Sélection d'une édition

    La bataille de 1691, un nouveau chapitre à venir

    Fusil à silex P. Saunier / Crédit photo : Emmanuel Nivon. Musée Stewart.

    Lors de ce grand déploiement que fut, au 17e siècle, l’invasion graduelle de l’Amérique du Nord par la France, l’Angleterre et la Hollande, chacune de ces puissances voulant accaparer les plus grands territoires possible, les occasions d’affrontement ne firent jamais défaut.

    La mode du chapeau de castor était alors en vogue en Europe et, en conséquence, la richesse générée par la traite des fourrures en Amérique était au centre de conflits incessants. Le succès du commerce des pelleteries était d’ailleurs soumis aux aléas des alliances avec les différentes tribus amérindiennes, dont les Iroquois représentaient, et de loin, l’élément le plus influent et le plus puissant.

    Pendant que les Français, peu nombreux sur un territoire immense, hésitaient entre la colonie de peuplement et la colonie-comptoir, plus au sud, les treize colonies anglaises se peuplaient et développaient avec habileté commerces, industries et maisons d’enseignement. À la fin du 17e siècle, la Nouvelle-France, en comparaison de la Nouvelle-Angleterre, souffrait d’un retard évident. Un quart de siècle après son ouverture, La Prairie n’était encore qu’une seigneurie peu peuplée comptant à peine 110 conces-sionnaires dans les quatre côtes de Saint-Jacques, Saint-Claude, La Tortue et Saint-Lambert. D’ailleurs, plusieurs jeunes hommes préfèrent la lucrative traite des fourrures, parfois en contrebande vers Albany, à la culture de nouvelles terres.

    Le premier fort de La Prairie digne de ce nom fut conçu et dessiné par Villeneuve entre 1686 et 1689, puis érigé par Gédéon de Catalogne entre l’automne 1687 et le printemps 1689. La palissade enserrait les bâtiments d’alors ce qui explique la forme particulière de son périmètre. Au moment de l’attaque du 11 août 1691, la seule d’ailleurs qu’ait jamais subie le fort, l’enceinte protège à peine plus de vingt-cinq concessionnaires. D’ailleurs, sans la présence en garnison de quelques soldats des compagnies franches de la Marine, il aurait été facile à quelque attaquant de prendre le fort sans difficulté. Bref, le fort de La Prairie est loin d’être une place forte.

    Le Patrimoine Militaire Canadien. Illustrations du Sergent, du tambour
    et du soldat. ISBN : 2-920718-49-5. Reproduit avec la permission du
    Ministère de Travaux oublics et Services gouvernementaux Canada, 2009.

    Pourquoi attaquer La Prairie ?

    En cette fin de 17e siècle, la Nouvelle-Hollande est intégrée à l’État de New York et les Hollandais, dont en particulier la famille Schuyler, y tiennent une large part dans les affaires politiques, militaires et commerciales. Malgré le peu de moyens, La Prairie, qui n’est qu’un petit poste de traite des fourrures, joue le rôle de poste avancé pour la protection de Montréal, qui est alors la plaque tournante du commerce canadien des fourrures et qui constitue un important centre militaire du système défensif de la Nouvelle-France.

    Outre leurs motifs commerciaux, les Schuyler veulent venger les raids de l’hiver 1689-1690, dont le saccage de Schenectady par les Français en janvier 1690. De plus, comme c’est toujours le cas lorsque les métropoles s’affrontent, la guerre de la ligue d’Augsbourg (1689-1697) se transporte en Amérique. L’alliance entre l’Angleterre, les Pays-Bas (Guillaume d’Orange) et l’Espagne a pour objectif de freiner les ambitions territoriales de Louis XIV. Aussi, il est impérieux de donner une leçon à la colonie française d’Amérique du Nord.

    C’est ainsi que, dans le but avoué de venger l’attaque sur Schenectady, John Schuyler, frère cadet de Peter, à la tête d’une troupe composée de vingt-neuf coloniaux et cent vingt Amérindiens, mène une attaque sur La Prairie à l’été 1690. Au cours de ce raid, on brûle les récoltes, on tue du bétail, on scalpe six personnes dont quatre femmes, et dix-neuf colons français sont faits prisonniers. L’alarme fut donnée au fort de Chambly et à Montréal, et les Amérindiens se refusèrent à attaquer le fort de La Prairie, ce qui mit un terme à la menace.

    À l’été suivant, Peter Schuyler, fort des renseignements stratégiques transmis par son frère John, décide de porter une nouvelle attaque sur La Prairie. Un contingent de 266 hommes, dont une majorité d’Amérindiens, se présente à l’aube du 11 août 1691 devant le fort. Informé à l’avance d’une attaque imminente, Hector de Callières, le gouverneur de Montréal, avait déjà fait traverser son armée vers La Prairie. Il disposait également de l’appui des miliciens et d’alliés amérindiens. Par précaution, de Callières avait aussi, la veille de l’attaque, envoyé un détachement au fort de Chambly.

    Le premier affrontement est une catastrophe pour les Français et leurs alliés. Les pertes sont importantes. Malgré ses succès, Schuyler n’utilise pas ses grenades incendiaires pour mettre le feu à la palissade et décide de retraiter vers les bois. Entre temps, les hommes de Valrennes, stationnés à Chambly, se sont mis en marche pour porter secours à La Prairie. C’est ainsi qu’un second affrontement aura lieu. Les pertes sont élevées de part et d’autre, et Schuyler et ses hommes finissent par percer les rangs français et atteindre leurs canots sur le Richelieu.

    Malgré les travaux de M. Jean Joly, qui situe cette seconde bataille à l’ancienne intersection du chemin de Saint-Jean et du chemin menant vers Chambly, des incertitudes demeurent quant à cette hypothèse, et ce, malgré la découverte de quelques balles de fusil à silex à cet endroit il y a quelques années. Convenons que, malgré le sérieux de cette conjecture, il est possible que l’affrontement ait eu lieu à un autre endroit.

    De fait, seuls des travaux archéologiques pourront confirmer ou infirmer cette hypothèse. Une journée de prospection archéologique aura donc lieu sur le site le samedi 17 septembre prochain. Ce prochain épisode de la Bataille de 1691 permettra de faire avancer le dossier et d’ouvrir de nouvelles avenues pour de futures recherches. 

