Au jour le jour, juin 2007

Archéologie
À propos de ceux qui souhaitent que l’enfouissement des fils dans le Vieux La Prairie permette la découverte de nouveaux artefacts archéologiques, madame Annie Tétreault du Ministère de la Culture et des Communications précise que le mandat des archéologues vise davantage à protéger ce qui est dans le sol et non pas nécessairement à retirer des objets du sol. Il s’agit vraisemblablement d’une approche axée sur le principe de la « préservation pour les autres générations ».
La ville de La Prairie possède déjà 37 boîtes d’artefacts divers (céramique, verre, bois, os etc.) conservés dans un entrepôt à Québec. Une bonne partie de ces artefacts a déjà été traitée pour leur préservation. La Prairie aurait tout intérêt à récupérer ces objets pour les mettre en valeur et les conserver dans les meilleures conditions possibles.
Maisons anciennes
Depuis 1975 tant les organismes gouvernementaux que les individus ont investi énormément d’énergie et d’argent pour la restauration et la conservation des bâtiments anciens situés à l’intérieur de l’arrondissement historique. Plusieurs suggèrent maintenant qu’un recensement des bâtiments anciens sur le territoire de la municipalité soit réalisé et que les propriétaires desdits bâtiments soient avertis de la valeur patrimoniale de leur maison.
Identification du Vieux La Prairie
Afin d’identifier clairement le secteur Vieux La Prairie le ministère des Transports du Québec n’autorise qu’une seule enseigne qui serait installée sous l’enseigne de l’autoroute 15/132. Selon le service d’urbanisme de la ville cette identification n’est pas suffisante : l’installation d’une autre série d’enseignes sur l’autoroute 30 s’impose.
Bruit autoroutier
Depuis la reconstruction de l’autoroute 15/132 les résidents du Vieux La Prairie ont tôt fait de constater que l’intensité sonore d’un pavage de béton est plus élevée que celle d’un pavage de bitume. Le ministère des Transports avait retenu comme mesure corrective la construction d’un mur antibruit le long de l’autoroute. Ces travaux sont estimés à 17 M$ avec une participation de 50% de la part de la municipalité. Le ministère de la Culture et des Communications s’est déjà prononcé contre cette mesure pour le secteur de l’arrondissement historique. De plus de nombreux résidents craignent que la vue sur le fleuve ne soit compromise.

Le 30 mai dernier avait lieu à l’île Saint-Bernard une rencontre de consultation entre 23 participants représentant différents organismes culturels de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent. La SHLM y était représentée par Mme Lucie Longtin, trésorière. En plus de ces représentants on y retrouvait 14 personnes désignées par des partenaires du domaine de la culture : la Conférence régionale des Élus de la Vallée-du-Haut-Saint-Laurent (CRÉ – VHSL), le Conseil Montérégien de la culture et des communications (CMCC) et le Ministère de la Culture, des communications et de la condition féminine (MCCCF). Somme toute beaucoup de monde pour discuter de culture.
L’objectif premier de cette rencontre était de déterminer par vote cinq priorités à développer dans le secteur culturel dans notre région. Voici donc dans l’ordre ce qui a été retenu :
Il faut avant tout s’occuper de financement. Tous les organismes présents déplorent que leur financement n’ait pas connu d’amélioration depuis de nombreuses années. On faut constamment quémander des fonds avec la crainte qu’on n’aura pas le même argent l’année suivante. Dans ces conditions il est difficile de planifier à long terme.
En second lieu on a retenu comme important le positionnement de la culture au sein du CRÉ. Tous constatent que nos élus ne sont pas suffisamment conscientisés à l’importance de la culture : que faire pour améliorer cette situation?
Troisièmement l’ensemble des participants étaient d’accord pour voir à consolider et entretenir les équipements existants. Trop d’organismes sont mal logés : locaux exigus ou requérant des travaux majeurs ; comment être efficace quand le toit coule à chaque averse? Notre région a un urgent besoin de locaux et de salles de réunion. On déplore l’absence quasi complète de lieux d’hébergement et de salles de grandes dimensions capables d’accueillir des congrès.
Dans le domaine culturel les ressources nécessaires pour assurer une permanence ; le répondeur téléphonique fait office de secrétaire. On reconnaît également qu’il est de plus en plus difficile de recruter des bénévoles, surtout que les bénévoles n’ont hélas souvent pas accès à la même formation que les employés. Une situation qu’il importe de corriger.
Enfin la cinquième priorité retenue est l’amélioration des communications avec et entre les différents organismes qui supervisent le développement de la culturels dans notre région. Les intervenants sont nombreux, chacun ignorant trop souvent les décisions des autres. L’absence de communications efficaces résulte en une mauvaise économie des ressources. Souvent on ne sait plus à qui s’adresser pour satisfaire nos demandes. Un dossier à suivre absolument…

À l’initiative de la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine six nouvelles plaques commémoratives seront installées en juin 2007 sur autant de bâtiments de l’arrondissement historique. Nous vous présentons ici les textes de ces différentes plaques.
Église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge

Construite entre 1840 et 1841 selon les plans de Pierre-Louis Morin, l’église de la Nativité-de-la-Sainte-Vierge est la troisième du bourg de La Prairie, après une chapelle (1687) et une première église de pierre (1705).
Dès 1855, l’église doit recevoir une nouvelle façade et un nouveau clocher, le tout réalisé d’après des plans de John Ostell, l’ouvrage est complété par Victor Bourgeau. Ce dernier conçoit aussi le décor intérieur, exécuté entre 1865 et 1866, en collaboration avec des artistes de renom.
Le Vieux Marché

Construit en 1862 par la Municipalité, ce bâtiment public abrite à l’origine au rez-de-chaussée, un des premiers marchés couverts au Canada, à l’étage, la Société littéraire animera une salle de rencontre et une « chambre de lecture » jusqu’en 1878. Au fil des ans, les usages se multiplient, l’endroit étant tour à tour : étal de boucher, caserne de pompiers et de police, théâtre, siège de la fanfare, de la cour de justice, du conseil de comté et du conseil municipal. Depuis 1976, la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine occupe le rez-de-chaussée, et le théâtre est toujours situé à l’étage.
L’hospice de la Providence
En 1846, les Soeurs de la Providence de mère Émilie Gamelin fondent un hospice dans une maison de pierre de trois étages ayant appartenu à la veuve Leborgne. La maison était alors située à droite, sur l’emplacement actuellement vacant. Les soeurs s’occupent des pauvres, des malades, des enfants et des personnes âgées. Les bâtiments sont la proie des flammes la même année, puis ils sont reconstruits en 1847.
Une annexe (1868) et une chapelle en pierre (1881) viennent ensuite s’ajouter à l’imposant complexe que l’incendie de 1901 a détruit, à l’exception de la chapelle ; cette plaque est apposée sur le mur même de la façade d’origine construite en pierre bosselée.
L’hospice est rebâti l’année suivante ; il sera agrandi par la suite au moins à quatre reprises. Il est vendu et devient la Résidence la belle époque en 1987. Les Soeurs de la Providence quittent alors La Prairie

Du 10 juin au 30 septembre
Au Vieux Marché
249, Ste-Marie à La Prairie
Entrée libre…

Le couvent de La Prairie

En 1867, les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame inaugurent le couvent de La Prairie, édifice de brique d’aspect et de dimensions très semblables à celui-ci, bâti sur ce site à la place d’une vieille maison en pierre datant de 1718.
Détruit par un incendie en 1901, le couvent est ensuite remplacé par le bâtiment actuel, érigé l’année suivante sur les mêmes fondations. Les Soeurs de la Congrégation de Notre-Dame continuent alors d’y accomplir fidèlement leur mission pédagogique et éducative auprès des jeunes filles de la région.
Le couvent ferme définitivement ses portes en 1969. Acheté par la Municipalité de La Prairie en 1972, il conserve depuis sa vocation communautaire, il est maintenant connu sous le nom de Maison-à-tout-le-monde.
Maison François-Plante (191, rue Saint-Henri)

Le 14 août 1821, François Plante, maître menuisier, achète un terrain concédé un mois auparavant à François-Marie Moquin. La date de construction de la maison se situe entre 1821 et 1830 ; la pierre utilisée provient sans doute d’une carrière existant à La Prairie. On remarquera que les cheminées sont disposées en chicane.
Les propriétaires successifs de la maison sont des hommes de métier : agriculteur, menuisier, tanneur, charretier, cardeur et peintre en bâtiment. Cette maison a aussi été habitée par un marchand, un comptable et des bourgeois. Il est intéressant de constater que, sur vingt propriétaires, sept étaient des femmes.
Maison Paul-Thomas (165, rue du Boulevard)

Cette petite maison de bois, érigée par Paul Thomas vers le milieu du dix-neuvième siècle, a sans doute conservé les fondations et les deux cheminées en chicane de la construction précédente, réalisée par le capitaine de milice Raphaël Brosseau vers 1813.
Des modifications ont été apportées à la pente du toit, où l’on observe un ajout de briques aux deux cheminées. À l’époque où foisonnent auberges et hôtels à La Prairie, on note que plusieurs propriétaires de cette maison sont hôteliers ou aubergistes.

