Sélection d'une édition

    Jacques Cartier à La Prairie en 1541… (1)

    D’entrée de jeu, il est bien connu que le fameux navigateur et explorateur malouin Jacques Cartier, sieur de Limoilou, a fait ses deux premiers voyages en Amérique en 1534 et en 1535. D’ailleurs, lors de son voyage de retour au printemps 1536, Cartier ramènera avec lui en France le grand chef Donnacona et ses deux fils ; plus ou moins avec leur consentement, ayant comme but premier de montrer ceux-ci à la cour du roi François 1er, et surtout afin de justifier un nouveau voyage d’exploration plus à l’ouest de « Mont Réal ».

     

    Derechef et moins bien connu est le troisième et le plus imposant voyage de Cartier qui eut lieu en 1541 ! Préalablement à celui-ci, alors qu’il voulait s’assurer de revenir chez lui un jour, Donnacona tenait des propos qui allaient dans le même sens que ceux de Cartier. Il racontait des sornettes à qui voulait l’entendre, à savoir qu’il y avait de grandes villes et des richesses de métaux précieux (or, argent, cuivre et plus encore) plus loin à l’ouest des grands rapides d’Hochelaga… « les sauts de Mont Réal ».

     

    Donc le 23 mai 1541, ayant enfin reçu la bénédiction et le financement royal pour son troisième voyage, Cartier quitte Saint-Malo[1] sur La Grande Hermine avec quatre autres navires pour se rendre de nouveau à Stadaconé, arrivant trois mois plus tard devant la bourgade de « Québec ». Sans l’aide de guides, le 7 septembre, il poursuivra son trajet avec deux grandes barques (ayant un mât, voiles et rames) jusqu’à la région d’Hochelaga (Mont Réal) où il s’était rendu six ans plus tôt.

     

    Arrivant tôt le matin du 11 septembre 1541, le Malouin ne perd pas de temps ; accompagné de plusieurs hommes, il cherche un moyen pour surmonter le « grand saut » (nos rapides de Lachine) qui barre la voie fluviale vers l’ouest. Cartier rapporte dans sa relation de voyage[2] qu’après quelques tentatives infructueuses par ses meilleurs rameurs dans une de ses deux barques, laquelle avait été allégée, il s’avoue vaincu devant la démence des flots et met le pied à terre. Ensuite… « qu’une fois à terre sur la rive sud du Saint-Laurent (La Prairie) les Français suivent un grand sentier battu en direction des rapides. Arrivant à destination, ils tombent sur un lieu habité par des Iroquoiens où on leur fait bon accueil ».[3]

     

    Encouragé par cette affabilité et n’ayant pas de « truchements » pour traduire ses paroles, Cartier explique son problème par de « grands gestes et des paroles ». C’est alors que quatre jeunes braves offrent de l’accompagner dans leurs canots pour se rendre vers un second petit village[4] situé en face d’un autre « saut ». Selon les jeunes autochtones, celui-ci serait… « le deuxième des trois sauts qu’il y a à franchir avant que le fleuve soit à nouveau navigable ».

     

    Selon le géographe et historien anglais Richard Hakluyt (1553-1616) le sieur Cartier est en mesure de constater que la distance entre les rapides de Lachine à l’extrémité est du lac Saint-Louis, et la zone des Cascades/Côteau des Cèdres à l’extrémité ouest du même lac est de « 6 lieues » soit environ 30 km. Ce « deuxième saut », qui est presque aussi impétueux que le premier, donne accès au « troisième saut » à 10 km en amont, mais Cartier ne s’y rendra pas. Ce sont les puissants et turbulents rapides du Coteau-du-Lac, et par la suite il y a le lac Saint-François ; ceux-ci donnent accès de nouveau au fleuve Saint-Laurent qui permet de se rendre jusqu’au but, la grande mer d’eau douce… l’eldorado du lac Ontario.

     

     

    Selon des calculs approximatifs, le Malouin constate avec stupeur qu’il y aurait une ascension d’environ 120 pieds français (37 m) entre l’entrée du premier et la tête du troisième « saut ». Aussitôt, Cartier s’avoue vaincu et renonce à se rendre plus loin, car l’explorateur français sait maintenant avec certitude qu’aucun voilier ne pourrait négocier ce dangereux passage pour se rendre vers la « terre de Cathay ».

     

    En conclusion, les détails de ce voyage d’exploration ainsi que la carte de Jean Rotz réalisée en 1542-1544 nous démontrent sans équivoque qu’en 1541 Jacques Cartier aurait été le tout premier, d’une longue liste d’illustres personnages historiques, à passer par le grand carrefour géographique de La Prairie et à y mettre le pied à terre.

     

    Lors de leurs nombreux voyages et déplacements il y a également eu à La Prairie un certain Samuel de Champlain en 1611, le marquis Henri Chastelard de Salières en 1665, sainte Kateri Tekakwitha en 1678, François de Laval, premier évêque de Québec en 1681, le marquis de Denonville en 1685, le comte de Frontenac en 1690, le légendaire Monsieur de Niagara en 1691, le marquis de Montcalm en 1758 ainsi que le général François-Gaston de Lévis en 1760.

     

    Donc, dans plus d’une décennie l’année 2035 marquera les 500 ans depuis le passage dans la région de « Hochelaga » du grand explorateur Jacques Cartier (1491-1557), et pareillement en 2041 du passage de Cartier dans ce qui deviendra plus d’un siècle plus tard, la grande seigneurie de La Prairie-de-la-Magdeleine.[5]

    ______________________________

    [1] Plusieurs membres de la famille de Cartier l’accompagneront : ses deux beaux-frères, monsieur Guyon des Granches — vicomte de Beaupré, monsieur Macé Jalobert — pilote, et son neveu Estienne Noël.

    [2] Le premier éditeur de la relation du 3e voyage de Jacques Cartier est l’Anglais Richard Hakluyt. Celui-ci publie en 1589 — The Principal Navigations Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation […] 2e édition en 3 vol., Londres, George Bishop, Ralph Newberie, Robert Barker, Editors/1598-1600, vol. 3, p.235 — Jacques Cartier […]

    [3] Au moment de son départ à la fin de cette même journée, Cartier estime à 400 le nombre de curieux présents et il identifiera cet endroit comme étant « St-Malo » sur la carte de 1542-1544.

