Sélection d'une édition

    Généalogie de Lucien Lefrançois

    Lucien C. Lefrançois

    Germain Charron

    Mont Saint-Grégoire

    26 novembre 1938

    Hormisdas Charron

    Eugénie Auclair

    François Lefrançois

    Éva Collette

    Saint-Dominique, cté de Bagot

    09 juillet 1917

    Auguste Collette

    Hermine Duchesneau

    Joseph Lefrançois

    Mathilde Desjardins

    Sainte-Félicité de Matane

    20 avril 1874

    Jean Desjardins

    Marie Bérubé

    Joseph Lefrançois

    Marie Gagné

    Saint-Germain de Rimouski

    13 août 1831

    Joseph Gagné

    Marie Paré

    Ignace Lefrançois

    Rosalie Gravel

    Château-Richer

    8 novembre 1785

    Ignace Gravel

    Agnès Gagnon

    Louis Lefrançois

    Louise dite Geneviève Cloutier

    Château-Richer

    15 novembre 1751

    Louis Cloutier

    Geneviève Chaplain

    Charles Le François

    Véronique Quentin

    Ange-Gardien

    11 janvier 1722

    Louis Quentin

    Marie Mathieu

    Joseph Lefrançois

    Anne-Cécile Caron

    Sainte-Anne de Beaupré

    20 janvier 1698

    Robert Caron

    Marguerite Cloutier

    Charles Le François

    Marie-Madeleine Triot

    Notre-Dame de Québec

    10 septembre 1658

    Jacques Triot

    Catherine Guichart

    Charles Le François

    Suzanne Montigny

    De Saint-Pierre de Muchedent, arrondissement de Dieppe, archevêché de Rouen, Normandie (France)

     

    Lucien C. Le François

    Notre ami Lucien, qui se définit comme un guide touristique de Saint-Hyacinthe, a vu le jour sur les rives de la rivière Richelieu, à McMasterville, face au Mont Beloeil, le 17 juillet 1918. Son père travaille à la Poudrière « C. I. L. » de Beloeil. La famille s'installe à Saint-Hyacinthe à partir de 1923. Après s'être retire des affaires, Lucien continue de cultiver son amour pour l'histoire et la généalogie. Il est membre de dix sociétés d'histoire de la région et des deux principales sociétés généalogiques du Québec.

    Charles Le François (1626-1700)

    Originaire de Muchedent, arrondissement de Dieppe, en pleine Normandie, et fils do Charles François et de Suzanne Montigny, Charles Le François débarquait en Nouvelle-France, en 1650, à l'âge de 24 ans. Il épouse à Québec une Parisienne de 19 ans.

    Sur la côte de Beaupré, comprise entre la rivière Montmorency et la rivière du Petit-Pré « ou Lotinville », l'ancêtre acheta trois arpents de terre, longeant le fleuve Saint-Laurent, avec droits de chasse et de pêche. Il défricha son terrain et s'y construisit une maison de pierre. Son épouse lui donna ses trois premiers enfants à cet endroit. Après quatre ans de séjour, le 29 août 1663, il vendit sa propriété au sieur de Chastillon, au prix de 1 150 livres tournois. Il ne put assister à la fondation officielle de la paroisse l'Ange-Gardien « ou se trouvait son premier terrain », qui se détacha de la paroisse de Château-Richer, en 1664.

    La veuve de Pierre Le Gardeur lui vendit en 1667 un lopin de terre de trois arpents et cinq perches à Château-Richer sur la rive du fleuve. L'année suivante, il acquit une nouvelle propriété de 5 ½ arpents de front sur une 1 ½ lieue de profondeur, à une distance de 6 arpents de la rivière Petit-Pré. Il y demeura jusqu'à la fin de ses jours. Au recensement royal de 1681 l'ancêtre possédait 20 arpents de terre, 100 enfants, 2 fusils, 1 cheval, et 14 bêtes à cornes.

    De 1666 à 1700 il occupa diverses professions pour la Côte de Beaupré et le fief de l'Ange-Gardien; les seigneurs et sénéchaux de la région choisirent Charles comme estimateur de possessions mobilières des habitants, contrôleur des exécuteurs testamentaires, et médiateur pour les querelles de toutes sortes. On reconnaissait ainsi son impartialité et son sens de la justice.

    Fait remarquable

    De génération en génération il y a toujours un Lefrançois arpenteur depuis te régime français de 1732 à nos jours. Huit arpenteurs se sont succédé. 1732, Charles Le François à Ange-Gardien, arpenteur juré royal