    Fusil à silex P. Saunier / Crédit photo : Emmanuel Nivon. Musée Stewart. Lors de ce grand déploiement que fut, au 17e siècle, l’invasion graduelle de l’Amérique du Nord par la France, l’Angleterre et la Hollande, chacune de ces puissances voulant accaparer les plus grands territoires possible, les occasions d’affrontement ne firent jamais défaut. La mode du chapeau de castor était alors en vogue en Europe et, en conséquence, la richesse générée par la traite des fourrures en Amérique était au centre de conflits incessants. Le succès du commerce des pelleteries était d’ailleurs soumis aux aléas des alliances avec les différentes tribus amérindiennes, dont les Iroquois représentaient, et de loin, l’élément le plus influent et le plus puissant. Pendant que les Français, peu nombreux sur un territoire immense, hésitaient entre la colonie de peuplement et la colonie-comptoir, plus au sud, les treize colonies anglaises se peuplaient et développaient avec habileté commerces, industries et maisons d’enseignement. À la fin du 17e siècle, la Nouvelle-France, en comparaison de la Nouvelle-Angleterre, souffrait d’un retard évident. Un quart de siècle après son ouverture, La Prairie n’était encore qu’une seigneurie peu peuplée comptant à peine 110 conces-sionnaires dans les quatre côtes de Saint-Jacques, Saint-Claude, La Tortue et Saint-Lambert. D’ailleurs, plusieurs jeunes hommes préfèrent la lucrative traite des fourrures, parfois en contrebande vers Albany, à la culture de nouvelles terres. Le premier fort de La Prairie digne de ce nom fut conçu et dessiné par Villeneuve entre 1686 et 1689, puis érigé par Gédéon de Catalogne entre l’automne 1687 et le printemps 1689. La palissade enserrait les bâtiments d’alors ce qui explique la forme particulière de son périmètre. Au moment de l’attaque du 11 août 1691, la seule d’ailleurs qu’ait jamais subie le fort, l’enceinte protège à peine plus de vingt-cinq concessionnaires. D’ailleurs, sans la présence en garnison de quelques soldats des compagnies franches de la Marine, il aurait été facile à quelque attaquant de prendre le fort sans difficulté. Bref, le fort de La Prairie est loin d’être une place forte. Le Patrimoine Militaire Canadien. Illustrations du Sergent, du tambour et du soldat. ISBN : 2-920718-49-5. Reproduit avec la permission du Ministère de Travaux oublics et Services gouvernementaux Canada, 2009. Pourquoi attaquer La Prairie ? En cette fin de 17e siècle, la Nouvelle-Hollande est intégrée à l’État de New York et les Hollandais, dont en particulier la famille Schuyler, y tiennent une large part dans les affaires politiques, militaires et commerciales. Malgré le peu de moyens, La Prairie, qui n’est qu’un petit poste de traite des fourrures, joue le rôle de poste avancé pour la protection de Montréal, qui est alors la plaque tournante du commerce canadien des fourrures et qui constitue un important centre militaire du système défensif de la Nouvelle-France. Outre leurs motifs commerciaux, les Schuyler veulent venger les raids de l’hiver 1689-1690, dont le saccage de Schenectady par les Français en janvier 1690. De plus, comme c’est toujours le cas lorsque les métropoles s’affrontent, la guerre de la ligue d’Augsbourg (1689-1697) se transporte en Amérique. L’alliance entre l’Angleterre, les Pays-Bas (Guillaume d’Orange) et l’Espagne a pour objectif de freiner les ambitions territoriales de Louis XIV. Aussi, il est impérieux de donner une leçon à la colonie française d’Amérique du Nord. C’est ainsi que, dans le but avoué de venger l’attaque sur Schenectady, John Schuyler, frère cadet de Peter, à la tête d’une troupe composée de vingt-neuf coloniaux et cent vingt Amérindiens, mène une attaque sur La Prairie à l’été 1690. Au cours de ce raid, on brûle les récoltes, on tue du bétail, on scalpe six personnes dont quatre femmes, et dix-neuf colons français sont faits prisonniers. L’alarme fut donnée au fort de Chambly et à Montréal, et les Amérindiens se refusèrent à attaquer le fort de La Prairie, ce qui mit un terme à la menace. À l’été suivant, Peter Schuyler, fort des renseignements stratégiques transmis par son frère John, décide de porter une nouvelle attaque sur La Prairie. Un contingent de 266 hommes, dont une majorité d’Amérindiens, se présente à l’aube du 11 août 1691 devant le fort. Informé à l’avance d’une attaque imminente, Hector de Callières, le gouverneur de Montréal, avait déjà fait traverser son armée vers La Prairie. Il disposait également de l’appui des miliciens et d’alliés amérindiens. Par précaution, de Callières avait aussi, la veille de l’attaque, envoyé un détachement au fort de Chambly. Le premier affrontement est une catastrophe pour les Français et leurs alliés. Les pertes sont importantes. Malgré ses succès, Schuyler n’utilise pas ses grenades incendiaires pour mettre le feu à la palissade et décide de retraiter vers les bois. Entre temps, les hommes de Valrennes, stationnés à Chambly, se sont mis en marche pour porter secours à La Prairie. C’est ainsi qu’un second affrontement aura lieu. Les pertes sont élevées de part et d’autre, et Schuyler et ses hommes finissent par percer les rangs français et atteindre leurs canots sur le Richelieu. Malgré les travaux de M. Jean Joly, qui situe cette seconde bataille à l’ancienne intersection du chemin de Saint-Jean et du chemin menant vers Chambly, des incertitudes demeurent quant à cette hypothèse, et ce, malgré la découverte de quelques balles de fusil à silex à cet endroit il y a quelques années. Convenons que, malgré le sérieux de cette conjecture, il est possible que l’affrontement ait eu lieu à un autre endroit. De fait, seuls des travaux archéologiques pourront confirmer ou infirmer cette hypothèse. Une journée de prospection archéologique aura donc lieu sur le site le samedi 17 septembre prochain. Ce prochain épisode de la Bataille de 1691 permettra de faire avancer le dossier et d’ouvrir de nouvelles avenues pour de futures recherches. ...

    Les fêtes du 200e

    En 2016, ce n’était pas la première fois que La Prairie commémorait la bataille du 11 août 1691. En effet, du 12 au 14 septembre 1891, La Prairie était en fête pour célébrer le 200e anniversaire de la bataille.

    Le programme des fêtes

    On avait organisé la tenue d’un camp militaire, un concert de chant, une conférence sur l’histoire, une grand-messe commémorative et la bénédiction de la croix érigée à l’intersection du chemin de Saint-Jean et de celui de la Bataille.

    Le camp militaire (12 et 13 septembre)

    Le maire Brisson avait obtenu la tenue d’un camp après plusieurs tentatives faites auprès de Sir Adolphe Caron, alors ministre de la Milice et de la Défense du Canada. Le camp militaire était dirigé par Ivor Caradoc Herbert, ancien Grenadier Guard britannique récemment nommé commandant de la milice canadienne. C’était un soldat d’expérience, catholique, et il parlait français.

    Les activités de la Société littéraire (13 septembre)

    Au programme des fêtes, le maire Brisson avait aussi placé une conférence de son ami historien Benjamin Sulte qu’il avait invité à la Société littéraire le 13 septembre en soirée. Dans sa lettre d’invitation, il lui avait même offert  de l’héberger chez lui ; il signa T.A. Brisson, chirurgien au 85e [Bataillon]. Aussi, au programme de la même journée, il y avait un concert de chant donné dans les locaux de la Société littéraire par une cantatrice réputée que le maire avait spécialement invitée.

    Le service funèbre commémoratif (14 septembre)

    Le lundi 14, en avant-midi, avait lieu un service funèbre à la mémoire des victimes du combat de 1691. On assista à une grand-messe diacre sous-diacre, célébrée par le curé de La Prairie en présence, dans le chœur, d’une douzaine de prêtres, de curés des paroisses avoisinantes, d’anciens curés, de vicaires, de sulpiciens et de jésuites.

