- Au jour le jour, avril 2002
Le destin d’une captive américaine à La Prairie
Les conflits qui sévissent en Europe aux 17e et 18e siècles, entre la France et l’Angleterre, se transportent dans le Nouveau-Monde. Dans les années 1687-1713, les colonies françaises et anglaises multiplient les raids chez les adversaires afin de mieux contrôler le commerce des fourrures avec les Indiens.
C’est dans ce contexte qu’on doit situer l’invasion américaine à La Prairie en 1691. Fort heureusement les forces françaises sortent victorieuses, à l’endroit nommé depuis LA BATAILLE.
Une troupe de près de 300 hommes, soldats français appuyés d’amis indiens, se dirige en 1704 à près de 230 miles au sud de Montréal dans le territoire américain.
Le village visé est DEERFIELD situé à mi-chemin entre Albany et Boston. 290 personnes y vivent dans un lieu mal protégé. En mars 1704, les 3/5 de la population sont décimés par les envahisseurs et les Français entreprennent le trajet vers Montréal avec les 112 survivants. Le voyage dure un long mois sur des rivières gelées et 91 captifs survivront.
Lorsqu’ils atteignent Montréal on en envoie certains à La Prairie et d’autres à Kahnawake. Presque tous s’intégreront à leur nouveau milieu de vie.

Cette mise en situation permet d’introduire Elizabeth Corse, 8 ans, qu’on amène à La Prairie en 1704. Sa mère était décédée en voyage, auprès d’elle.
Élizabeth (1695-1766) deviendra rapidement membre à part entière de son nouveau village. Elle demande le baptême catholique en 1705, soit 1 an après son arrivée. Elle devient citoyenne canadienne en 1706 à l’âge de 10 ans.
Son entrée définitive dans la société de la Nouvelle-France sera scellée par son mariage, à l’âge de 16 ans, à Jean Dumontet, en l’année 1712. Devenue veuve en 1730; elle a 34 ans.
Le couple Dumontet-Corse aura 4 enfants qui atteindront l’âge adulte et se marieront. La descendance qu’ont découverte les généalogistes est issue de Marie-Elizabeth, fille du couple. Cette dernière épousera François Monet en 1732.
Certains américains intéressés par ces ancêtres ont mené d’intenses recherches. Ils ont pu remonter à la source et ont publié plusieurs documents prouvant, hors de tout doute, la sûreté de leurs informations.
Élizabeth Corse, ancienne captive devenue Canadienne, a donc des descendants directs qui sont fiers de la bravoure de leurs ancêtres. Nous avons puisé les renseignements du présent article dans leurs publications de J. N. Churchyard, à savoir le résumé sur Internet de sa recherche.
Source : Tales from Old Deerfield, Notes by James Nohl Churchyard, 12 May 1995. (Il est descendant direct de François Monet et Marie-Élisabeth Corse. En 2002, il vit à Fallbroock, Californie.)
Titre d’ascendance sommaire
CORSE Ebenezer m. Sarah WARNER (Angleterre)
CORSES James m. Elizabeth CATLIN (Deerfield circa 1684)
CORSE/CASSE Élizabeth m. 1. Jean DUMONTET (6 Nov. 1712, La Prairie), m. 2. Pierre MONET (Montréal)
Marie-Élisabeth DUMONTET m. François MONET (5 mai 1732, La Prairie)
Huit autres membres de la famille CATLIN ont été faits prisonniers et amenés en Nouvelle-France. Deux filles marièrent des Français; une fut adoptée par les Amérindiens.
- Au jour le jour, mars 2002
À propos du bulletin
Éditeur :
Société d’histoire de La Prairie de la Magdeleine
Internet : www.laprairie-shlm.com
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
Collaborateurs :
Coordination : Johanne McLean, coord.-secr.
Rédaction : Charles Beaudry (302); Gilbert Beaulieu (361); Claudette Houde (126); Jean L’Heureux (179)
Révision : Gilbert Beaulieu (361); Claudette Houde (126); Céline Lussier (177)
Infographie : Révisatech
Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.