    [4] Ceux-ci étaient à préparer un « grand potage », un genre de pot-au-feu à base de « plantes potagères et de poissons » auquel Jacques Cartier et les Français furent invités à partager.

    [5] Voir la carte dite « Harléienne » à la page suivante… qui a été réalisée à Dieppe en 1542-1544, suite au 3e voyage de Jacques Cartier.

    D’entrée de jeu, il est bien connu que le fameux navigateur et explorateur malouin Jacques Cartier, sieur de Limoilou, a fait ses deux premiers voyages en Amérique en 1534 et en 1535. D’ailleurs, lors de son voyage de retour au printemps 1536, Cartier ramènera avec lui en France le grand chef Donnacona et ses deux fils ; plus ou moins avec leur consentement, ayant comme but premier de montrer ceux-ci à la cour du roi François 1er, et surtout afin de justifier un nouveau voyage d’exploration plus à l’ouest de « Mont Réal ».   Derechef et moins bien connu est le troisième et le plus imposant voyage de Cartier qui eut lieu en 1541 ! Préalablement à celui-ci, alors qu’il voulait s’assurer de revenir chez lui un jour, Donnacona tenait des propos qui allaient dans le même sens que ceux de Cartier. Il racontait des sornettes à qui voulait l’entendre, à savoir qu’il y avait de grandes villes et des richesses de métaux précieux (or, argent, cuivre et plus encore) plus loin à l’ouest des grands rapides d’Hochelaga… « les sauts de Mont Réal ».   Donc le 23 mai 1541, ayant enfin reçu la bénédiction et le financement royal pour son troisième voyage, Cartier quitte Saint-Malo[1] sur La Grande Hermine avec quatre autres navires pour se rendre de nouveau à Stadaconé, arrivant trois mois plus tard devant la bourgade de « Québec ». Sans l’aide de guides, le 7 septembre, il poursuivra son trajet avec deux grandes barques (ayant un mât, voiles et rames) jusqu’à la région d’Hochelaga (Mont Réal) où il s’était rendu six ans plus tôt.   Arrivant tôt le matin du 11 septembre 1541, le Malouin ne perd pas de temps ; accompagné de plusieurs hommes, il cherche un moyen pour surmonter le « grand saut » (nos rapides de Lachine) qui barre la voie fluviale vers l’ouest. Cartier rapporte dans sa relation de voyage[2] qu’après quelques tentatives infructueuses par ses meilleurs rameurs dans une de ses deux barques, laquelle avait été allégée, il s’avoue vaincu devant la démence des flots et met le pied à terre. Ensuite… « qu’une fois à terre sur la rive sud du Saint-Laurent (La Prairie) les Français suivent un grand sentier battu en direction des rapides. Arrivant à destination, ils tombent sur un lieu habité par des Iroquoiens où on leur fait bon accueil ».[3]   Encouragé par cette affabilité et n’ayant pas de « truchements » pour traduire ses paroles, Cartier explique son problème par de « grands gestes et des paroles ». C’est alors que quatre jeunes braves offrent de l’accompagner dans leurs canots pour se rendre vers un second petit village[4] situé en face d’un autre « saut ». Selon les jeunes autochtones, celui-ci serait… « le deuxième des trois sauts qu’il y a à franchir avant que le fleuve soit à nouveau navigable ».   Selon le géographe et historien anglais Richard Hakluyt (1553-1616) le sieur Cartier est en mesure de constater que la distance entre les rapides de Lachine à l’extrémité est du lac Saint-Louis, et la zone des Cascades/Côteau des Cèdres à l’extrémité ouest du même lac est de « 6 lieues » soit environ 30 km. Ce « deuxième saut », qui est presque aussi impétueux que le premier, donne accès au « troisième saut » à 10 km en amont, mais Cartier ne s’y rendra pas. Ce sont les puissants et turbulents rapides du Coteau-du-Lac, et par la suite il y a le lac Saint-François ; ceux-ci donnent accès de nouveau au fleuve Saint-Laurent qui permet de se rendre jusqu’au but, la grande mer d’eau douce… l’eldorado du lac Ontario.     Selon des calculs approximatifs, le Malouin constate avec stupeur qu’il y aurait une ascension d’environ 120 pieds français (37 m) entre l’entrée du premier et la tête du troisième « saut ». Aussitôt, Cartier s’avoue vaincu et renonce à se rendre plus loin, car l’explorateur français sait maintenant avec certitude qu’aucun voilier ne pourrait négocier ce dangereux passage pour se rendre vers la « terre de Cathay ».   En conclusion, les détails de ce voyage d’exploration ainsi que la carte de Jean Rotz réalisée en 1542-1544 nous démontrent sans équivoque qu’en 1541 Jacques Cartier aurait été le tout premier, d’une longue liste d’illustres personnages historiques, à passer par le grand carrefour géographique de La Prairie et à y mettre le pied à terre.   Lors de leurs nombreux voyages et déplacements il y a également eu à La Prairie un certain Samuel de Champlain en 1611, le marquis Henri Chastelard de Salières en 1665, sainte Kateri Tekakwitha en 1678, François de Laval, premier évêque de Québec en 1681, le marquis de Denonville en 1685, le comte de Frontenac en 1690, le légendaire Monsieur de Niagara en 1691, le marquis de Montcalm en 1758 ainsi que le général François-Gaston de Lévis en 1760.   Donc, dans plus d’une décennie l’année 2035 marquera les 500 ans depuis le passage dans la région de « Hochelaga » du grand explorateur Jacques Cartier (1491-1557), et pareillement en 2041 du passage de Cartier dans ce qui deviendra plus d’un siècle plus tard, la grande seigneurie de La Prairie-de-la-Magdeleine.[5] ______________________________ [1] Plusieurs membres de la famille de Cartier l’accompagneront : ses deux beaux-frères, monsieur Guyon des Granches — vicomte de Beaupré, monsieur Macé Jalobert — pilote, et son neveu Estienne Noël. [2] Le premier éditeur de la relation du 3e voyage de Jacques Cartier est l’Anglais Richard Hakluyt. Celui-ci publie en 1589 — The Principal Navigations Voyages, Traffiques and Discoveries of the English Nation [...] 2e édition en 3 vol., Londres, George Bishop, Ralph Newberie, Robert Barker, Editors/1598-1600, vol. 3, p.235 — Jacques Cartier […] [3] Au moment de son départ à la fin de cette même journée, Cartier estime à 400 le nombre de curieux présents et il identifiera cet endroit comme étant « St-Malo » sur la carte de 1542-1544. [4] Ceux-ci étaient à préparer un « grand potage », un genre de pot-au-feu à base de « plantes potagères et de poissons » auquel Jacques Cartier et les Français furent invités à partager. [5] Voir la carte dite « Harléienne » à la page suivante… qui a été réalisée à Dieppe en 1542-1544, suite au 3e voyage de Jacques Cartier....