    1749, Charles Le François fils à Ange-Gardien, arpenteur juré royal

    1823, Nicolas Le François à Ange-Gardien, arpenteur géomètre

    1848, Nicolas Venant Lefrançois à Ange-Gardien, arpenteur géomètre

    1856, Pierre Octave Lefrançois à Ange-Gardien, arpenteur géomètre

    1882, J. M. Émile Lefrançois à Québec, arpenteur géomètre

    1962, Marc Lefrançois à Ange-Gardien, arpenteur géomètre

    1979, Lefrançois et Lefrançois et Nault à Beauport, arpenteur géomètre

    Lucien C. Lefrançois Germain Charron Mont Saint-Grégoire 26 novembre 1938 Hormisdas Charron Eugénie Auclair François Lefrançois Éva Collette Saint-Dominique, cté de Bagot 09 juillet 1917 Auguste Collette Hermine Duchesneau Joseph Lefrançois Mathilde Desjardins Sainte-Félicité de Matane 20 avril 1874 Jean Desjardins Marie Bérubé Joseph Lefrançois Marie Gagné Saint-Germain de Rimouski 13 août 1831 Joseph Gagné Marie Paré Ignace Lefrançois Rosalie Gravel Château-Richer 8 novembre 1785 Ignace Gravel Agnès Gagnon Louis Lefrançois Louise dite Geneviève Cloutier Château-Richer 15 novembre 1751 Louis Cloutier Geneviève Chaplain Charles Le François Véronique Quentin Ange-Gardien 11 janvier 1722 Louis Quentin Marie Mathieu Joseph Lefrançois Anne-Cécile Caron Sainte-Anne de Beaupré 20 janvier 1698 Robert Caron Marguerite Cloutier Charles Le François Marie-Madeleine Triot Notre-Dame de Québec 10 septembre 1658 Jacques Triot Catherine Guichart Charles Le François Suzanne Montigny De Saint-Pierre de Muchedent, arrondissement de Dieppe, archevêché de Rouen, Normandie (France)   Lucien C. Le François Notre ami Lucien, qui se définit comme un guide touristique de Saint-Hyacinthe, a vu le jour sur les rives de la rivière Richelieu, à McMasterville, face au Mont Beloeil, le 17 juillet 1918. Son père travaille à la Poudrière « C. I. L. » de Beloeil. La famille s'installe à Saint-Hyacinthe à partir de 1923. Après s'être retire des affaires, Lucien continue de cultiver son amour pour l'histoire et la généalogie. Il est membre de dix sociétés d'histoire de la région et des deux principales sociétés généalogiques du Québec. Charles Le François (1626-1700) Originaire de Muchedent, arrondissement de Dieppe, en pleine Normandie, et fils do Charles François et de Suzanne Montigny, Charles Le François débarquait en Nouvelle-France, en 1650, à l'âge de 24 ans. Il épouse à Québec une Parisienne de 19 ans. Sur la côte de Beaupré, comprise entre la rivière Montmorency et la rivière du Petit-Pré « ou Lotinville », l'ancêtre acheta trois arpents de terre, longeant le fleuve Saint-Laurent, avec droits de chasse et de pêche. Il défricha son terrain et s'y construisit une maison de pierre. Son épouse lui donna ses trois premiers enfants à cet endroit. Après quatre ans de séjour, le 29 août 1663, il vendit sa propriété au sieur de Chastillon, au prix de 1 150 livres tournois. Il ne put assister à la fondation officielle de la paroisse l'Ange-Gardien « ou se trouvait son premier terrain », qui se détacha de la paroisse de Château-Richer, en 1664. La veuve de Pierre Le Gardeur lui vendit en 1667 un lopin de terre de trois arpents et cinq perches à Château-Richer sur la rive du fleuve. L'année suivante, il acquit une nouvelle propriété de 5 ½ arpents de front sur une 1 ½ lieue de profondeur, à une distance de 6 arpents de la rivière Petit-Pré. Il y demeura jusqu'à la fin de ses jours. Au recensement royal de 1681 l'ancêtre possédait 20 arpents de terre, 100 enfants, 2 fusils, 1 cheval, et 14 bêtes à cornes. De 1666 à 1700 il occupa diverses professions pour la Côte de Beaupré et le fief de l'Ange-Gardien; les seigneurs et sénéchaux de la région choisirent Charles comme estimateur de possessions mobilières des habitants, contrôleur des exécuteurs testamentaires, et médiateur pour les querelles de toutes sortes. On reconnaissait ainsi son impartialité et son sens de la justice. Fait remarquable De génération en génération il y a toujours un Lefrançois arpenteur depuis te régime français de 1732 à nos jours. Huit arpenteurs se sont succédé. 1732, Charles Le François à Ange-Gardien, arpenteur juré royal 1749, Charles Le François fils à Ange-Gardien, arpenteur juré royal 1823, Nicolas Le François à Ange-Gardien, arpenteur géomètre 1848, Nicolas Venant Lefrançois à Ange-Gardien, arpenteur géomètre 1856, Pierre Octave Lefrançois à Ange-Gardien, arpenteur géomètre 1882, J. M. Émile Lefrançois à Québec, arpenteur géomètre 1962, Marc Lefrançois à Ange-Gardien, arpenteur géomètre 1979, Lefrançois et Lefrançois et Nault à Beauport, arpenteur géomètre...

    L’école du Fort-Neuf

    Pour vous préparer à l'exposition qui aura lieu à la SHLM cet été qui porte sur les écoles des f.i.c. à La Prairie, nous vous offrons quelques textes inédits d'un père qui relate à ses enfants ses souvenirs d'écolier dans les années 1930.

    L'ÉCOLE DU FORT-NEUF

    En ce temps-là, il y avait aussi l'école. J'ai commencé à la fréquenter en septembre 1931, inscrit au cours préparatoire à l'école du Fort-Neuf. Il n'y avait dans cette école que ce cours et la première année, du moins pour les garçons. Je sais que plus tard il y eut dans le bâtiment agrandi plusieurs classes de filles, mais j'ignore s'il en était ainsi au moment où j'y étais. On allait à l'école toute la journée en cours préparatoire, et sans doute que l'approche pédagogique y différait un peu d'une classe maternelle. Les enseignants étaient des Frères de l'Instruction Chrétienne, et j'ai toujours retenu le nom de celui qui avait charge du cours préparatoire, le frère Anatolius. La photo de classe d'alors, que j'ai conservée, le montre comme un homme près de la cinquantaine, bien bâti, inspirant le respect mais qui paraissait sympathique.