Bonjour chers membres.
Enfin l'été est à nos portes et le mois de juin nous annonce une période plus distrayante. Il y a les vacances, les B.B.Q. et surtout notre exposition estivale sur « LES CHEMINS DE FER DU ROUSILLON » qui débute dimanche le 10 juin. Je vous invite donc à nous rendre visite au local de la Société.
Bien entendu, nous vous attendons aussi pour notre Fête Nationale de la St-Jean Baptiste dimanche le 24 juin prochain qui devrait se dérouler dans les rues du Vieux La Prairie. C'est à suivre.
Nos visites guidées du Vieux La Prairie reprendront bientôt. Avis aux intéressés et notre programmation sur les conférences pour la saison 2007-2008 est déjà complète. Une palette de conférenciers dès plus captivantes.
Comme vous pouvez le constater, nos bénévoles ne chôment pas et j'en profite pour remercier toute l'équipe (10 personnes) qui a participé à notre vente annuelle de livres usagés.
Je vous souhaite de belles et reposantes vacances estivales et à bientôt.

Horaire d’été
L’horaire d’été a été établi comme suit : nos locaux seront fermés les lundis, ils seront ouverts de 9 h 00 à 17 h 00 les mardis, mercredis, jeudis et vendredis, et de 10 h 00 à 17 h 00 les samedis et dimanches.
Nouveaux membres
La SHLM est heureuse de souhaiter la bienvenue à ses nouveaux membres : Louise Brunet – Gilles Laplante – Joyce Banachowsky et Julie Hamel.
Visites guidées
Après un premier refus décevant la SHLM a finalement reçu la confirmation du gouvernement fédéral pour l’obtention d’une subvention d’environ 12 000$ pour l’emploi de 4 guides-étudiants au cours de l’été 2007. Nous offrons donc 1 poste de 12 semaines à 35h/sem. et 3 postes de 9 semaines à 35h/sem. Ces étudiants seront principalement responsables des visites guidées qui se feront à 10 h 00 et à 14 h 00. À ce jour déjà quatre groupes ont profité d’un parcours guidé dans le Vieux La Prairie. Nous avons reçu 2 classes de 6e année dont plusieurs élèves venus de Vancouver. Des adultes de Ville Saint-Laurent et de Rivière des Prairies ont pu également apprécier les charmes de l’arrondissement historique.
Vente de livres usagés
La SHLM tient à souligner la participation exceptionnelle des membres bénévoles suivants lors de la vente annuelle de livres usagés tenue le 3 juin dernier ; il s’agit de Louise Péloquin, Hélène Létourneau, Michèle Mont-petit, Denise Roy, Gaétan Bourdages, Jean L’Heureux, Geneviève Dumouchel, Jean-Marc Garant, Réjeanne Leblanc et Lucie Longtin. Ont également collaboré à la vente sept étudiants de l’école La Magdeleine. Cette vente a permis de récolter la somme de 950 $. Merci à tous ceux et celles qui nous ont fait parvenir des livres. Merci à tous nos acheteurs.
Tarification pour la recherche
À l’avenir un non membre qui veut effectuer ses propres recherches dans nos locaux devra débourser 10$ par jour. Pour la recherche effectuée par le personnel de la SHLM au profit d’un tiers les tarifs sont fixés à 20$/heure pour un membre et à 30$/heure pour un non membre.
Un million$ pour le Vieux La Prairie
La Prairie, le 18 mai 2007 – La ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Mme Christiane Saint-Pierre, a annoncé aujourd’hui une entente de partenariat en matière de patrimoine avec la Ville de La Prairie. L’entente permettra de mettre en valeur le cachet distinctif de l’arrondissement historique après les travaux d’enfouissement des câbles des réseaux de communication. La ministre accorde à cet effet 1 M$ en vertu du Fonds du patrimoine culturel québécois.

Éditeur :
Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
COLLABORATEURS :
Coordination : Jean-Pierre Yelle
Rédaction : Gaétan Bourdages.
Révision Jean-Pierre Yelle
Infographie : SHLM
Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.
Siège social : 249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Tél. : 450-659-1393
Courriel : [email protected]
Les auteurs assument l’entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l’éditeur.
Au jour le jour, mai 2007

La langue française, celle qui porte aujourd'hui ce nom, est devenue langue officielle sous le règne des monarques absolus, Louis XIII et Louis XIV, au 17e siècle. Langue de la cour, de l'administration supérieure, des écrivains et savants et, ensuite, de la diplomatie, elle n'était parlée que par environ un million de personnes dans le royaume de France qui comptait alors vingt millions de sujets.
En 1635, le cardinal Richelieu créait l'Académie qui fut « chargée de faire un dictionnaire, une grammaire, une rhétorique et une poétique, et de prendre soin de la langue. »
Épurée pour lui conférer la perfection, cette langue tolérait mal les nouveautés et se limitait à un vocabulaire « choisi et élégant ». Elle était l'apanage de l'élite. Les gens du peuple, analphabètes à 99%, avaient leur parler local ou régional. On en comptait des centaines sur le territoire français.
Au 18e siècle, si le français évolue et s'étend, il est avant tout le langage de la conversation des salons littéraires et c'est à cette époque qu'il devient la langue diplomatique universellement employée. Au cours du 19e siècle la progression vers l'unité linguistique est très marquée. La langue se libéralise, entre autres, sous l'influence d'une littérature qui n'hésite pas à incorporer le vocabulaire du parler commun du peuple.
Dans son ouvrage, Les excentricités de la langue, Lorédan Larchey note: « On ne saurait en effet négliger la connaissance de ce qui se dit. » Ce disant il se défend bien de vouloir « porter la moindre atteinte au respect de la langue officielle. » En présentant son ouvrage, il expose comment le peuple, à partir d'anciens mots, donne des interprétations nouvelles à des mots déjà connus. Il souligne que ce langage essentiellement imagé et particulièrement pittoresque s'est enrichi…« au point d'en arriver à un degré de précision peu croyable. »
Il démontre le bien-fondé de cette affirmation à l'aide de plusieurs exemples. Prenons le cas de l'ébriété. En citant son texte nous avons ajouté, entre parenthèses, des définitions et exemples tirés de son ouvrage et du Grand Robert de la langue française.
« S'agit-il de suivre tous les degrés de l'ébriété, écrit-il, remarquez la progression parfaite qu'indique être bien, avoir sa pointe(avoir une pointe de vin, être légèrement échauffé par le vin); être gai (dans un état de légère ivresse, être animé par une heureuse et vive disposition); être en train(en action, en mouvement ou en humeur d'agir); être parti (un peu ivre; ex. « Il est complètement parti, il ne dit plus que des bêtises. »); lancé( gris; ex., « Patara, au moins aussi lancé que le cheval, tapait sur la bête à tour de bras. »)
Aucune de ces qualifications ne rentre dans l'autre. Chacune indique, dans l'état, une nuance.
« De même pour l'homme légèrement ému il sera tout à l'heure attendri, il verra en dedans, et se tiendra des conversations mystérieuses. »
« Pour dépeindre les tons empourprés par lesquels passera cette figure rubiconde d'un gros mangeur, d'un buveur, vous n'avez que la liberté du choix entre: teinté, allumé, poivre (pourpre), pompette (comme un pompon rouge), ayant son coup de soleil,… »
« De la figure passons à la marche. L'homme ivre a quatre genres de port qui sont tous également bien saisis. Ou il est raide comme la justice et laisse trop voir par son attitude forcée combien il est obligé de commander à la matière; ou il a sa pente et croit toujours que le terrain va lui manquer; ou il festonne, brodant de zigzags capricieux la ligne droite de son chemin; ou il est dans les brouillards, tâtonnant en plein soleil, comme s'il était perdu dans la brume. »
« Attendez dix minutes encore, laissez votre sujet descendre au dernier degré de l'ivresse, et vous pourrez dire indifféremment: Il est plein, complet, rond, humecté, pochard (qui a rempli de vin la poche de son estomac), il a sa culotte(a fait excès de boire ou de manger), son casque (avoir plein son casque, sa tête), son sac (plein son sac, complètement ivre), son affaire (être ivre mort), son compte (complètement ivre, avoir absorbé son compte de liquide). »
Pour conclure cette courte incursion dans le passé de notre langue, deux citations à méditer:
L'ivresse ne manifeste en nous
Que ce que nous portons en nous-mêmes…
L'ivresse ne déforme pas; elle exagère;
Ou plutôt, elle fait rendre à chacun
Ce que souvent par excès de pudeur, il ca-chait…
GIDE, le Roi Candaule
L'ivresse ne traduit pas que l'effet du vin, ce peut être aussi, même à jeun, une émotion d'enchantement:
Partir à pied, quand le soleil se lève, et marcher, dans la rosée,
le long des champs, au bord de la mer calme, quelle ivresse!
MAUPASSANT, Monsieur Parent, À vendre.
Réf. Lorédan Larchey, Les excentricités de la langue
5e ed. E. Dentu, Libraire, Éditeur, 1865
Version numérique sur internet, site Lexilogos
Grand Robert de la langue française