    Mot de l’archiviste-directrice générale

    Avec la présence du variant Omicron, ce début d’année du 50e est bien différent de ce que l’on avait espéré.

    Qu’à cela ne tienne ! Nous travaillons à la préparation de l’exposition estivale qui portera sur l’histoire de la SHLM. D’ailleurs, vous avez sans doute aperçu notre offre pour une ressource en muséologie à cet effet.

    De plus, au cours de 2022, en plus des conférences prévues, de l’exposition et des classiques visites guidées, la SHLM réalisera la mise en ligne des BMS de La Prairie et, roulement de tambour….d’une carte interactive du Vieux La Prairie !

    Il y aura aussi la parution d’un livre concocté par M. Gaétan Bourdages, la présentation d’une séance d’archives à voix haute et un autre événement surprise en lien avec le chemin de fer de 1836.

    Alors, pour le 50e et en vue de l’Assemblée générale qui aura lieu en mars prochain, ne manquez pas de renouveler votre carte de membre !

    Au plaisir de vous accueillir à nouveau au local de la SHLM.

    Caroline Laberge

    Archiviste-directrice-générale

    Avec la présence du variant Omicron, ce début d’année du 50e est bien différent de ce que l’on avait espéré. Qu’à cela ne tienne ! Nous travaillons à la préparation de l’exposition estivale qui portera sur l’histoire de la SHLM. D’ailleurs, vous avez sans doute aperçu notre offre pour une ressource en muséologie à cet effet. De plus, au cours de 2022, en plus des conférences prévues, de l’exposition et des classiques visites guidées, la SHLM réalisera la mise en ligne des BMS de La Prairie et, roulement de tambour….d’une carte interactive du Vieux La Prairie ! Il y aura aussi la parution d’un livre concocté par M. Gaétan Bourdages, la présentation d’une séance d’archives à voix haute et un autre événement surprise en lien avec le chemin de fer de 1836. Alors, pour le 50e et en vue de l’Assemblée générale qui aura lieu en mars prochain, ne manquez pas de renouveler votre carte de membre ! Au plaisir de vous accueillir à nouveau au local de la SHLM. Caroline Laberge Archiviste-directrice-générale...

    L’arrivée du téléphone à La Prairie

    N.D.L.R. Les informations qui suivent nous ont été fournies par la Compagnie de Téléphone Bell.

    Le premier téléphone de La Prairie entre en service en 1887, sept ans seulement après la fondation de la Compagnie de Téléphone Bell, et treize ans après qu’Alexander Graham Bell a inventé ce qu’on appelle alors « la merveille parlante ».

    En 1887, en effet, la première agence de la compagnie Bell ouvre ses portes à La Prairie, sous la direction de M. J.H.A. Sylvestre[1] ; elle apporte à une population d’environ 1000 personnes les avantages du téléphone.

    L’année suivante, en 1888, une ligne interurbaine relie La Prairie et Saint-Jean. Toutefois, le téléphone est accueilli plutôt froidement à La Prairie. La compagnie Laprairie Pressed Brick and Terra Cotta, qui apparaît dans l’annuaire téléphonique à compter de mars 1896, demeure l’unique abonné jusqu’en 1902, date à laquelle la compagnie J. B. Doré et fils[2] y est inscrite pour la première fois. À la fin de 1907, La Prairie compte sept téléphones en service.

    Par la suite, l’évolution du service téléphonique est lente, mais constante. Le 100e téléphone est installé en 1924, le 500e, en 1945, et le 1000e, en 1950.

    En décembre 1952, Bell Canada achète un terrain, situé au 425, rue Saint-Henri et, en 1954, elle y construit un immeuble pour y installer le central automatique.

    Le 12 juin 1955 a lieu la conversion du système à magnéto au système automatique et, en même temps, un nouveau mode de numérotation est adopté suivant lequel tous les numéros de téléphone comportent deux lettres et cinq chiffres. En 1963, le nom du central est éliminé et remplacé par de nouveaux numéros à sept chiffres. Le préfixe 659 est attribué aux numéros de La Prairie.

    Il y a quarante ans, en 1981, La Prairie comptait 11 510 téléphones en service.

    ______________________________

    [1] Hyacinthe Sylvestre possédait un magasin général qui était situé à l’emplacement actuel du restaurant Chez Julien.

    [2] Un fabricant de machinerie agricole.