    Je fis aussi ma première année à cet endroit. Je crois que j'étais un bon élève, apprécié de ses maîtres et dont ses parents étaient fiers. Je n'ai que deux souvenirs en rapport avec ces deux années scolaires. Le premier vient peut-être du fait que mes parents en reparlaient en se moquant un peu pour souligner un petit trait de caractère. À cette époque, il était coutume en s'adressant à des religieux d'utiliser des formules de respect dont comme enfants nous ne saisissions pas vraiment le sens et que nous répétions comme nous les avions entendues. En adressant la parole au frère pour lui demander quelque chose, par exemple, on devait dire « Révérend frère ». J'avais dû mal entendre ce mot pour moi sans signification et comme je le répétais habituellement automatiquement en parlant plutôt vite, je disais « orange frère » au lieu « révérend frère ». Le plus surprenant est que j'ai dû faire cette substitution maintes et maintes fois sans que personne ne me reprenne. Lors de notre voyage en Gaspésie, j'eus le désir d'envoyer une carte postale au frère Anatolius, une carte évidemment écrite de ma main. M'adressant au frère je commence mon message par : « Orange frère ». Mon père me relisant pour m'aider à corriger des fautes possibles me fait remarquer que ce n’est pas orange mais bien révérend qu'il faut écrire. Je n'en veux rien croire, qu'est-ce qu'il en sait lui, ce n’est pas lui qui va à l’école et puis moi c'est toujours ça que j'ai dit et le frère en question, lui, a toujours approuvé. Paraît que j'en fis une scène et que je ne voulus jamais en démordre et que finalement la fameuse carte postale ne fut jamais mise à la poste, du moins pas à ma connaissance. Si elle le fut avec altérations, je n'en sus jamais rien. Cet incident montre que j'étais capable de persistance et même d'un certain entêtement quand je le jugeais à propos. Je reconnus cependant plus tard de façon implicite cette erreur de jeunesse en rajustant mon tir verbal tant à l'oral qu'à l'écrit et il est évident que sans avouer quelque honte que ce fut je me mis à l’écoute des gens d'expérience avec plus d'attention.

    L’autre souvenir que j'ai gardé en mémoire est un événement cosmique survenu en une fin d'après-midi, possiblement de septembre, sur le chemin du retour de l’école. L'école n'était qu'à deux ou trois rues de chez nous et comme la plupart des enfants quand il fait beau j'avais plaisir à m'attarder sur le chemin du retour en m'amusant avec les amis. La chose était courante et, je pense, bien tolérée de ma mère quand l'arrivée à la maison n'était pas exagérément distante du moment de la fin des cours. Trop de retard entraînait des remarques et possiblement des réprimandes. Ce jour-là, je ne me hâtais donc pas particulièrement; il faisait beau et il n'y avait aucun signe d'orage pouvant laisser présager que le ciel pourrait s'assombrir. Cependant, c'est effectivement ce qu'il advint. Au cours de mon jeu, je réalisai tout à coup qu'il faisait sombre comme si ayant oublié le temps ou en ayant sauté un bout je me retrouvais au début de la soirée et donc très en retard pour rentrer à la maison. Est-ce qu'alors je pris mes jambes à mon cou pour rentrer à la maison au plus tôt? Ou bien ai-je tenté avec mes compagnons de comprendre ce qui se passait? Ai-je regardé le ciel pour voir ce qui arrivait au soleil? Je n'ai nul souvenir du processus que j'ai employé pour résoudre ce problème complexe et qui finit par se résoudre de lui-même quand la lune ayant terminé son passage devant le soleil l'ombre de ce soir artificiel disparut ramenant la conscience du temps à son état naturel.