Siège social :
249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Tél. : 450-659-1393
Téléc. : 450-659-1393
Courriel : [email protected]
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- Au jour le jour, mars 2002
Échos… de la bibliothèque
Dons
Notre bibliothèque s’est agrémentée de divers volumes très intéressants. Merci à nos bienveillants donateurs :
M. Gilbert Beaulieu (361), M. Laurent Houde (277), M. Sylvain Rivard, Mme Lise Maurice-Léonard
Collections complétées
Un de nos objectifs principaux cette année était de compléter certaines collections de livres ou périodiques. Grâce à des dons précieux et à des échanges avec d’autres organismes, nous avons réussi à compléter les collections suivantes :
- Mémoires de la Société généalogique canadienne-française
- Rapport de l’archiviste de la Province de Québec
- Nos ancêtres, collection éditée par les Rédemptoristes de Sainte-Anne-de-Beaupré
- Familles pionnières du Québec par Robert PRÉVOST
- Collection du PRDH en 47 volumes, de CHARBONNEAU
- Jugements et délibérations du Conseil souverain, incluant l’index
Nouvelles acquisitions
- La grande paix de Montréal, par BEAULIEU Alain et VIAU Roland (don de Sylvain Rivard)
- Frédéric HOUDE, journaliste et député, par Laurent HOUDE (don de l’auteur no 277)
- L’époque de Voltaire au Canada, biographie politique de Fleury Mesplet, par DE LAGRAVE Jean-Paul (don Gilbert Beaulieu no 361)
- Mythes et réalités, par TRUDEL Marcel
- Histoire du Richelieu-Yamaska-Rive-Sud, par FILION Mario, FORTIN Jean-Charles, LACASSE Roger et LAGRANGE Richard
- Denis-Benjamin Papineau 1789-1854, par BARIBEAU Claude
Dernière heure
Nous avons reçu, d’une personne qui désire conserver l’anonymat, le volume : LES ARTS SACRÉS AU QUÉBEC. Nos plus profonds remerciements à cette personne.
- Au jour le jour, mars 2002
Appel aux membres
Le bulletin est votre bulletin. On y présente les nouvelles de la SHLM pour vous tenir informés, et des textes que nous croyons devoir vous intéresser. Laissez-nous savoir (par téléphone, courriel ou télécopie) quels types d’articles vous désirez. N´hésitez pas à nous indiquer quels sont vos sujets préférés.
- Au jour le jour, mars 2002
Notre dernière conférence : les trésors enfouis de La Prairie
La dernière conférence présentée par l’archéologue Hélène Côté nous a révélé une fois de plus la richesse de notre patrimoine archéologique. Mme Côté a fait le bilan des deux dernières campagnes de fouilles (2000-2001) qu’elle dirigeait à La Prairie.
Le premier secteur des recherches se situait dans la cour arrière de l’ancien Bar Tourist, près de la rue Saint-Ignace. De nombreuses structures d’habitations y ont été mises au jour. Toutefois, les plus intéressantes sont celles qui se retrouvent dans la couche datant du début de l’occupation française au 17e siècle.
Il s’agit d’habitations semi-souterraines en bois. Enfouies dans la terre jusqu’à une profondeur de 1 mètre 50 (4 pieds 6 pouces), elles étaient surmontées d’un toit en pente. Ce dernier était probablement recouvert de chaume et descendait jusqu’au niveau du sol. Les murs étaient faits de planches posées à la verticale. Un pieu retenait chacun des coins de l’habitation.
La plupart des éléments composant cette structure ont été découverts l’été dernier dans la structure la plus à l’est. Cette technique de construction remonte au Moyen Âge et c’est, jusqu’à maintenant, le seul exemple que nous ayons au Québec.
Ces habitations étaient temporaires et pouvaient aussi servir à l’entreposage. Il est fort possible que les premiers Laprairiens s’en soient servis en attendant de pouvoir se loger dans des maisons plus permanentes. Elles ont peut-être été utilisées ensuite par des employés ou des domestiques.