    N.D.L.R. Les informations qui suivent nous ont été fournies par la Compagnie de Téléphone Bell. Le premier téléphone de La Prairie entre en service en 1887, sept ans seulement après la fondation de la Compagnie de Téléphone Bell, et treize ans après qu’Alexander Graham Bell a inventé ce qu’on appelle alors « la merveille parlante ». En 1887, en effet, la première agence de la compagnie Bell ouvre ses portes à La Prairie, sous la direction de M. J.H.A. Sylvestre[1] ; elle apporte à une population d’environ 1000 personnes les avantages du téléphone. L’année suivante, en 1888, une ligne interurbaine relie La Prairie et Saint-Jean. Toutefois, le téléphone est accueilli plutôt froidement à La Prairie. La compagnie Laprairie Pressed Brick and Terra Cotta, qui apparaît dans l’annuaire téléphonique à compter de mars 1896, demeure l’unique abonné jusqu’en 1902, date à laquelle la compagnie J. B. Doré et fils[2] y est inscrite pour la première fois. À la fin de 1907, La Prairie compte sept téléphones en service. Par la suite, l’évolution du service téléphonique est lente, mais constante. Le 100e téléphone est installé en 1924, le 500e, en 1945, et le 1000e, en 1950. En décembre 1952, Bell Canada achète un terrain, situé au 425, rue Saint-Henri et, en 1954, elle y construit un immeuble pour y installer le central automatique. Le 12 juin 1955 a lieu la conversion du système à magnéto au système automatique et, en même temps, un nouveau mode de numérotation est adopté suivant lequel tous les numéros de téléphone comportent deux lettres et cinq chiffres. En 1963, le nom du central est éliminé et remplacé par de nouveaux numéros à sept chiffres. Le préfixe 659 est attribué aux numéros de La Prairie. Il y a quarante ans, en 1981, La Prairie comptait 11 510 téléphones en service. ______________________________ [1] Hyacinthe Sylvestre possédait un magasin général qui était situé à l’emplacement actuel du restaurant Chez Julien. [2] Un fabricant de machinerie agricole....

    Jean-Baptiste Cantin et les De Montigny (4)

    1916

    Le 2 janvier, Cantin et le corps expéditionnaire retournent aux tranchées. L’ami du couple en profite pour envoyer quelques cartes postales à De Montigny annonçant son départ. Ces cartes illustrent la destruction dont sont témoins les troupes canadiennes partout où elles passent.

     

    « Monsieur, je vous envoie quelques cartes comme souvenir ou sont passé les soldats canadiens. D’un ami. »
    « Monsieur, tout vas bien en bonne santé aurevoir. D’un ami. »

    Le 15 janvier, Cantin reçoit un paquet de tabac canadien de la part de De Montigny. Le soldat lui envoie quatre autres cartes postales l’informant sur sa santé et le temps qu’il fait.

    De février à avril, la correspondance de Cantin se résument surtout à deux bagues qu’il souhaite envoyer aux De Montigny :

    6 février : « Monsieur, j’ai fait un oubli en vous demandant vos mesure de doigts pour les bagues. Envoyer moi la mesure de votre demoiselle svp. D’un ami. »

    19 mars : « Monsieur, je dois vous envoyer vos bagues ces jours ici. »

    18 avril : « Monsieur, je vais vous expédier vos bagues ces jours ici. Écrivez immédiatement sur reception s.v.p. En bonne santé tout est bien pour le moment. »

    Cantin passa l’été 1916 à combattre en Belgique.

    Vers la fin du mois d’août, le corps expéditionnaire se dirigea vers le front de la Somme[1], en France qui avait commencé presque deux mois plutôt, le premier juillet.

    Selon les rapports médicaux contenus dans son dossier militaire, Cantin fut blessé gravement le 8 septembre 1916, quelque chose lui ayant perforé le milieu du bras gauche. Il fut déclaré sourd de l’oreille droite, crachant du sang en plus d’avoir été gazé[2]. Le 26 septembre, il se remit de ses blessures et fut déclaré apte à reprendre son poste de sergent du corps expéditionnaire.

    Collection Steve Lussier
    www.les bouteilles du québec.com

    1917-1919

    Jean-Baptiste Cantin fut libéré de ses fonctions militaires le 29 juin 1919, à l’âge de 40 ans[3]. On peut supposer que Cantin retourna à La Prairie retrouver le couple De Montigny à leur hôtel pour y passer du bon temps, raconter ses faits d’armes et probablement prendre un verre.

    D’ailleurs, dans l’une de ses nombreuses lettres envoyées en 1915 à De Montigny, Cantin fit part de son amour pour la bière canadienne : « […] 5 cents la bière vous souvenez-en juger maintenant par vous-même.

    Quand on sort des tranchées et que nous sommes sur la réserve, on peut acheter de la bière a 2 sous le verre elle est forte comme la petite bière d’épinette canadien on pense souvent a la Molson et le cheval noir[4] de Lachine. »

     

     

    ______________________________

    [1] Roy, R.H., et Richard Foot, « Le Canada et la bataille de la Somme ».  Dans l’Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié décembre 21, 2006; Dernière modification décembre 11, 2018. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/bataille-de-la-somme

    [2] Bibliothèque et Archives Canada, Dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale, Recherche : base de données, Item : Cantin, John Baptiste (26175), https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/dossiers-personnel/Pages/item.aspx?IdNumber=86651

    [3] Idem.

    [4] Il s’agit de la bière Black Horse très populaire à l’époque.

     

     

