- Au jour le jour, juin 2016
Des nouvelles de nos deux fédérations : FQSG et FHQ
FQSG.
Monsieur Stéphane Tremblay, président de la SHLM, a participé au Conseil de généalogie de la Fédération québécoise des Sociétés de généalogie (FQSG) qui s’est à tenu à Montréal au local de la Société généalogique canadienne-française le 14 mai en avant-midi. Monsieur Guy Parent, président de la Société de généalogie de Québec, était le conférencier et il a expliqué aux représentants des Sociétés de généalogie l’évolution de l’accès aux registres religieux et civils à travers l’histoire du Québec et du Canada.
Monsieur Stéphane Tremblay a par la suite représenté la SHLM lors de l’assemblée générale annuelle des membres de la FQSG, qui s’est tenue au même endroit en après-midi. Lors des élections pour choisir les membres du CA pour l’année 2016- 2017, il a été élu par acclamation au poste de secrétaire du conseil d’administration de la FQSG pour un mandat de deux ans.
FHQ.
Cette année, le congrès de la Fédération Histoire Québec, dont notre Société d’histoire est membre, avait lieu à l’hôtel Relais Gouverneur de Saint-Jean-sur- Richelieu les 21, 22 et 23 mai derniers. La tenue de ce congrès coïncidait également avec les 350 années de fondation de la ville hôte. Ce congrès avait pour thème « Le Richelieu : un survol historique ». Madame Marie Gagné ainsi que Messieurs Bernard Billon, Jean l’Heureux, Jonathan Trottier et Gilles Blanchard ont participé à ce congrès, tandis que Monsieur Stéphane Tremblay était responsable du kiosque de la SHLM au salon des exposants et a donné une conférence sur l’histoire du premier chemin de fer du Canada (1836).
Le 21 mai au matin, une formation sur la gestion des banques d’images et des droits d’auteur a été offerte gratuitement aux participants. La même journée, les membres de la FHQ ont assisté à leur assemblée générale annuelle. Lors des élections pour choisir les membres du conseil d’administration de la FHQ pour l’année 2016-2017, Monsieur Stéphane Tremblay, président de la SHLM, a été élu au poste d’administrateur de la FHQ pour un mandat de deux ans.
Les conférences ont eu lieu dans la journée du 22 mai et les participants pouvaient prendre leurs pauses au salon des exposants et en savoir plus sur l’histoire locale abordée dans les différents ateliers en discutant avec les conférenciers et les responsables des différents kiosques. En soirée, lors du banquet de clôture, la FHQ a dévoilé le nom des lauréats de ses différents prix d’excellence pour l’année 2015-2016 :
• Le prix Rodolphe-Fournier (prix de la Chambre des notaires du Québec pour la promotion de la recherche en histoire du notariat) a été remis à Monsieur Gaston Cadrin, de la Société d’histoire régionale de Lévis, pour son récit historique intitulé « Les excommuniés de Saint-Michel-de-Bellechasse au XVIIIe siècle ».
• Le prix Léonidas-Bélanger (prix soulignant la réalisation d’un ouvrage historique lors d’une année impaire ou l’organisation d’un événement à caractère historique lors d’une année paire) a été remis à Madame Louise Lefebvre de la Société du patrimoine, des arts et de la Culture de Saint-Just-de-Bretenières pour la publication de l’ouvrage sur l’histoire du village du même nom.
• Le prix Honorius-Provost (prix soulignant le travail et les réalisations des bénévoles oeuvrant au sein des Sociétés membres de la fédération) a été remis à Monsieur Réal Perron, président de la Corporation touristique de la seigneurie des Aulnaies.
Durant la journée du 23 mai, les participants ont pu faire une des trois visites guidées suivantes : le patrimoine religieux par le chemin des Patriotes, la route des forts de Saint-Jean à Chambly ou une excursion pédestre dans le Vieux-Saint-Jean.