    Pour vous préparer à l'exposition qui aura lieu à la SHLM cet été qui porte sur les écoles des f.i.c. à La Prairie, nous vous offrons quelques textes inédits d'un père qui relate à ses enfants ses souvenirs d'écolier dans les années 1930. L'ÉCOLE DU FORT-NEUF En ce temps-là, il y avait aussi l'école. J'ai commencé à la fréquenter en septembre 1931, inscrit au cours préparatoire à l'école du Fort-Neuf. Il n'y avait dans cette école que ce cours et la première année, du moins pour les garçons. Je sais que plus tard il y eut dans le bâtiment agrandi plusieurs classes de filles, mais j'ignore s'il en était ainsi au moment où j'y étais. On allait à l'école toute la journée en cours préparatoire, et sans doute que l'approche pédagogique y différait un peu d'une classe maternelle. Les enseignants étaient des Frères de l'Instruction Chrétienne, et j'ai toujours retenu le nom de celui qui avait charge du cours préparatoire, le frère Anatolius. La photo de classe d'alors, que j'ai conservée, le montre comme un homme près de la cinquantaine, bien bâti, inspirant le respect mais qui paraissait sympathique. Je fis aussi ma première année à cet endroit. Je crois que j'étais un bon élève, apprécié de ses maîtres et dont ses parents étaient fiers. Je n'ai que deux souvenirs en rapport avec ces deux années scolaires. Le premier vient peut-être du fait que mes parents en reparlaient en se moquant un peu pour souligner un petit trait de caractère. À cette époque, il était coutume en s'adressant à des religieux d'utiliser des formules de respect dont comme enfants nous ne saisissions pas vraiment le sens et que nous répétions comme nous les avions entendues. En adressant la parole au frère pour lui demander quelque chose, par exemple, on devait dire « Révérend frère ». J'avais dû mal entendre ce mot pour moi sans signification et comme je le répétais habituellement automatiquement en parlant plutôt vite, je disais « orange frère » au lieu « révérend frère ». Le plus surprenant est que j'ai dû faire cette substitution maintes et maintes fois sans que personne ne me reprenne. Lors de notre voyage en Gaspésie, j'eus le désir d'envoyer une carte postale au frère Anatolius, une carte évidemment écrite de ma main. M'adressant au frère je commence mon message par : « Orange frère ». Mon père me relisant pour m'aider à corriger des fautes possibles me fait remarquer que ce n’est pas orange mais bien révérend qu'il faut écrire. Je n'en veux rien croire, qu'est-ce qu'il en sait lui, ce n’est pas lui qui va à l’école et puis moi c'est toujours ça que j'ai dit et le frère en question, lui, a toujours approuvé. Paraît que j'en fis une scène et que je ne voulus jamais en démordre et que finalement la fameuse carte postale ne fut jamais mise à la poste, du moins pas à ma connaissance. Si elle le fut avec altérations, je n'en sus jamais rien. Cet incident montre que j'étais capable de persistance et même d'un certain entêtement quand je le jugeais à propos. Je reconnus cependant plus tard de façon implicite cette erreur de jeunesse en rajustant mon tir verbal tant à l'oral qu'à l'écrit et il est évident que sans avouer quelque honte que ce fut je me mis à l’écoute des gens d'expérience avec plus d'attention. L’autre souvenir que j'ai gardé en mémoire est un événement cosmique survenu en une fin d'après-midi, possiblement de septembre, sur le chemin du retour de l’école. L'école n'était qu'à deux ou trois rues de chez nous et comme la plupart des enfants quand il fait beau j'avais plaisir à m'attarder sur le chemin du retour en m'amusant avec les amis. La chose était courante et, je pense, bien tolérée de ma mère quand l'arrivée à la maison n'était pas exagérément distante du moment de la fin des cours. Trop de retard entraînait des remarques et possiblement des réprimandes. Ce jour-là, je ne me hâtais donc pas particulièrement; il faisait beau et il n'y avait aucun signe d'orage pouvant laisser présager que le ciel pourrait s'assombrir. Cependant, c'est effectivement ce qu'il advint. Au cours de mon jeu, je réalisai tout à coup qu'il faisait sombre comme si ayant oublié le temps ou en ayant sauté un bout je me retrouvais au début de la soirée et donc très en retard pour rentrer à la maison. Est-ce qu'alors je pris mes jambes à mon cou pour rentrer à la maison au plus tôt? Ou bien ai-je tenté avec mes compagnons de comprendre ce qui se passait? Ai-je regardé le ciel pour voir ce qui arrivait au soleil? Je n'ai nul souvenir du processus que j'ai employé pour résoudre ce problème complexe et qui finit par se résoudre de lui-même quand la lune ayant terminé son passage devant le soleil l'ombre de ce soir artificiel disparut ramenant la conscience du temps à son état naturel....

    L’Académie Saint-Joseph : Ti-Gris

    Avec la deuxième année a lieu le changement obligatoire d'école et l'admission à I'Académie Saint-Joseph sur la rue Saint-Ignace au Vieux-Fort. C'est aussi le souvenir, celui-là bien net, du frère Bruno, dit Ti-Gris, un Breton à n'en pas douter élevé au bord de la mer et qui dut passer son enfance à hurler de toutes ses forces face aux vents et marées affrontés sur les plages de son pays natal. Je déduis cet aspect de son histoire personnelle du fait que Ti-Gris enseignait plus en criant qu'en parlant. Et il ne s'agit pas là de la simple impression subjective d'un enfant comme en ont fait foi plusieurs témoins auditifs dont les élèves du couvent local rapportant que leur professeur devait parfois fermer les fenêtres de leur classe parce que les vociférations de Ti-Gris les dérangeaient et les empêchaient d'entendre ce qu'elle leur disait. Et le couvent, situé à côté de l'église, était à un bon pâté de maison de l'Académie. Les frères de l’Instruction Chrétienne étaient arrivés au Québec en 1888 et il en vint d'autres de France par la suite jusqu'à ce que la relève locale devienne suffisante pour satisfaire aux besoins. Le cri faisait-il partie des attitudes pédagogiques normales de ces enseignants de la vieille France? Difficile à dire.

    Ti-Gris avait aussi avait aussi d'autres méthodes pédagogiques qui semblaient lui être propres. Ainsi, il enseignait la lecture autant par les mains que par les yeux. Cela se passait de la manière suivante. Chaque matin le test de lecture s'effectuait par groupe d'une dizaine d'élèves. Ces dix élèves se plaçaient les uns à côté des autres en une rangée face au tableau noir à l'avant de la classe. À tour de rôle chacun devait lire une ou peut-être plusieurs phrases écrites au tableau. On commençait par l'élève à gauche de la rangée, Ti-Gris lui-même placé à la gauche de cet élève une strappe à la main. Si l'élève passait bien le test de lecture il retournait à sa place sans plus. Si le test était raté, il était de mise de tendre la main pour que Ti-Gris la réchauffe avec sa strappe. Certains demeuraient réticents à s'offrir spontanément au supplice. Mal leur en prenait car le révérend frère leur empoignait alors le poignet et redoublait de coups pédagogiques. Je ne sais si c'est à cause de mes dispositions naturelles à l'apprentissage de la lecture ou par crainte de la douleur physique, toujours est-il que je n'ai pas souvent « mangé » de la strappe à Ti-Gris… Certains qui y goûtaient souvent s'avérèrent peu friands de la mesure et décidèrent de faire quelque chose à ce propos. On planifia l'enlèvement de la strappe et c'est Ti-Zoune Champagne qui accomplit l’exploit. Il fut en effet assez courageux pour s'introduire dans la classe et cela sans être vu à un moment où l'école devait être vide de tous ses élèves. La strappe fut brûlée aux pieds des remparts près du neuve non loin de l’école et ce en présence de nombreux témoins. El le plus beau de celle histoire c'est que personne ne vendit jamais la mèche et que malgré ses recherches Ti-Gris ne parvint jamais à savoir cc qu'il était advenu de son martinet. Comme quoi même de jeunes enfants peuvent faire preuve d'une grande solidarité face à l'abus de pouvoir.