Photo-souvenir 35e anniversaire
Cette photo fut prise il y a 25 ans à l’occasion des fêtes du 10e anniversaire de la SHLM. On y reconnaît à gauche M. Paul Favreau admirable conteur à la mémoire sans faille. M. Favreau fut un témoin actif des premières décennies du 20e siècle à La Prairie.
À droite M. Ernest Rochette (Frère Damase f.i.c.) qui fut du groupe des créateurs de la SHLM en 1972. M. Rochette a connu une longue et influente carrière comme éducateur à travers une grande partie du siècle dernier. Ces deux hommes ont marqué l’histoire de la SHLM.

Dimanche 3 juin : vente de livres usagés
Venez nous aider à recueillir des fonds destinés à l’achat de livres pour notre bibliothèque.
Voici quelques catégories de livres mis en vente : archéologie, art, architecture, biographies, généalogie, histoire nationale, magazines, romans, littérature, raretés etc.
De 9h à 17h
Endroit : Société d'histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
249, rue Sainte-Marie, La Prairie
450-659-1393
Lundi 4 juin : comment faire sa généalogie
Connaissez-vous l’origine de votre nom de famille? Qui étaient vos ancêtres?
La Société d'histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine vous convie à un atelier qui vous aidera à trouver des réponses à ces questions. La généalogie est un merveilleux passe-temps qui peut rapidement devenir une véritable passion.
De 19h à 21h
Endroit : Société d'histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
249, rue Sainte-Marie, La Prairie
450-659-1393
Samedi 9 juin : visite du Vieux-La Prairie
Parcourez le Vieux-La Prairie et découvrez le cachet particulier de ce secteur unique en Montérégie. Son architecture et son histoire sauront vous émerveiller.
Départ à 13h 30
Endroit : Société d'histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
249, rue Sainte-Marie, La Prairie
450-659-1393

Dans le cadre de notre vente annuelle de livres usagés nous lançons un appel à tous ceux et celles qui souhaitent se libérer de livres devenus inutiles.
Nous acceptons tous les livres en bon état…
Prière de ne pas apporter de vieux dictionnaires ou de vieilles encyclopédies.
Afin de nous permettre de bien préparer cette vente vous devez apporter vos livres aux locaux de la SHLM avant le 25 mai prochain.

La Société désire former un comité pour les visites guidées de groupe.
Nous sommes à la recherche de personnes pouvant servir de guides auprès de groupes d’élèves ou de touristes pour la visite guidée du Vieux La Prairie et de l’église de la Nativité.
Une formation sera donnée par la SHLM. La SHLM défraie 25.00 $ par visite guidée de groupe.
SVP laisser votre nom à la secrétaire-coordonnatrice : 450 659-1393

Bonjour chers membres
Maintenant que l'été frappe à nos portes, il est temps de terminer le ménage du printemps et de se préparer à profiter de la belle saison.
Tout d'abord, n'oubliez pas la dernière conférence du 22 mai prochain qui portera sur la généalogie et les actes notariés, viendra également notre vente annuelle de livres usagés et bien entendu notre exposition estivale sur les chemins de fer dans la MRC de Roussillon.
Cette année, notre Société fête ses 35 ans et nous voulons célébrer cet évènement de façon exceptionnelle. Pour ceux et celles qui veulent se joindre au comité organisateur, vous n'avez qu'à donner votre nom à Mme. Gagnon en appelant à la Société. On va fêter ça en grand.
Au plaisir de vous croiser à la Société au cours de l'été.

Par Monsieur Claude Deslandes
Le mardi 22 mai, à 19 h 30
M. Deslandes consacrera sa conférence aux actes notariés en lien avec la généalogie. À travers plus de 120 contrats impliquant son ancêtre patronymique entre 1685 et 1715, il s'attardera à tous les genres de contrats notariés qu'ils soient conventionnels, issus du baillage de Ville-Marie ou encore faisant partie des dossiers de la juridiction royale de Montréal, civils et criminels.
Les conférences de la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine se donnent à l’étage du 249, rue Sainte-Marie à La Prairie. Toutes les conférences débutent à 19 h 30.
Entrée libre pour les membres, 3$ pour les non membres.
Informations au 450-659-1393

Dimanche le 3 juin
De 9h à 17h
Au Vieux Marché
249, rue Sainte-Marie
La Prairie

Éditeur :
Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
COLLABORATEURS :
Coordination : Jean-Pierre Yelle
Rédaction : Gaétan Bourdages, Laurent Houde
Révision Jean-Pierre Yelle
Infographie : SHLM
Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.
Siège social : 249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Tél. : 450-659-1393
Courriel : [email protected]
Les auteurs assument l’entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l’éditeur.

Les biens des Jésuites
Peu de gens savent qu’il existe aux Archives nationales à Québec un fonds d’archives très important connu sous le nom de « Biens des Jésuites ». Il y a près de deux ans M. Jean-Marc Garant, archiviste réputé, a obtenu que ce fonds soit transféré temporairement à Montréal, du moins la partie concernant La Prairie, afin de pouvoir le numériser. Les Archives nationales acquiescèrent à la condition qu’une copie des fichiers numérisés leur soit remise.
C’est ainsi que pendant de très longs mois MM. Garant et L’Heureux s’attelèrent à la tâche dans des conditions pas toujours idéales, faisant fréquemment la navette entre La Prairie et Montréal. Lorsque le tout fut numérisé il fallait améliorer les images numériques et les recopier sur CD. Tout cela a exigé des centaines d’heures de travail.
Non seulement ces archives peuvent maintenant être consultées dans nos locaux, mais nous apprenions récemment que, grâce au labeur de MM. Garant et L’Heureux toute cette information est aussi disponible sur le portail de Bibliothèque et Archives nationales du Québec.
Le moteur de recherche Pistard vous y mènera rapidement, cotes : E21,S64,SS5,SSS15 et les dossiers impliqués sont les numéros 9, 11 à 22 et 24 à 27.
Code d’éthique
Il arrive parfois qu’un travail bien fait porte des fruits. En effet Mme Lucette Lévesque secrétaire de la Société d’histoire et de généalogie des Quatre Lieux nous a demandé la permission d’utiliser notre code d’éthique tout en l’adaptant à leurs besoins. Permission accordée sans hésitation.
Nouveaux membres
La SHLM souhaite la bienvenue à quatre nouveaux membres :
Gaston Sicard
Jean-François Perron
Lise Nadeau-Cameron
Luc Archambault
Politique de développement de la bibliothèque
Notre bibliothèque existait de modeste façon depuis 1982. Ce n’est que vers 1994 qu’elle prit vraiment son essor grâce à l’intense collaboration du couple Raymond Monette et Lucette Beauvais. Leur travail se prolongea durant plus de 12 ans.
Depuis l’automne 2006 la responsabilité de notre bibliothèque a été confiée à Mme Geneviève Dumouchel bibliothécaire retraitée de l’Université de Montréal. Sauf pour la section consacrée à la généalogie, Mme Dumouchel a entrepris le catalogage de la collection en utilisant les cotes Dewey.
Afin d’aider Mme Dumouchel dans sa tâche d’élagage et d’achats, le c.a. de la SHLM adoptera sous peu une politique élaborée de développement de la bibliothèque. Inutile d’ajouter que les principaux achats seront comme par le passé destinés à la section généalogie.
Don de livres
M. Laurent Houde nous a fait don de 3 livres dont il est l’auteur : Le restaurant au Vieux Fort, histoire du bâtiment, ses propriétaires / Claudette Houde écrits sur l’histoire de La Prairie / De Antoine Desrosiers et Anne du Hérisson à la famille de Arthur Desrosiers et Pacifique De Montigny.
Au jour le jour, avril 2007