Photo : Membres du CA de la FQSG pour 2016-2017
Dans l’ordre habituel : Georges Mailloux (administrateur, La Pocatière), Nicole Leblanc (administratrice, Sherbrooke), Michel Gladu (administrateur, Gatineau), Jacques Gagnon (administrateur, Chicoutimi), Jean-Claude Payette (administrateur, Saint-Eustache), Danielle Desjardins (trésorière, Victoriaville), Guy Parent (président, Québec), Stéphane Tremblay (secrétaire, La Prairie) et Richard Masson (Montréal)

Photo : Membres du CA de la FHQ pour 2016-2017 (photo prise par Jean Chevrette)
Assis (de gauche à droite) : Jean Therriault (1er vice-président, Sherbrooke), Michel Pratt (secrétaire, Longueuil), Richard M. Bégin (président, Gatineau), Serge Gravel (trésorier, Laval), Anne-Marie Charuest (2e vice-présidente, Beloeil–Mont-Saint-Hilaire) Debout (de gauche à droite) : les administrateurs : André Laniel (île Bizard et Sainte-Geneviève), Pierre Cécil (Trois-Rivières), Stéphane Tremblay (La Prairie), Charles Breton-Demeule (Québec) et Pierre-Louis Lapointe (Terrebonne)
- Au jour le jour, juin 2016
La Prairie : l’opération militaire de l’été 1691
Au temps du roi Louis XIV, la modernisation de la guerre et la révolution militariste apportée par l’armée française (la plus grande d’Europe) transformèrent la nature du renseignement militaire en France tout comme dans ses coloniesGiant of the “Grand Siècle”. The French Army, 1610 – 1715. John Lynn, Cambridge, USA, 1997. . Tous les choix politiques et militaires de la France et par ricochet, de la Nouvelle-France, s’enveloppaient donc de secrets.
Si la décision de faire la guerre appartenait en définitive au roi de France, les opérations militaires elles se faisaient par l’entremise du Ministère de la Guerre, des Affaires étrangères et de la Marine en concertation avec leurs exécutants : les gouverneurs et les principaux généraux.
Le renseignement et l’espionnage militaire au 17e siècle revêtaient surtout deux dimensions : le macro et le micro-espionnage. Sous Louis XIV, le macro-espionnage se jouait à l’échelle internationale : l’État cherchait, par l’entremise de ses ambassadeurs, espions et courtisans, à connaître les intentions et le potentiel militaire de l’adversaire ou du pays ennemi, les stratagèmes utilisés ou les manoeuvres adoptées. Le micro-espionnage se faisait, lui, sur le terrain, où « le talent d’un homme de guerre, du général au moindre commandant de place, tient aussi à la qualité de son information »Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV — Lucien Bély, Fayard, Paris, 1990. .
En Nouvelle-France, le macro-espionnage se résumait à un partage des informations les plus récentes et pertinentes obtenues par les espions français à la cour du roi d’Angleterre. Un exemple : la dépêche du ministre destinée au gouverneur de la Nouvelle-France au printemps 1691, reçue par Monsieur le Comte de Frontenac le 1er juillet suivant des mains de Monsieur du Tast, capitaine de la frégate royale Le Soleil d’Afrique. Cette dépêche informa Frontenac que, selon toutes les informations obtenues l’hiver précédent, il n’y aurait pas d’expédition navale prévue contre la ville de Québec en cette année 1691.
De son côté, Frontenac savait aussi, par son propre micro-espionnage, qu’il n’y aurait pas de tentative d’invasion navale en cette année ; par contre, dans sa réponse écrite au ministre, il affirmait savoir que « Leurs mesures ont manqué du côté de la mer (en 1690), mais ils (les Anglais) se sont mis en devoir (en 1691) d’exécuter en partie ce qu’ils avaient projeté de faire du côté de la terre ».
