- Au jour le jour, avril 2008
Mot du président
Comme le printemps est à nos portes et qu’il est signe de renouveau, je profite de l’occasion pour vous présenter votre nouveau conseil d’administration pour l’année 2008 suite à l’assemblée générale annuelle qui a eu lieu le 18 mars dernier. À la trésorerie M. Jean-Marc Garant, au secrétariat M. Stéphane Tremblay, 2e vice-président M. Jean L’Heureux, 1er vice-président M. Gaétan Bourdages et à la présidence M. René Jolicoeur.
Merci à tous les membres qui ont pu assister à cette assemblée et qui nous ont fait part de commentaires pertinents ainsi qu’au comité de vérification des finances.
Je tiens à remercier Madame Lucie Longtin qui a agi comme trésorière lors des deux dernières années et qui a su réorganiser et structurer de façon remarquable les procédures pour la gestion de nos finances.
N’oubliez pas notre prochaine conférence mardi le 15 avril, donnée par M. Jean-Pierre Yelle (De Diel à Yelle). Pour ceux qui seraient intéressés à donner quelques heures de leur temps libre à la Société, appeler Mme Gagnon. Il y a toujours quelque chose à faire.
Au plaisir de vous rencontrer.
René Jolicoeur, président
- Au jour le jour, mars 2008
À propos du bulletin
Éditeur :
Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
COLLABORATEURS :
Coordination : Jean-Pierre Yelle
Rédaction : Gaétan Bourdages, Laurent Houde
Révision : Jean-Pierre Yelle
Infographie : SHLM
Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.
Siège social :
249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Tél. : 450-659-1393
Courriel : [email protected]
Site Web : www.laprairie-shlm.com
Les auteurs assument l’entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l’éditeur.
- Au jour le jour, mars 2008
Vente annuelle de livres
La cueillette de livres va bon train. Plus il y aura de livres variés et de qualité plus la vente sera intéressante! Aidez-nous à faire connaître notre projet. Dites-le à vos enfants, à vos amis, à vos voisins, à vos collègues…
Nous offrons un service de cueillette à domicile. Téléphonez à la Société au besoin.
Merci pour votre collaboration.
Hélène Létourneau, responsable
Nos heures d’ouverture sont :
Lundi soir de 19 h à 21 h
Mardi, mercredi, jeudi de 10 h à 17 h
- Au jour le jour, mars 2008
Bibliothèque de la SHLM
Récentes acquisitions :
1. GREER, Allan, Catherine Tekakwitha et les jésuites, Éditions du Boréal, 2007, 368 pages. Allan Greer trace ici la double biographie de Chauchetière et de Tekakwitha. Il fait l’inventaire de leur héritage culturel d’Amérique du Nord ou d’Europe. Il raconte les missions des Jésuites et leur prosélytisme, et comment celui-ci se marie aux convictions religieuses des Amérindiens.
2. Commission des biens culturels du Québec : Les chemins de la mémoire, Tome III : Biens mobiliers du Québec, Québec, Publications du Québec, 1999, ISBN 2-551-18161-5.
3. DESSUREAULT, Christian, John A. DICKINSON et Joseph GOY, dir., Famille et marché, XVIe-XXe siècles (Sillery, Septentrion, 2003), 384 p. Familles, Terre, Marchés regroupe les actes d’un colloque (France-Québec-Suisse) tenu à Paris en novembre 2002 s’inscrivant dans le prolongement des colloques d’histoire rurale comparée entrepris dans les années 1980.
4. VIAU, Roland, Femmes de personne. Sexes, genres et pouvoirs en Iroiquoisie ancienne. Montréal, Boréal, 2000, 324 p., schémas, illustr., tabl., bibliogr., index. Dans cet ouvrage l’auteur propose une nouvelle analyse sur le statut des femmes en Iroquoisie ancienne, c’est-à-dire avant la période des premiers contacts (1600-1650). La place des femmes dans ces sociétés indiennes constituait-elle un matriarcat? Ces sociétés étaient-elles « une sorte de paradis perdu pour les femmes »?
5. FORTIN, Réal, Le fort de Chambly, Les cahiers du Septentrion, 2007, 222 pages. Un gouverneur soupçonné de contrebande, une compagnie des pelleteries qui trafique avec les Anglais, voilà quelques-uns des petits événements qui vous seront révélés sur le fort de Chambly. Des situations tragiques? La localisation du cadavre d’un esclave noir, la capture d’un assaillant iroquois qu’on hisse au-dessus des pieux pour dissuader ses congénères ou encore la prise d’otages pour capturer le fort de pierre en 1760.