    Dans l’église de La Prairie, parmi le très grand nombre de fidèles, se trouvaient les Frères de l’Instruction chrétienne et leurs élèves, les élèves du collège Sacré-Cœur rattaché au noviciat, les sœurs de la Congrégation et leurs élèves ainsi que les Sœurs de la Providence avec leurs orphelines.

    La bénédiction de la croix de 35 pieds (14 septembre)

    Le temps était magnifique et la foule immense. On était venu de plusieurs paroisses avoisinantes. Les musiciens de l’École militaire de Saint-Jean ajoutaient de l’éclat à la fête, grâce à une permission du commandant Herbert.

    La couronne

    Dans une lettre à Joseph-Octave Dion de Chambly, le maire Brisson suggérait aux gens de cette paroisse, désireux de contribuer aux dépenses concernant l’inauguration de la croix, de payer en tout ou en partie la riche couronne en fleurs métalliques qui serait attachée à cette croix. Il écrivit à ce sujet :

    Elle coûtera au plus une quinzaine de piastres. Elle est belle pour vingt. Les deux localités intéressées auraient ainsi leur rôle à jouer en cette circonstance comme elles l’ont eu autrefois. Quoiqu’il arrive, cette couronne est exposée dans la vitrine de Mr Trudel, marchand libraire à Montréal, où tout le monde pourra la voir jusqu’à vendredi… Qu’en pensez-vous ? Qu’en pensent les autres amis de Chambly ?

    Monsieur Dion avait sûrement approuvé l’idée puisque le curé Bourgeault écrira plus tard que la belle couronne de fleurs en fer émaillé provenait d’un don de la paroisse de Chambly. 

    La cérémonie

    La cérémonie débuta par un discours de circonstance prononcé par le curé Lesage de Chambly, au pied de la croix. Puis, Joseph Morin, curé de Saint-Jacques-le-Mineur, procéda à la bénédiction. La foule fut ensuite invitée à prendre place dans des estrades aménagées juste en face de la croix. Une série de discours patriotiques débuta. 

    Les orateurs

    S’élancèrent alors dans l’ordre : Joseph-Octave Dion, président du Cercle Saint-Louis de Chambly et l’un des principaux organisateurs des fêtes ; Louis-Conrad Pelletier, avocat et député fédéral du comté ; Thomas-Auguste Brisson, médecin installé à La Prairie depuis 1878 et maire de cette municipalité depuis 1885 ; Florent Bourgeault, curé de la paroisse depuis 1877, célébrant de la grand-messe diacre sous-diacre de l’avant-midi et coordonnateur de la cérémonie de bénédiction de l’après-midi. 

    Les orateurs parlèrent en catholiques convaincus et en patriotes sincères et, selon le curé Bourgeault, ils évitèrent habilement l’écueil de la politique…

    Ainsi, le 14 septembre 1891 à La Prairie, se terminèrent les grandes fêtes du 200e anniversaire de la bataille du 11 août 1691.

    Source : 

    Jean Joly, La croix de chemin à la mémoire du combat 
    du 11 août 1691 au rang de la Bataille, 2e édition, 2016.
     

    En 2016, ce n’était pas la première fois que La Prairie commémorait la bataille du 11 août 1691. En effet, du 12 au 14 septembre 1891, La Prairie était en fête pour célébrer le 200e anniversaire de la bataille. Le programme des fêtes On avait organisé la tenue d’un camp militaire, un concert de chant, une conférence sur l’histoire, une grand-messe commémorative et la bénédiction de la croix érigée à l’intersection du chemin de Saint-Jean et de celui de la Bataille. Le camp militaire (12 et 13 septembre) Le maire Brisson avait obtenu la tenue d’un camp après plusieurs tentatives faites auprès de Sir Adolphe Caron, alors ministre de la Milice et de la Défense du Canada. Le camp militaire était dirigé par Ivor Caradoc Herbert, ancien Grenadier Guard britannique récemment nommé commandant de la milice canadienne. C’était un soldat d’expérience, catholique, et il parlait français. Les activités de la Société littéraire (13 septembre) Au programme des fêtes, le maire Brisson avait aussi placé une conférence de son ami historien Benjamin Sulte qu’il avait invité à la Société littéraire le 13 septembre en soirée. Dans sa lettre d’invitation, il lui avait même offert  de l’héberger chez lui ; il signa T.A. Brisson, chirurgien au 85e [Bataillon]. Aussi, au programme de la même journée, il y avait un concert de chant donné dans les locaux de la Société littéraire par une cantatrice réputée que le maire avait spécialement invitée. Le service funèbre commémoratif (14 septembre) Le lundi 14, en avant-midi, avait lieu un service funèbre à la mémoire des victimes du combat de 1691. On assista à une grand-messe diacre sous-diacre, célébrée par le curé de La Prairie en présence, dans le chœur, d’une douzaine de prêtres, de curés des paroisses avoisinantes, d’anciens curés, de vicaires, de sulpiciens et de jésuites. Dans l’église de La Prairie, parmi le très grand nombre de fidèles, se trouvaient les Frères de l’Instruction chrétienne et leurs élèves, les élèves du collège Sacré-Cœur rattaché au noviciat, les sœurs de la Congrégation et leurs élèves ainsi que les Sœurs de la Providence avec leurs orphelines. La bénédiction de la croix de 35 pieds (14 septembre) Le temps était magnifique et la foule immense. On était venu de plusieurs paroisses avoisinantes. Les musiciens de l’École militaire de Saint-Jean ajoutaient de l’éclat à la fête, grâce à une permission du commandant Herbert. La couronne Dans une lettre à Joseph-Octave Dion de Chambly, le maire Brisson suggérait aux gens de cette paroisse, désireux de contribuer aux dépenses concernant l’inauguration de la croix, de payer en tout ou en partie la riche couronne en fleurs métalliques qui serait attachée à cette croix. Il écrivit à ce sujet : Elle coûtera au plus une quinzaine de piastres. Elle est belle pour vingt. Les deux localités intéressées auraient ainsi leur rôle à jouer en cette circonstance comme elles l’ont eu autrefois. Quoiqu’il arrive, cette couronne est exposée dans la vitrine de Mr Trudel, marchand libraire à Montréal, où tout le monde pourra la voir jusqu’à vendredi… Qu’en pensez-vous ? Qu’en pensent les autres amis de Chambly ? Monsieur Dion avait sûrement approuvé l’idée puisque le curé Bourgeault écrira plus tard que la belle couronne de fleurs en fer émaillé provenait d’un don de la paroisse de Chambly.  La cérémonie La cérémonie débuta par un discours de circonstance prononcé par le curé Lesage de Chambly, au pied de la croix. Puis, Joseph Morin, curé de Saint-Jacques-le-Mineur, procéda à la bénédiction. La foule fut ensuite invitée à prendre place dans des estrades aménagées juste en face de la croix. Une série de discours patriotiques débuta.  Les orateurs S’élancèrent alors dans l’ordre : Joseph-Octave Dion, président du Cercle Saint-Louis de Chambly et l’un des principaux organisateurs des fêtes ; Louis-Conrad Pelletier, avocat et député fédéral du comté ; Thomas-Auguste Brisson, médecin installé à La Prairie depuis 1878 et maire de cette municipalité depuis 1885 ; Florent Bourgeault, curé de la paroisse depuis 1877, célébrant de la grand-messe diacre sous-diacre de l’avant-midi et coordonnateur de la cérémonie de bénédiction de l’après-midi.  Les orateurs parlèrent en catholiques convaincus et en patriotes sincères et, selon le curé Bourgeault, ils évitèrent habilement l’écueil de la politique... Ainsi, le 14 septembre 1891 à La Prairie, se terminèrent les grandes fêtes du 200e anniversaire de la bataille du 11 août 1691. Source :  Jean Joly, La croix de chemin à la mémoire du combat  du 11 août 1691 au rang de la Bataille, 2e édition, 2016.  ...

