- Au jour le jour, février 1999
Lettre à Monseigneur J. Octave Plessis
Lettre adressée à Monseigneur J. Octave Plessis, évêque de Québec, par l’abbé Jean-Baptiste Boucher de Belleville, curé de La Praire de 1792 à 1839.*
La Prairie, 24 nov. 1807
Monseigneur,
C’est avec une véritable douleur que je me vois forcé de donner à votre Grandeur connoissance des désordres qui ont eu lieu dernièrement dans notre Village, formé en grande partie, il faut le dire pour l’honneur de la Prairie, de pièces rapportées de tous les lieux. Il s’est fait tous les soirs, hors dimanche, depuis mardi le 17 du courant, un charivari où se sont commis tous les excès, toutes les impiétés dont est capable une vile canaille sans honneur, sans foi, sans moeurs et sans frein, et où se sont vociférés les injures les plus atroces, les propos les plus orduriers, les plus infames, qui décéloient les coeurs les plus corrompues, masques hideux, travestissements abominables de garçons en filles, profanations des cérémonies et chants funèbres de l’Église, toutes les horreurs ont été employés, enfants, jeunes gens, pères de famille, filles et femmes, presque tous, l’exception n’est pas considérable, y ont pris part ou par leur conseil ou leur présence et leurs applaudissements, ou par leurs paroles ou leurs actions; ou en fabriquant ou prêtant masques, cercueils, vêtements, ou autres apparaux de charivari. Jamais on ne vit semblable désordre dans nos campagnes.
Dimanche dernier, après avoir dit tout ce que je pus pour arrêter le désordre, j’annoncai qu’en attendant les ordres de Votre Grandeur, je n’admettrois aux sacremens aucun de ceux qui avoient pris part active au charivari, ceux qui ont fourni ou fabriqué soit masques, ou quoique se soit pour le foin. Les filles et femmes qui ont eu la bassesse de prêter pour cela leurs vetements, enfin les pères et mères, maitres et maitresses qui ont souffert que leurs enfans ou domestiques y prissent part.
J’annoncier de plus que cette année je ne ferois point la neuvaine de St-Francois Xavier dont il m’y avait guère que les personnes du village qui profiter, et dont peu étoient dignes, et que si le tumulte ne cessoit point, il n’y auroit point de Messe de Minuit.
Le désordre si ce point cessé; en mépris de ce que j’avois prêché, les noms de curé et de prône ont retenti la nuit dernière parmi les atrocités addressées aux Epoux; et à une espèce de convoi funèbre auquel assitoient peut-être 100 personnes, dix environ sans le masque, on a remarqué un surplis et un camail … parmi les coupables, plusieurs étoient pour être confirmés …. Les gens de campagnes n’ont point pris de part à ses horreurs, on en accuse deux ou trois.
Je suis avec le plus profond respect de Votre Grandeur
Le très humble et obéissant serviteur
J. B. Boucher
ptre
- Au jour le jour, janvier 1999
Steven Simmons, l’itinérant (suite)
Steven prenait part aux récoltes de pommes de terre, tomates, haricots, etc. Vers 3h.de l’après-midi, il se rendait à la maison et demandait : «Madame, me garderiez-vous à coucher ?» mais oui, reste mon prophète, lui répondait la maîtresse de maison. Pour témoigner sa reconnaissance, Steven prenait part à la corvée de la lessive en brassant manuellement le moulin et en effectuant les changements d’eau.
Le coucher à l’étage, amusait les garçons et ceux-ci faisaient de gros efforts pour ne pas rire du spectacle de la prière de Steven. Agenouillé au pied du lit, à haute voix, le très catholique Irlandais s’adressait longuement et directement à Dieu.
«Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit.
J’aime Dieu, je me donne à Dieu,
J’ai un grand regret d’avoir offensé Dieu »
Suivait ensuite le Je vous salue Marie et un grand nombre d’autres prières héritées de son enfance. Ayant terminé, il s’allongeait sur son matelas très confortable, dont l’enveloppe de coutil était bourrée de feuilles de blé-d’Inde séchées.