6. AUBIN, Georges et MARTIN-VERENKA, Nicole, Insurrection. Examens volontaires. Tome II : 1838-1839, Éditions Lux, 2007. Les patriotes emprisonnés au cours de la seconde insurrection, celle de 1838-1839, ont passé un « examen volontaire » consigné par un commissaire enquêteur. On apprend, en lisant Insurrection – Tome II, les noms de plusieurs des chefs patriotes, inconnus jusqu’à ce jour, qui ont administré le serment secret à Montréal, dans une arrière-boutique, mais surtout à Châteauguay et à Beauharnois. Certains de ces inspirés ont réussi à échapper à la justice en fuyant vers la terre de liberté.
7. LEPAILLEUR, François-Maurice, Journal d'un patriote exilé en Australie, 1839-1845, Éditions du Septentrion, 1996, 412 pages. Emprisonné à la suite de la rébellion de 1837-1838, François-Maurice Lepailleur devait être exécuté. Gracié à la dernière minute, il a plutôt pris le chemin de l'exil. Le journal que ce Canadien errant a rédigé en Australie de 1839 à 1845 est exceptionnel. Il décrit presque quotidiennement la vie des patriotes exilés et constitue l'un des témoignages les plus émouvants de cette époque troublée.
8. BOUCHER-BELLEVILLE, Jean-Philippe, Journal d'un patriote (1837 et 1838), Montréal, Guérin, 1992, 174 p. Au moment où j'écris ces lignes, 28 mars 1838, je suis encore confiné dans la prison neuve, et Dieu seul sait peut-être combien de temps j'y serai encore. C'est avec beaucoup de dureté que Monsieur de St-Ours, le shérif, nous demanda nos noms, nous fit mettre les fers à la vieille prison et ensuite enfermer dans les cabanons de celle-ci. Il me connaissait particulièrement, il avait été mon condisciple au collège, il m'avait visité chez moi, et je l'avais visité chez lui, cependant il feignit de ne me pas connaître et me demanda mon nom. […] N.B. Jean-Philippe était le neveu du curé Boucher de La Prairie.
Suite et fin dans la prochaine édition du Au jour le jour.
- Au jour le jour, mars 2008
Le pont de glace de l’hiver de 1834-1835 à La Prairie
En cette période de réchauffement climatique et au moment où s’achève un hiver exceptionnellement chargé de neige n’est-il pas intéressant de jeter un coup d’œil sur ce qu’était un hiver du « bon vieux temps » à La Prairie. Aujourd’hui encore on parle de ces hivers comme ayant été particulièrement longs et froids, et pourtant!
Rappelons-nous qu’au 19e siècle lorsque les glaces commencent à se former sur le fleuve, les steamboats cessent leurs activités et La Prairie demeure sans lien avec Montréal jusqu’à ce que les glaces soient suffisamment sûres pour baliser le pont de glace. Ce lien revêt une importance majeure tant sur le plan économique que social pour les habitants de La Prairie. La pratique du pont de glace se poursuivra bien au-delà de l’ouverture du pont Victoria en 1859. C’est cette aventure de la traverse en hiver que nous racontent ces extraits tirés du journal L’Impartial. Brève chronique d’une rude époque.
N.B. Le texte est cité tel qu’il est paru dans L’Impartial.

Les cabanes sont prêtes…
26 déc. 1834 – Les Propriétaires des Cabanes qui doivent prendre leur quartier d’hiver sur la glace dans le chemin qui doit nous conduire à Montréal sont tous prêts à les placer au lieu de leur destination cette précaution et le tems (sic) des derniers jours nous font esperer qu’une communication facile aura lieu sous peut (sic) entre nous et les Citoyens de Montreal. Les Chemins sont beaux et nos Marchés sont très garnis; La penurie d’argent fait que tous les objets sont à très bon marché.
Bientôt la traverse!
8 janvier 1835 – Le froid intense qui persiste depuis plusieurs semaine a solidifie la glace dans beaucoup d’endroits de la rivière, des dimanche dernier on a pu traverse a une demi lieu au dessus de Longueuil et tout fait esperer qu’avant huit jours nous n’aurons plus besoin de faire aucun detour pour aller visiter nos amis a Montreal sous ce rapport, la saison est tres avancee, car l’hyver dernier le chemin entre Laprairie et Montreal ne fut pratique qu’au milieu du mois de fevrier, neanmoins la riviere Le mot « rivière » désigne ici le fleuve Saint-Laurent. n’a pas beaucoup grossi et aucune rue de notre Village n’est inondee ainsi que cela a lieu ordinairement a cette epoque. Jusqu’en 1960 les inondations ont représenté un fléau majeur pour La Prairie.