En août 1896, quelques prospecteurs découvrent des gisements d'or dans la rivière Klondike puis dans les ruisseaux Bonanza et Eldorado, au Yukon. Devenue célèbre par ses gisements, la rivière Klondike donne son nom à un district peuplé de prospecteurs du précieux métal, La nouvelle se propage rapidement et une véritable ruée de Canadiens, Américains et gens de nombreux autres pays convergent vers le Yukon dans l'espoir d'y faire fortune.
De nombreux Québécois sont de la partie dont plusieurs de la région de La Prairie et des villes et villages des alentours. Lorenzo Létourneau, de Saint-Constant, et Domina Demontigny, de la côte Sainte-Catherine, sont du nombre. De février à juillet 1898, ils ont vécu l'aventure d'un voyage audacieux et parfois périlleux. Après avoir pris des voies différentes pendant un an, ils se retrouvent en juillet 1899 et demeurent l'un près de l'autre jusqu'à août 1902. Ils se voient fréquemment et oeuvrent par moment ensemble, tant dans la prospection que dans l'extraction de l'or.
Le détail de leurs activités est relaté dans un journal que Lorenzo Létourneau, pour de longues périodes, tient presque tous les jours tout au long de son propre séjour, jusqu'à son retour à Saint-Constant, en 1902. Dans les années qui suivent son retour, il révise son manuscrit à quelques reprises en lui apportant des précisions et le fait dactylographier.
Ce journal vient d'être publié par un de ses petits-neveux, François Gauthier, sous le titre de 17 Eldorado Le journal d'un chercheur d'or au Klondike 1892-1902. Il est édité par Qualigram et Linguatech.
Cette édition, outre le texte du journal avec les notes de révision ajoutées par Lorenzo Létourneau, comporte une introduction éclairante permettant de le bien situer, un glossaire fort utile pour bien comprendre certains termes utilisés dans la rédaction du journal, un index des noms propres renfermant, entre autres, les noms des personnes mentionnées dans le journal et 32 pages de reproductions de photographies et documents conservés dans le journal ou retrouvés ailleurs.
« L'index de plus de 1200 entrées est destiné aux lecteurs qui souhaiteraient retrouver dans l'ouvrage un lointain parent dont ils ont entendu parler dans les veillées… » Entre autres, parmi ceux qui étaient au Klondike en même temps que l'auteur du journal, mentionnons Victor Moquin, fils d'Alexis, et Hilaire Robert, tous deux de La Prairie.
Le journal raconte les espoirs, les succès, mais aussi les déceptions dans l'exploitation des concessions minières. D'intéressantes notes explicatives décrivent les procédés d'extraction du précieux métal. Creuser des puits et des galeries souterraines à la force des bras exigeait un dur travail et beaucoup de persévérance. L'or, quand il y en avait, reposait sur un substrat rocheux au fond d'une couche de pergélisol qu'il fallait dégeler à la vapeur, dégager au pic et monter à la surface, souvent à 20 pieds et plus avec un treuil opéré manuellement. Ensuite il fallait laver et relaver cette terre aurifère pour en retirer l'or. Tout un travail, long et ardu. Parfois, la chance ramenait une belle pépite, le plus souvent une si maigre récompense que le jeu n'en valait que peu ou pas la chandelle.
On en apprend beaucoup, à la lecture du journal, sur ces hommes qui ont participé à la ruée vers l'or. Un petit nombre d'entre eux sont revenus vraiment riches; quelques-uns y ont trouvé un profit satisfaisant. D'autres y ont vécu une expérience qu'il valait la peine de raconter, mais peu l'ont transmise dans le réalisme de ses détails quotidiens comme l'a fait Lorenzo Létourneau.

L’eau ruisselle de partout et prend son cour, la terre se dégage lentement de son manteau blanc. Les coteaux sont brun foncé avec les clôtures encore couvertes de neige, le temps est proche de la plantation des pommes de terre. Le soleil étant de plus en plus fort, la terre s’assèche peu à peu. Isidore, un des voisins, est allé donner un coup de herse à son coteau. C’est alors que papa ira, une semaine plus tard, faire de même. Le coteau hersé une couple de fois à intervalles aura permis à la chaleur de pénétrer dans ce sol qui s’égoutte rapidement surtout à cause de son sol rocailleux qui retiendra la chaleur durant les nuits encore froides. La préparation pour la plantation : les engrais chimiques ont été livrés; une poche de plâtre pour saupoudrer les patates coupées; les patates coupées en deux, trois, quatre morceaux suivant les germes qui sont d’un bleu mauve en conservant un minimum de 2 à 3 germes par morceau. Ces patates coupées seront déposées dans des chaudières, des boites ou des paniers et saupoudrées de plâtre pour assécher la coupe.

Et voilà, demain tout est prêt : la « wagin » (charrette) est chargée de 10 sacs d’engrais chimique, les patates coupées, le renchausseur, la sillonneuse et le distributeur d’engrais.

Le tout attaché un derrière l’autre et voilà la caravane partie pour le coteau. Chemin faisant, nous passons par le coteau de l’érable. Ce terrain qui n’est pas défriché sert de pâturage pour les animaux, l’été. Sur ce terrain, presque au centre, un immense érable qui servira de parasol à l’été. Voilà le coteau de l’érable. Rendu à ce point, la caravane s’arrête, les chevaux s’enfoncent dans la boue. – « Est-ce qu’on pourra se rendre? » – les roues de métal des voitures sont enlisées dans 12 pouces de vase. Les hommes et les semeurs descendent pour alléger la charge et pousser sur le voyage. Les chevaux reprennent de peine et de misère à avancer. Papa les dirige en faisant attention pour ne pas que les chevaux se cramponnent car ils sont ferrés des fers d’hiver c’est-à-dire pour la glace.
Rendus sur place, l’on changera les attelages des chevaux : un sur la sillonneuse, l’autre sur le renchausseur et voilà, c’est parti. Papa verse un sac ou deux d’engrais dans la sillonneuse, puis ce sera le départ. Le sillon sera le plus droit possible, papa a un oeil très précis pour ce travail. La distance entre les sillons sera guidée par la roue qui suivra le premier sillon, ainsi tous les sillons seront parallèles. La plantation se fait en plaçant un germe entre chaque longueur de bottes ou de chaussures, peu importe la grandeur de pointure, environ 12 à 15 pouces est la norme.

Cette impressionnante production de Mme Nicole Martin-Verenka nous propose une excursion à la fois à travers la grande et la petite histoire. Le volume de format 81/2 X 11 contient plusieurs centaines de pages densément constituées. On y apprend d’abord l’histoire de la déportation et de l’établissement des Acadiens. L’auteure s’attarde longuement par la suite sur l’histoire du village de L’Acadie; tout y passe : la vie dans les écoles de campagne, les premières amours, des statistiques variées, un regard sur la condition féminine, les métiers domestiques, le patrimoine bâti etc. Bref une monographie fouillée et détaillée d’un village du Haut-Richelieu.
En vente à la SHLM au coût de 28$.