Son service d’espionnage ainsi que celui de Callières, le gouverneur militaire de Montréal, informèrent bien Frontenac que les Anglais planifiaient une importante attaque terrestre contre le gouvernement de Montréal, soit précisément à La Prairie-de-la-Magdeleine. Conséquemment, Frontenac fit sonner le rassemblement de la majorité de ses troupes de la Marine ayant hiverné dans la région de Québec pour les envoyer dans une opération militaire d’envergure au secours des Montréalistes« M. de Callière… avait ramassé toutes les troupes que je lui avait joints et était allé se poster au pied du fort de La Prairie… » – Frontenac
Quelles étaient les sources de renseignements pour les gouverneurs en Nouvelle- France ? De prime abord, il y avait les missionnaires jésuites qui, par leurs nombreuses observations et « Relations », informaient les autorités de la colonie de toutes activités suspectes chez les peuples autochtones, et surtout chez les cinq nations belliqueuses en Iroquoisie. Ensuite, il y avait le légendaire baron de Saint-Castin qui, à partir de son imposant poste de traite à Pentagouet (Portland, Maine) sur la côte atlantique, agissait comme seigneur et avait accès à tous ses marchands et informateurs autant à Boston qu’à New YorkJean-Vincent d’Abbadie, baron de Saint-Castin arriva en Nouvelle-France en 1665 comme jeune enseigne dans la compagnie du capitaine Jacques de Chambly au Régiment de Carignan. En moins de dix ans, il établira son poste de commerce indépendant sur la côte atlantique, où il épousera Pidiwamiska la fille de Madokawando, le grand chef des Abénaquis-Pentagouets et sera considéré comme un des leurs. .
- Au jour le jour, juin 2016
CA de la SHLM en 2016-2017
Votre CA vous souhaite un très bel été 2016 et vous invite à participer aux activités estivales de la SHLM et du service des loisirs de notre municipalité au sein du site patrimonial déclaré de La Prairie. Sur la photo, dans l’ordre habituel : Madame Monique Dorion-Beauchamp (secrétaire), Monsieur Jean-Pierre Labelle (trésorier), Monsieur Stéphane Tremblay (président), Monsieur Jonathan Trottier (2e vice-président) et Monsieur Gilles Blanchard (1er vice-président).
- Au jour le jour, mai 2016
Décès de Madame Jeannine Surprenant Lussier
Le 31 mars dernier est décédée, à l’âge de 90 ans, Madame Jeannine Surprenant Lussier. Elle laisse dans le deuil ses trois enfants, ses petits-enfants et ses arrière-petits-enfants. Avec son époux, feu Monsieur Gilles Lussier, elle était membre de la SHLM depuis plusieurs décennies et était très impliquée socialement dans plusieurs causes comme l’association féminine d’éducation et d’action sociale (AFÉAS) à titre de présidente, de responsable des loisirs et comme maître d’œuvre du 325e anniversaire de La Prairie au complexe Saint-Laurent. Nous offrons nos plus sincères condoléances à toute sa famille ainsi qu’à ses amis.
- Au jour le jour, mai 2016
Conférence | Le Patriotisme en jupon
Conférencière: Madame Anne-Marie Sicotte
Au début du 19e siècle, le peuple canadien cherche à conquérir ses droits et à protéger ses libertés. Quelle place laissait-on aux femmes pour militer et même pour se battre contre le despotisme ? Anne-Marie Sicotte a trouvé moult traces des combattantes d’autrefois au fil de ses recherches pour sa fresque romanesque patriote en deux cycles, « Le pays insoumis » et « Les tuques bleues ».
Les conférences de la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine ont lieu à l’étage du 249, rue Sainte-Marie à La Prairie. Elles débutent à 19 h 30. Entrée libre pour les membres, 5 $ pour les non-membres. Renseignements au 450-659-1393.
- Au jour le jour, mai 2016
Les rouages de la reconstitution historique au Québec
À la fin de l’été 2015, afin de souligner les 40 ans d’existence du site patrimonial déclaré du Vieux-La Prairie, la SHLM, grâce à une subvention du Ministère de la Culture et des Communications du Québec et en collaboration avec la ville de La Prairie et le collectif Prism’Art, a organisé un événement de reconstitution historique dans le parc du Sentier du Vieux Fort. Sous l’appellation « Week-end d’autrefois », une vingtaine de reconstituteurs, militaires et civils, ont fait revivre le fort de La Prairie pendant deux jours.
Le public a ainsi pu, le temps d’un week-end, s’imprégner de l’ambiance de la fin du 17e siècle en Nouvelle-France, époque où la vie des colons était dure et le sentiment de sécurité inexistant à cause de fréquentes incursions des Agniers (nation amérindienne alliée des Hollandais et des Anglais de l’état de New York) à l’intérieur des seigneuries. Parades militaires, exercices de tir au mousquet et vie dans un camp militaire composaient le tableau offert par les reconstituteurs au public. Deux Sociétés de reconstitution avaient été engagées pour cet événement : la compagnie des Méloizes (soldats des Compagnies franches de la Marine 1685-1760) et les Habitants du fort (familles de civils et miliciens des 17e-18e siècles).