    1916 Le 2 janvier, Cantin et le corps expéditionnaire retournent aux tranchées. L’ami du couple en profite pour envoyer quelques cartes postales à De Montigny annonçant son départ. Ces cartes illustrent la destruction dont sont témoins les troupes canadiennes partout où elles passent.   « Monsieur, je vous envoie quelques cartes comme souvenir ou sont passé les soldats canadiens. D’un ami. » « Monsieur, tout vas bien en bonne santé aurevoir. D’un ami. » Le 15 janvier, Cantin reçoit un paquet de tabac canadien de la part de De Montigny. Le soldat lui envoie quatre autres cartes postales l’informant sur sa santé et le temps qu’il fait. De février à avril, la correspondance de Cantin se résument surtout à deux bagues qu’il souhaite envoyer aux De Montigny : 6 février : « Monsieur, j’ai fait un oubli en vous demandant vos mesure de doigts pour les bagues. Envoyer moi la mesure de votre demoiselle svp. D’un ami. » 19 mars : « Monsieur, je dois vous envoyer vos bagues ces jours ici. » 18 avril : « Monsieur, je vais vous expédier vos bagues ces jours ici. Écrivez immédiatement sur reception s.v.p. En bonne santé tout est bien pour le moment. » Cantin passa l'été 1916 à combattre en Belgique. Vers la fin du mois d’août, le corps expéditionnaire se dirigea vers le front de la Somme[1], en France qui avait commencé presque deux mois plutôt, le premier juillet. Selon les rapports médicaux contenus dans son dossier militaire, Cantin fut blessé gravement le 8 septembre 1916, quelque chose lui ayant perforé le milieu du bras gauche. Il fut déclaré sourd de l’oreille droite, crachant du sang en plus d’avoir été gazé[2]. Le 26 septembre, il se remit de ses blessures et fut déclaré apte à reprendre son poste de sergent du corps expéditionnaire. Collection Steve Lussierwww.les bouteilles du québec.com 1917-1919 Jean-Baptiste Cantin fut libéré de ses fonctions militaires le 29 juin 1919, à l’âge de 40 ans[3]. On peut supposer que Cantin retourna à La Prairie retrouver le couple De Montigny à leur hôtel pour y passer du bon temps, raconter ses faits d'armes et probablement prendre un verre. D’ailleurs, dans l’une de ses nombreuses lettres envoyées en 1915 à De Montigny, Cantin fit part de son amour pour la bière canadienne : « […] 5 cents la bière vous souvenez-en juger maintenant par vous-même. Quand on sort des tranchées et que nous sommes sur la réserve, on peut acheter de la bière a 2 sous le verre elle est forte comme la petite bière d’épinette canadien on pense souvent a la Molson et le cheval noir[4] de Lachine. »     ______________________________ [1] Roy, R.H., et Richard Foot, « Le Canada et la bataille de la Somme".  Dans l'Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié décembre 21, 2006; Dernière modification décembre 11, 2018. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/bataille-de-la-somme [2] Bibliothèque et Archives Canada, Dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale, Recherche : base de données, Item : Cantin, John Baptiste (26175), https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/dossiers-personnel/Pages/item.aspx?IdNumber=86651 [3] Idem. [4] Il s’agit de la bière Black Horse très populaire à l’époque.    ...

    Jean-Baptiste Cantin et les De Montigny (3)

    Par la suite, Cantin reviendra à quelques reprises sur la bataille d’Ypres avec deux cartes qu’il envoie le 23 juillet. Il insiste beaucoup sur les effets dévastateurs qu’a eus cette bataille sur la ville belge.

     

    « Monsieur, Cette carte vous représente la plus grande Halle du monde en fait de draps il ne reste seulement que des ruines maintenant. »
    « Monsieur, J’aime a vous offrir ces cartes de Ypres parce que c’est la que les troupes canadiennes ont résisté a la garde prussienne. D’un ami. »

     

    Les mois passent et les cartes postales envoyées au couple De Montigny se résument à des messages très courts sur sa santé et sur le temps qu’il fait. Les combats se poursuivent dans les tranchées en sol français.

    Le 22 décembre, Cantin et le corps expéditionnaire rentrent à Londres passer les vacances de Noël. Le soldat montréalais en profite pour envoyer quatre cartes postales.

    À Domina, il fait sa grande annonce : « Monsieur, j’ai l’honneur de vous dire que je suis nommé sergent maintenant alors j’ai porté trois galons que j’ai gagné sur la ligne de feu. »

    À Albina, il lui fait part en trois cartes postales de sa visite des endroits touristiques de Londres.

    « Madame, Je vous envoi quelque vues de Londres étant de passage ici. C’est une belle ville a visité. Aurevoir à bientôt. »
    « Madame, Je suis en bonne santé et j’espère que vous jouissez du même bonheur que moi ainsi que votre famille. Aurevoir a bientôt. »
    « Madame, Nous somme bien venu a Londres les canadiens qui reviennent de la ligne de feu. Aurevoir a bientôt. »
    Par la suite, Cantin reviendra à quelques reprises sur la bataille d’Ypres avec deux cartes qu’il envoie le 23 juillet. Il insiste beaucoup sur les effets dévastateurs qu’a eus cette bataille sur la ville belge.   « Monsieur, Cette carte vous représente la plus grande Halle du monde en fait de draps il ne reste seulement que des ruines maintenant. » « Monsieur, J’aime a vous offrir ces cartes de Ypres parce que c’est la que les troupes canadiennes ont résisté a la garde prussienne. D’un ami. »   Les mois passent et les cartes postales envoyées au couple De Montigny se résument à des messages très courts sur sa santé et sur le temps qu’il fait. Les combats se poursuivent dans les tranchées en sol français. Le 22 décembre, Cantin et le corps expéditionnaire rentrent à Londres passer les vacances de Noël. Le soldat montréalais en profite pour envoyer quatre cartes postales. À Domina, il fait sa grande annonce : « Monsieur, j’ai l’honneur de vous dire que je suis nommé sergent maintenant alors j’ai porté trois galons que j’ai gagné sur la ligne de feu. » À Albina, il lui fait part en trois cartes postales de sa visite des endroits touristiques de Londres. « Madame, Je vous envoi quelque vues de Londres étant de passage ici. C’est une belle ville a visité. Aurevoir à bientôt. » « Madame, Je suis en bonne santé et j’espère que vous jouissez du même bonheur que moi ainsi que votre famille. Aurevoir a bientôt. » « Madame, Nous somme bien venu a Londres les canadiens qui reviennent de la ligne de feu. Aurevoir a bientôt. »...

    Jean-Baptiste Cantin et les De Montigny (2)

    Les attaques aux gaz ainsi que les conditions de vie dans les tranchées semblent avoir marqué Cantin au point de se demander si l’opinion publique de son pays s’indignera des horreurs de la guerre.

    Le 4 juillet, Cantin envoie quatre cartes postales, deux à De Montigny et deux autres à Albina. Celles-ci, en plus d’être très révélatrices de la relation amicale entre le couple et le soldat montréalais, nous montrent aussi la perception genrée de la guerre. Domina, l’homme, s’intéresse aux objets de guerre tandis que Albina, la femme, reçoit des cartes à connotation positive symbolisant le souvenir, l’amitié et l’espoir.

