- Au jour le jour, février 2002
La vie… de nos ancêtres
Peu de documentation nous est parvenue sur la vie quotidienne des pionniers de la Nouvelle-France. La majorité des documents sont des échanges d’ordre administratif ou de la correspondance privée portant surtout sur les nouvelles des événements récents.
Nos premiers ancêtres, généralement peu ou pas instruits, avaient, force des choses, bien d’autres préoccupations que d’écrire et conter leur vie.
Grâce au régime notarial et autres prescriptions instaurées dans la colonie, nous profitons d’une manne exceptionnelle dans les nombreux actes qui ont été conservés. Ces actes – spécialement les inventaires après décès – nous aident à entrevoir certains aspects de la vie quotidienne de nos aïeux.
Une question universelle demeure : pourquoi notre ancêtre a-t-il choisi de quitter son pays natal pour venir s’établir dans la colonie?
Par l’étude de l’histoire générale, nous jonglons avec les notions de guerres, de surpopulation (?), de famines, de goût de l’aventure, etc. pour expliquer leur décision. Sans doute, tous ces facteurs tenaient-ils pour une bonne part dans leur choix.
Si nous connaissions les conditions de vie de la population française et le contexte économique et politique local à l’époque de la colonisation, nous pourrions entrevoir d’abord la réponse à notre question et surtout comprendre ce que les émigrants ont certainement importé de leurs habitudes vestimentaires ou agricoles, de leur mode de vie, de leur culture générale, de leurs connaissances techniques, etc.
Des chercheurs français ont exploré ce domaine en dépoussiérant des quantités de documents et actes anciens pendant des années.
L’un de ceux-ci, Pierre GOUBERT, historien de l’Ancien Régime, a publié en 1982, aux Éditions Hachette, un volume intitulé La vie quotidienne des paysans français au XVIIe siècle. (Disponible dans notre bibliothèque sous la cote HIS FRA 009).
Épisodiquement, nous publierons des extraits très intéressants de ce volume. Nous espérons que vous les apprécierez autant que nous.
La maison du paysan de France
« … les maisons rurales du XVIIe siècle français reflétaient généralement – on s’en doute – la pauvreté, la médiocrité ou l’aisance de qui les habitait.
Au petit journalier, détenteur d’un jardin, d’un lopin, de deux brebis, travaillant en saison chez les autres, filant ou ouvrant le bois chez lui, la classique chaumière, la "chaumine enfumée" du précis Jean de la Fontaine, sans doute majoritaire dans l’ancienne France.
De pierre ou de torchis selon la région, avec tout de même une cheminée solide, de la pierre autour de la porte et de la fenêtre, une charpente simple de bois du pays, et pardessus, du roseau, de la paille de seigle, de la brande ou de la fougère, avec quelques gros cailloux pour protéger la toiture du vent.
Là-dessous, une seule pièce, trapue ou allongée (avec l’étable parfois dans un bout). Sous les pieds nus (on prend les sabots pour sortir), la terre battue avec parfois de la paille ou des branchages, le tout plus ou moins délavé de pluie, d’humidité descendue des murs, d’urine et de fientes de poule. Le "foyer", cœur de la maison, est habituellement garni d’une crémaillère et d’un pot; on s’y chauffe, quand la porte n’est pas ouverte pour assurer le tirage de la cheminée.
Le vent, la pluie, le petit bétail et tous les parasites de la création – rampants, gratteurs, sauteurs – y entrent familièrement. Outre le froid (mais on s’en protège par de vieux manteaux, des couvertures puceuses et des "poches" – nos sacs) – l’ennemi principal est l’arsin, l’incendie si fréquent alors, mais qui procure au moins des dispenses d’impôts. Incendies d’autant plus brutaux que le chaume brûle très vite, et que l’eau du puits et de la fontaine est située souvent loin, et qu’on ne dispose guère que d’un seau (de bois cerclé de fer) pour la transporter. »
- Au jour le jour, février 2002
Le patrimoine bâti de La Prairie
« L’automne a été long et très bel, l’eau était si basse que le bateau de La Prairie a cessé de traverser vers le 20 octobre. Pendant l’automne, ils ont construit le rempart depuis le terrain de Dame A. Charlebois jusqu’au carré compris. De plus, ils ont creusé les fondations du bureau de poste. »
Extrait du journal du curé Florent BOURGAULT
La maison du député CHARLEBOIS, rue Saint-Ignace, construite entre 1875 et 1980, logea au rez-de-chaussée la Banque d’Hochelaga en 1904.
Fusionnée à cette dernière, la Banque Nationale occupa l’édifice en 1924. Cette maison de style victorien existe toujours.