    Un projet de recherche archéologique sur la bataille de La Prairie

    La bataille de La Prairie de 1691 a fait l’objet de plusieurs recherches historiques au cours des dernières années. L’analyse des textes anciens a permis de faire avancer les connaissances sur les évènements entourant cet affrontement. Il reste cependant plusieurs éléments à éclaircir, notamment le lieu exact de l’embuscade tendue par les troupes françaises et amérindiennes, menées par Valrennes, à celles de Schuyler. C’est dans ce but que le Musée d’archéologie de Roussillon, en partenariat avec la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine, a entrepris de mener une journée de prospection archéologique à l’automne dans le secteur du rang de la Bataille. 

    L’objectif de l’intervention est de tester une des hypothèses proposées par les historiens de la région. Une équipe composée d’archéologues professionnels et de bénévoles triés sur le volet aura pour mandat d’inspecter des terrains agricoles, à la recherche d’indices de l’affrontement de 1691. Balles de mousquets, pierres à fusil en silex, lames de haches et de couteaux, boutons militaires et autres artefacts découverts en surface seront prélevés puis localisés à l’aide de GPS. Après cette journée sur le terrain, les objets et les données géographiques seront analysés en laboratoire par les archéologues. Les résultats seront consignés dans un rapport, puis rendus accessibles au public par le Musée d’archéologie de Roussillon. Consultez le site Web du Musée pour suivre l’avancement des travaux !
     

    La bataille de La Prairie de 1691 a fait l’objet de plusieurs recherches historiques au cours des dernières années. L’analyse des textes anciens a permis de faire avancer les connaissances sur les évènements entourant cet affrontement. Il reste cependant plusieurs éléments à éclaircir, notamment le lieu exact de l’embuscade tendue par les troupes françaises et amérindiennes, menées par Valrennes, à celles de Schuyler. C’est dans ce but que le Musée d’archéologie de Roussillon, en partenariat avec la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine, a entrepris de mener une journée de prospection archéologique à l’automne dans le secteur du rang de la Bataille.  L’objectif de l’intervention est de tester une des hypothèses proposées par les historiens de la région. Une équipe composée d’archéologues professionnels et de bénévoles triés sur le volet aura pour mandat d’inspecter des terrains agricoles, à la recherche d’indices de l’affrontement de 1691. Balles de mousquets, pierres à fusil en silex, lames de haches et de couteaux, boutons militaires et autres artefacts découverts en surface seront prélevés puis localisés à l’aide de GPS. Après cette journée sur le terrain, les objets et les données géographiques seront analysés en laboratoire par les archéologues. Les résultats seront consignés dans un rapport, puis rendus accessibles au public par le Musée d’archéologie de Roussillon. Consultez le site Web du Musée pour suivre l’avancement des travaux !  ...

    Conférence | George Brossard

    Conférencier: Monsieur George Brossard

    Monsieur Brossard, entomologiste et globe-trotter célèbre, est un retraité qui ne connaît pas le repos. Grâce à sa conférence dynamique portant sur des sujets variés, il vous expliquera comment planifier votre retraite et comment l’occuper avec diverses activités de nature historique. Cette conférence où règne les anecdotes de voyages et les expériences de vie sera empreinte de notions d’anthropologie, d’histoire et de généalogie.

    Les conférences de la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine ont lieu à l’étage du 249, rue Sainte-Marie à La Prairie. Elles débutent à 19 h 30. Entrée libre pour les membres, 5 $ pour les non-membres. Renseignements au 450-659-1393.

    Conférencier: Monsieur George Brossard Monsieur Brossard, entomologiste et globe-trotter célèbre, est un retraité qui ne connaît pas le repos. Grâce à sa conférence dynamique portant sur des sujets variés, il vous expliquera comment planifier votre retraite et comment l’occuper avec diverses activités de nature historique. Cette conférence où règne les anecdotes de voyages et les expériences de vie sera empreinte de notions d’anthropologie, d’histoire et de généalogie. Les conférences de la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine ont lieu à l’étage du 249, rue Sainte-Marie à La Prairie. Elles débutent à 19 h 30. Entrée libre pour les membres, 5 $ pour les non-membres. Renseignements au 450-659-1393....

    Décès de Monsieur Philippe Lemieux

    Le 3 juillet dernier est décédé, à l’âge de 92 ans, Monsieur Philippe Lemieux. Il laisse dans le deuil son épouse, Madame Yvette Moquin, ses trois filles, son frère et sa sœur ainsi qu’autres parents et amis. Demeurant à Candiac, Monsieur Lemieux était un membre de longue date de la SHLM et il visitait souvent notre local pour y faire des recherches sur les vieilles familles de la seigneurie de La Prairie avec Madame Solange Lamarche et Monsieur Jean L’Heureux. Nous offrons nos plus sincères condoléances à toute sa famille ainsi qu’à ses amis.

    Le 3 juillet dernier est décédé, à l’âge de 92 ans, Monsieur Philippe Lemieux. Il laisse dans le deuil son épouse, Madame Yvette Moquin, ses trois filles, son frère et sa sœur ainsi qu’autres parents et amis. Demeurant à Candiac, Monsieur Lemieux était un membre de longue date de la SHLM et il visitait souvent notre local pour y faire des recherches sur les vieilles familles de la seigneurie de La Prairie avec Madame Solange Lamarche et Monsieur Jean L’Heureux. Nous offrons nos plus sincères condoléances à toute sa famille ainsi qu’à ses amis....

    Décès de Monsieur Robert Champoux

    Le 12 août dernier est décédé, à l’âge de 68 ans, Monsieur Robert Champoux. Il laisse dans le deuil son épouse, Madame Gisèle Arnaud, ses deux enfants, ses petits-enfants ainsi qu’autres parents et amis. Demeurant à Sainte-Catherine, Monsieur Champoux était retraité de la Commission scolaire des Grandes Seigneuries (école La Magdeleine) et a été président de la SHLM en 1990-91. Nous offrons nos plus sincères condoléances à toute sa famille ainsi qu’à ses amis.

    Le 12 août dernier est décédé, à l’âge de 68 ans, Monsieur Robert Champoux. Il laisse dans le deuil son épouse, Madame Gisèle Arnaud, ses deux enfants, ses petits-enfants ainsi qu’autres parents et amis. Demeurant à Sainte-Catherine, Monsieur Champoux était retraité de la Commission scolaire des Grandes Seigneuries (école La Magdeleine) et a été président de la SHLM en 1990-91. Nous offrons nos plus sincères condoléances à toute sa famille ainsi qu’à ses amis....