    « Monsieur, Je vous offre ces cartes sachant que vous portez beaucoup d’intérêts a la guerre. Ceci vous donne une aperçue après une bataille se sont les attelages des blessés et des morts. »
    « Monsieur, Celle-ci est une pièce de navire qui longe les côtes et dans les canaux. Il font un magnifique travail au dire des ingénieurs. »

     

     

     

     

     

     

     

    « Madame, Cette carte vous donne une idée des cimetières militaires qu’il y a eu en France et en Belgique. Il sont bien nombreux par malheur. Penser quelques fois aux vivants mais n’oublions jamais les morts. »
    « Madame, je vous offre cette carte comme reconnaissance vue que vous penser a moi dans mon exil. D’un soldat canadien. »
    Les attaques aux gaz ainsi que les conditions de vie dans les tranchées semblent avoir marqué Cantin au point de se demander si l’opinion publique de son pays s’indignera des horreurs de la guerre. Le 4 juillet, Cantin envoie quatre cartes postales, deux à De Montigny et deux autres à Albina. Celles-ci, en plus d'être très révélatrices de la relation amicale entre le couple et le soldat montréalais, nous montrent aussi la perception genrée de la guerre. Domina, l’homme, s’intéresse aux objets de guerre tandis que Albina, la femme, reçoit des cartes à connotation positive symbolisant le souvenir, l’amitié et l’espoir. « Monsieur, Je vous offre ces cartes sachant que vous portez beaucoup d’intérêts a la guerre. Ceci vous donne une aperçue après une bataille se sont les attelages des blessés et des morts. » « Monsieur, Celle-ci est une pièce de navire qui longe les côtes et dans les canaux. Il font un magnifique travail au dire des ingénieurs. »               « Madame, Cette carte vous donne une idée des cimetières militaires qu’il y a eu en France et en Belgique. Il sont bien nombreux par malheur. Penser quelques fois aux vivants mais n’oublions jamais les morts. » « Madame, je vous offre cette carte comme reconnaissance vue que vous penser a moi dans mon exil. D’un soldat canadien. »...

    En préparation…

    ...

    Jean-Baptiste Cantin et les De Montigny (1)

    Candidat à la maîtrise en histoire à l’Université de Montréal (UdeM), Antoine Simonato est membre du CA de la SHLM depuis quelques années.

     

    Domina De Montigny et Albina Guérin, quelques années après leur aventure au Klondike, décidèrent en 1907 d’acheter et de rénover l’Hôtel Martin (l’actuel 228 rue Sainte-Marie). Ils tinrent cet hôtel ouvert aux voyageurs et gens des environs jusqu’en 1922[1]. C’est durant cette période, à partir de 1915, que le couple De Montigny a entretenu une correspondance par cartes postales avec un certain Jean-Baptiste Cantin, un de leur ami montréalais qui se porta soldat volontaire dans les forces expéditionnaires canadiennes.

    C’est une courte partie de l’histoire de Jean-Baptiste Cantin qui sera racontée à travers la correspondance qu’a reçue le couple De Montigny. C’est aussi une histoire qui lie deux habitants de La Prairie au conflit sans précédent que fut la Première Guerre mondiale. Même s’il est souvent question d’histoire locale, celle-ci est interconnectée d’une manière ou d’une autre aux évènements ailleurs dans le monde.

    Qui est Jean-Baptiste Cantin?

    Jean-Baptiste Cantin naquit le 29 avril 1879 dans le village de Pointe-aux-Trembles, situé à l’extrémité est de l’île de Montréal. Selon son dossier du Corps expéditionnaire canadien[2], il s’est enrôlé le 22 septembre 1914 à l’âge de 35 ans. Il mesurait 1,75 mètre, avait les yeux bleus et les cheveux poivre et sel. Il fut affecté à l’unité du 14e bataillon des forces expéditionnaires canadiennes avec pour matricule 26175[3].

    Dans son dossier, il n’est mentionné que deux membres de sa famille immédiate, soit sa sœur Béatrice Tardif, à laquelle il lègue dans son testament tous ses avoirs s’il venait à mourir. Son autre sœur est Mme Joseph Marrn[4]. Célibataire, il occupait précédemment les emplois de jardinier et de cocher.

    1914

    Si l’on se fie à l’histoire du corps expéditionnaire canadien[5], bien que le Canada, en tant que dominion de l’Empire britannique, entra immédiatement en guerre en août 1914 contre les empires centraux dont l’Allemagne, le pays n’avait pas de force militaire prête à s’engager dans la Grande Guerre.

    C’est ainsi que le Canada proposa à l’Angleterre l’envoi de 25 000 hommes. 35 000 se portèrent volontaires, dont 30 617 composèrent le premier contingent[6].

    Jean-Baptiste Cantin fut l’un d’eux. Avec le corps expéditionnaire, il entreprit jusqu’en octobre, un entraînement rapide à la base militaire de Valcartier (Québec) pour ensuite être envoyé en Angleterre[7]. Cantin et le reste du corps expéditionnaire s’entraînèrent alors jusqu’à la fin janvier 1915 avant d’être envoyés en France où se déroulaient alors les combats du front de l’Ouest.

    1915

    Le 27 janvier 1915, le soldat montréalais envoya cette carte postale (voir au haut de cette page) à Domina De Montigny avec la note suivante:

    « Monsieur, Je crois que se sont les dernières nouvelles que je vous envoie sur le sol anglais. Nous somme en bonne santé. Nous partons pour la France le 1 février. J.B. Cantin »

    Celle-ci est la plus vieille carte postale de Cantin que la SHLM possède dans le fonds d’archives P20[8]. Cantin et le corps expéditionnaire canadien avaient alors terminé leur formation dans la zone d’entraînement militaire se trouvant sur la plaine de Salisbury, dans le sud-est de l’Angleterre.