Le printemps avance.
Aujourd’hui on doit préparer la cabane aux poulets : un bon nettoyage; grattage du plancher; remplacer les vitres brisées; ajuster la porte, renchausser le tour avec de la paille; préparer la chaufferette à l’huile à lampe, plus tard ce sera une ampoule électrique sous un abat-jour de tôle. Papa est allé au village chercher cent poussins d’un jour, une boite de carton, environ 30 pouces par 30 pouces. Les poussins d’un jaune pâle sont très fringants. Ils sont très beaux. Ils resteront dans la maison, près du poêle à bois pendant quelques jours. Les enfants les plus jeunes vont jouer avec ces beaux petits poussins puis ils seront transportés dans la cabane à poulets. L’intérieur a été chaulé, donc c’est tout blanc. Une bonne couche de paille fine recouvre le plancher, un abreuvoir fait d’une assiette en tôle et une bouteille renversée et retenue à la bonne hauteur laissera descendre un peu d’eau à la fois. La surveillance est de rigueur durant les nuits froides ou les journées sombres. Ces poussins deviendront les poulettes de remplacement des poules de deux ans et les coqs deviendront des chapons que l’on engraissera pour la vente au marché. Sur les cent poussins, la proportion de coqs et de poules sera environ de cinquante, cinquante.
Avant que les animaux soient mis au pâturage, un après-midi, papa ira chercher au village ou chez un voisin le coupe-corne. Le taureau surtout, qui aura deux ans et sera de service, sera sorti de l’étable et attaché solidement au garde grain, dans la batterie. Les deux cornes coupées, on profitera de l’occasion pour lui mettre un anneau en cuivre au nez. Une queue de rat bien affûté servira d’outil pour lui percer la narine. L’anneau en place, on resserra la vis d’assemblage et ainsi on aura la possibilité de lui attacher des pièces de retenue, pour éviter ces escapades qui pourraient démolir les clôtures et barrières.
À cette époque, la maison est bien remplie. Quatre ou cinq enfants vont à l’école et autant sont à la maison. Tante Florentie viendra assez souvent passer deux à trois semaines pour aider maman dans les travaux de tissage ou de courtepointe ou simplement donner un peu de répit à maman. Avec toute cette marmaille à habiller et nourrir, juste la préparation des repas, les lessives, le reprisage etc. sans mécanisation, c’est une corvée énorme. Durant les grands froids de l’hiver, souvent est apparu au plafond des chambres du deuxième, le frimas blanc sur les têtes de clous. Les fenêtres sont chargées de glace, le chauffage du deuxième est fait par le tuyau du poêle et la montée de l’escalier. La chambre d’invité était la plupart du temps fermée et c’était comme une glacière mais dans le petit garde-robe sous les combles, une odeur de branche de cèdre se dégageait de cette petite pièce.
Le chauffage était au bois et au charbon. Le « coin à bois » était rempli toutes les semaines. C’était le travail du samedi. Le bois était dans la remise à bois, près de la grange. Très souvent, il fallait se faire un chemin à travers les bancs de neige, pelleter pour dégager la porte coulissante et, à l’aide du traîneau en bois, transporter les bûches et le bois fendu. À la maison, il devra être bien cordé pour en avoir pour la semaine. Après le souper vers les sept heures trente, papa prépare le poêle pour le charbon. Souvent l’on videra le tiroir rempli de cendre et après une bonne attisée, pour avoir une grosse braise, on versera une demi- chaudière de charbon dur. Ce charbon était entreposé dans la remise attachée à la maison, dans ce qu’on appelait le carré à charbon. Ce charbon dégageait des gaz, il fallait faire attention pour que ces gaz se dégagent dans la cheminée. Une fois bien rouge, une chaleur intense se faisait sentir. De temps à autre, le côté du poêle devenait rouge, et la peinture de la cloison à l’arrière du poêle faisait des cloches. À l’aide de torchons humides, on refroidissait la cloison. Maman avait toujours une crainte du feu dans le tuyau. Ce charbon gardait la chaleur toute la nuit, puis, le matin venu, l’on repartait le chauffage au bois pour la journée. Souventes fois nous avons dû défaire les tuyaux en hiver pour aller les nettoyer à l’extérieur car le carbone s’accumulait dans le tuyau, et si le feu prend dans le carbone, il y a risque d’incendie.

Bonjour chers membres
Suite à notre assemblée annuelle du 27 mars dernier, j’ai constaté avec ravissement la très grande participation de nos membres et l’intérêt qu’ils portent envers leur Société d’histoire. C’est une grande marque de reconnaissance envers leurs administrateurs et je vous en remercie. J’aimerais remercier nos principaux partenaires financiers : la ville de La Prairie, Desjardins Caisse Populaire et la fondation Guy Dupré sans lesquels nous ne pourrions atteindre nos principaux objectifs. J’aimerais également souligner la précieuse collaboration de M. Marcel Myre et de M. Maurice Brossard pour leur appui à la préparation du code d’éthique et à la refonte des règlements de la S.H.L.M.
Pour l’année 2007, votre conseil d’administration s’est donné un mandat clair et précis, (DE PROUMOUVOIR UNE VISIBILITÉ DE LA S.H.L.M. À LA GRANDEUR DE NOTRE RÉ- GION) et nous pourrons atteindre ce mandat par votre implication active au sein de votre Société. Nous comptons sur vous.
La municipalité de La Prairie soulignera son 340e anniversaire cette année et c’est avec un immense plaisir que votre Société, sous la responsabilité de M. Gaétan Bourdages, participera à la rédaction de textes sur l’histoire de La Prairie qui seront présentés aux citoyens dans les quatre prochains numéros du Communic-action. Voici une façon originale de nous faire connaître davantage dans notre milieu.
Cette année, la S.H.L.M. veut souligner son 35e anniversaire et nous avons besoin de bénévoles pour organiser ces festivités. Tout membre intéressé pourra donner son nom à Mme Édith Gagnon sec.-coordonnatrice au 450-659-1393 afin d’organiser un comité. Nous comptons sur vous, (une plus grande visibilité).
Comme vous l’avez constaté, notre Société est plus dynamique que jamais et ce grâce à nos bénévoles qui s’impliquent de près ou de loin au développement et à l’avancement de sa mission. À vous tous, je vous dis un grand merci.

Par : Monsieur Michel Langlois
Le mardi 17 avril, à 19 h 30
Le 17 avril 2007 – Michel Langlois
Des moulins et des hommes.
M. Langlois viendra parler de la législation concernant les moulins au 17e siècle, le fonctionnement des moulins actionnés par l’eau et par le vent, le langage des meuniers, leur travail, sans oublier l’histoire des charpentiers qui ont construit ces moulins.
Les conférences de la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine se donnent à l’étage du 249, rue Sainte-Marie à La Prairie. Toutes les conférences débutent à 19h 30.
Entrée libre pour les membres, 3$ pour les non membres. Informations au 450-659-1393

Assemblée générale
Le 27 mars dernier avait lieu l’assemblée générale annuelle des membres en règle de la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine.
Sous la présidence experte de Me Denis Hardy, deuxième vice-président de la Fédération des sociétés d’histoire du Québec, cinquante-cinq (55) membres présents, un record de participation dans nos annales, ont adopté avec une forte majorité les amendements à nos règlements et approuvé notre nouveau code d’éthique.
C’est d’ailleurs avec étonnement que nous avons constaté que plusieurs de ceux qui avaient réclamé un code d’éthique lors de l’assemblée générale spéciale de l’été 2006, ont choisi de voter contre l’approbation du code d’éthique.
Notre président, M. René Jolicoeur, a présenté avec brio un rapport annuel bien garni, preuve éloquente du dynamisme de notre organisme. Par la suite notre trésorière, Mme Lucie Longtin, répondait avec tact et compétence aux nombreuses questions sur les états financiers de la SHLM.
Notre nouvelle procédure électorale n’a suscité que deux candidatures; ainsi messieurs Jean L’Heureux et Jean-Marc Garant ont donc été réélus au conseil d’administration pour un mandat de deux ans.
L’assemblée s’est achevée avec la nomination des trois (3) membres du nouveau comité de vérification des états financiers; il s’agit de messieurs André Kahlé, Jean-Guy Fafard et André Montpetit.
Bref une assemblée d’une grande importance par le nombre imposant de participants qui à travers des votes majoritaires sont venus clairement signifier qu’ils préfèrent une SHLM qui fonctionne de façon harmonieuse en conformité avec des objectifs clairs. La locomotive semble donc maintenant solidement remise sur ses rails.
Conseil d’administration
Conformément à l’article 4.2 de nos règlements le c.a. s’est réuni le 29 mars dernier afin de distribuer les rôles pour l’année 2007 :
René Jolicoeur, président
Jean L’Heureux, premier vice-président
Jean-Marc Garant, deuxième vice-président
Gaétan Bourdages, secrétaire
Lucie Longtin, trésorière
Selon l’article 3.3.8 en cas d’absence ou d’incapacité d’agir du président, le premier vice-président le remplace et en exerce tous les pouvoirs et toutes les fonctions.
Le ciel sur la tête
Dans son budget pour l’année 2007 la ville de La Prairie avait prévu de faire repeindre l’extérieur des croisées et des portes d’accès de l’édifice du Vieux Marché. Tous conviendront que ces travaux s’imposaient depuis un certain temps.
Hélas des événements imprévus obligent au report de ces travaux d’entretien. On avait constaté depuis environ deux mois que la peinture s’écaillait en plusieurs endroits au plafond à l’étage de la bâtisse. Comme cela est le signe d’une infiltration d’eau il fallait procéder de toute urgence à ces réparations. Le matin du huit mars dernier alors que les ouvriers s’affairaient à enlever le plafond pour repérer la source de l’infiltration d’eau, le plafond en entier s’écroula au sol évitant de justesse les travailleurs. La chute du plafond fit déclencher les gicleurs, inondant ainsi tout l’étage et provoquant au surplus une panne d’électricité dans toute la bâtisse.