Dans les campagnes, lorsqu’arrivait Steven, on disait, voilà prophète celui qui prédit la température. Le rituel était le suivant : prophète appuyait son oreille sur le mur extérieur, frappait quelques coups et écoutait longuement. Avec assurance il rendait son pronostic : demain, il fera beau ou mauvais ! On le croyait, ou presque, et les cultivateurs qui le logeaient organisaient en conséquence la journée du lendemain.
Tous les fermiers qui logeaient prophète entretenaient ses vêtements et lui donnaient également pantalons, chemises et autres. Chez Ulric Page et Alfred Lefort on le recevait particulièrement bien et on se montrait généreux envers l’itinérant, ami de tous.
Arriva un été où prophète ne revint plus ; personne ne connut jamais ce qu’il lui était advenu.
Dans les mémoires, on se souvint longtemps de l’Irlandais, foncièrement bon, qui visitait annuellement la campagne de La Prairie. Plusieurs même regrettaient son passage, l’étranger des vieux pays était devenu un des leurs.
- Au jour le jour, janvier 1999
SHLM Nouvelles
Projet local de développement des compétences
C’est avec plaisir que nous vous annonçons un autre projet approuvé qui débutera fin janvier: Projet local de développement des compétences,
4 employés pour une période de 26 semaines
I.- historien-recherchiste : Recherche bibliographique sur les personnages typiques, historiques de la grande région de La Prairie et les grands thèmes de l’histoire. Le résultat de ces recherches sera mis à la disposition des étudiants qui participent au projet Dialogue avec l’histoire.
II.- archiviste : Préparation de l’état général des fonds et collections d’archives de la SHLM. Faire la mise à jour du guide d’utilisation de notre logiciel d’archives (ARCHI-LOG)
III.- infographiste: Agencement graphique de la cartographie passée et actuelle de la Seigneurie de La Prairie pour CD-ROM. Actualiser la partie graphique de notre site WEB et réaliser l’album photographique.
IV.- agent de développement : Structuration du service des bénévoles en concevant une pochette promotionnelle, et organiser un événement promotionnel des activités.
Rayonnement de notre site WEB
Nous y avons ajouté notre bulletin «Au jour le jour» et recevons par Internet des commentaires et demandes d’un peu partout. Dernièrement M. Ken Eaton, de Californie, envoyait un message demandant si son ancêtre Clément Leriger avait été inhumé dans la crypte de l’église. La réponse lui est venue rapidement, grâce à la magie d’INTERNET.
La restauration de notre local débutera avec la fin de l’hiver. Tous les membres et amis de la SHLM sont donc invités au local de la rue Sainte-Marie tout au long de l’hiver.
Remerciements à tous ceux qui ont renouvelé leur carte de membre et un rappel à ceux qui auraient oublié.
- Au jour le jour, janvier 1999
Conférence: La famille X: trajet d’un immigrant entre 1850 et 1920.
Conférence du mois
Le 20 janvier à 20 heures
M. Jean-Paul Viaud
Sujet: «La famille X: trajet d’un immigrant entre 1850 et 1920.»
- Au jour le jour, janvier 1999
Le patrimoine familial : Comment bien conserver ses photos
Nous avons déjà publié un article dans ce bulletin sur l’importance de la conservation du patrimoine familial. Rappelons-nous que les archives familiales sont variées et comprennent entre autres: des papiers d’identité, des documents relatifs aux études, au travail, aux activités financières, sociales et culturelles. On y trouve également des documents juridiques, des documents intimes ainsi que des souvenirs divers.
Aujourd’hui, nous souhaitons vous faire part de quelques conseils au sujet de la conservation de votre collection de photographies familiales.