    ***

    Par beau temps on jouait dehors. Le drapeau était le sport de compétition d'équipe favori quand l'état du sol le permettait. L'hiver on jouait sur la patinoire ou on glissait sur la magnifique glissoire que les frères aménageaient dans la descente qui menait au fleuve, entre les remparts, près de la cour.

    Avec la deuxième année a lieu le changement obligatoire d'école et l'admission à I'Académie Saint-Joseph sur la rue Saint-Ignace au Vieux-Fort. C'est aussi le souvenir, celui-là bien net, du frère Bruno, dit Ti-Gris, un Breton à n'en pas douter élevé au bord de la mer et qui dut passer son enfance à hurler de toutes ses forces face aux vents et marées affrontés sur les plages de son pays natal. Je déduis cet aspect de son histoire personnelle du fait que Ti-Gris enseignait plus en criant qu'en parlant. Et il ne s'agit pas là de la simple impression subjective d'un enfant comme en ont fait foi plusieurs témoins auditifs dont les élèves du couvent local rapportant que leur professeur devait parfois fermer les fenêtres de leur classe parce que les vociférations de Ti-Gris les dérangeaient et les empêchaient d'entendre ce qu'elle leur disait. Et le couvent, situé à côté de l'église, était à un bon pâté de maison de l'Académie. Les frères de l’Instruction Chrétienne étaient arrivés au Québec en 1888 et il en vint d'autres de France par la suite jusqu'à ce que la relève locale devienne suffisante pour satisfaire aux besoins. Le cri faisait-il partie des attitudes pédagogiques normales de ces enseignants de la vieille France? Difficile à dire. Ti-Gris avait aussi avait aussi d'autres méthodes pédagogiques qui semblaient lui être propres. Ainsi, il enseignait la lecture autant par les mains que par les yeux. Cela se passait de la manière suivante. Chaque matin le test de lecture s'effectuait par groupe d'une dizaine d'élèves. Ces dix élèves se plaçaient les uns à côté des autres en une rangée face au tableau noir à l'avant de la classe. À tour de rôle chacun devait lire une ou peut-être plusieurs phrases écrites au tableau. On commençait par l'élève à gauche de la rangée, Ti-Gris lui-même placé à la gauche de cet élève une strappe à la main. Si l'élève passait bien le test de lecture il retournait à sa place sans plus. Si le test était raté, il était de mise de tendre la main pour que Ti-Gris la réchauffe avec sa strappe. Certains demeuraient réticents à s'offrir spontanément au supplice. Mal leur en prenait car le révérend frère leur empoignait alors le poignet et redoublait de coups pédagogiques. Je ne sais si c'est à cause de mes dispositions naturelles à l'apprentissage de la lecture ou par crainte de la douleur physique, toujours est-il que je n'ai pas souvent « mangé » de la strappe à Ti-Gris... Certains qui y goûtaient souvent s'avérèrent peu friands de la mesure et décidèrent de faire quelque chose à ce propos. On planifia l'enlèvement de la strappe et c'est Ti-Zoune Champagne qui accomplit l’exploit. Il fut en effet assez courageux pour s'introduire dans la classe et cela sans être vu à un moment où l'école devait être vide de tous ses élèves. La strappe fut brûlée aux pieds des remparts près du neuve non loin de l’école et ce en présence de nombreux témoins. El le plus beau de celle histoire c'est que personne ne vendit jamais la mèche et que malgré ses recherches Ti-Gris ne parvint jamais à savoir cc qu'il était advenu de son martinet. Comme quoi même de jeunes enfants peuvent faire preuve d'une grande solidarité face à l'abus de pouvoir. *** Par beau temps on jouait dehors. Le drapeau était le sport de compétition d'équipe favori quand l'état du sol le permettait. L'hiver on jouait sur la patinoire ou on glissait sur la magnifique glissoire que les frères aménageaient dans la descente qui menait au fleuve, entre les remparts, près de la cour....

    Les résidents de La Prairie dans le Bas-Canada du début du 19e siècle et le transport au 20e siècle

    Les résidents de La Prairie ne vivent pas dans un vase clos. Ils participent aux grands changements qu’apporte le Régime anglais après la Conquête de 1760. Les idées circulent, l’économie est stimulée par l’arrivée des nouveaux venus anglophones.

    Après 1760, les administrateurs français retournent dans leur mère-patrie et certains membres de « l’élite » préfèrent quitter en emportant avec eux leur bourse bien garnie.