Les artefacts trouvés dans la structure à l’ouest mise au jour à l’été 2000 suggèrent une utilisation à des fins commerciales (commerce des fourrures?). De plus, on y a trouvé de nombreux os de poulet provenant de carcasses entières. Aurions-nous la présence du premier poulailler à La Prairie?
La structure à l’est avait plutôt une fonction domestique. Elle présente une importante couche d’incendie qui marque la fin de son utilisation. Comme nous sommes sur les terrains ayant appartenu au pionnier François Rouannais au 17e siècle, il est fort probable que ce soient des maisons lui ayant appartenu. De même celle se trouvant à l’ouest se trouve sur un lot ayant été vendu aux Bisaillon par Rouannais. Nous savons que les frères Bisaillon étaient des coureurs des bois. Ce qui confirmerait l’utilisation commerciale du bâtiment.
Lors de fouilles de l’été dernier, les recherches ont été entreprises sous le trottoir de la rue Saint-Ignace. On a constaté que le tracé et la largeur de la rue ont peu changé depuis le 18e siècle. Cet endroit correspond à la devanture des maisons qui se trouvaient directement sur la rue. De nombreux fragments de céramique y ont été mis au jour, car à cette époque les gens jetaient leurs rebuts directement à la rue. Le service de collecte des ordures n’existait pas encore… Comme les fragments étaient assez gros, donc non piétinés, les archéologues en ont conclu que les piétons évitaient de marcher près des maisons afin de ne pas recevoir des détritus sur la tête. Sage précaution.
La deuxième aire de fouilles en 2001 se trouvait sur les terrains de la résidence La Belle Époque au coin du chemin de Saint-Jean et de la rue Émilie-Gamelin. Encore une fois, les résultats ont été des plus encourageants. Les fondations du manoir des Jésuites et de la résidence des Sœurs de la Providence ont été excavées, l’une étant adossée à l’autre. Enfin, des pieux du bastion nord-est de la palissade ont été découverts. Nous avons maintenant la localisation exacte des quatre coins des fortifications. Ce qui nous permettra d’apporter plus de précisions au plan de superposition que la SHLM avait déjà effectué.
Comme cette dernière intervention était exploratoire et qu’elle a été très positive, il est presque certain que l’équipe de l’Université Laval y reviendra. D’ailleurs, Mme Côté nous a confirmé le retour du chantier-école de l’Université Laval à La Prairie pour une troisième année consécutive. C’est donc un rendez-vous que je vous propose pour le mois d’août 2002.
- Au jour le jour, mars 2002
Projet étudiants d’été
Nous avons fait, encore cette année, une demande dans le cadre de Placement-Carrière-Été ainsi que Jeunesse Canada au Travail pour embaucher des étudiants durant la saison estivale. Ces emplois saisonniers permettent à la Société d’offrir des heures d’ouverture plus longues et sur plus de jours, ainsi que des visites guidées aux touristes et autres visiteurs. Cela permet également de libérer notre secrétaire et des bénévoles de certaines de ces tâches et d’avancer ainsi des travaux jugés essentiels pour la SHLM.
- Au jour le jour, mars 2002
Généalogie : avis de recherche
Lors de recherches généalogiques, il est courant de frapper un mur, de bloquer sur un personnage dont on ne peut retracer la descendance ou l’ascendance.
Plusieurs membres s’adonnant à la généalogie, il est possible que quelqu’un ait rencontré le même problème et trouvé la réponse.
Cette section est ouverte afin d’initier un réseau d’entraide entre les membres et autres lecteurs du bulletin.
Pour y participer, il suffit de nous faire parvenir un court résumé de votre questionnement en n’oubliant pas les éléments essentiels à bien identifier l’objet de votre recherche.
Nous publierons l’objet de votre recherche dans cette chronique, ainsi que la réponse obtenue le cas échéant.