Les premiers contacts de la SHLM avec des Sociétés de reconstitution remontent à l’automne 2009. Lors du lancement de l’ouvrage « 1691, la bataille de La Prairie », nous avions invité quelques membres de la compagnie de Lacorne, Société de reconstitution fondée en 2001 dont la mission est de faire revivre les soldats des Compagnies franches de la Marine du 18e siècle. Ils avaient accueilli les invités à l’extérieur du complexe St-Laurent au son du tambour et du fifre et avaient effectué des tirs de mousquets protocolaires. À l’intérieur, ils avaient servi de garde d’honneur pour les auteurs et les dignitaires.
En 2013, j’ai fait partie du comité organi-sateur de la commémoration des 175 ans de l’insurrection patriote de 1838. Avec plusieurs organismes et Sociétés d’histoire des MRC de Roussillon, des Jardins de Napierville et du Haut-Richelieu, nous avions organisé une foire patrimoniale au centre communautaire de Napierville à la fin du mois d’octobre. Conférences, kiosques et reconstitution historique ont été au menu durant deux jours.
Durant cet événement, j’ai fait la connaissance des membres de la Société de reconstitution du Bas-Canada (SRBC). L’objectif de cet organisme est de faire connaître l’époque des rébellions et des insurrections patriotes de 1837-38. Les reconstituteurs jouent le rôle de soldats britanniques (24th regiment of foot), de volontaires loyaux, de patriotes et de civils. Le dernier jour de la foire, j’ai revêtu mon désormais célèbre habit de curé et j’ai pris des photos avec les membres de la SRBC à leur campement. En discutant avec eux, nous avons soulevé la problématique de la présence d’un curé dans un camp de patriotes en 1837-38 alors que l’évêque de Montréal (Mgr Lartigue) avait interdit à ses ouailles toutes formes de rébellions. De retour chez moi, j’ai approfondi le sujet par quelques lectures et, à ma grande surprise, il existait bel et bien quelques curés sympathiques à la cause patriote, dont messire Étienne Chartier, curé de Saint-Benoît, qui a dû s’exiler aux États-Unis en 1837 pour ses opinions et ses propos patriotiques en chaire.

L’été suivant (2014), quelques membres de la SRBC m’invitèrent à un week-end de reconstitution au Village québécois d’antan à Drummondville (VQA). Pendant deux jours, patriotes, loyaux et soldats britanniques occupent le site du VQA et jouent plusieurs scénarios historiques avec les acteurs permanents du village. J’ai pu ainsi jouer le rôle du curé Étienne Chartier, tâche plus difficile que prévue, car il n’y a pas de personnage de curé au VQA, et ma présence fut très sollicitée à l’extérieur des scénarios de la SRBC. Durant cette fin de semaine, j’ai pu expérimenter toutes les facettes d’un scénario de reconstitution.

La première raison d’être dans une troupe de reconstitution sur un lieu historique est d’en assurer l’animation. Plusieurs scénarios doivent être développés et joués tous les jours devant public. Comme il y a maniement d’armes à feu d’époque (poudre noire), il faut prévoir un minimum de mesures de sécurité (éloigner la foule des reconstituteurs, tirer en l’air plutôt qu’horizontalement…). Au VQA, les scénarios sont variés et ils ne se répètent pas tous les jours : escarmouche entre les patriotes et les Britanniques près du pont du moulin, lecture du mandat de recherche contre le député patriote local, assermentation d’un Frère Chasseur de 1838…
Durant les temps morts et les repas, les reconstituteurs retournent à leur campement sur le site et répondent aux questions des visiteurs sur la composition des costumes, le maniement des armes à feu (silex et poudre noire), les métiers et les habitudes de vie de l’époque. L’élaboration des repas doit refléter les coutumes alimentaires de l’époque et la disponibilité des produits selon la saison (si la reconstitution se déroule en juin, on mangera des fraises ; si c’est en août, des bleuets ; etc.). Tous les ustensiles, la vaisselle, les nappes et les tasses doivent être authentiques. Un reconstituteur averti se doit donc de fréquenter les marchés aux puces ou les boutiques d’antiquaires.