Froid intense…
15 janvier 1835 – Le froid a continue a regner avec une rigueur et une intensité peu communes jusqu’à lundi dernier les vieillards s’accordent à dire qu’ils ont vu fort peu d’hyvers aussi rigoureux, dans le commencement et surtout accompagnés d’une gelée aussi persistante, le thermomètre de réaumur Le thermomètre de Réaumur inventé en 1730 sera utilisé jusqu’à la fin du 19e siècle. est descendu plusieurs fois, la semaine dernière, à 26 degres au dessous de zero (-32 C), aussi la glace sur la rivière, a pris un degré de consistance et depaisseur (sic) extraordinaire pour la saison. On traverse avec sureté depuis huit jours, de Montreal a Laprairie la communication entre les deux endroits est tres active et le village postiche de cantiniers est range sur la route et la traverse est constamment couverte d’une grande quantite de carioles et traineaux.
Un règlement pour les cabanes?
5 février 1835 – Le procès qui vient d’être intenté à l’un des propriétaires des Cabanes établies sur la glace […] nous a suggéré quelques reflexions […].
Ces auberges en miniature, jusqu’à présent établies dans des vues d’intérêt particulier, nous paraissent susceptibles de servir à l’utilité publique, en soumettant les propriétaires à un règlement. On pourrait entr autres choses exiger que leur nombre ne déppasât pas trois ou quatre trois et qu’elles fussent placées à dix ou douze arpens (sic) l’une de l’autre. Par ce moyen et en obligeant chaque cantinier de placer un fanal au dessus de sa cabane, on préviendrait les accidens dans un des endroits les plus dangereux de la traverse. En second lieu il nous paraitrait convenable de défendre aux cantiniers, sous une forte amande (sic), de donner à boire à toute personne déjà ivre et surtout de permettre qu’aucun individu s’ennivre chez eux, attendu que tout homme voyageant dans un état d’inébriation (sic) et qui se trouve abandonné à lui-même sur la glace pendant l’obscurité, court le plus imminant danger de perdre la vie. La consommation d’alcool était un problème social préoccupant dans le Québec du 19e siècle. […] Nous pensons […] que soumis à un bon règlement, ils (ces cafés temporaires) peuvent être utiles; surtout en réfléchissant que bien souvent le pont de glace, sur lequel ils sont établis existe pendant un tiers de l’année.
Alors quand le voyageur est transi de froid dans sa cariole, malgré les fourrures dont il s’est enveloppé, avec quels délices ne s’arrête-t-il pas un moment à ces Cabanes pour rechauffer ses membres engourdis a la chaleur aimable d’un bon poële? […]
Accident et négligence.
26 février 1835 – Déjà plusieurs fois nous avons fait des observations sur la négligence coupable que les officiers publics apportent dans l’exercice de leurs devoir. Nous avons prédit le malheur qui vient d’arriver. C’est par une espèce de prodige que les accidens ne se soient pas multipliés par le mauvais tems qui a régné ces jours derniers. Comment dont se fait-il que des personnes en place chargée de veiller à la sureté publique, se jouent ainsi de la vie de leurs concitoyens. […]
Il est d’usage que la paroisse de St. Philippe et celle de Laprairie fasse baliser la traverse, non seulement d’un côté, mais de tous les deux avec de jeunes arbres, fixés dans la glace d’une manière solide, et telle que prescrit la loi. Cette année, on ne fait rien, et le malheureux qui est forcé à voyager pendant la nuit ou la ‘poudrerie’ est exposé à perir, quand il serait si facile de le sauver. Puisse cette note faire impression sur ceux que la chose regarde. […]
Le temps s’adoucit!
19 mars 1835 – L’Hyver tire à sa fin et parait vouloir, dans son dernier mois de règne, nous dédommager de lexcessive rigueur avec laquelle il pesé sur nous dans le commencement. Depuis huit à dix jours, nous jouissons d’une douce température; nous avons même eu plusieurs fois de la pluie, ce qui a gâté considérablement les chemins; en sorte que les communications sont devenues difficiles dans certains endroits. Tout fait presager que la navigation sera ouverte de bonne heure et que le vingt d’Avril ne se passera pas sans que nous voyons nos majestueux Steamboats sillonner les eaux du St. Laurent. […]
Frôler la mort sur le fleuve.