Le carré dont il est question est le parc public situé en face de la résidence des Sœurs de la Providence. On y accueillait les personnes âgées et les orphelines.
Le rempart est un mur de béton servant à contenir les glaces lors des inondations occasionnées par la débâcle du printemps.
- Au jour le jour, février 2002
La Saint- Valentin
L’histoire nous rapporte l’existence de sept (7) saints chrétiens prénommés Valentin.
Dans la Rome antique on fêtait, le 15 février, l’arrivée du printemps, occasion de réjouissances. Lors de ce renouveau de la nature, on organisait une sorte de loterie de l’AMOUR.
On tirait au hasard les noms des garçons et des filles inscrits, et les couples ainsi formés s’engageaient à sortir ensemble toute l’année. Un hasard qui se transformait quelques fois en union dans le mariage.
De nos jours, on inonde nos magasins de chocolat, de fleurs, etc. La tradition initiale s’est transformée en mercantilisme. Certains « amoureux » profitent de l’occasion pour témoigner leur amour à leur bien-aimée. Par contre, d’autres se croient obligés d’offrir un cadeau pour plaire ou se faire pardonner!
À tous nos membres, joyeuse Saint-Valentin!
NDLR Des centaines de villes et villages du Québec portant un nom issu du patrimoine religieux, un seul Saint-Valentin, près de Saint-Paul-de-l’Île-aux-Noix en Montérégie.
- Au jour le jour, janvier 2002
À propos du bulletin
Éditeur :
Société d’histoire de La Prairie de la Magdeleine
Internet : www.laprairie-shlm.com
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
Collaborateurs :
Coordination : Johanne McLean, secr.
Rédaction : Gilbert Beaulieu (361); Laurent Houde (277); Jean L’Heureux (179); Raymond Monette (284)
Révision : Gilbert Beaulieu (361); Claudette Houde (126)
Infographie : Révisatech
Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.
Siège social :
249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Tél. : 450-659-1393
Téléc. : 450-659-1393
Courriel : [email protected]
Les auteurs assument l’entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l’éditeur
- Au jour le jour, janvier 2002
Échos de la bibliothèque
Avis de recherche
Aux fins de recherches historiques autant que généalogiques, nous essayons d’agrémenter la bibliothèque de volumes et de collections variés et jugés essentiels, que complètent les Fonds d’archives.
Les membres et les chercheurs ont ainsi à leur disposition des outils de grande valeur, ce qui leur évite des déplacements vers d’autres centres.
Certaines de nos collections sont incomplètes, situation que nous aimerions changer et dont nous faisons un objectif pour 2002.
Nous faisons appel à votre aide pour combler les vides. La liste suivante est partielle mais compte parmi les priorités.
- Vol. XVIII Inventaire des greffes de notaire du Régime français, Louis Chambellon, 1ère partie, 1692-1702
- Vol. 42 Rapport de l’archiviste de la Province de Québec, période 1961-1964
- Revue d’histoire de l’Amérique française, Vol. 11 à 55 (1957 à 2001), plusieurs numéros absents
- PRDH Volumes 18 à 26 et 31 à 35
- Bulletin de recherches historiques (BRH), Numéros 1 à 28 (1895 à 1922)
- Bulletin de recherches historiques (BRH), Index, Vol. III, 1895-1925
Si vous possédez l’un ou l’autre de ces volumes et que vous daigniez en faire don à la Société, votre geste serait grandement apprécié et vous auriez toute notre reconnaissance.
Nous apprécierions également être avisés si certains de ces ouvrages devenaient disponibles dans une librairie de livres usagés, ventes de liquidation, marchés aux puces, etc.
À vendre
Plusieurs numéros des Mémoires de la Société de généalogie canadienne-française.
Liquidés à un prix d’aubaine : 3 $ chacun.
S’adresser au local de la SHLM.
- Au jour le jour, janvier 2002
Saviez-vous que…
Le premier enfant baptisé à La Prairie un jour de l’an fut Marie-Anne BARROIS en 1680, fille d’Antoine m. Anne LEBER. Il était chirurgien. Il serait décédé entre 1684 et 1689 en Nouvelle-Hollande (l’état de New York actuel).
Il fallut attendre 1735 pour le premier baptême du 25 décembre. Ce fut celui de Marguerite LONGTIN, fille de Gabriel m. Marguerite DENIGER
- Au jour le jour, janvier 2002
Conférence : recherches généalogiques en France grâce au Fichier Origine
Recherches généalogiques en France grâce au Fichier Origine
par : M. Marcel FOURNIER, historien, généalogiste, Prés. SGCF
Le Fichier Origine est le répertoire informatisé des actes français et étrangers sur les origines familiales des émigrants français et autres établis au Canada des origines à 1865.