Les participants d’une reconstitution historique doivent porter une attention très particulière à la confection des costumes. Ces derniers doivent être fabriqués avec des tissus disponibles à l’époque et selon un modèle dont l’exactitude devra se vérifier selon des sources historiques. La plupart des reconstituteurs font affaire avec des artisans spécialisés dans le costume d’époque. Le même souci d’exactitude est présent dans l’élaboration des scénarios historiques, dans la recherche et la fabrication des drapeaux, dans la musique et les chansons d’époque.
Au printemps 2015, j’étais à la recherche de plusieurs Sociétés de reconstitution susceptibles d’animer le Week-end d’autrefois à La Prairie à la fin du mois d’août de la même année. C’est en me rendant aux Seigneuriales de Vaudreuil au mois de juin que j’ai pu trouver les reconstituteurs pour l’événement de La Prairie. Les Seigneuriales sont l’un des plus anciens événements de reconstitution historique au Québec. En 2015, ce festival en était à sa 23e édition.

En gros, plusieurs artisans, commerçants et reconstituteurs historiques s’installent dans le Vieux-Vaudreuil et font revivre un village de la Nouvelle-France vers 1750. Il y a un marché public, une auberge, une aire pour les artisans, un camp de soldats et de leurs alliés amérindiens. Plusieurs activités d’animations sont également prévues : un concours de mensonges, une soirée gastronomique du 18e siècle, des parades militaires avec démonstration de tirs au mousquet et une cérémonie de plantation du mai le dimanche (le clou de l’événement). J’ai assisté à une journée complète d’activités (le samedi) et j’en ai profité pour me faire des contacts au sein des Habitants du fort et de la Compagnie des Méloizes, qui seront finalement engagés pour animer le Week-End d’autrefois à La Prairie.
En conclusion, faire de la reconstitution historique est un passe-temps exigeant. Le reconstituteur doit faire des lectures et se documenter sur l’époque qu’il va représenter et il va aussi débourser de fortes sommes afin d’avoir un costume authentique. Si la reconstitution est d’ordre militaire, il devra également s’équiper d’une arme à feu (fusil à silex, fonctionnant avec de la poudre noire). Au total, ce seront plusieurs centaines de dollars qui devront être investis par le reconstituteur afin d’être prêt pour la saison (d’avril à novembre, habituellement).
Le 11 juin prochain, la Société des soldats de Carignan-Salières tiendra son camp de soldats (entraînement des nouvelles recrues au métier de reconstituteur) à La Prairie dans le parc du Sentier du Vieux Fort. Le 7 août, lors de la commémoration des 325 ans de la bataille de La Prairie, ce sera la Garnison de Montréal (soldats des Compagnies Franches de la Marine) qui aura un campement au même endroit. Ainsi, la table sera mise pour les Fêtes des 350 ans de la seigneurie de La Prairie. Bonne saison estivale à tous les organis-mes de reconstitution du Québec !

- Au jour le jour, mai 2016
Vente de livres usagés 2016
Au cours du week-end des 28, 29, 30 avril et 1er mai dernier, la SHLM tenait, dans ses locaux du 249, rue Sainte-Marie, sa vente annuelle de livres usagés. L’événement a encore une fois connu un immense succès et l’objectif de vendre plus de 4 000 livres a été atteint.
Nos plus sincères remerciements aux nombreux bénévoles du comité de la vente de livres pour les sept mois de travaux préparatoires et la tenue de la vente durant quatre jours.
- Au jour le jour, avril 2016
La vie exceptionnelle de Jeanne Lefebvre (Partie 2)
MERCREDI 8 JUIN
Aujourd’hui nous nous reposons ou plutôt nous fatiguons par l’irrégularité des repas. – Nous déjeunons à 9 ½ hrs dinons 3 h et soupons à 7 hrs au son de la musique. – Ne pas travailler et beaucoup manger nous rend paresseux. Mais ce soir nous aspirons le bon air frais dans la tour en écoutant la fanfare – Et la causerie donc c’est vraiment poëtique (sic). Vive la lune de miel.