Les questions et réponses seront numérotées successivement afin de les identifier adéquatement : Questions = Q 1, 2, 3… Réponses = R 1, 2, 3…
Q.5 CANNOP/AINRELOR
Je suis à la recherche des parents de Marie CANNOP qui a épousé Pierre PARADIS, fils de Pierre et Thérèse ASSELIN, le 25 octobre 1808 à Saint-Nicolas-de-Lévis. Ses parents seraient probablement Antoine CANNOP marié à Marie -Madeleine AINRELOR/AMELOR.
Q.6 CANNOP/AINRELOR
Les parents d’Antoine CANNOP pourraient-ils être Irlandais, émigrés ou non?
André G. ROBIDOUX (230)
- Au jour le jour, mars 2002
C’est la vie… de la SHLM
Avis important
Nos récentes annonces de livres mis en vente ont suscité beaucoup de réponses.
Nous avons deux catégories de livres à vendre :
– ceux provenant de la bibliothèque (livres usagés),
– ceux dont la SHLM est éditeur ou dépositaire (livres neufs).
Les livres vendus ou offerts par la bibliothèque sont parfois usagés mais en bon état, habituellement des doubles. Nous les vendons à prix moindre que celui du marché. À moins d’indication contraire, nous ne disposons que d’un seul exemplaire en vente. Règle générale, ces exemplaires proviennent de dons d’institutions ou d’individus.
Vu notre manque d’espace au local, la majorité de ces livres sont conservés en entrepôt; il n’est donc pas possible de les consulter ou de vous les procurer en vous rendant au local sans avis préalable.
Nous recommandons que vous laissiez vos coordonnées et l’objet de votre intérêt à notre secrétaire ou sur le répondeur. Dès que le volume devient disponible au local, on vous en communique l’information.
Les livres neufs sont toujours disponibles au secrétariat.
Changement de dénomination
C’est maintenant officiel : depuis le 21 janvier dernier, notre société porte maintenant le nom de Société d’histoire de La Prairie de la Magdeleine.
Cette nouvelle dénomination est maintenant conforme aux règles de la langue française.
Nouveaux membres
La SHLM accueille régulièrement de nouveaux membres. Il nous fait plaisir de souligner l’adhésion des dernières personnes à joindre nos rangs et de leur souhaiter la bienvenue :
Mme Marielle DESLIPPE-DUQUETTE, Chambly, (405)
Mme Lucille LONGTIN, La Prairie, (406)
Nouvelle exposition
Nous sommes à préparer une nouvelle exposition sur les résultats des recherches archéologiques réalisées depuis 30 ans dans le Vieux-La Prairie. Nous y suivrons l’évolution sur 4 périodes marquées de notre territoire :
- La Prairie préhistorique
- Les pionniers
- Les fortifications
- La Prairie au 19e siècle
L’ouverture de l’exposition devrait se faire vers la mi-mai.
Rappel
Le local de la SHLM est maintenant ouvert le 2e lundi soir du mois pour les recherches généalogiques individuelles.
Brunch
Le brunch annuel de la SHLM se tiendra le 9 juin 2002 au restaurant le Vieux-Fort. N’oubliez pas de mettre cette date à votre agenda. Nous vous aviserons ultérieurement de l’heure et des autres détails de cette activité.
- Au jour le jour, mars 2002
Dons
Nous avons reçu de M. Serge GEOFFRION, député du Parti québécois, divers documents et photographies.
- La Société d’histoire de la Seigneurie de Chambly nous a gracieusement remis un ensemble de diapositives et livrets d’information sur La Prairie et Candiac.
- La donation monétaire de la Fondation de la SHLM est appliquée à l’achat d’un système informatique assez puissant et polyvalent pour devenir un serveur efficace de notre réseau interne.
Merci à nos généreux donateurs.
- Au jour le jour, mars 2002
Notre prochaine conférence
Les chansonnières, 1960-1976
par Cécile TREMBLAY-MATTE, auteure de La chanson écrite au féminin
Venez revivre ces années de poésie que nous ont fait connaître les Pauline Julien, Clémence, Louise Forrestier, Jacqueline Lemay et bien d’autres porte-drapeaux de la chanson québécoise.