    La Prairie : l’opération militaire de l’été 1691 (Partie 3)

    Le rapport de Livingston confirmait entre autres que, « Nous avons interroger Symon Groot, qui a été remis à un de nos indiens par un Agnier catholique,… il confirme leur manque de provisions ; les forces dans la région de Mont Reall (sic) étaient moins de 300 soldats et qu’il y a environ 50 hommes (miliciens inclus) à La Prairie, où nos gens veulent attaquer… aussi il n’y a qu’une garnison de 20 soldats au village palissadé des Agniers au Sault-Saint-Louis. »Sachant qu’il y avait souvent des agents ou « spyes » parmi eux, le commandant de cette demi-compagnie avait ordre de mettre le Sault–Saint-Louis en quarantaine pendant que La Prairie était sous commandement militaire. Charles de Monseignat, le secrétaire de Frontenac, confirme que deux jours avant l’attaque « on détachait continuellement des partis pour aller à la découverte ; un des fils du sieur Hertel (Zacharie-François Hertel, sieur de la Frenière, 26 ans, interprète, lieutenant des guides) accompagné de trois Algonquins et d’un Sauvage de la Montagne, découvrit un canot dans la rivière de Richelieu, au dessus du portage de Chambly (St-Jean) sur lequel il tira ; ce canot était d’Agniers (Mohawks) qui venaient aussi à la découverte. » NB : À remarquer qu’il n’y a aucun Agnier du Sault en patrouille avec le sieur Hertel. .

    M. Henry Slaughter, le gouverneur de la Province of New Yorke, était également présent à Albany, et il était maintenant convaincu, plus que jamais, que le moment était propice pour passer à l’action. Et, très rassuré par les propos du jeune Symon Groot, Slaughter ordonna à Pieter Schuyler et son armée de se mettre en marche, tambours battants, trois jours plus tard.À la pleine lune suivante (9 août, 1691), Schuyler et son armée devaient faire jonction dans les environs de La Prairie avec une troupe de 500 Iroquois des Grands Lacs et ensemble ils devaient mettre La Prairie à feu et à sang, et par la suite attaquer « Mont Reall … where they had their designe ». Mais, pour son plus grand malheur, Callières l’attendait au fort La Prairie non pas avec quelques soldats, mais plutôt avec la moitié de l’armée de la Marine que M. le comte de Frontenac avait discrètement fait parvenir, dans les jours suivants, à La Prairie et au fort Chambly.

    L’envahisseur newyorkais fut donc étonné et désemparé (shock & awe) comme l’avait si bien planifié Callières, le gouverneur militaire de Montréal. Dès lors, le major Schuyler et son armée, en tombant dans ce piège, sont mis « entre deux afin qu’ils ne nous eschapassent pas, ce qui réussit assez bien pour la gloire des armes de sa Majesté, ayant resté plus de 100 des ennemys sur la place avec leur drapeau et quelques prisonniers que nous prismes… » !Louis-Hector de Callières, Gouverneur militaire de Montréal. — Lettre au ministre, 1691 et 20 septembre 1692. (À noter que Callières, avant d’être nommé gouverneur de Montréal, avait eu 20 ans de service militaire, ayant combattu pour son roi sur tous les champs de bataille européens. Louis-Hector était doué d’une vive intelligence, avec un bon sens de discipline et de commandement, en plus, il était un habile négociateur, ce qui lui sera très utile dans ses rapports avec les Indiens. Et en conséquence, Callières sera reconnu comme un des principaux architectes de la Grande Paix de Montréal en 1701).

    En conclusion, cette grande bataille épique qui eut lieu dans la seigneurie de La Prairie-de-la-Magdeleine fut gagnée non seulement sur le terrain par l’héroïque bataillon du commandant de Valrennes, mais en grande partie grâce à la qualité du renseignement et du réseau d’espionnage de cet homme de guerre exceptionnel qu’était Callières, le gouverneur militaire de Montréal.

     

    Le rapport de Livingston confirmait entre autres que, « Nous avons interroger Symon Groot, qui a été remis à un de nos indiens par un Agnier catholique,… il confirme leur manque de provisions ; les forces dans la région de Mont Reall (sic) étaient moins de 300 soldats et qu’il y a environ 50 hommes (miliciens inclus) à La Prairie, où nos gens veulent attaquer… aussi il n’y a qu’une garnison de 20 soldats au village palissadé des Agniers au Sault-Saint-Louis. »Sachant qu’il y avait souvent des agents ou « spyes » parmi eux, le commandant de cette demi-compagnie avait ordre de mettre le Sault–Saint-Louis en quarantaine pendant que La Prairie était sous commandement militaire. Charles de Monseignat, le secrétaire de Frontenac, confirme que deux jours avant l’attaque « on détachait continuellement des partis pour aller à la découverte ; un des fils du sieur Hertel (Zacharie-François Hertel, sieur de la Frenière, 26 ans, interprète, lieutenant des guides) accompagné de trois Algonquins et d’un Sauvage de la Montagne, découvrit un canot dans la rivière de Richelieu, au dessus du portage de Chambly (St-Jean) sur lequel il tira ; ce canot était d’Agniers (Mohawks) qui venaient aussi à la découverte. » NB : À remarquer qu’il n’y a aucun Agnier du Sault en patrouille avec le sieur Hertel. . M. Henry Slaughter, le gouverneur de la Province of New Yorke, était également présent à Albany, et il était maintenant convaincu, plus que jamais, que le moment était propice pour passer à l’action. Et, très rassuré par les propos du jeune Symon Groot, Slaughter ordonna à Pieter Schuyler et son armée de se mettre en marche, tambours battants, trois jours plus tard.À la pleine lune suivante (9 août, 1691), Schuyler et son armée devaient faire jonction dans les environs de La Prairie avec une troupe de 500 Iroquois des Grands Lacs et ensemble ils devaient mettre La Prairie à feu et à sang, et par la suite attaquer « Mont Reall ... where they had their designe ». Mais, pour son plus grand malheur, Callières l’attendait au fort La Prairie non pas avec quelques soldats, mais plutôt avec la moitié de l’armée de la Marine que M. le comte de Frontenac avait discrètement fait parvenir, dans les jours suivants, à La Prairie et au fort Chambly. L’envahisseur newyorkais fut donc étonné et désemparé (shock & awe) comme l’avait si bien planifié Callières, le gouverneur militaire de Montréal. Dès lors, le major Schuyler et son armée, en tombant dans ce piège, sont mis « entre deux afin qu’ils ne nous eschapassent pas, ce qui réussit assez bien pour la gloire des armes de sa Majesté, ayant resté plus de 100 des ennemys sur la place avec leur drapeau et quelques prisonniers que nous prismes... » !Louis-Hector de Callières, Gouverneur militaire de Montréal. — Lettre au ministre, 1691 et 20 septembre 1692. (À noter que Callières, avant d’être nommé gouverneur de Montréal, avait eu 20 ans de service militaire, ayant combattu pour son roi sur tous les champs de bataille européens. Louis-Hector était doué d’une vive intelligence, avec un bon sens de discipline et de commandement, en plus, il était un habile négociateur, ce qui lui sera très utile dans ses rapports avec les Indiens. Et en conséquence, Callières sera reconnu comme un des principaux architectes de la Grande Paix de Montréal en 1701). En conclusion, cette grande bataille épique qui eut lieu dans la seigneurie de La Prairie-de-la-Magdeleine fut gagnée non seulement sur le terrain par l’héroïque bataillon du commandant de Valrennes, mais en grande partie grâce à la qualité du renseignement et du réseau d’espionnage de cet homme de guerre exceptionnel qu’était Callières, le gouverneur militaire de Montréal.  ...

