- Au jour le jour, novembre 2004
Mode de vie de la population du Canada
Il est toujours intéressant de savoir comment nous sommes perçus par les étrangers qui viennent nous visiter. Voici un texte qui nous dira comment le Suédois Pehr Kalm décrivait nos ancêtres.
Les Français du Canada diffèrent de bien des façons des Anglais. Les hommes sont très habillés; ceux qui sont très âgés et distingués portent des perruques bouclées; les plus jeunes ont des perruques, ou leurs propres cheveux en forme de queue. Peu de gens distingués portent leurs cheveux en forme de queue. Ils les poudrent toujours. On a l’habitude de mettre des galons aux habits en particulier sur le gilet. On porte des bas de soie repliés, à la hauteur du genou, au-dessus de la culotte, mais assez souvent aussi par-dessus.
Les personnes du commun portent souvent une très longue chevelure flottante. Chaussures aux talons recouverts de cuir, ou bien aux talons de cuir sans rien dessus comme chez nous. On porte toujours des manchettes. Quelques personnes ont des cheveux courts à petite frisure. Lorsqu’on éternue, les personnes présentes s’inclinent devant lui.
Les femmes d’ici ont fort belle apparence; elles peuvent en remontrer dans le domaine de la chasteté et à l’honnêteté à nos femmes en Europe, de quelques régions que ce soit, avec cette nuance qu’il existe ici un brin de liberté innocente que les femmes sont dépourvues de toute timidité paysanne. La plupart d’entre elles sont, au contraire, bien élevées et polies au suprême degré. Qu’il puisse se trouver ici des personnes du sexe qui soient coquettes, je ne le nie point, mais je prétends seulement que leur nombre n’est pas plus élevé ici qu’il ne l’est dans tout autre ville de même importance. Ce qui a été écrit ou dit en sens contraire, l’a été par jalousie, et c’est un parfait mensonge.
Le dimanche, elles sont vêtues de façon recherchée, comme le sont nos suédoises, à ceci près que les femmes d’ici ont la tête plus apprêtée. En semaine, elles ne sont pas habillées de façon aussi élégante; mais ce à quoi elles tiennent particulièrement, c’est à friser leur chevelure, à avoir toujours des cheveux bouclés et poudrés, et le devant de la tête garni de diamants, de pierres taillées et autres brillants. Par ailleurs elles portent une blouse ou un tricot fabriqué de la même façon que chez nous, et ces vêtements sont ordinairement de couleur blanche en été. Elles portent une petite jupe blanche, ordinairement assez courte et qui laisse voir à peu près la moitié du bas de la jambe, sinon davantage. Leurs souliers diffèrent de ceux de nos femmes en ce qu’ils sont assez étroits et garnis de talons si élevés qu’on se demande comment elles peuvent marcher là-dessus. On peut dire sans risque d’erreur que les femmes françaises surpassent ordinairement les femmes anglaises en ce qui concerne les soins du ménage; je veux dire qu’elles mettent davantage la main à tout ce qu’exige la tenue de la maison et qu’elles ne cherchent pas autant leurs aises. Les femmes du commun travaillent vrai-semblablement autant que les nôtres, à la fois aux champs, dans les prés, à l’étable et ailleurs. On les trouve toujours dehors en train de travailler. Mais il semble que quelque chose fasse défaut en ce qui touche à la propreté des maisons et de la vaisselle. Cependant on ne rencontre pas du tout, chez les ménagères d’ici, cette façon de rechercher ses aises qui existe chez les femmes anglaises et qui consiste à s’asseoir dans un fauteuil sans faire grand-chose. Ici, les femmes vivent sans contrainte et ne se préoccupent guère de luxe; j’ai vu avec étonnement les propres filles du gouverneur s’habiller simplement ne pas s’apprêter à l’extrême, courir partout dans la maison, au cellier et à la cuisine, comme une servante, afin de veiller à tout, et elles avaient toujours l’aiguille à la main.
Les femmes, en certains endroits, portent à l’intérieur des chaussures faites simplement d’un morceau de bois évidé et façonné de telle sorte que c’est un intermédiaire entre les bottines à bout pointu et les pantoufles d’homme. Ces chaussures sont dépourvues de talons. Les hommes en portent parfois de semblables.
(texte présenté par madame Hélène Charuest)
- Au jour le jour, novembre 2004
Ah! La boisson
Ah! La boisson!
Au dix-septième siècle, à La Prairie, les lois de l’hospitalité conservaient toute leur signification. Toutefois, il fallait se garder d’aller trop loin et d’offrir le gîte à certains indésirables, comme en témoigne ici l’ordonnance de Monsieur De La Barre qui, le premier juillet 1683, porte défense aux habitants de La Prairie de tenir cabaret et d’héberger les vagabonds.