JEUDI 9 JUIN
Là nous sommes plus disposés, Georges est gai et chante comme un rossignol. Moi j’ai le goût de sauter. Notre toilette finie nous allons visiter Québec voir les principales rues et établissements. Nous dinons et prenons des photographies. Ensuite vers 2 hrs nous sommes allés visiter Montmorency, avons monter (sic) l’élévateur sommes allés au-dessus des chutes. C’est très joli – Nous avons continués à Ste Anne de Beaupré où j’ai trouvé cette petite place bien propre, la principale rue est remarquable par la suite de ses hôtels. — Nous revenons contents au Château pour nous reposer – la musique est assez belle qu’on ne pense pas à se coucher. Bonne nuit il est minuit passé –
VENDREDI 10 JUIN –
Que c’est bon de se lever bien disposés – après avoir pris un bon bain nous allons prendre notre diner en dehors pour varier – ne prenant pas de déjeûner (sic) nous sommes mieux. Nous avons visité le port avons fait une visite à la Basilique. Un repos pris sur le parc en haut de la terrasse Dufferin au frais nous fait passer le temps agréablement.
Il faut faire nos adieux au Château Frontenac préparons les malles – Georges se repose et moi j’écris ces quelques pensées. Je suis dans le meilleur des mondes, pas une seule inquiétude ou contrariété vient assombrir, le temps voudrait nous attrister mais il n’ose il nous sait courageux et heureux de notre sort – D’ailleurs mon cher mari que j’aime de tout mon coeur est là et il est la cause de mon bonheur.
Nous allons prendre notre bateau pour Montréal.
MAD. G. ROCHON
Les voyages de noces au château Frontenac étaient exceptionnels dans le Québec rural des années 1920. C’est que Jeanne Lefebvre avait eu le bonheur de marier l’unique garçon d’une famille très à l’aise. Lui-même commerçant, il avait établi sa fortune dans le commerce des langues marinées. Hélas, le bonheur fut de courte durée puisqu’en 1937, à l’âge de 47 ans, Georges Rochon décédait d’un infarctus, laissant sa jeune épouse seule avait onze enfants (6 garçons et 5 filles) dont Michel, le petit dernier qui n’avait que neuf mois.
L’entreprise de M. Rochon était logée dans un bâtiment situé dans la cour arrière du 4575, rue Brébeuf à Montréal. N’ayant d’autre choix que de vendre le commerce de son époux, grâce surtout aux revenus tirés de la location des logements situés au-dessus, la jeune veuve a continué d’habiter le logis familial jusque vers 1960.
Comme c’était le cas à l’époque dans les nombreuses familles, et davantage dans le cas d’une mère sans époux, les enfants les plus âgés durent cesser leurs études et trouver du travail pour aider à subvenir aux besoins de leurs frères et soeurs. C’est ainsi que les plus jeunes purent poursuivre des études.
Au volant de sa Graham Page dans laquelle s’entassait sa marmaille Rochon, elle venait fréquemment visiter les Lefebvre à La Prairie. « On devait arrêter un moment sur le pont Victoria, et le percepteur me demandait si c’était à moi tout ce monde. Mais bien sûr que oui mon cher monsieur ! » répondait-elle avec fierté.
Ne s’étant jamais remariée, et malgré les difficultés liées à sa situation de mère seule avec onze enfants, Jeanne Lefebvre est toujours demeurée attachée à la vie. Ce qu’il a dû falloir d’amour, d’intelligence et d’organisation à cette femme pour élever seule une telle famille ! Amoureuse de la nature, elle a toujours aimé les voyages et elle s’intéressait vivement aux événements de l’actualité. Un jour, en visite au centre d’accueil de La Prairie, elle croisa une personne en fauteuil roulant et la salua. Alors qu’on lui demandait qui était cette dame, elle qui, à plus de cent ans se tenait solidement debout, de répondre : « Ah ! c’était une de mes élèves. »
Curieuse, à l’âge de 102, elle demandait qu’on lui explique comment fonctionnaient les courriels. Bien qu’elle ait toujours eu une bonne santé, c’est à partir de cet âge que sa vue a commencé à décliner. Elle aimait toujours faire des marches et assister à de nombreux soupers qu’elle ne voulait jamais manquer. Victime de problèmes pulmonaires, elle n’aurait été malade que durant le mois précédant sa mort. Intellectuellement très forte et d’un courage exemplaire, elle avait conservé une excellente mémoire et est demeurée lucide jusqu’aux derniers moments.