    La Prairie : l’opération militaire de l’été 1691 (Partie 2)

    Un bel exemple de micro-espionnage : à l’été 1690, le baron de Saint-Castin, qui était la bête noire des Anglais, fut mis au courant, par ses espions qu’il entretenait en Nouvelle-Angleterre, du vaste armement et des préparatifs navals de l’amiral Phips contre Québec. Aussitôt, Saint- Castin, par une longue marche forcée au travers des bois de quelques-uns de ses alliés abénaquis, put faire avertir à temps le gouverneur de la Nouvelle-France. Frontenac était, à ce moment-là, avec la majorité de ses troupes en mission militaire à La Prairie et à Montréal et, ainsi prévenu de cette attaque imminente, le gouverneur était retourné à temps pour répondre à son adversaire par « la bouche de ses canons », assurant ainsi une victorieuse défense de la ville de Québec.

    Incontestablement, la plus importante source de renseignements pour la sécurité de la Nouvelle-France passait par les nids d’espions qu’étaient La Prairie-de-la-Magdeleine et le fort Chambly. D’ailleurs, à ce sujet, un jeune contemporain de ces événements, l’historien Pierre-François-Xavier de Charlevoix affirmait : « Ce qui fait la sureté de Montréal, ce sont les deux villages d’Iroquois chrétiens (le Sault–Saint-Louis à La Prairie et la mission de la Montagne à Montréal) et le fort de Chambly ».

    Depuis le début de la concession des terres de la seigneurie de La Prairie en 1673 jusqu’à son décès en 1690, le géant du Sault–Saint-Louis, Athasa:tà (aussi surnommé le « Grand Agnier » ou « Togouiroui ») avait agi pour ralentir les ardeurs guerrières de ses anciens frères païens des environs d’Albany, N. Y.. Également, c’était à partir de ses nombreuses expéditions de reconnaissance et de ses raids dans le haut de la rivière Hudson, tout comme de ses nombreux espions ou informateurs au pays des Mohawks, qu’Athasa:tà avait pu relayer avec succès autant d’informations utiles au sujet des préparatifs de guerre des Anglais et Mohawks au commandant du fort Chambly et au gouverneur de Montréal.

    À la suite de sa mort tragique en juin 1690 Athasa:tàLe Grand Agnier, ce magnifique guerrier est mort le 4 juin, 1690 alors qu’il était en mission au lac Champlain. De ce héros Charlevoix nous affirme : « qu’il ne fut guéres moins pleuré des François, que de ses compatriotes ». Au pays mohawk où il est né, ce guerrier légendaire était aussi connu sous le nom de « Kryn the Great Mohawk ». fut remplacé par son neveu, le dénommé La Plaque, qui détenait le grade de lieutenant des guides dans la Marine. Un autre exemple de micro-espionnage : c’était ce même La Plaque qui, à l’été 1690, revint d’une longue et dangereuse mission de reconnaissance et d’espionnage aux lacs Champlain et Saint-Sacrement avec une bonne nouvelle pour le gouverneur Frontenac, qui attendait avec ses troupes à La Prairie-de-la-Magdeleine. Il lui annonça que le général John-Fitz Winthrop et son armée de 2000 soldats et Iroquois allaient renoncer à poursuivre son projet d’invasion du Canada, ceci à cause d’un sérieux problème de santé dans sa troupe : la petite vérole chez les Iroquois ainsi qu’une sanglante dysenterie causée par le porc avarié chez ses soldats. Également, le brave La Plaque annonça à Frontenac que les troupes du général Winthrop avaient aussi de graves problèmes de transport et d’approvisionnement et donc, qu’il abandonnait son projet. (NB : Quelques jours plus tard arrivèrent de l’est les Abénaquis du baron de Saint- Castin avec de moins bonnes nouvelles au sujet d’une flotte de 34 navires qui s’organisait à Boston et à New York.)

    Comme récompense pour sa bravoure et pour garantir sa loyauté future, Frontenac et Callières offrirent à La Plaque un voyage en France à l’automne 1690. Ce fut Atavia:tà, son frère Agnier du Sault– Saint-Louis, qui prit la relève à ce moment des plus critiques de cette interminable guerre franco-iroquoise, où déferlerait sur la colonie une cascade d’événements des plus fertiles en espionnage.

    Effectivement, au printemps 1691, Atavia:tà, qui était revenu d’une mission de reconnaissance près d’Albany, rapporta qu’il « eut avis par quelques-uns des ennemis, qu’ils faisaient un gros mouvement pour venir fondre sur la colonie ». Cette importante information sera confirmée quelques semaines plus tard par un prisonnier anglais que Schuyler, le maire d’Albany, identifia par la suite comme étant un certain « Cornelius Clatie » ; un milicien-cultivateur de Canastagione, N.Y., amené à Montréal par Atavia:tà à la mi-juillet 1691Un témoignage sur l’efficacité du micro-espionnage d’Atavia:tà et des siens ; « … l’Ennemi savait notre mot de passe (*) (et nos plans)… ils en profitèrent grandement à leur avantage… Les français savaient que nous venions 14 jours auparavant et qu’un indien, un Mohawk (espion Agnier) ayant déserté son groupe de 15 Mohawks de la rivière Shamblie leur a dit notre nombre, nos forces, le nom des officiers etc. Ils avaient aussi fait prisonnier, un dénommé Cornelius Clatie à Canastaguijone (sic), un lieu situé à 12 milles d’Albany, qui les informa de notre venu, étant au Canada deux semaines avant nous… » — Major Pieter Schuyler’s Journal of his Expedition to Canada. (*) « Courage Isopus ! ». . Sentant que la détermination des Anglais à aller de l’avant et à attaquer la Nouvelle- France pouvait facilement vaciller et ainsi contrecarrer ses plans d’encerclement, Monsieur de Callières fit appel à une autre arme très efficace de son arsenal de micro-espionnage : la déception ou l’« induction en erreur ». Afin d’assurer la réussite de sa stratégie, qui consistait à attirer l’ennemi dans un grand « guet-apens », Callières privilégia donc le contre-espionnage et la désinformation… et l’occasion s’y prêtait bien !

    De prime abord, il faut bien comprendre que les raids et les massacres de la population civile, comme celui survenu au mois d’août 1689 à Lachine près de Montréal, n’étaient pas des incidents à sens unique. Le 11 juillet 1691, Henry Sloughter, le nouveau gouverneur de la Province of New Yorke, se désolait entre autres au sujet des 150 fermes abandonnées aux environs d’Albany, « J’ai trouvé ce coin de pays en grand désordre, les fermes des environs, et Schenectady presque en ruine et détruites par les Ennemis ».