Le Sieur Le Febvre de La Barre, seigneur du dit lieu, Coner. du Roy en ses Conls. Gouverneur et son lieutenant général en toutes les terres de la Nouvelle France et Acadie.
Sur avis certains que nous avons eu, que la pluspart des désordres qui sont arrivez cette année au sujet de la désertion et désobéissance aux ordres de Sa Majesté, ont esté causez par la retraite (hébergement) qui a esté donnée dans la Seigneurie de la Prairie de la Magdelaine à une troupe de vagabons et gens sans adveu qui ont esté pendant l’hyver dans la dite seigneurie en divers Cabarets qui s’y sont establis sans ordre des seigneurs ny de Sa Majesté dans lesquels ayant consommé en desbauches tout ce que leur travail leur avoit produit l’année précédente avec un scandal extrême pour le public. Ils ont fait plusieurs assemblées séditieuses, et en icelle comploté contre le service du Roy et de leur patrie : à quoy estant nécessaire de pourvoir et empescher la continuation de pareils crimes et désordres en supprimant la Retraite des vagabons; nous avons fait et faisons deffence à tous les habitans de la dite seigneurie de la Prairie de la Magdelaine, frontière des Anglois et des Iroquois, de tenir cabaret, vendre vin, ny eau de vie, et de recevoir des hostes sans permission particulière de leur Seigneur à cet effet à peine de cent livres d’amande pour la première fois, moitié d’icelle applicable aux réparations de l’église du dit lieu, et l’autre au dénonciateur, Et de punition corporelle pour la seconde fois. Faisons pareillement très expresses inhibitions et deffences à tous les habitants de la dite seigneurie de recevoir ny retenir en leurs Maisons aucuns hommes qu’ils ne connoistront pas pour habitans et domiciliez en ce pays plus de l’espace de vingt quatre heures après lesquelles ils seront tenus de donner à leurs seigneurs, ou leurs préposez, ou à M. Perrot Gouverneur de cette Isle et par nous commis du soin de toute la coste les noms et qualité des dits vagabons qui auront logé chez eux et de ce qu’ils y auront fait pendant leur séjourà peine d’estre pris en leur nom et de répondre de toutes les actions des dits vagabons les 24 heures passées et d’estre condamnez aux amandes de droit.
Fait à Montréal le premier jour de juillet 1683
(signé) Le Febvre de la Barre
par Monseigneur Regnault
(Texte tiré des Archives de Québec)
(Texte présenté par Jacques Brunette)
- Au jour le jour, novembre 2004
Saviez-vous que…?
Même si plusieurs des premiers habitants de La Prairie venaient de Montréal, François Roinay-Roannes est le seul parmi ceux- là qui soit arrivé avec la Grande Recrue de 1653. Il avait épousé Perinne Le Meunier, veuve de Julien Daubigeon, tué à Montréal par les Iroquois, tous deux aussi de la Grande Recrue. La terre de François Roinay, à La Borgnesse, prenait front sur le chemin de St-Jean, presque en face du terrain qu’occupe aujourd’hui le Collège de La Mennais, et s’étendait jusqu’à la rivière St-Jacques.
- Au jour le jour, octobre 2004
À propos du bulletin
Éditeur :
Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
Internet : www.laprairie-shlm.com
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
Collaborateurs :
Coordination : Jacques Brunette
Rédaction : Raymond et Lucette Monette (284); Gaétan Bourdages; Jacques Brunette (280); Yvon Trudeau
Révision : Jacques Brunette (280)
Infographie : SHLM
Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.
Siège social :
249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Tél. : 450-659-1393
Téléc. : 450-659-1393
Courriel : [email protected]
Les auteurs assument l’entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l’éditeur.
- Au jour le jour, octobre 2004
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- Au jour le jour, octobre 2004
Splendeur de la table
Je ne connais pas encore les statistiques exactes, mais il semblerait que le nombre de visiteurs accueillis par la Société cette année a dépassé celui de l’an passé d’une bonne centaine… par mois!
L’excellent travail de nos jeunes guides y est sûrement pour beaucoup. Cependant la merveilleuse exposition « Splendeur de la table » qui vient de se terminer a indubitablement constitué une attraction de choix.
En effet, de nombreuses personnes, venues seules ou en groupes, revenaient avec des amis pour admirer ces merveilles d’un autre âge ou y associer des souvenirs de leur enfance.
Félicitations aux organisateurs et merci à ceux qui ont bien voulu prêter leurs trésors.
- Au jour le jour, octobre 2004
Saviez-vous que…?
Jules Verne, qui se plaisait surtout à produire des œuvres d’anticipation, a écrit un roman historique sur les troubles de 1837-1838 au Canada et un long chapitre de cette histoire se déroule dans la région de La Prairie.