Ce qu’il faut éviter de faire:
! ne conservez pas vos photos en vrac dans une boîte, qu’elle soit de carton ou de métal
! ne les placez pas près d’une source de chaleur ou dans un endroit exposé au soleil
! évitez à tout prix les albums dits «magnétiques», à surface collante
! ne jamais ranger votre matériel dans un endroit humide
! il ne faut jamais écrire sur les photographies ni sur leur bordure
Ce qu’il faudrait faire:
→ faites le tri de vos photos et classez-les par sujets ou selon l’ordre chronologique
→ utilisez un album avec pages de papier sans acide ou des pochettes transparentes
→ adoptez les coins à photographies transparents, en mylar
→ identifiez correctement l’événement ou les personnes représentées sur la photo, n’attendez pas que la mémoire vous fasse défaut
→ assurez-vous que l’identification ou la légende demeure liée à la photo
→ rangez vos albums à plat sans les écraser ou encore à la verticale
→ n’attendez pas qu’une partie de votre collection soit perdue ou détériorée avant de vous mettre sérieusement au travail
- Au jour le jour, janvier 1999
Edme Henry: histoire complémentaire
N.B. L’anecdote qui suit est tirée de la série «Nos racines» l’histoire vivante des Québécois, numéro 34, page 679.
Madame Henry rentre à Québec
La tradition insiste sur un fait : avant 1855 aucun navire français ne navigua dans les eaux québécoises.
C'est péremptoire … et faux. Le 29 mai 1772, une goélette française, partie des îles françaises de Saint-Pierre et Miquelon, filait doucement vers Québec, portant fièrement le drapeau français. Les autorités anglaises, sidérées par la manœuvre, demeurèrent comme paralysées … Incapables de protester lorsque la goélette se présenta pour obtenir sa place au port, elles ne trouvèrent pas davantage de force pour la repousser. C'est un beau cas où la naïveté, conjugée avec l'ignorance des lois anglaises, réussit à conquérir les plus sévères légistes.
La goélette portait une douzaine de passagers, des Canadiens et des Acadiens, un musicien français ainsi qu'une femme de race noire. Le capitaine Dangeac était muni d'un passeport émis par le gouverneur des îles françaises ainsi que d'une lettre expliquant pourquoi le navire jetait momentanément l'ancre devant Québec.
Il y avait, à son bord, une jeune femme, madame Henry, ainsi que ses enfants. La femme, à cause de son mauvais état de santé, rentrait dans son pays natal pour récupérer et s'y faire soigner.
Son mari, lui-même « médecin du roi » aux îles Saint-Pierre et Miquelon, avait payé les frais de cette expédition. On demandait s'il n'était pas possible, en échange de billets et d'or, de remplir les cales de la goélette de provisions rares aux îles.
Cramahe se montra conciliant. Il laissa, semble-t-il, descendre madame Henry et il fit savoir à son mari que s'il acceptait de prêter serment de fidélité au roi, il serait accueilli ici. Le vaisseau fut chargé de farine, de biscuits et d'autres provisions dont on ignore la nature et il s'en retourna, tout bonnement, comme il était venu.
Cependant, le capitaine Dangeac, un ancien capitaine des troupes françaises en Nouvelle-France, ainsi que le gouverneur des îles devaient apprendre et ne pas oublier que tous les navires entrant sans permission dans les eaux britanniques sont considérés comme étant propriété de l'Angleterre et, à ce titre, confisqués… Cramahe, craignant à juste titre de se voir reprocher son geste magnanime, s'empressa d'en communiquer lui-même tous les détails à ses supérieurs dans les lettres datées du 3 juillet, du 25 juillet et du 10 octobre 1772.
On se demande qui était madame Henry. Il s'agissait probablement de Geneviève Fournier qui avait épousé le chirurgien Edme Henry, à Longueuil, le 20 janvier 1760. On a cru, généralement, que cet ancien chirurgien-major du régiment Royal Roussillon était rentré en France, malgré l'absence de son nom sur les listes des officiers s'embarquant en novembre 1760 pour la France. On avait, jusqu'à cette histoire de frégate, perdu toutes traces d'eux. Leur fils, Edme Henry, qui avait été baptisé à Longueuil le 15 novembre 1760 est devenu notaire, à Montréal, en 1783. Edme père était-il rentré? En tout cas, ni lui, ni Geneviève Fournier n'ont été vraisemblablement inhumés ici.