    Il faudra attendre jusqu’au 30 avril avant que Cantin ne réécrive à De Montigny. Cette fois-ci, il s’agit d’une lettre envoyée à La Prairie par l’entremise du YMCA (Young Men’s Christian Association). Dans celle-ci, Cantin raconte sa blessure subie lors de la deuxième bataille d’Ypres, en Belgique :

    […] J’ai été blessé à l’épaule gauche et a la jambe droite a la hauteur de la cuisse. J’ai a vous dire que les obus des allemands sont dur car il u en a une qui a fait explosion pret de moi j’étais sur une hauteur et quand je me suis réveillé j’étais dans un fossé a plusieurs verges. Je suis encore souffrant du gaz que j’ai respiré les journeaux doivent vous en avoir parler avant moi.[9] […]

    En effet, la deuxième bataille d’Ypres a vu, pour la première fois de la guerre, l’utilisation d’armes chimiques[10] par les Allemands. Cantin et le corps expéditionnaire y subirent de graves blessures.

    Pendant le mois de mai, le soldat montréalais écrivit une autre lettre ainsi qu’une carte postale mettant au courant De Montigny de l’évolution de son séjour à l’hôpital.

    Cantin se remit de ses blessures le 10 juin et envoya une carte postale avec une question adressée à De Montigny : « Monsieur, […] quel est l’opinion de la guerre nous il suffit d’être aux tranchées pour ne rien connaitre. Écrire c’est notre seule satisfaction que nous avons dans les tranchées. Quand les obus ne nous inonde pas trop. […][11] »

    Note: Toutes les transcriptions sous les images sont exactes. Aucune correction orthographique ou grammaticale n’a été appliquée.

    ______________________________

    [1] Lucien Martin, La Prairie. Regard sur un passé glorieux. 2017, 41-51.

    [2] Bibliothèque et Archives Canada, Dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale, Recherche : base de données, Item : Cantin, John Baptiste (26175), https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/dossiers-personnel/Pages/item.aspx?IdNumber=86651

    [3] Idem.

    [4] Idem.

    [5] Stacey, C.P., « Corps expéditionnaire canadien ».  Dans l’Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié février 06, 2006; Dernière modification mars 29, 2020. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/corps-expeditionnaire-canadien

    [6] Idem.

    [7] Idem.

    [8] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM.

    [9] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM.

    [10] Roy, R.H., et Richard Foot, « Le Canada et la deuxième bataille d’Ypres ».  Dans l’Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié juillet 27, 2006; Dernière modification décembre 04, 2018. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/deuxieme-bataille-dypres

    [11] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM.

    Candidat à la maîtrise en histoire à l’Université de Montréal (UdeM), Antoine Simonato est membre du CA de la SHLM depuis quelques années.   Domina De Montigny et Albina Guérin, quelques années après leur aventure au Klondike, décidèrent en 1907 d’acheter et de rénover l’Hôtel Martin (l’actuel 228 rue Sainte-Marie). Ils tinrent cet hôtel ouvert aux voyageurs et gens des environs jusqu’en 1922[1]. C’est durant cette période, à partir de 1915, que le couple De Montigny a entretenu une correspondance par cartes postales avec un certain Jean-Baptiste Cantin, un de leur ami montréalais qui se porta soldat volontaire dans les forces expéditionnaires canadiennes. C’est une courte partie de l’histoire de Jean-Baptiste Cantin qui sera racontée à travers la correspondance qu’a reçue le couple De Montigny. C’est aussi une histoire qui lie deux habitants de La Prairie au conflit sans précédent que fut la Première Guerre mondiale. Même s’il est souvent question d’histoire locale, celle-ci est interconnectée d’une manière ou d’une autre aux évènements ailleurs dans le monde. Qui est Jean-Baptiste Cantin? Jean-Baptiste Cantin naquit le 29 avril 1879 dans le village de Pointe-aux-Trembles, situé à l’extrémité est de l’île de Montréal. Selon son dossier du Corps expéditionnaire canadien[2], il s’est enrôlé le 22 septembre 1914 à l’âge de 35 ans. Il mesurait 1,75 mètre, avait les yeux bleus et les cheveux poivre et sel. Il fut affecté à l’unité du 14e bataillon des forces expéditionnaires canadiennes avec pour matricule 26175[3]. Dans son dossier, il n’est mentionné que deux membres de sa famille immédiate, soit sa sœur Béatrice Tardif, à laquelle il lègue dans son testament tous ses avoirs s’il venait à mourir. Son autre sœur est Mme Joseph Marrn[4]. Célibataire, il occupait précédemment les emplois de jardinier et de cocher. 1914 Si l’on se fie à l’histoire du corps expéditionnaire canadien[5], bien que le Canada, en tant que dominion de l’Empire britannique, entra immédiatement en guerre en août 1914 contre les empires centraux dont l’Allemagne, le pays n’avait pas de force militaire prête à s’engager dans la Grande Guerre. C’est ainsi que le Canada proposa à l’Angleterre l’envoi de 25 000 hommes. 35 000 se portèrent volontaires, dont 30 617 composèrent le premier contingent[6]. Jean-Baptiste Cantin fut l’un d’eux. Avec le corps expéditionnaire, il entreprit jusqu’en octobre, un entraînement rapide à la base militaire de Valcartier (Québec) pour ensuite être envoyé en Angleterre[7]. Cantin et le reste du corps expéditionnaire s’entraînèrent alors jusqu’à la fin janvier 1915 avant d’être envoyés en France où se déroulaient alors les combats du front de l’Ouest. 1915 Le 27 janvier 1915, le soldat montréalais envoya cette carte postale (voir au haut de cette page) à Domina De Montigny avec la note suivante: « Monsieur, Je crois que se sont les dernières nouvelles que je vous envoie sur le sol anglais. Nous somme en bonne santé. Nous partons pour la France le 1 février. J.B. Cantin » Celle-ci est la plus vieille carte postale de Cantin que la SHLM possède dans le fonds d’archives P20[8]. Cantin et le corps expéditionnaire canadien avaient alors terminé leur formation dans la zone d’entraînement militaire se trouvant sur la plaine de Salisbury, dans le sud-est de l’Angleterre. Il faudra attendre jusqu'au 30 avril avant que Cantin ne réécrive à De Montigny. Cette fois-ci, il s’agit d’une lettre envoyée à La Prairie par l’entremise du YMCA (Young Men's Christian Association). Dans celle-ci, Cantin raconte sa blessure subie lors de la deuxième bataille d’Ypres, en Belgique : […] J’ai été blessé à l’épaule gauche et a la jambe droite a la hauteur de la cuisse. J’ai a vous dire que les obus des allemands sont dur car il u en a une qui a fait explosion pret de moi j’étais sur une hauteur et quand je me suis réveillé j’étais dans un fossé a plusieurs verges. Je suis encore souffrant du gaz que j’ai respiré les journeaux doivent vous en avoir parler avant moi.[9] […] En effet, la deuxième bataille d’Ypres a vu, pour la première fois de la guerre, l’utilisation d’armes chimiques[10] par les Allemands. Cantin et le corps expéditionnaire y subirent de graves blessures. Pendant le mois de mai, le soldat montréalais écrivit une autre lettre ainsi qu’une carte postale mettant au courant De Montigny de l’évolution de son séjour à l'hôpital. Cantin se remit de ses blessures le 10 juin et envoya une carte postale avec une question adressée à De Montigny : « Monsieur, […] quel est l’opinion de la guerre nous il suffit d’être aux tranchées pour ne rien connaitre. Écrire c’est notre seule satisfaction que nous avons dans les tranchées. Quand les obus ne nous inonde pas trop. […][11] » Note: Toutes les transcriptions sous les images sont exactes. Aucune correction orthographique ou grammaticale n’a été appliquée. ______________________________ [1] Lucien Martin, La Prairie. Regard sur un passé glorieux. 2017, 41-51. [2] Bibliothèque et Archives Canada, Dossiers du personnel de la Première Guerre mondiale, Recherche : base de données, Item : Cantin, John Baptiste (26175), https://www.bac-lac.gc.ca/fra/decouvrez/patrimoine-militaire/premiere-guerre-mondiale/dossiers-personnel/Pages/item.aspx?IdNumber=86651 [3] Idem. [4] Idem. [5] Stacey, C.P., « Corps expéditionnaire canadien ».  Dans l'Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié février 06, 2006; Dernière modification mars 29, 2020. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/corps-expeditionnaire-canadien [6] Idem. [7] Idem. [8] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM. [9] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM. [10] Roy, R.H., et Richard Foot, « Le Canada et la deuxième bataille d’Ypres ».  Dans l'Encyclopédie Canadienne. Historica Canada. Article publié juillet 27, 2006; Dernière modification décembre 04, 2018. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/deuxieme-bataille-dypres [11] Fonds d’archives P20, Archilog, SHLM....

