pas fixé. De plus, de nombreux propriétaires de maisons anciennes restaurées selon les règles ont de la difficulté à trouver preneur lorsqu’ils souhaitent s’en départir. Notre patrimoine bâti vit actuellement des heures sombres....