- Au jour le jour, janvier 1999
Steven Simmons, l’itinérant
Dans les années 1915-25, circulait régulièrement dans les campagnes de La Prairie, un itinérant que les cultivateurs accueillaient volontiers chez eux. Voici son histoire, telle que racontée par une octogénaire de La Prairie.
Steven Simmons, l’Irlandais, était venu au Québec via l’Angleterre. De son enfance, personne ne savait le récit. Pourquoi ce célibataire avait-il décidé d’émigrer ? Il était libre de tenter l’aventure pour un pays nouveau délaissant l’Irlande où sévissaient de sérieux problèmes économiques. Physiquement, Steven ne pouvait passer inaperçu. Plutôt chétif, il mesurait à peine 5 pieds. Ses cheveux noirs frisottant et toujours en bataille encadraient un visage aux pommettes saillantes dans lequel brillaient des yeux qui scrutaient ses interlocuteurs.
Son passage à La Prairie s’effectuait à la fin de l’été et à l’automne. D’où venait-il? Personne ne l’interrogeait à cet effet. On savait qu’il avait passé l’hiver dans la région des Cèdres, près de Montréal. Sa bonne santé témoignait du confort dont il avait joui.
La Côte St-Lambert était son point d’arrivée à La Prairie. Les fermiers l’accueillaient, dont les Boyer, pour quelques jours. Toujours poli, sans insister indûment, il sollicitait le gîte et le couvert. On le recevait, presque à titre d’ami, sans méfiance aucune. Il jouissait d’une réputation d’honnêteté proverbiale.
La fille d’Arthur Desrosiers relate plus en détail un séjour à la ferme. Voyageant par la route de terre, Steven longeait la commune, à la sortie du village ; la première maison était située sur les rives du fleuve. Steven attendait sur le perron. Après un temps d’arrêt il frappait à la porte. Timidement il demandait à Mme Desrosiers :«Madame, puis-je manger chez vous ?» Celle-ci le recevait chaleureusement et l’invitait à partager le repas.
- Au jour le jour, décembre 1998
Menu conférences 1999
20 janvier 1999
Jean-Paul Viaud du Musée ferroviaire canadien de Saint-Constant
Sujet : La famille X, trajet d’un immigrant entre 1850 et 1920
17 février 1999
Julie Hamel, commissaire au développement de la ville de La Prairie
Sujet : son travail et les réalisations en cours
17 mars 1999
Gaétan Bourdages, enseignant en histoire
Sujet : Les Patriotes à La Prairie
21 avril 1999
François Lafrenière, historien et membre du Conseil culturel de la Montérégie
Sujet : la Guerre de 1812 et le clergé canadien
- Au jour le jour, décembre 1998
Nouvelles
Une histoire de cœur pour l’an 2000
C’est avec beaucoup d’enthousiasme et de dynamisme qu’a eu lieu la rencontre d’échange du 29 novembre dernier. À cette occasion, les membres présents ont pu partager une réflexion concernant l’avenir de la Société historique de La Prairie de la Magdeleine. Cette expérience enrichissante se poursuivra prochainement. C’est à suivre.
Vœux
Le Conseil d'administration et le personnel de la Société historique de La Prairie de la Magdeleine présentent à tous les membres, leurs meilleurs vœux à l'occasion des fêtes de Noël. Que la nouvelle année vous apporte amour, joie, santé et prospérité.
Horaire
Pour la période des Fêtes le local de la Société historique sera fermé du 21 décembre 1998 au 4 janvier 1999.
Décès
Nous offrons nos sympathies à la famille de Marcelle Lussier, décédée dernièrement. Elle était la sœur de Raymonde Lussier-Gagnon, membre de la Société historique de La Prairie de la Magdeleine.
Jean L’Heureux, notre président, a perdu son père récemment, Monsieur Arthur L’Heureux. Il remercie tous les membres qui lui ont témoigné leurs sympathies à cette occasion.