L’accumulation d’eau à l’étage provoqua de nombreuses fuites d’eau dans nos locaux. Il fallait en toute hâte protéger nos livres et nos documents avec des bâches. Les poubelles sont vite reconverties en seaux, on éponge avec les moyens du bord.
Comme la loi oblige à cadenasser la valve d’arrivée d’eau des gicleurs afin d’éviter qu’elle soit fermée par mégarde, il fallut un certain délai avant qu’on ne trouve la clé pour ouvrir le cadenas; et pendant ce temps l’eau giclait.
Grâce à l’intervention rapide des personnes présentes on a pu éviter le pire : pas de dégâts notables dans les locaux de la SHLM.
Mais l’histoire n’allait pas se terminer d’aussi belle façon. Comme le plancher de l’étage avait été lourdement endommagé par l’eau il fallait le refaire. Vingt jours plus tard, soit le 28 mars, en installant le nouveau couvre-plancher les ouvriers ne se rendent pas compte qu’un robinet est mal fermé : nouvelle fuite d’eau.
Il faut donc à la hâte user à nouveau des seaux, des bâches et de la « moppe » dans la bibliothèque. Heureusement rien n’est endommagé, on est quitte pour une bonne frousse.
L’aventure aura donc permis de refaire le plafond et le plancher de la salle à l’étage du Vieux Marché. Heureusement que tout cela ne s’est pas produit au cours d’une conférence ou d’une autre activité du service des loisirs.

Photos-souvenirs
Dans le cadre des célébrations du 35e anniversaire de la SHLM nous souhaitons publier dans ces pages des photos-souvenirs afin de rendre honneur à la longue liste de ceux et celles qui à travers ces décennies ont contribué à faire de la Société d’histoire de La Prairie l’organisme rayonnant qu’il est aujourd’hui devenu.
Si vous possédez de ces photos nous serions heureux de les faire paraître dans les prochains numéros du Au jour le jour.
Prière de contacter Mme Édith Gagnon au 450-659-1393.
Allons raconte!
Vous aimeriez publier les résultats d’une recherche sur l’histoire de La Prairie ou encore vous avez des souvenirs ou des anecdotes à raconter, n’hésitez pas à nous faire parvenir vos textes.
Si vous êtes atteints du syndrome de la feuille blanche, contactez-nous et nous vous aiderons à mettre tout ça par écrit.
Le dernier syndic

Cette photo fut prise à l’occasion d’une rencontre exceptionnelle le 27 octobre 1982 dans les locaux de la SHLM. On y reconnaît les derniers syndics de la Commune de La Prairie : de gauche à droite; M. Robert Coupal (syndic), M. Pierre Gagnon (syndic), M. Lucien Ferdais (syndic), M. Donat Duquette (président) et M. Ildège Brosseau (assistant –greffier).
Cette photo est historique et nous étions certains que toutes ces personnes étaient décédées. Or quelle ne fut pas notre surprise de constater dans l’édition du journal Le Reflet du 17 mars dernier que M. Brosseau était encore bien vivant. En effet M. Brosseau qui est né le 9 mars 1907 dans le rang Saint-Claude à Saint-Philippe a fêté son centenaire à la résidence pour aînés La Belle Époque à La Prairie. Toutes nos félicitations.
35e anniversaire… photo-souvenir!

Le c.a. de la SHLM il y a près de 25 ans : dans l’ordre habituel Robert Mailhot (aujourd’hui à 9 mois de la retraite), Jules Sawyer f.i.c. décédé, André Taillon (retraité de l’enseignement depuis 5 ans, il oeuvre actuellement au Maroc), Benoît Morin (vient de prendre sa retraite de l’enseignement) et Michel Létourneau architecte (travaille pour le gouvernement fédéral à Ottawa).

Éditeur :
Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
COLLABORATEURS :
Coordination : Jean-Pierre Yelle
Rédaction : Gaétan Bourdages, Laurent Houde,
Jean-Pierre Yelle
Révision Jean-Pierre Yelle
Infographie : SHLM
Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.
Siège social : 249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Tél. : 450-659-1393
Courriel : [email protected]
Les auteurs assument l’entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l’éditeur.
Au jour le jour, mars 2007

Lors de la deuxième guerre mondiale, les collégiens atteignant l'âge 18 ans étaient tenus de s'inscrire à une période d'entraînement militaire dans l'un des trois corps d'armes: armée de terre, de l'air ou marine. Pendant l'année académique, de septembre à juin, les réservistes ayant choisi le corps de marine se rendaient à l'entraînement, un soir par semaine, pour une durée de deux heures. Le port de l'uniforme, que chacun avait reçu lors de son enrôlement comme volontaire (obligé), était de rigueur lors des séances d'entraînement. Cet entraînement se déroulait au H.M.C.S. Cartier, un édifice de la marine militaire situé sur la rue De la Montagne, à Montréal.
Une discipline certaine
Les séances d'entraînement, qui se déroulaient en anglais, comportaient un certain nombre de cours, mais surtout des exercices de marche, de gymnastique, de port et de maniement du fusil, tout cela dans le cadre de l'apprentissage d'une discipline stricte. L'uniforme devait être porté selon les règles et être d'une propreté constante et impeccable sous peine de sanction; les bottines, en particulier, devaient toujours briller.
En cours d'exercice, rire ou parler à son voisin sans autorisation n'était l'objet d'aucune tolérance. Certains l'apprirent à leurs dépens dès les premières séances d'entraînement. Leur manquement au code de discipline fut sanctionné par une marche forcée, au pas de course, consistant à monter et descendre cent fois une passerelle d'une dénivellation de 10 à 12 pieds, en tenant une arme d'une vingtaine de livres à bout de bras au-dessus de leur tête. Aucune défaillance dans la position élevée des bras, par exemple, ni aucun ralentissement du pas de course dans la portion montante du trajet n'étaient admis sous peine de reprendre à zéro la sanction imposée. L'attitude d'épuisement des fautifs quand ils rejoignaient le rang en disait long sur l'effet dissuasif de la mesure. On comprendra que s'installa dès lors un sain esprit de discipline dans notre unité de réservistes.
L'entraînement militaire a ses bons côtés
La maîtrise des exercices militaires engendre son sentiment de fierté. Dans le cadre des activités d'entraînement les autorités voient aussi à entretenir le moral des troupes. L'ensemble de notre unité ayant maîtrisé la capacité de garder le pas, on sortit un soir parader sur la rue Sherbrooke. Précédés des tambours qui battaient la marche et en rangs de formation on nous conduisit un soir au Forum pour assister à une joute de hockey. Inutile de dire que nous n'étions pas peu fiers de marcher ainsi au pas et en rangs bien droits dans nos uniformes.
En une autre occasion, on nous offrit une parade bien spéciale. Cette parade surprise fut organisée conjointement par nos officiers et des dames « patriotiques » pour nous démontrer combien on avait nos destinées à coeur. Ce soir-là, en arrivant pour la séance d'entraînement, nous ne nous doutions de rien. Il n'y eut pas d'exercices mais une minutieuse inspection des uniformes et des bottines. On nous fit part qu'une sortie se substituait à l'entraînement régulier; à quoi s'ajoutèrent des recommandations bien précises concernant les comportements attendus de notre part lors de cette activité. On avait retenu à notre intention exclusive l'usage d'un club sélect pour une soirée sociale. Nous y allions pour danser, converser et nous y amuser honnêtement. Nous y serions tous accompagnés. Mais comment?