Sur un fond de vérité historique, Jules Verne a imaginé l’histoire d’une famille qui tente, par des actions patriotiques, de redresser les torts qu’a entraînés la traîtrise de leur père. Ce roman s’intitule « Famille-Sans-Nom ».
Parmi les lectures que l’on suggère dans nos écoles, ce roman de Jules Verne devrait se retrouver parmi les incontournables.
- Au jour le jour, octobre 2004
Le coin du livre
Vente de livres usagés
Cette année, notre vente annuelle aura lieu le samedi, 16 octobre 2004, de 8h30 à 17h00.
Voici quelques catégories de livres à vendre :
archéologie, architecture, art (art roman, encyclopédie), biographies, dictionnaire biographique, familles (histoire), généalogie (répertoires), greffes de notaires (inventaire), histoire (Canada, Nouvelle -France, Québec, universelle), magazines (RHAF, Mémoires de la SGCF, Cap-aux-Diamants) romans, villes (histoire), etc.
Plusieurs aubaines sont à votre portée, surtout pour les « lève-tôt ».
Les recettes de cette vente sont consacrées exclusivement à l’achat de nouveaux livres pour notre bibliothèque. Donc, vos achats contribueront à l’enrichissement de votre bibliothèque.
Rappel
L’hiver dernier, une réglementation de base a été mise de l’avant et publicisée au niveau de la bibliothèque. Nous estimons que la période de rodage est terminée et nous vous demandons de respecter cette réglementation en ce début d’année. Ne soyez pas surpris si on doit vous rappeler à l’ordre.
Cette réglementation est affichée sur la porte d’entrée de la bibliothèque.
Merci de votre collaboration.
Acquisitions
– Lettres des nouvelles missions du Canada, 1843-1852; avec commentaires et annotations; par Cadieux, Lorenzo (don de Mme Louise Archambault)
– Joseph Laurent Pinsonneault; Collectif 1993; (donateur inconnu)
– Glossaire du parler français au Canada; Collectif; (don de M. Philippe Bourdeau)
– Duplessis, L’ascension, tome 1; Le pouvoir, tome 2; par Black, Conrad (don de monsieur Philippe Bourdeau)
– Invasion du Canada, À l’assaut du Québec, tome 2, 1813-1814, par Berton, Pierre (don de monsieur Philippe Bourdeau)
– Chronologie du Québec, 1534-200; par Provencher, Jean, 2000 (achat SHLM)
– Identifier la céramique et le verre ancien au Québec; par Brassard, Michel; 2001; (achat SHLM)
– Champlain, La naissance de l’Amérique française; par Vaugeois, Denis, Litalien, Raymonde et collaborateurs; 2004; (achat SHLM)
– Histoire de la Banque de Montréal; collectif; traduction de l’anglais; 2 tomes; (don de madame Linda Crevier)
– Beaujeu; Histoire de Lacolle; par Romme Jules, o. prém. ; 1993 (Don de la Société
d’Histoire Lacolle -Beaujeu)
Dons
Un grand merci aux donateurs dont les noms suivent :
– Madame Louise Archambault
– Monsieur Philippe Bourdeau
– Madame Linda Crevier
- Au jour le jour, octobre 2004
Erratum
Dans notre dernier numéro, nous avons attribué à mesdames Marcoux Chopin et Riendeau Houle le grade de « Maître généalogiste agréé » alors qu’on leur avait décerné le titre de « Généalogiste recherchiste agréé ». Toutefois, nous pensons n’avoir fait preuve que d’anticipation, mais nous nous en excusons, le grand talent de ces dames ayant sûrement été la cause de notre méprise.
NDLR
- Au jour le jour, octobre 2004
Conférence de septembre
Le 15 septembre dernier avait lieu la première conférence de l’année organisée par la SHLM. C’est madame Marie Gagné qui, devant une nombreuse assemblée, est venue nous entretenir de Pierre Gagnier, un des premiers colons de La Prairie.
Avec un souci du détail où on reconnaissait la formation scientifique, madame Gagné nous a d’abord donné des notes généalogiques et historiques sur les origines de son ancêtre. Ensuite, elle nous a expliqué où et comment Pierre Gagnier s’est installé à La Prairie en portant une attention particulière au terrain qu’il possédait au village, à l’angle des rues Saint-Ignace et Saint-François-Xavier (aujourd’hui chemin de Saint-Jean). Suivit une explication complète de la chaîne de titres de ce terrain. En guise de conclusion, madame Gagné nous a présenté les membres de cette famille pionnière en enjolivant son propos de liens avec certains personnages célèbres de notre histoire.
Merci, madame Gagné