Jeanne Lefebvre-Rochon est décédée le 11 décembre 2001 à l’âge de 105 ans. Huit de ses enfants et quarante-sept petits-enfants et arrière-petits-enfants lui survivent encore.
- Au jour le jour, avril 2016
Projet de politique culturelle à La Prairie
Dans le numéro d’octobre 2015 du présent bulletin, nous vous faisions part de la mise sur pied d’un comité chargé d’élaborer un projet de politique culturelle pour notre municipalité.
Depuis l’automne dernier, les membres de ce comité ont consacré leurs énergies à dresser un diagnostic de l’offre des services culturels disponibles à La Prairie. Dans le cadre de ce diagnostic, et grâce à la collaboration de personnes impliquées dans différents volets de la culture, les éléments suivants ont été retenus afin d’en établir les forces, les faiblesses, les opportunités et les contraintes existantes. Il s’agit des arts visuels et des expositions, des métiers d’art, du théâtre, de la musique, de la danse, des événements spéciaux (ex. : la fête nationale), du patrimoine, de la bibliothèque, des écoles et de l’église de la Nativité.
Ce constat établi, le comité, à mi-parcours de son mandat, devait aller en consultation publique afin de valider et de bonifier les conclusions issues du diagnostic. Cette rencontre, à laquelle participèrent une cinquantaine de personnes, dont notre président Monsieur Stéphane Tremblay et Monsieur Jonathan Trottier, membre du CA, eut lieu le 24 mars dernier à l’étage du Vieux Marché. En plus de signifier leur accord ou leur divergence avec les résultats du diagnostic, les participants furent invités à valider les trois principaux enjeux ou défis à relever, à savoir : la mise en valeur de notre site patrimonial, l’élargissement et l’optimisation de l’offre culturelle ainsi que la promotion et la diffusion de cette offre. Des dix tables de discussion, chacune étant animée par un membre du comité, surgirent de multiples idées et suggestions très créatrices.
En fin de rencontre, les citoyens présents y allèrent de nombreux commentaires susceptibles d’améliorer l’offre et la coordination des services culturels ainsi que la diffusion de l’information auprès de la population. Nous retiendrons ici les idées les plus marquantes : création d’une maison de la culture, expositions permanentes, bottin et agenda culturel, collaboration avec d’autres municipalités et développement des activités culturelles auprès des jeunes. Somme toute, une soirée très réussie.
- Au jour le jour, avril 2016
La vie exceptionnelle de Jeanne Lefebvre
N.D.L.R. Le texte qui suit n’aurait pas pu être rédigé sans la précieuse collaboration de Madame Isabelle Barbeau.
Il est de ces vies si exceptionnelles et pourtant si discrètes qu’il vaut, à coup sûr, la peine d’en évoquer les principaux éléments. À l’époque des mariages par internet, du féminisme et des familles réduites, le récit qui suit fait bien sûr office d’anachronisme.

L’histoire débute à La Prairie le 17 septembre 1896 par la naissance de Jeanne Lefebvre au 280, rue Saint-JacquesCette maison existe toujours. à La Prairie. La petite Jeanne est née dans la maison de son grand-père, Olivier Lefebvre, un prospère entrepreneur en construction. Décédé en 1906, à l’âge de cinquante ans des suites de la fièvre typhoïde, Monsieur Lefebvre, un père de douze enfants, était un membre très apprécié du conseil municipal. C’est Oliva, son aîné, également entrepreneur, père de Jeanne et de quinze autres enfants dont dix atteignirent l’âge adulte, qui hérita de la maison paternelle.
Disciplinée et studieuse, Jeanne fit son école normale chez les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame pour ensuite enseigner durant quelques années dans une école de rang de Brosseau.Un hameau situé près du chemin des Prairies dans ce qui est aujourd’hui Brossard.Son destin prit une nouvelle orientation lorsqu’à l’âge de 25 ans elle fit la rencontre de son futur époux sur le perron de l’église de La Prairie.