    En effet, comme représailles pour le massacre de Lachine survenu 6 mois plus tôt, il y eut effectivement un important raid français dans la nuit du 8 au 9 février 1690, au coeur de l’hiver septentrional. La principale victime de cette « petite guerre » et de ses cruautés avait été le village palissadé de Schenectady, N.Y., qui, lui aussi, fut systématiquement mis à feu et à sang. En plus, une vingtaine de personnes furent ramenées à Montréal, captives des Français et des Agniers du Sault, et parmi ceux-ci se trouvaient les cinq fils d’un notable de la place, un certain Symon Groot, qui était à Albany pour un baptême lors de cette nuit fatidiqueRapport officiel de l’incident: “60 killed and 27 prisonners … of which … all five sonnes (sic) of Symon Groot…”. Les cinq fils de Symon Groot ; Abraham, Claes, Dyrck, Phillip et l’ainé Symon Jr. sont ramenés à Montréal comme captifs des Agniers du Sault et des Français. .

    Au début de juin 1691, étant informé que deux présumés agents mohawks, « Taonnochrio et Tahonsiwago »À Albany, le 20 juin 1691 deux Mohawks ; Taonnochrio et Tahonsiwago, présumément leurs espions, seront interrogés séparément par Pieter Schuyler et Robert Livingston suite à leur dernière « visite » au Sault– Saint-Louis et à La Prairie. Deux jours plus tard, ce sera au tour de Symon Groot Jr. de subir son « examination ». , étaient en « visite » au Sault, Callières profita de l’occasion pour retourner chez les siens un prisonnier du nom de Symon Groot Jr. Auparavant, Symon fut amené du Sault au fort Rémy (Montréal), où il fut discrètement désinformé ou induit en erreur sur la situation militaire de la région de Montréal. Alors, dès son arrivé à Albany, le 22 juin 1691, Symon Jr. fut interrogé par le maire Pieter Schuyler et son secrétaire Robert Livingston le « Recorder » de la Commission des Affaires indiennes d’Albany, pour ensuite être présenté au gouverneur Henry SlaughterNew York Colonial Manuscripts; London Documents VIII, Robert Livingston to Governor Slaughter, Albany, 22 June,1691. —Present: the Mayor and Recorder (Interrogation of Symon Groot Jr.). .

     

    Un bel exemple de micro-espionnage : à l’été 1690, le baron de Saint-Castin, qui était la bête noire des Anglais, fut mis au courant, par ses espions qu’il entretenait en Nouvelle-Angleterre, du vaste armement et des préparatifs navals de l’amiral Phips contre Québec. Aussitôt, Saint- Castin, par une longue marche forcée au travers des bois de quelques-uns de ses alliés abénaquis, put faire avertir à temps le gouverneur de la Nouvelle-France. Frontenac était, à ce moment-là, avec la majorité de ses troupes en mission militaire à La Prairie et à Montréal et, ainsi prévenu de cette attaque imminente, le gouverneur était retourné à temps pour répondre à son adversaire par « la bouche de ses canons », assurant ainsi une victorieuse défense de la ville de Québec. Incontestablement, la plus importante source de renseignements pour la sécurité de la Nouvelle-France passait par les nids d’espions qu’étaient La Prairie-de-la-Magdeleine et le fort Chambly. D’ailleurs, à ce sujet, un jeune contemporain de ces événements, l’historien Pierre-François-Xavier de Charlevoix affirmait : « Ce qui fait la sureté de Montréal, ce sont les deux villages d’Iroquois chrétiens (le Sault–Saint-Louis à La Prairie et la mission de la Montagne à Montréal) et le fort de Chambly ». Depuis le début de la concession des terres de la seigneurie de La Prairie en 1673 jusqu’à son décès en 1690, le géant du Sault–Saint-Louis, Athasa:tà (aussi surnommé le « Grand Agnier » ou « Togouiroui ») avait agi pour ralentir les ardeurs guerrières de ses anciens frères païens des environs d’Albany, N. Y.. Également, c’était à partir de ses nombreuses expéditions de reconnaissance et de ses raids dans le haut de la rivière Hudson, tout comme de ses nombreux espions ou informateurs au pays des Mohawks, qu’Athasa:tà avait pu relayer avec succès autant d’informations utiles au sujet des préparatifs de guerre des Anglais et Mohawks au commandant du fort Chambly et au gouverneur de Montréal. À la suite de sa mort tragique en juin 1690 Athasa:tàLe Grand Agnier, ce magnifique guerrier est mort le 4 juin, 1690 alors qu’il était en mission au lac Champlain. De ce héros Charlevoix nous affirme : « qu’il ne fut guéres moins pleuré des François, que de ses compatriotes ». Au pays mohawk où il est né, ce guerrier légendaire était aussi connu sous le nom de « Kryn the Great Mohawk ». fut remplacé par son neveu, le dénommé La Plaque, qui détenait le grade de lieutenant des guides dans la Marine. Un autre exemple de micro-espionnage : c’était ce même La Plaque qui, à l’été 1690, revint d’une longue et dangereuse mission de reconnaissance et d’espionnage aux lacs Champlain et Saint-Sacrement avec une bonne nouvelle pour le gouverneur Frontenac, qui attendait avec ses troupes à La Prairie-de-la-Magdeleine. Il lui annonça que le général John-Fitz Winthrop et son armée de 2000 soldats et Iroquois allaient renoncer à poursuivre son projet d’invasion du Canada, ceci à cause d’un sérieux problème de santé dans sa troupe : la petite vérole chez les Iroquois ainsi qu’une sanglante dysenterie causée par le porc avarié chez ses soldats. Également, le brave La Plaque annonça à Frontenac que les troupes du général Winthrop avaient aussi de graves problèmes de transport et d’approvisionnement et donc, qu’il abandonnait son projet. (NB : Quelques jours plus tard arrivèrent de l’est les Abénaquis du baron de Saint- Castin avec de moins bonnes nouvelles au sujet d’une flotte de 34 navires qui s’organisait à Boston et à New York.) Comme récompense pour sa bravoure et pour garantir sa loyauté future, Frontenac et Callières offrirent à La Plaque un voyage en France à l’automne 1690. Ce fut Atavia:tà, son frère Agnier du Sault– Saint-Louis, qui prit la relève à ce moment des plus critiques de cette interminable guerre franco-iroquoise, où déferlerait sur la colonie une cascade d’événements des plus fertiles en espionnage. Effectivement, au printemps 1691, Atavia:tà, qui était revenu d’une mission de reconnaissance près d’Albany, rapporta qu’il « eut avis par quelques-uns des ennemis, qu’ils faisaient un gros mouvement pour venir fondre sur la colonie ». Cette importante information sera confirmée quelques semaines plus tard par un prisonnier anglais que Schuyler, le maire d’Albany, identifia par la suite comme étant un certain « Cornelius Clatie » ; un milicien-cultivateur de Canastagione, N.Y., amené à Montréal par Atavia:tà à la mi-juillet 1691Un témoignage sur l’efficacité du micro-espionnage d’Atavia:tà et des siens ; « ... l’Ennemi savait notre mot de passe (*) (et nos plans)… ils en profitèrent grandement à leur avantage… Les français savaient que nous venions 14 jours auparavant et qu’un indien, un Mohawk (espion Agnier) ayant déserté son groupe de 15 Mohawks de la rivière Shamblie leur a dit notre nombre, nos forces, le nom des officiers etc. Ils avaient aussi fait prisonnier, un dénommé Cornelius Clatie à Canastaguijone (sic), un lieu situé à 12 milles d’Albany, qui les informa de notre venu, étant au Canada deux semaines avant nous... » — Major Pieter Schuyler’s Journal of his Expedition to Canada. (*) « Courage Isopus ! ». . Sentant que la détermination des Anglais à aller de l’avant et à attaquer la Nouvelle- France pouvait facilement vaciller et ainsi contrecarrer ses plans d’encerclement, Monsieur de Callières fit appel à une autre arme très efficace de son arsenal de micro-espionnage : la déception ou l’« induction en erreur ». Afin d’assurer la réussite de sa stratégie, qui consistait à attirer l’ennemi dans un grand « guet-apens », Callières privilégia donc le contre-espionnage et la désinformation... et l’occasion s’y prêtait bien ! De prime abord, il faut bien comprendre que les raids et les massacres de la population civile, comme celui survenu au mois d’août 1689 à Lachine près de Montréal, n’étaient pas des incidents à sens unique. Le 11 juillet 1691, Henry Sloughter, le nouveau gouverneur de la Province of New Yorke, se désolait entre autres au sujet des 150 fermes abandonnées aux environs d’Albany, « J’ai trouvé ce coin de pays en grand désordre, les fermes des environs, et Schenectady presque en ruine et détruites par les Ennemis ». En effet, comme représailles pour le massacre de Lachine survenu 6 mois plus tôt, il y eut effectivement un important raid français dans la nuit du 8 au 9 février 1690, au coeur de l’hiver septentrional. La principale victime de cette « petite guerre » et de ses cruautés avait été le village palissadé de Schenectady, N.Y., qui, lui aussi, fut systématiquement mis à feu et à sang. En plus, une vingtaine de personnes furent ramenées à Montréal, captives des Français et des Agniers du Sault, et parmi ceux-ci se trouvaient les cinq fils d’un notable de la place, un certain Symon Groot, qui était à Albany pour un baptême lors de cette nuit fatidiqueRapport officiel de l’incident: “60 killed and 27 prisonners … of which … all five sonnes (sic) of Symon Groot…”. Les cinq fils de Symon Groot ; Abraham, Claes, Dyrck, Phillip et l’ainé Symon Jr. sont ramenés à Montréal comme captifs des Agniers du Sault et des Français. . Au début de juin 1691, étant informé que deux présumés agents mohawks, « Taonnochrio et Tahonsiwago »À Albany, le 20 juin 1691 deux Mohawks ; Taonnochrio et Tahonsiwago, présumément leurs espions, seront interrogés séparément par Pieter Schuyler et Robert Livingston suite à leur dernière « visite » au Sault– Saint-Louis et à La Prairie. Deux jours plus tard, ce sera au tour de Symon Groot Jr. de subir son « examination ». , étaient en « visite » au Sault, Callières profita de l’occasion pour retourner chez les siens un prisonnier du nom de Symon Groot Jr. Auparavant, Symon fut amené du Sault au fort Rémy (Montréal), où il fut discrètement désinformé ou induit en erreur sur la situation militaire de la région de Montréal. Alors, dès son arrivé à Albany, le 22 juin 1691, Symon Jr. fut interrogé par le maire Pieter Schuyler et son secrétaire Robert Livingston le « Recorder » de la Commission des Affaires indiennes d’Albany, pour ensuite être présenté au gouverneur Henry SlaughterNew York Colonial Manuscripts; London Documents VIII, Robert Livingston to Governor Slaughter, Albany, 22 June,1691. —Present: the Mayor and Recorder (Interrogation of Symon Groot Jr.). .  ...