9 avril 1835 – Lundi dernier plusieurs traines se suivaient, en revenant de Montreal se dirigeant vers la Tortue. Arrivees à peuprès vis-à-vis de Laprairie tout-à-coup la glace s’enfonça sous les pieds des chevaux des deux premières traines et bientôt chevaux et traines disparues, entrainées par le courant. Les conducteurs qui venaient derrière, s’empressèrent de retenir leurs chevaux et coururent aux secours de leurs compagnons, qui se noyaient. Le beau frère d’un de ces derniers parvient à le saisir par le revers de la manche de sa capotte et il le souleva avec la plus grande peine attendu que son compagnon Dont on ne voyait plus le sommet de la tête, l’avait saisi par le cinture. Enfin, quoique la glace se rompit à chaque instant sous leurs pieds, ils parvinrent à se retirer du gouffre, qui devait les engloutir et ils arrivèrent à Laprairie transis de froid. […]
- Au jour le jour, mars 2008
Le docteur, dans les années 1930
Dr Joseph-Moïse Longtin habitait une grande maison de brique rouge donnant sur le Chemin-de-Saint-Jean, au coin de la rue Saint-Laurent. Sur le côté est, la demeure donnait sur un vaste espace gazonné planté d'arbres matures.
Le docteur, fils de médecin, était célibataire. Vivait avec lui, une sœur, également célibataire. Comme son père, le docteur fut maire de La Prairie pendant de longues années.
Médecin de famille, il se rendait à domicile pour les accouchements et des conditions graves nécessitant une présence médicale. Pour une consultation, on se rendait à son bureau occupant la partie avant de son domicile. Après avoir sonné, on entrait dans la salle d'attente occupant le hall d'entrée du bâtiment. Sans mot dire, on s'assoyait en présence d'autres patients. Avertie par la sonnerie d'entrée, la garde s'amenait en quelques minutes pour voir qui était le nouvel arrivant et le saluait brièvement. S'il s'agissait d'une première visite, elle demandait ce qu'on voulait et, quand on répondait que c'était pour voir le docteur, elle disait d'attendre et qu'elle l'avertirait.
Quand on venait pour un traitement déjà prescrit relevant de sa compétence, elle faisait généralement attendre un peu car elle paraissait toujours bien occupée. Il lui arrivait aussi d'inviter à passer dans une petite salle de soins adjacente.
À cette époque où les antibiotiques étaient inconnus, on devait recourir à d'autres moyens pour traiter les infections persistantes des voies respiratoires supérieures. Par exemple, des amygdalites récidivantes pouvaient nécessiter l'ablation de ces organes portés à s'infecter et qui, prenant de l'ampleur, en venaient à gêner la respiration des enfants. Le docteur se chargeait de l'opération s'il le jugeait à propos. Bien que bénigne, l'opération était crainte par les enfants. Pour les encourager à relever le défi, on leur faisait miroiter que pour atténuer la sensation de brûlure de la gorge, suite à l'opération, ils pourraient prendre de délicieuses boissons froides ou de la crème glacée. C'était là, si on peut dire, une façon de faire avaler la pilule.
Il y avait d'autres moyens de s'attaquer au problème. L'un d'eux consistait à balayer les amygdales, pendant un nombre déterminé de secondes, à l'aide d'un faisceau de rayons ultraviolets germicides produit par une sorte de lampe-fusil que la garde manipulait avec expertise. Il fallait, durant le traitement, garder la bouche grande ouverte et dire un long « aaaaaaa » pour bien exposer la zone à irradier. Ce traitement était suivi de la vaporisation, sur la zone infectée, d'un désinfectant réchauffé de goût plutôt agréable, mais qu'il ne fallait pas avaler. On s'en débarrassait en le rejetant dans le crachoir placé à proximité. Ce traitement inspirait confiance et était répété quotidiennement jusqu'à ce que le docteur, avisé par la garde, vienne constater l'état satisfaisant de la gorge.
Dans les cas de congestion nasopharyngienne sans amygdalite, la séance aux rayons ultraviolets était omise et remplacée par l'inspiration de vapeurs de menthol expulsées, d'une ampoule chauffée, par un orifice adapté aux narines. L'effet décongestionnant était presque immédiat sur la muqueuse nasale mais, parfois, un peu douloureux. Si le bénéfice anticipé du traitement était valable, il était considéré comme moins attrayant. Par contre, l'inspiration profonde de la même vapeur par la bouche procurait, en descendant dans les bronches, une voluptueuse sensation de bien-être dont la répétition désirée n'était jamais assez comblée.