Le 20 février dernier M. Jean-Marc Garant acceptait de remplacer à pied levé M. Pierre Dufault conférencier attitré pour cette soirée.
M. Dufault ayant dû annuler sa conférence pour des raisons de santé.
Devant une salle attentive M. Garant a énuméré et expliqué avec force détails les nombreuses précautions qui s’imposent pour assurer à nos archives personnelles une période de conservation qui se poursuive bien au-delà de notre propre espérance de vie.
Nous vous résumons ici l’essentiel de son propos.
Les archives de papier
La règle de base est de toujours conserver les documents originaux. La numérisation n’est pas un moyen idéal de conservation à cause des nombreux changements technologiques. N’est-il pas déjà difficile de réécouter une bande sonore enregistrée il y a trente ou quarante ans? Dans un demi-siècle que fera-t-on des disquettes, des CD ou des DVD qui sont aujourd’hui la norme en informatique?
Sur le papier il faut éviter les colles, les broches, les attache-feuilles et les trombones. Ces pièces de métal finissent par s’oxyder et endommagent les documents. Les « boudinages » ou reliures en plastiques sont également à proscrire.
Éviter de conserver vos archives en les empilant, il est préférable de les placer dans des chemises, de préférence dans des chemises antiacides (l’onglet de la chemise portant une description succincte du contenu), et de les ranger à la verticale dans un classeur ou encore dans des boîtes d’archives antiacides ou dans des boîtes en « coroplast ».
Si vous possédez des articles de journaux qui vous sont chers, photocopiez-les et ne conservez que les photocopies. Le papier journal contient des acides qui endommagent les autres documents.
Un document ancien qui est plié depuis longtemps ne doit être déplié qu’avec d’infimes précautions. N’essayez pas ceci à la maison, confiez plutôt ce travail à un professionnel du traitement des archives.
Négatifs et photographies
L’une des difficultés majeures dans la conservation des photos de famille, c’est souvent que les générations précédentes ont omis d’identifier les personnages photographiés. N’allez jamais corriger la situation en écrivant les noms des individus derrière la photo.
Au verso de chaque photo on se limite à écrire, à l’aide d’un crayon à la mine HB 2B, un numéro dans l’un des coins. On reporte ensuite ce numéro sur une liste décrivant chacune des photos. Les photos sont conservées dans des enveloppes en « mylar » que l’on range dans une chemise avec les fiches descriptives.
Une attention particulière doit être portée aux négatifs et aux diapositives. Un milieu de conservation chaud et sec leur ferait rapidement perdre leur souplesse.
D’ailleurs une température et un taux d’humidité trop élevé ont toujours été de mauvaises conditions de conservation des archives. À éviter à tout prix.
Conserver pour qui?
Afin que tout votre travail n’ait pas été fait en vain, prévoyez une façon de transmettre tout cela aux générations futures. Si cela n’est pas possible, offrez le tout à un centre d’archives reconnu.

Mon frère, Laurent Yelle (1927-2006), dans ses dernières années de vie, avait commencé à rédiger ses souvenirs : trois cahiers écrits à la main relatent des anecdotes sur la ferme de nos parents, durant ses études puis durant sa vie professionnelle. Il voulait laisser à ses petits-enfants quelques souvenirs d’un passé qui était bien différent de la vie d’aujourd’hui. Diplômé de l’École du meuble de Montréal, il exerça le travail de décorateur ensemblier, c’est sans doute pour cela que l’on trouve des descriptions très détaillées. Ce sont donc quelques-uns de ces souvenirs de jeunesse issus de la ferme que je désire partager avec vous. Voici les premières pages de son texte.
Jean-Pierre Yelle
Un jour, papa me demande pour aller avec lui à la cabane à sucre chez grand-père. Très content, j’accepte. Mon père apporte avec lui une chaudière en métal, que l’on appelait chaudière à miel, à l’intérieur maman lui avait préparé de la nourriture c’est-à-dire des tranches de pain maison, un bon morceau de lard salé, des oeufs. Chaussés de bottes à l’épreuve de l’eau, nous partons remplacer oncle Henri qui fait bouillir depuis très tôt le matin. Le chemin, il n’y en a pas, simplement des pistes dans la neige que la poudrerie a remplies. La distance est un 30 arpents, plus qu’un mille. Arrivé sur les lieux de la vieille cabane, qui nous hantait l’été par les marmottes qui y prenaient place, s’échappent la fumée de bois et les vapeurs d’eau d’érable. À la porte, les seaux pour transporter l’eau ainsi que le joug; la porte baille, depuis les années et les intempéries, on ne pourrait lui en demander plus. À l’intérieur oncle Henri prépare du bois pour attiser le feu. Dans la grande panne, c’est le bruit du bouillonnement et l’odeur du sirop d’érable à plein nez; puis l’on brasse le liquide ambré, on enlève l’écume, l’on goutte avec une cuillère de bois, c’est délicieux.
À l’extérieur, les érables ont coulé beaucoup depuis la matinée, l’eau d’érable est claire et limpide. Comme l’érablière est très petite, la levée de l’eau se fait à la chaudière et au joug. Sur le côté de la cabane, une cordée de bois coupé en longueur de 2 à 3 pieds, bois ramassé au préalable d’arbres brisés par le vent ou arbres à moitié cotis. Ce bois a été préparé au godendard, à la sciotte avec son cadre de bois et à la hache.

Après 2 heures passées à la cabane, je reviens à la maison avec oncle Henri et c’est papa qui prendra la relève jusqu’à tard dans la soirée. Et c’est ainsi que l’on réussissait à faire quelques gallons de sirop, de la tire et du sucre du pays. Ceci se passait vers les années 1934-35. Les goutterelles en bois, les chalumeaux étaient fabriqués avec des branches de sureau évidées.
Papa me raconta un jour, qu’il existait des joueurs de tours qui visitaient, à l’occasion, les cabanes à sucre, la nuit entre la relève. Ceux-ci ramassaient de l’écorce de bois de plomb (arbre qui poussait dans la forêt) et en laissait tomber dans le sirop presque fini, ceci était un laxatif assez puissant que celui qui en avait ingurgité n’avait pas le temps de se trouver un endroit propice pour la chose.

Tout était prévu.
Le moment venu, nous nous plaçons tous en une belle file ordonnée et nous dirigeons vers une porte de sortie de l'édifice donnant sur le trottoir de la rue De la Montagne. Nous en sortons un à un, sans empressement déplacé. Là, sur le trottoir, une autre file, formée de jeunes filles, nous attend. Elles seront nos compagnes pour la soirée. Dès l'arrivée sur le trottoir, à tour de rôle, on tend le bras à la jeune fille alors en tête de file. Celle-ci s'y appuie avec complaisance et, en couple, en abandonnant le pas militaire, nous marchons jusqu'au club, non loin, où a lieu la fête. On fait connaissance de façon timide, de part et d'autre. Les dames qui ont organisé la soirée facilitent la conversation avec les militaires en puissance que nous sommes. Plusieurs sont les mères des jeunes filles présentes. Quant aux demoiselles, elles ont été recrutées dans de bonnes maisons d'éducation pour participer à l'effort de guerre en soutenant le moral de ces braves volontaires qui, pour la grande majorité, n'envisageaient nullement comme réelle la possibilité de monter un jour au front. Comme ces jeunes filles sont en quelque sorte en service commandé pour une noble cause on peut supposer que, pour plusieurs, la participation à cette soirée a été vue comme un acte de dévouement gratifiant pour l'ego. La musique invite à la danse les couples maîtrisant plutôt mal cet art, on sert des amuse-gueules et des boissons gazeuses et, avant vingt-deux heures, les membres pensionnaires de la troupe sont retournés au dortoir collégial.
Le lendemain, les gars ont de quoi se vanter auprès de leurs confrères collégiens. Bien sûr, on note quelques exagérations dans les faits rapportés. La soirée surprise, même si elle a été le sujet de vantardise, a été vécue par plusieurs, il faut le dire, comme une expérience artificielle. Rien de comparable, en fait, à la parade vers le Forum et à l'assistance à une joute de hockey remplaçant une soirée bien ordinaire comme pensionnaire au collège.
L'obligation de cet entraînement militaire s'est alors imposé comme transcendant l'importance du régime et des règlements du collège. Bien que, en réalité, les sorties pour les séances d'entraînement n'aient pas créé de conflits sérieux avec les horaires du collège, elles imposèrent quand même parfois des aménagements auxquels les professeurs et autres responsables de l'institution furent forcés de se plier sans mot dire. Pour nous, cela prenait toute une signification; cela démontrait de façon concrète les limites de l'autorité du collège sur nous; cette impuissance de nos maîtres face à plus forts qu'eux nous conférait intérieurement un sentiment accru de pouvoir et de liberté.
À mesure que cette année 1944-1945 avançait, l'évidence de la fin de la guerre devenait de plus en plus grande. En conséquence, la crainte de devoir réellement aller combattre n'était pas là pour nous rappeler combien plus grandes l'autorité et l'emprise de l'état auraient pu s'imposer pour contraindre nos destinées.
Somme toute cette exposition modérée au milieu militaire, si elle a quelque peu contribué à notre émancipation comme adolescents, elle n'a pas eu l'ampleur des changements sociaux entraînés par les expériences de ceux et celles qui ont contribué à l'effort de guerre sur les champs de bataille ou, pour les femmes, dans les usines de fabrication de matériel militaire. L'emploi d'un grand nombre de femmes dans ces usines et dans d'autres postes a contribué à modifier de façon notable le rôle des femmes sur le marché du travail, élargissant et diversifiant, en même temps, leur place dans les diverses sphères de la société.