Le dépouillement et la publication des actes de naissance et de baptême de ces émigrants sont le résultat d’une entente franco-québécoise regroupant plusieurs organismes.
Réf. www.genealogie.com/fichier.origine
- Au jour le jour, janvier 2002
C’est la vie… de la SHLM
Nouveaux membres
La SHLM accueille régulièrement de nouveaux membres. Il nous fait plaisir de souligner l’adhésion des dernières personnes à joindre nos rangs et de leur souhaiter la bienvenue :
Mme Lise DUBOIS, Brossard, 248
Appel à tous
Nous entreprenons la création d’une nouvelle banque de données à l’image de celle qui a été faite pour La Prairie. Celle-ci se rapporterait aux baptêmes, mariages et décès de Saint-Philippe (BMS Phil.).
Pour débuter rapidement, nous faisons appel à tous ceux qui, en cours de recherches généalogiques sur leur ascendance familiale, ont relevé des données de cet ordre.
Nous apprécierions beaucoup :
a) faire copie de vos données pour les incorporer dans notre BMS;
b) si vous avez trouvé certaines de ces données dans des volumes d’histoire ou de généalogies de familles, en connaître la référence.
Nous vous en remercions à l’avance, cela nous sera éminemment utile. Cette nouvelle banque de données sera également très profitable pour les visiteurs et une réponse rapide aux demandes régulières que nous recevons de descendants des vieilles familles de La Prairie.
ISSN
À partir de cette édition, vous remarquerez, dans le cartouche en p. 8, une nouvelle inscription : ISSN 1499-7312. C’est un numéro d’identification de notre bulletin auprès des archives québécoises et canadiennes auxquelles deux exemplaires de chaque parution seront remis pour classification et conservation.
Notre bulletin, répondant ainsi aux exigences de la loi, rejoint des milliers de périodiques dans notre patrimoine archivistique.
Hommage aux membres fondateurs
Lors de l’assemblée générale du 21 juin 2001, une résolution a été votée en faveur de reconnaître la participation émérite des fondateurs de la Société en leur octroyant le titre de membres honoraires à vie à l’occasion du 30e anniversaire de fondation.
Les fondateurs, requérants des lettres patentes, étaient Messieurs Réal LEGAULT, S-Yves DUCLOS, Ernest ROCHETTE et Réal CUILLERRIER ainsi que Mesdames Claudette HOUDE et Denise LANDRY.
De ces personnes, seul Ernest ROCHETTE est décédé.
Selon nos règlements généraux, révisés et adoptés à la même assemblée, les membres honoraires jouissent des mêmes privilèges que les membres réguliers avec, toutefois, exemption du paiement annuel de la carte de membre.
A.G. de la Fondation de la SHLM
La Fondation tiendra sa première assemblée annuelle le 22 janvier 2002 à 19 h au local de la Société, 249, rue Sainte-Marie, La Prairie.
Lors de cet événement, vous pourrez prendre connaissance des objectifs et des accomplissements de la Fondation depuis les deux dernières années.
Je me joins à M. Jean-Eudes GAGNON, président de la Fondation, pour vous inviter à cette soirée.
Jean L’Heureux, président
- Au jour le jour, janvier 2002
Un rappel
Nos conférences mensuelles :
Maintenant le 3ème mardi du mois, donc
janvier : le 15 et février : le 19
- Au jour le jour, janvier 2002
Message du président
Nous atteignons, cette année, notre trentième année d’existence. La majorité des fondateurs de notre Société (un seul nous a quittés) a pu suivre avec satisfaction, de très près ou d’un peu plus loin, le développement de l’organisme et l’évolution des objectifs qu’ils avaient fixés au moment de son institution.
Leur action était un geste d’intérêt, d’amour, de passion même pour l’histoire locale de La Prairie et de ses influences sur la colonisation et la transformation de la région.
Tous, au moment de notre adhésion et en nous associant aux activités régulières ou particulières, nous partageons un peu de cette passion.
À l’aube de cette quatrième décennie, je vous invite à un instant de réflexion sur vos possibilités de participation à la continuité du rêve des fondateurs et des défis que vous vous sentez prêts à relever pour assurer la progression de la Société.
Je souhaite également que, la période des célébrations de fin et de début d’année maintenant passée, chacun renouvelle son appartenance à notre organisme et même contribue à son recrutement en invitant amis et connaissances à joindre nos rangs.
Dans un autre ordre d’idées, je rappelle que notre local est maintenant ouvert le 2ème lundi du mois en soirée pour les membres qui veulent travailler à leurs recherches généalogiques.
Jean L’HEUREUX, Président