    Les échanges commerciaux et autres se font tout naturellement avec les colonies du Sud qui partagent la même langue et les mêmes traditions.

    C'est dans ce contexte qu'il faut situer les transports. John Molson bâtit des bateaux-vapeur qui font la navette Montréal–La Prairie à partir de 1809. La locomotive-vapeur a son point de départ de La Prairie à partir de 1836; arrivés à Saint-Jean-sur-Richelieu passagers et marchandises mettent le cap sur New-York en empruntant les voies d'eau successives.

    Un accès direct vers la métropole par train sera possible à partir de 1860, lors de l'inauguration du Pont Victoria. Le tronçon de voie ferrée menant au quai de l'Aigle à La Prairie a déjà perdu sa raison d'être. Cependant le train était néanmoins voué à une expansion rapide. Dans son discours de 1836, Peter McGill entrevoyait déjà la construction du transcontinental. Selon lui, il fallait s'approprier et occuper le pays neuf d'est en ouest.

    La Seigneurie de La Prairie voit naître des paroisses, la population s'accroît, les voies ferrées quadrillent lentement les terres et facilitent transport et communications. Le transport terrestre prend son essor au début du XXe siècle. En 1932 se construit le boulevard Taschereau qui traverse la campagne de La Prairie avant la naissance de Brossard.

    La Prairie élargit ses espaces résidentiels et, de sa banlieue, partent vers Montréal les nombreuses personnes qui y ont leur lieu de travail. Le nombre d'automobiles et de camions circulant sur les routes augmente rapidement et les autoroutes nouvelles vivent quotidiennement des problèmes de surcharge. La traversée des ponts ralentit considérablement le flot des véhicules.

    Est-ce la logique du retour des choses, la MRC Roussillon a inscrit dans ses projets de recherche le retour au transport des passagers par train via Montréal avec arrêt à La Prairie. Les voies ferrées existent encore et sont en usage pour le transport des marchandises. Ici s'arrête l’histoire, le passé. Verrons-nous les trains de passagers véhiculer en grand nombre les résidents de La Prairie vers la métropole? Quelle solution sera alors adoptée pour le passage à niveau du chemin Saint-Jean à la hauteur de la rue du Maire?

    Les résidents de La Prairie ne vivent pas dans un vase clos. Ils participent aux grands changements qu’apporte le Régime anglais après la Conquête de 1760. Les idées circulent, l’économie est stimulée par l’arrivée des nouveaux venus anglophones. Après 1760, les administrateurs français retournent dans leur mère-patrie et certains membres de « l’élite » préfèrent quitter en emportant avec eux leur bourse bien garnie. Les échanges commerciaux et autres se font tout naturellement avec les colonies du Sud qui partagent la même langue et les mêmes traditions. C'est dans ce contexte qu'il faut situer les transports. John Molson bâtit des bateaux-vapeur qui font la navette Montréal–La Prairie à partir de 1809. La locomotive-vapeur a son point de départ de La Prairie à partir de 1836; arrivés à Saint-Jean-sur-Richelieu passagers et marchandises mettent le cap sur New-York en empruntant les voies d'eau successives. Un accès direct vers la métropole par train sera possible à partir de 1860, lors de l'inauguration du Pont Victoria. Le tronçon de voie ferrée menant au quai de l'Aigle à La Prairie a déjà perdu sa raison d'être. Cependant le train était néanmoins voué à une expansion rapide. Dans son discours de 1836, Peter McGill entrevoyait déjà la construction du transcontinental. Selon lui, il fallait s'approprier et occuper le pays neuf d'est en ouest. La Seigneurie de La Prairie voit naître des paroisses, la population s'accroît, les voies ferrées quadrillent lentement les terres et facilitent transport et communications. Le transport terrestre prend son essor au début du XXe siècle. En 1932 se construit le boulevard Taschereau qui traverse la campagne de La Prairie avant la naissance de Brossard. La Prairie élargit ses espaces résidentiels et, de sa banlieue, partent vers Montréal les nombreuses personnes qui y ont leur lieu de travail. Le nombre d'automobiles et de camions circulant sur les routes augmente rapidement et les autoroutes nouvelles vivent quotidiennement des problèmes de surcharge. La traversée des ponts ralentit considérablement le flot des véhicules. Est-ce la logique du retour des choses, la MRC Roussillon a inscrit dans ses projets de recherche le retour au transport des passagers par train via Montréal avec arrêt à La Prairie. Les voies ferrées existent encore et sont en usage pour le transport des marchandises. Ici s'arrête l’histoire, le passé. Verrons-nous les trains de passagers véhiculer en grand nombre les résidents de La Prairie vers la métropole? Quelle solution sera alors adoptée pour le passage à niveau du chemin Saint-Jean à la hauteur de la rue du Maire?...

    Décès de Mme Jeanne-d’Arc Moquin-Juteau

    Décès de Mme Jeanne-d’Arc Moquin-Juteau le 20 avril 1996. Jeanne-d'Arc participait aux activités de la SHLM depuis 1972, année de la fondation. Elle a siégé au Conseil général de la Société et s'est impliquée dans plusieurs projets. Elle a dirigé le groupe des Aînés dans le cadre du projet Nouveaux Horizons, a participé aux recherches dans le Fonds des Jésuites. Elle travaillait au local de la SHLM tous les mardis à la classification des notices chronologiques dans le Fonds La Prairie d'hier à aujourd'hui. Depuis peu, l'index généalogique de ce Fonds a été complété. Ce nouvel outil de recherche lui a également demandé de nombreuses heures de travail à sa résidence.