    Arrivée des guides étudiants à la SHLM

    Grâce à une généreuse subvention du programme fédéral « Emplois d’été Canada », nous avons procédé à l’embauche de trois guides étudiants pour assurer l’animation de la saison estivale 2016 à la SHLM. Ils ont commencé leurs activités le 7 juin dernier et nous quitteront pour retourner aux études le 28 août. Cette année, ils seront disponibles pour des visites guidées du site patrimonial déclaré du Vieux La Prairie tous les jours de la semaine à 10 h, à 13 h et à 15 h. Ils participeront également à « Marchez dans l’ombre du passé », notre activité de théâtre de rue qui aura lieu les 5, 12, 19 et 26 août à 19 h.

    Grâce à une généreuse subvention du programme fédéral « Emplois d’été Canada », nous avons procédé à l’embauche de trois guides étudiants pour assurer l’animation de la saison estivale 2016 à la SHLM. Ils ont commencé leurs activités le 7 juin dernier et nous quitteront pour retourner aux études le 28 août. Cette année, ils seront disponibles pour des visites guidées du site patrimonial déclaré du Vieux La Prairie tous les jours de la semaine à 10 h, à 13 h et à 15 h. Ils participeront également à « Marchez dans l’ombre du passé », notre activité de théâtre de rue qui aura lieu les 5, 12, 19 et 26 août à 19 h. ...

    Un membre de la SHLM honoré par le Lieutenant gouverneur du Québec

    Toutes nos félicitations à Monsieur Gaétan Bourdages qui a reçu, le 15 mai dernier à l’auditorium du cégep de Granby, la médaille d’argent des aînés, remise par le Lieutenant-gouverneur du Québec en reconnaissance de l’engagement bénévole, de la détermination et du dépassement de soi. Monsieur Bourdages oeuvre à la SHLM depuis 40 ans et il a déjà été président (et membre du CA) de notre organisme. Auteur prolifique (une centaine d’articles et une dizaine d’ouvrages historiques), sa rigueur intellectuelle et ses grandes connaissances historiques font de lui l’historien le plus connu (et le plus fiable) du territoire de la MRC de Roussillon et de ses environs. Merci à la municipalité de La Prairie pour la mise en candidature de Monsieur Bourdages.

    Toutes nos félicitations à Monsieur Gaétan Bourdages qui a reçu, le 15 mai dernier à l’auditorium du cégep de Granby, la médaille d’argent des aînés, remise par le Lieutenant-gouverneur du Québec en reconnaissance de l’engagement bénévole, de la détermination et du dépassement de soi. Monsieur Bourdages oeuvre à la SHLM depuis 40 ans et il a déjà été président (et membre du CA) de notre organisme. Auteur prolifique (une centaine d’articles et une dizaine d’ouvrages historiques), sa rigueur intellectuelle et ses grandes connaissances historiques font de lui l’historien le plus connu (et le plus fiable) du territoire de la MRC de Roussillon et de ses environs. Merci à la municipalité de La Prairie pour la mise en candidature de Monsieur Bourdages....