C’est à partir de ce moment qu’elle commença à rédiger dans un petit carnet le récit de ses fréquentations avec Georges Rochon ainsi que la merveilleuse aventure de leur voyage de noces à Québec. Ce manuscrit, un document unique plein de finesse, de sensibilité et d’un grand sens de l’observation, demeura secret durant toute sa vie et ne fut découvert par l’une de ses filles que quelques semaines après son décès. Nous vous livrons ici la quasi-totalité de ses précieux souvenirs :
LAPRAIRIE 1921
9 février – rencontre de M. Rochon chez Esther – qui m’a laissé une bonne impression.
20 février – Dimanche après-midi j’allai à la clôture de notre retraite. Le bon Dieu a bien voulu écouter mes prières, après lui avoir demandé un bon mari modèle il m’en envoie un aussitôt après la cérémonie Esther m’arrive avec M. Rochon – Quel beau rêve se réalise, je ne puis croire. Quelle reconnaissance dois-je vous faire ô mon Dieu. Que c’est bon de goûter un bonheur venant de Dieu.
25 février – Vendredi M. Rochon vient veiller ce soir et m’apprend que ces visites ont un but sérieux.
5 mars – Samedi – Bonne surprise M. Rochon vient veiller et reste pour passer la journée de demain.
6 mars – J’irai à la Grand messe (sic) avec M. Rochon il reste à dîner chez moi et s’en est retourné à 5 h. Mon amour s’agrandit de plus en plus.
9 avril – Je suis à Montréal chez Esther où je vois M. Rochon.
10 avril – nous sommes allés M. Rochon Esther et moi à l’ImpérialLe théâtre Impérial est construit en 1913 sur la rue Bleury et présente au cours de ses vingt premières années d’existence des spectacles de vaudeville et des représentations de films muets. – je suis toujours enchantée de M. Rochon. Je suis allée veillée (sic) chez M. Rochon ce soir j’étais un peu timide ai-je laissée une bonne impression ? – je le désirerais. J’ai trouvé M. et Mad Rochon très affable (sic), ils me plaisent tous. Georges était un peu tranquille, songeur qu’a-t-il ? – j’aurais voulu pouvoir lui demander et l’encourager.
11 avril – Nous nous levons de bonne heure pour aller au mariage de mon cousin Émile – Georges revient le soir – Nous allons tous à la galerie des Beaux-Arts. Georges et Adrien Dupuy Esther Claire Régine Hélène et M. Pageau.
12 avril – On m’a prié de rester ce soir, j’ai consenti et nous sommes allés au Capitol.Le Capitol, un théâtre de 2 600 places appartenant à Famous Players, a ouvert ses portes sur la rue Sainte-Catherine en avril 1921. Je n’ai pas vu ce qui se passait dans les vuesC’est-à-dire le film présenté à l’écran. – j’étais un peu émotionnée de ce que M. Rochon me parlait.
17 avril – Georges m’a fiancée – quel grand événement – je suis fiancée c’est donc vrai que je vais me marier – je ne crains nullement le mariage. [À la demande de la famille nous avons omis ici quelques lignes du récit dans lesquelles Jeanne avoue son admiration et son amour pour son futur époux.]
QUÉBEC 7 JUIN 1921C’est le jour de leur mariage. – VOYAGE DE NOCE
Au Château Frontenac où nous nous retirons nous habitons une des plus belles chambres. Elle est située dans la TourLe château Frontenac a été construit en plusieurs étapes à partir de 1892. La tour principale a été érigée à partir de 1920. grise à l’ouest sur la terrasse Dufferin en face de la Citadelle.
Dans la fenêtre droite celle de la tour nous voyons tout près le trophée de Montcalm, plus haut la Citadelle quelques maisons, différents kiosques sur la terrasse. Le fleuve un peu étroit sur lequel il se fait beaucoup de navigation. De l’autre côté de la rive se trouve Lévis place très curieuse. Ce qui me frappe dans cette dernière ville et Québec, il n’a aucune symétrie pour la disposition des habitations. On y bâtit une maison, ce qui restera de terrain on en bâtira une autre sur la hauteur s’il n’y a pas assez de largeur.
En général on dirait des boites jetées par ci par là les unes droites les autres de côté ah – le site ne me plait pas du tout. Il en est de même pour tout le trajet que nous avons fait de St Lambert à Lévis. Le goût et la propreté semble (sic) manquer.