- Au jour le jour, décembre 1998
Journal d’un curé de campagne (Partie 2)
L’abbé Florent Bourgeault fut curé à La Prairie de 1877 à 1891. Durant son séjour il rédigea une véritable chronique des principaux événements qui marquèrent sa vie de pasteur (Faits et gestes de La Prairie 1877-1899) et dont la Société historique possède une retranscription. Tout y est : incendies et incendiaires, maladies contagieuses, accidents, fêtes religieuses, vols, eau montée, chemin de fer etc. Nous vous proposons ici une dernière partie de quelques extraits représentatifs du style du rédacteur et des mœurs de l’époque.
Mort accidentelle par noyade…
12 avril Luc Rousseau Noyé – On l'appelait St Luc Labonté plus souvent que Luc Rousseau.
Le 12 avrill 1879, Samedi Saint, Luc Rousseau, cultivateur du nord de la Côte St Lambert, paroisse de Laprairie, revenait de la ville sur la glace, avec son fils Alphonse, et un de ses neveux fils de Pierre Roy : de Longueuil, nommé Joseph lorsqu'ayant laissé la grande Traverse de la Prairie pour se rendre chez lui, il calla dans la mauvaise glace avec sa voiture (légère) et ses deux compagnons. Le jeune Roy sauta le premier sur la glace et retira Alphonse Rousseau, mais il ne put retirer son père qui n'a pas réparu (ressous). Il était environ 4 heures après midi – Personne n'était avec eux dans le moment. – Ils ont calé dans le grand courant – Le corps ne sera pas retrouvé que lorsque la glace sera partie, et on le retrouvera sans doute que bien loin en bas de l'endroit de l'accident. – L'accident a eu lieu a peu près vis-à-vis de chez Pierre Roy, première maison de la paroisse de Longueuil. La voiture et le cheval ont été retrouvés à la fin de Mai une demi lieue bien en haut de l'église de Contrecoeur et le corps du Noyé a été retrouvé dans le courant devant Longueuil le 5 juin 1879 – bien décomposé. Il a été inhumé à La Prairie le 7 juin 1879.
Un nouveau train vers Saint-Lambert…
4 Juin 1880 Commencement des Travaux du Chemin de fer sur la commune.
Aujourd'hui on a commencé à 7 heures du matin les travaux de terrassement du Chemin de fer de St Isidore à St Lambert, qui porte le nom de Chemin de fer de jonction de Montréal et Champlain, sur la commune, au delà du village entre le chemin qui conduit à St Joseph – et l'alignement de la rue St Henri au sud du Fort Neuf. –
M. Foster, l'un des directeurs de la Compagnie – était présent et Me Faslane, conducteur de travaux – étaient présents – Les employés étaient les hommes du village. J’avais été invité pas M. Foster pour assister à l'inauguration des travaux; mais il y avait ce matin deux services et je n'ai pu aller voir les travaux qu'après 10 heures. Espérons bien de ce chemin de fer qui est le dernier sur lequel La Prairie pouvait compter être en communication facile avec la Ville. L'automne et le printemps, surtout. Il a été difficile de le faire poser au Village il a fallu se donner bien de la peine et offrir à la Compagnie plusieurs avantages – par exemple – le terrain gratuitement sur la commune, l'exemption de taxes Municipales et scolaires pendant au moins 25 ans, vote de deux mille piastres de la part du village et de mille piastres de la part de la Campagne. Les 2 règlements pour ces votes ne sont pas encore approuvés par les électeurs. Quand ils se seront prononcés, je le marquerai en marge – pour rencontre. […]
15 Décembre 1880. Commencement des voyages du chemin de fer Montréal et Champlain Junction Co, entre Saint Isidore et Brosseau (Les Prairies) passent par La Prairie. – Les journaux annoncent que les chars vont commencer le 15 Décembre 1880 Mercredi à circuler régulièrement entre Saint Isidore et la station Brosseau (Les Prairies) sur le nouveau chemin de fer 201 – de la Montréal et Champlain Junction Co Compagnie de Jonction de Montréal et Champlain. Les trains venant des États Unis et du Sud du Canada au lieu de passer par St Isidore et Caughnawaga se dirigeront de St Isidore à St Constant à La Prairie et iront rejoindre le Grand Tronc à la Station Brosseau Les Prairies pour se diriger vers Montréal par St Lambert et le Pont Victoria. La traverse en bateau à vapeur entre Caughnawaga et Lachine est supprimée. On fait à Caughnawaga et à Lachine ce que l'on a fait à La Prairie quand on a dirigé les trains de St Jean à Montréal par St Lambert avant le Pont Victoria déjà sans passer par La Prairie suivant aussi La Prairie du terminus du chemin de fer Montréal et Champlain. II n'est resté à La Prairie q. le quai qu'on voit encore en demeure au Sud du village. Le vrai nom de la Cie est celui-ci (« Montréal et Champlain Junction R. R. », Chemin de fer de Jonction de Montréal et Champlain. Le chemin de fer jonction du St Laurent et du lac Champlain a pour terminus Sorel et Stanbridge.