    Décès de Mme Jeanne-d’Arc Moquin-Juteau le 20 avril 1996. Jeanne-d'Arc participait aux activités de la SHLM depuis 1972, année de la fondation. Elle a siégé au Conseil général de la Société et s'est impliquée dans plusieurs projets. Elle a dirigé le groupe des Aînés dans le cadre du projet Nouveaux Horizons, a participé aux recherches dans le Fonds des Jésuites. Elle travaillait au local de la SHLM tous les mardis à la classification des notices chronologiques dans le Fonds La Prairie d'hier à aujourd'hui. Depuis peu, l'index généalogique de ce Fonds a été complété. Ce nouvel outil de recherche lui a également demandé de nombreuses heures de travail à sa résidence....

    Au tableau d’honneur

    Au tableau d’honneur

    Nous désirons ici souligner notre personnalité de l'année à la Société historique. Nous voulons bien sûr parler de Monsieur Marcel Lamarche, à qui des hommages ont été rendus pour la contribution exceptionnelle qu’il a apportée à la Société historique par ses recherches minutieuses dans le Vieux-La Prairie. Soulignons que personne n'avait osé s’aventurer dans ces documents à cause de leur complexité.

    Au tableau d’honneur Nous désirons ici souligner notre personnalité de l'année à la Société historique. Nous voulons bien sûr parler de Monsieur Marcel Lamarche, à qui des hommages ont été rendus pour la contribution exceptionnelle qu’il a apportée à la Société historique par ses recherches minutieuses dans le Vieux-La Prairie. Soulignons que personne n'avait osé s’aventurer dans ces documents à cause de leur complexité....

    Dons

    De madame Thérèse Girard :

    • Croteau, André, Jardiner pour les oiseaux, Éd. Trécarré, 1996.

    De monsieur Jean-Paul Auclair – documents de famille :

    • Actes notariés, chaîne de titres d'un lot sur la rue Sainte-Rose
    • Images nécrologiques sur les ancêtres Auclair – grand format, présentation artistique – renseignements sur les personnages à l'endos
    • Vidéo des fouilles archéologiques, lot 94, été 1994
    • Conférence, sur cassette, donnée par Monsieur François Véronneau, archéologue, en janvier 1995, sur ce même lot 94

    De madame Yolande Sainte-Marie – documents de famille :

    • Actes notariés relatifs aux lots habités par la famille, côte des Prairies, aujourd’hui situés à Brossard.

    De madame Aurore Martin :

    • Martin, Lyne, La motivation à apprendre : plus qu’une simple question d’intérêt!, E. d. CECM, 1994 – Lyne Martin est la fille d’Aurore Martin, membre du Conseil général de la SHLM.
    De madame Thérèse Girard : Croteau, André, Jardiner pour les oiseaux, Éd. Trécarré, 1996. De monsieur Jean-Paul Auclair – documents de famille : Actes notariés, chaîne de titres d'un lot sur la rue Sainte-Rose Images nécrologiques sur les ancêtres Auclair – grand format, présentation artistique – renseignements sur les personnages à l'endos Vidéo des fouilles archéologiques, lot 94, été 1994 Conférence, sur cassette, donnée par Monsieur François Véronneau, archéologue, en janvier 1995, sur ce même lot 94 De madame Yolande Sainte-Marie - documents de famille : Actes notariés relatifs aux lots habités par la famille, côte des Prairies, aujourd’hui situés à Brossard. De madame Aurore Martin : Martin, Lyne, La motivation à apprendre : plus qu’une simple question d’intérêt!, E. d. CECM, 1994 – Lyne Martin est la fille d’Aurore Martin, membre du Conseil général de la SHLM. ...

    Le premier moulin à vent de La Prairie

    La très intéressante étude publiée par Élaine Sirois en avril 1996 traite du premier moulin à vent de La Prairie. Les Jésuites ont construit un moulin à eau en 1717 sur la rive du fleuve à la hauteur des rapides de Lachine. Ses murs solides tombant en ruines étaient encore visibles au début du XXe siècle.

    Le moulin banal

    Notre reportage portant sur l'habitation, il paraîtra curieux que nous parlions du moulin. Mais pouvons-nous vraiment étudier nos mœurs architecturales sans dire un mot de cette construction, présente partout comme élément essentiel de notre vie économique?

    Le Boréal Express (1743) ayant déjà présenté plusieurs études du moulin à vent, nous ne nous attardons ici qu'au moulin à eau.

    Plus rare que l'autre en raison de ses dimensions et de son coût, le moulin à eau offre cependant plusieurs avantages. Il fournit un travail constant et régulier, tandis que le moulin à vent est soumis aux caprices du vent. De plus, sa force motrice est beaucoup plus grande que celle donnée par le vent.

    Son architecture s'inspire des mêmes principes que celle de la maison de ferme. Toit pointu, murs très épais et bas, le moulin à eau est une vaste construction rectangulaire, solide et aérée, où l'espace réservé à la machinerie et au travail humain est plus vaste que dans le moulin à vent.

    La colonie française communiquait par voie d'eau vers l'ouest pour y faire le trafic de la fourrure. Après la Conquête, on cherchera surtout des voies d'accès plus rapides vers New-York. Le train partant de La Prairie en 1836 fut le premier jalon d'un important réseau de communications nord sud.