À la salle d'attente, quand apparaissait le docteur, il saluait à la ronde, à peu près toujours avec la même formule. En hochant la tête et en se frottant les mains, il demandait, sans qu'on soit sûr vers qui se portait son regard : « Et puis, ça marche d'une façon raisonnable? » Chacun attendait qu'il fixe l'élu avec qui il était prêt à parler. Pendant qu'il scrutait les expressions, certains prenaient les devants. Untel exprimait nettement le désir de le voir dans son bureau, une autre, fréquente visiteuse, commençait à exposer ses maux avec le but évident de passer avant les autres. Un autre, jeune marié, lui demanda un jour d'un air apparemment détaché si une grossesse pouvait arriver à son terme avant neuf mois. Comprenant le motif caché de cette question, le docteur y répondit avec le plus grand sérieux professionnel : « Ça peut arriver pour une première grossesse mais, n'ayez crainte, les autres grossesses dureront neuf mois. »
Cette rencontre de quatre ou cinq patients en salle d'attente constituait une sorte d'évaluation préliminaire pouvant se régler par une prescription médicamenteuse, un examen de la gorge, dans une salle attenante, suivi d'un traitement par la garde ou par la décision d'un examen en bonne et due forme au bureau.
À cette époque d'avant la guerre de 1939-1945, la médecine était encore plus un art qu'une science solidement établie. À part sa capacité à réaliser un bon examen tant subjectif qu'objectif le médecin de famille d'un village ou d'une petite ville n'avait à sa disposition que peu d'examens de laboratoire susceptibles de confirmer et de préciser un diagnostic difficile à établir. Les enfants naissaient à la maison et les gens mouraient la plupart du temps chez eux. Ils ne se présentaient pas à l'hôpital d'eux-mêmes. Le docteur y dirigeait ceux de ses patients qui devaient être opérés ou dont la maladie requérait l'usage d'appareils particuliers ou l'application de techniques spécialisées.
Les maladies du vieil âge étaient généralement acceptées avec résignation ou fatalisme. On s'en remettait au médecin de famille pour tenter d'atténuer les douleurs des corps usés. On espérait également de lui des conseils ou des médicaments susceptibles d'atténuer la douleur de malades jugés incurables. On n'attendait cependant pas trop de miracles de sa part. Plus souvent que de nos jours, c'est en implorant ardemment Dieu et les saints du ciel qu'on se permettait d'espérer le miracle, surtout dans les cas où la maladie grave était apparue subitement ou rapidement.
Les aînés de La Prairie qui ont connu le Docteur Longtin se souviendront peut-être d'un certain trait extérieur de sa personnalité; son élégante démarche qu'on pouvait admirer quand, entre autres, il se rendait à l'église pour la grand-messe.
Bien qu'ayant le pied ferme, il utilisait une canne. Ce n'était pas qu'il en eût besoin comme appui. Il l'utilisait pour accompagner son pas auquel il conférait ainsi une certaine noblesse. Il était beau de le voir aller, bien droit, exécutant avec une aisance toute naturelle le geste rythmique entraînant le bout de la canne à toucher légèrement le sol, à s'élever dans une gracieuse courbe et se pointer, un peu en deçà de l'horizontale, pour revenir au sol et poursuivre la répétition de cette harmonieuse cadence.
- Au jour le jour, mars 2008
Assemblée générale annuelle
N’oubliez pas l’assemblée générale annuelle de la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
Au local de la Société
Le 18 mars 2008 à 19 h 30
Nous comptons sur votre présence.
- Au jour le jour, mars 2008
Souvenirs du 35e anniversaire
Disque CD contenant : 2 diaporamas, 67 photos du brunch du 35e, 10 bandes sonores où des aînés racontent l’histoire de La Prairie sur des thèmes choisis. Coût : 15$
Disque DVD du vidéo de tous les discours prononcés le 21 octobre 2007 à l’occasion du brunch du 35e anniversaire de la SHLM. Coût : 10$
Stylo bille de grande qualité marqué du nom de la SHLM Coût : 15 $
Informations : Mme Édith Gagnon au 450-659-1393
- Au jour le jour, février 2008
À propos du bulletin
Éditeur :
Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
COLLABORATEURS :
Coordination : Jean-Pierre Yelle
Rédaction : Gaétan Bourdages, Jean Joly, André Montpetit
Révision : Jean-Pierre Yelle
Infographie : SHLM
Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.
Siège social : 249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Tél. : 450-659-1393
Courriel : [email protected]
Site Web : www.laprairie-shlm.com
Les auteurs assument l’entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l’éditeur.
- Au jour le jour, février 2008
Nouveaux membres
La SHLM est heureuse de souhaiter la bienvenue à ses nouveaux membres :
299 Société de généalogie de Saint-Hubert
300 Marcel Yelle
301 Diane Yelle
302 Claudette Sicard
303 Bernard Billon
304 Norbert Dansereau
305 Geneviève Lagüe