    Mot du président pour la nouvelle année

    En 2022, la SHLM soulignera les 50 ans de sa fondation. Hélas, au moment d’écrire ces quelques lignes, la situation avec la pandémie est plus qu’inquiétante, ce qui nous empêche de dresser la liste de nos activités ainsi que de nos événements à venir. Pourrons-nous reprendre nos conférences mensuelles en mode présentiel à partir du 18 janvier ? Nos locaux seront-ils fermés à moyen ou à long terme ?

    La plupart des activités en marge du 50e de la SHLM sont prévues entre la mi-juin et la mi-novembre. Cette période de l’année est la moins touchée par la contamination. Dès que nous serons fixés sur la suite des événements, nous pourrons produire un calendrier plus précis des animations planifiées afin de souligner cette année historique.

    Malgré un agenda difficile à prévoir, vous pouvez nous aider à remplir notre mission en posant un geste simple, mais combien important ; renouveler votre carte de membre au cours du mois de janvier.

    Bonne et heureuse année 2022

    Bonheur, prospérité et santé !

    Stéphane Tremblay

    Président

    En 2022, la SHLM soulignera les 50 ans de sa fondation. Hélas, au moment d’écrire ces quelques lignes, la situation avec la pandémie est plus qu’inquiétante, ce qui nous empêche de dresser la liste de nos activités ainsi que de nos événements à venir. Pourrons-nous reprendre nos conférences mensuelles en mode présentiel à partir du 18 janvier ? Nos locaux seront-ils fermés à moyen ou à long terme ? La plupart des activités en marge du 50e de la SHLM sont prévues entre la mi-juin et la mi-novembre. Cette période de l’année est la moins touchée par la contamination. Dès que nous serons fixés sur la suite des événements, nous pourrons produire un calendrier plus précis des animations planifiées afin de souligner cette année historique. Malgré un agenda difficile à prévoir, vous pouvez nous aider à remplir notre mission en posant un geste simple, mais combien important ; renouveler votre carte de membre au cours du mois de janvier. Bonne et heureuse année 2022 Bonheur, prospérité et santé ! Stéphane Tremblay Président...

    Chœur classique de La Prairie

    Dans le but de remercier la SHLM d’avoir participé à la gestion du piano du Sentier du Vieux-Fort l’été dernier, la Ville de La Prairie a offert aux bénévoles de la SHLM une paire de billets pour le concert du Choeur classique de La Prairie.

    Nous avons effectué un tirage le jeudi 25 novembre en présence de Caroline Laberge, Michel Daoust (nouveau membre) et Stéphane Tremblay. La gagnante est Mme Nicole Surprenant, bénévole à la vente de livres usagés d’octobre dernier.

    À cause des mesures sanitaires en vigueur, le concert, qui devait avoir lieu le 11 décembre, a dû être reporté au 12 mars 2022.

    Dans le but de remercier la SHLM d'avoir participé à la gestion du piano du Sentier du Vieux-Fort l’été dernier, la Ville de La Prairie a offert aux bénévoles de la SHLM une paire de billets pour le concert du Choeur classique de La Prairie. Nous avons effectué un tirage le jeudi 25 novembre en présence de Caroline Laberge, Michel Daoust (nouveau membre) et Stéphane Tremblay. La gagnante est Mme Nicole Surprenant, bénévole à la vente de livres usagés d'octobre dernier. À cause des mesures sanitaires en vigueur, le concert, qui devait avoir lieu le 11 décembre, a dû être reporté au 12 mars 2022....