Restons un peu dans les travaux de printemps. À partir du mercredi des cendres, c’était le carême, avec deux ou trois jours « maigres » par semaine. Manger des fèves sans lard, des omelettes, de la sauce au blé d’inde, de la sauce aux tomates, quelques fois, du poisson, on n’était pas pêcheur. Et le climat ne s’y prêtait pas. Dire que le Vatican voulait faire fonctionner ses marchés de poissons dont il avait des intérêts. Et dire que nous, du continent nord-américain, on s’y soumettait, qui aurait pu aller faire son marché à Marseille ou en Méditerranée? Enfin durant ce carême au début, papa partait le matin avec sécateur et scie pour tailler les pommiers. Et il avait un sens de l’observation et une connaissance dans cette taille qui durait une bonne dizaine de jours.
Puis ensuite, il fallait scier le bois de chauffage, une quantité de troncs d’arbres avaient été coupés durant l’hiver et amenés par les chevaux et « sleigh » pour la provision de l’année suivante. Donc la journée qui était clémente, on allait chercher, avec les chevaux, la scie ronde à Joseph, l’engin stationnaire à un piston, l’eau pour l’engin, la gazoline etc. Un coup de lime à la scie pour lui rafraîchir les dents, la courroie en cuir en place et c’est prêt. Les voisins s’entraident, on s’échangeait des journées. Environ quatre hommes sont à la tâche car c’est pas évident que le travail est facile : une bille un peu cornue va coincer la lame, on doit reculer et recommencer; les grosses billes, on doit les retourner sur place sans qu’elles tombent. Des fois ce sera trois à quatre reprises pour enlever une tranche de 14 à 16 pouces. Le bois est vert et très lourd. Un homme se tient à la scie, un autre pour dégager les billes sciées, les deux autres soutiendront les grandes pièces et ensuite iront dégager les suivantes. C’est une dure journée de travail et c’est le carême. Plus tard, il faudra fendre tout ce bois avec la hache, un coin de fer et une masse en bois : du travail à faire avant les semences.
Entre-temps, l’étable se remplit de jeunes veaux. À cette période, en ce temps-là, l’étable est petite et basse, la porte laisse à peine passer un cheval. Les deux chevaux sont Corneille et Bayard (on dirait une étable qui a une prédilection pour les lettres!), il y a un taureau, sept vaches et deux taures. Près de la porte, il y a une fenêtre à quatre carreaux, puis une autre fenêtre à petits carreaux sur pentures qui servira à sortir le fumier en saison propice, par temps froid, ce sera par la porte. Les planchers de l’étable sont en madriers de bois, que l’on remplace à l’occasion (quel travail et quelle odeur!). Près de la porte on trouve un demi-baril en bois et la pompe « à bras » pour l’eau. Au-dessus, au mur, des crochets avec chaudières en métal, une étrille, une brosse, puis divers attelages en cuir répondant aux divers besoins. À cette période où l’électricité n’était pas là, tous les travaux de fin de journée se font au fanal. Ce qui veut dire que pour soigner les animaux, c’est dans la noirceur, avec la fourche, que l’on ira chercher le foin, la paille, le blé d’inde séché souvent rempli de rats et de souris.
Durant cette période printanière, l’on procédera à la tonte des animaux avec un rasoir mécanique, un jeune pour tourner la manivelle, ce rasoir est mû par un système d’engrenage monté sur un trépied avec câble flexible dans lequel tourne une chaîne. Celle -ci sera attaché au rasoir qui sera huilé fréquemment et que l’on fera affûter une fois l’an. Un pied sur la base pour retenir le trépied en place et puis l’on tourne la manivelle tantôt avec la main droite, tantôt avec la main gauche et l’on entend le ronronnement de l’engrenage. Ceci durera de 3 à 4 jours pour nettoyer les bêtes de leur toison d’hiver et de leurs croûtes.
à suivre …..

Bonjour chers membres.
Déjà que l'hiver semble tirer sa révérence et que nous nous préparons pour la nouvelle saison. En effet, c'est lors de l'assemblée générale annuelle du 27 mars prochain que j'aurai le plaisir de vous présenter le plan d'action pour la nouvelle année. Ce plan d’action a été préparé par votre conseil d'administration avec comme objectif premier d’assurer le plein développement de la SHLM.
C'est une date à noter à votre agenda et au plaisir de vous y rencontrer.

Toponymie
La ville de La Prairie entend procéder à l’ouverture de nouvelles rues dans un secteur adjacent à la carrière d’argile à brique. On souhaite attribuer à ces nouvelles rues des noms qui sont liés à l’industrie de la brique à La Prairie. Si vous avez quelques suggestions de nom à nous proposer n’hésiter à nous en faire part.
Communic-action
La ville de La Prairie célèbre cette année son 340e anniversaire. Afin de souligner cet événement le service des communications de ville de La Prairie a proposé à la SHLM de résumer l’histoire de notre localité en cinq épisodes. Ces textes paraîtront dans les cinq prochains numéros de l’année 2007 du bulletin COMMUNIC-ACTION distribué dans tous les foyers de La Prairie.
Nouveaux membres
La SHLM est fière d’accueillir dans ses rangs
les nouveaux membres suivants :
231 Réjeanne Leblanc
233 France Laflamme
234 Louise Péloquin
235 Ninon Marrié
243 Claude Crevier
251 Gérard Robert
252 Hélène Robert-Longtin
253 Benoît Robert-Longtin
254 Édith Gagnon
255 Sylvie Desbiens
257 Robert Mailhot
258 Denise Roy
259 Hélène Létourneau
260 Johanne Leroux
261 Geneviève Dumouchel
262 Martine Bourdages
263 Monique Tessier
264 Danielle Lemay
265 Sylvie Bunodière
266 Sylvie Giroux
Décès
Nous apprenions récemment le décès de Mme Imelda Laroche (née Denis) 1919-2007. Madame Laroche laisse dans le deuil sa fille Mme Hélène Pinsonneault membre bénévole à la SHLM. Toutes nos condoléances à la famille éprouvée.

Merci au conseil de ville de La Prairie pour l’aide financière accordée pour l’année 2007.

La SHLM vous dit merci pour le financement de notre nouveau parc d’ordinateurs.

Le mardi 27 mars 2007, à 19h30

Éditeur :
Société d’histoire de La Prairie -de-la-Magdeleine
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
COLLABORATEURS :
Coordination : Jean-Pierre Yelle
Rédaction :
Gaétan Bourdages, Jean-Marc Garant
Laurent Houde, Jean-Pierre Yelle
Révision Jean-Pierre Yelle
Infographie : SHLM
Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.
Siège social : 249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Tél. : 450-659-1393
Courriel : [email protected]
Les auteurs assument l’entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l’éditeur.
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