    La très intéressante étude publiée par Élaine Sirois en avril 1996 traite du premier moulin à vent de La Prairie. Les Jésuites ont construit un moulin à eau en 1717 sur la rive du fleuve à la hauteur des rapides de Lachine. Ses murs solides tombant en ruines étaient encore visibles au début du XXe siècle. Le moulin banal Notre reportage portant sur l'habitation, il paraîtra curieux que nous parlions du moulin. Mais pouvons-nous vraiment étudier nos mœurs architecturales sans dire un mot de cette construction, présente partout comme élément essentiel de notre vie économique? Le Boréal Express (1743) ayant déjà présenté plusieurs études du moulin à vent, nous ne nous attardons ici qu'au moulin à eau. Plus rare que l'autre en raison de ses dimensions et de son coût, le moulin à eau offre cependant plusieurs avantages. Il fournit un travail constant et régulier, tandis que le moulin à vent est soumis aux caprices du vent. De plus, sa force motrice est beaucoup plus grande que celle donnée par le vent. Son architecture s'inspire des mêmes principes que celle de la maison de ferme. Toit pointu, murs très épais et bas, le moulin à eau est une vaste construction rectangulaire, solide et aérée, où l'espace réservé à la machinerie et au travail humain est plus vaste que dans le moulin à vent. La colonie française communiquait par voie d'eau vers l'ouest pour y faire le trafic de la fourrure. Après la Conquête, on cherchera surtout des voies d'accès plus rapides vers New-York. Le train partant de La Prairie en 1836 fut le premier jalon d'un important réseau de communications nord sud....

    Conférence : le potentiel archéologique de la propriété Oligny

    Mercredi, le 15 mai prochain, Madame Isabelle Robert présentera le résultat de ses recherches sur le potentiel archéologique de la propriété Oligny dans le Vieux-La Prairie.

    La conférence aura lieu dans les locaux de la Société historique, au 249 de la rue Sainte-Marie. Bienvenue à tous.

    Mercredi, le 15 mai prochain, Madame Isabelle Robert présentera le résultat de ses recherches sur le potentiel archéologique de la propriété Oligny dans le Vieux-La Prairie. La conférence aura lieu dans les locaux de la Société historique, au 249 de la rue Sainte-Marie. Bienvenue à tous. ...

    Un canal à Lachine ? Amélioration du réseau fluvial

    L'importance des cours d'eau pour assurer les communications en Nouvelle-France n’est pas à démontrer. Il faut donc prendre au sérieux tous les projets, si étonnants soient-ils, qui sont susceptibles d'améliorer ce réseau intérieur. La vitalité du commerce en dépend largement, comme toute l'entreprise de colonisation.

    C'est ainsi qu'il convient de considérer attentivement l'idée lancée récemment par l'abbé Fénélon Salignac de construire un canal pour franchir les rapides de Lachine; de même pour celle de Talon qui ambitionne de corriger quelques-uns des obstacles naturels de la route de l'Outaouais.

    « Entre les 8ta8acts* et le Montréal il y a beaucoup de rapides et de chutes d’eau, écrit-il, qui interrompent la navigation de ces sauvages au point qu’ils se sont quelquefois rebutez de descendre jusqu’à nous pour nous apporter leurs pelleteries. On peut à ce qu’on m’asseure en beaucoup d’endroits corriger ce défaut de navigation et on me sollicite de le faire, m’asseurant que les sauvages qui seront advantagez par ce travail payeront volontiers quelques droits léger sur les pelleteries qu’ils transporteront. Je demande à Sa Majesté si elle trouvera bon qu’on fasse l’un et que pour soulager ses dépenses on profite de l’autre. »

    Enfin pour permettre à la Nouvelle-France de communiquer plus facilement, et à l'année longue, avec l'extérieur, il importe que l'intendant donne suite à son intention d’établir des ports ouverts sur la mer.

    À défaut de l'Hudson, il est urgent de se rabattre sur l'Acadie.

    (Tiré du Boréal Express, 1672)

    * Outaouais

    L'importance des cours d'eau pour assurer les communications en Nouvelle-France n’est pas à démontrer. Il faut donc prendre au sérieux tous les projets, si étonnants soient-ils, qui sont susceptibles d'améliorer ce réseau intérieur. La vitalité du commerce en dépend largement, comme toute l'entreprise de colonisation. C'est ainsi qu'il convient de considérer attentivement l'idée lancée récemment par l'abbé Fénélon Salignac de construire un canal pour franchir les rapides de Lachine; de même pour celle de Talon qui ambitionne de corriger quelques-uns des obstacles naturels de la route de l'Outaouais. « Entre les 8ta8acts* et le Montréal il y a beaucoup de rapides et de chutes d’eau, écrit-il, qui interrompent la navigation de ces sauvages au point qu’ils se sont quelquefois rebutez de descendre jusqu’à nous pour nous apporter leurs pelleteries. On peut à ce qu’on m’asseure en beaucoup d’endroits corriger ce défaut de navigation et on me sollicite de le faire, m’asseurant que les sauvages qui seront advantagez par ce travail payeront volontiers quelques droits léger sur les pelleteries qu’ils transporteront. Je demande à Sa Majesté si elle trouvera bon qu’on fasse l’un et que pour soulager ses dépenses on profite de l’autre. » Enfin pour permettre à la Nouvelle-France de communiquer plus facilement, et à l'année longue, avec l'extérieur, il importe que l'intendant donne suite à son intention d’établir des ports ouverts sur la mer. À défaut de l'Hudson, il est urgent de se rabattre sur l'Acadie. (Tiré du Boréal Express, 1672) * Outaouais...