Incendie des casernes…
14 Septembre 1882. Incendie et destruction des casernes.
Le 14 sept. 1882 vers 1 h. p.m. les immenses bâtisses en bois à 3 étages, construites par delà la Barrière qui se trouve au Sud ouest de la Commune sur le Bord de l'eau sont devenues la proie les flammes qu'en moins de 2 heures les ont complètement détruites malgré les efforts des Pompiers du Village q. ne pouvaient rien faire d'efficace vu la force du vent de Sud q. soufflait alors – Dans un des logements des Casernes vivait avec sa famille le Colonnel Moore q. était payé par le gouvernement Fédéral pour les garder. Le feu aurait pris à sa cheminée et se serait porté sur le toit de la partie qui faisait saillie au Sud ouest. Le colonel aurait perdu une partie de son mobilier. – Les Casernes dataient de 1812 ou à peu près. Une grande bâtisse qui était en pierre et qui s'appelait l'Hôpital avait été détruite par le feu depuis assez longtemps.
La lampe du sanctuaire
– 11.5.1890 – La lampe de l'Autel St-Joseph; Lampe du St Sacrement.
La lampe de l'autel de St Jos (Autel des Congréganistes de Ste Vierge) belle en son temps, a été donnée par Alphonsine Bisaillon, fx Ls & Suzanne Benoit, en 1870. Elle a donné la lampe avt de mourir, mais je crois qu'elle a été achetée après sa mort. – En 1890, cette lampe étant toute désargentée ne convient pl à la place q'elle occupt: il fallt, ou la faire argenter de nouv, ou en acheter 1 neuve. Ms 1 personne (ma sœur Barbe Bourgeault, q ne veut pas q son nom soit mentionnée en plublic) avt fait la promesse ds en acheter une. Elle l'a achetée en effet, le 24.4. 1890, chez CB Lanctot, marchd d'ornaments d'église, rue ND, Mtl, au prix de $25,00. J'ai fourni le gland d'or, de $2.50, & 1 de soie de $1.10. – La lampe remplacée par cette nouv. lampe, sera réparée & argentée de nouv, à mes frais, & sera donnée aux Frères de l'Instructn Chrét pour la chapelle de lr noviciat à LP. Je l'ai dit aujourd à la paroisse, sans dire q je fers les frais de l'argenture, &c. La lampe du sanctuaire, ou de Ssacremt, q date de loin (ds les comptes de 1759, on voit q'on a payé £12. ou francs ($2.00) pr préparer la lampe de l'église & q'on achetée 1 lampe, sans doute celle dt il est questn ici, car on a acheté des chandeliers argentés, (la lampe devant l'être aussi) a été convenable autrefs, grande & solide, sans être élégante. Actuellmt elle est tellmt désargentée q'il faudrt l’argenter de nouv, mais elle bossée & d’ailleurs les oreilles, q st verticales, comme des oreilles de chaudière, la rendent désagréable. [Le curé raconte ici qu’il a acheté à Montréal une lampe neuve au prix de $25.]
L’ancienne peut servir pour la nouvelle paroisse – & je tacherai de l’utiliser ainsi.