- Au jour le jour, mai 2010
Quand l’étudiant écrivait ses manuels de science
Mon père, William Houde, a fait ses études en agronomie à l’Institut agricole d’Oka, de 1918 à 1921. Ayant pu démontrer qu’il possédait déjà les sciences fondamentales qu’on y enseignait en première année, il fut autorisé à compléter son cours en trois ans au lieu de quatre et obtint son diplôme de bachelier en sciences agricoles quelques semaines avant son vingtième anniversaire.
De ses études il avait conservé neuf livres manuscrits dont cinq subsistent. Faits de papier ligné, ils sont composés de huit cahiers de quarante pages reliés entre eux sous une couverture rigide garnie de toile avec, sur le dessus, l’emblème de l’institut et sa devise, In labore et scientia.
L’étudiant utilisait ces livres « vierges » pour y rédiger les cours dictés par certains de ses professeurs qui n’étaient pas encore parvenus à en faire une oeuvre écrite satisfaisante. Toutefois, pour la vingtaine des matières enseignées, des manuels écrits sous forme de notes de cours polycopiées étaient à la portée des étudiants.
Il faut comprendre, qu’à cette époque, l’agronomie comme science universitaire était encore bien jeune. Arrivés à Oka en 1881 pour y fonder un monastère sur un domaine qui leur fut concédé, les Trappistes s’engagèrent d’y établir une ferme modèle et de se consacrer à la formation de jeunes agriculteurs. En 1908, leur ferme école devenait l’Institut Agricole d’Oka et s’affiliait à l’Université Laval en vue d’octroyer des diplômes universitaires. Pour arriver à ces fins il fallut développer la compétence d’un corps enseignant en évolution par des stages dans des universités étrangères, en même temps que certains moines s’appliquaient à obtenir des diplômes universitaires.
Les progrès de l’IAO furent rapides. Dès 1911, trois gradués de l’Institut, les premiers agronomes formés au Québec, obtinrent leur diplôme de bachelier en science agricole (BSA) de l’Université Laval.
Dans les années 1918 à 1921, tous les professeurs n’en étaient pas encore à l’étape de confier à l’impression des notes de cours susceptibles d’être bientôt remaniées. Tout en dictant leurs notes ils pouvaient se permettre d’expliquer et de commenter au besoin tout en retenant l’idée de préciser leur pensée. Cette façon de faire exigeait aussi d’eux de s’exprimer clairement, indiquant titres et sous-titres de leurs exposés et d’utiliser au besoin le tableau noir pour mettre en évidence des termes scientifiques nouveaux ou les schémas de machines agricoles, par exemple. À l’examen des cahiers manuscrits de mon père on devine bien ces façons de procéder des professeurs.
Dans le cours de zoologie du professeur Létourneau on note une attention particulière apportée à la classe des oiseaux dont l’utilité en agriculture est surtout la destruction des insectes. Leurs espèces, souligne-t-il, dépassent le million. Faisant image, il exprime qu’ils sont nombreux comme le sable de la mer. « Leur fécondité tient du prodige ! » Par exemple, « un simple couple de bêtes à patates, si rien ne mettait obstacle à sa multiplication, donnerait, dans le cours d’un été, naissance à 60 millions d’individus. »
Si certains insectes bienfaiteurs dévorent leurs frères nuisibles, leur action est très insuffisante par rapport aux besoins. « L’auxiliaire, l’aide chargé par la Providence de chasser ces insectes, de les empêcher de prendre la prépondérance, c’est l’oiseau insectivore. Sans lui, la famine nous décimerait. »
Dans leur développement rapide les oisillons ont besoin d’une nourriture animale riche et abondante pour former les muscles qui vont actionner leurs ailes. C’est la raison pour laquelle les parents ne servent que des insectes à leurs petits. Un chercheur a compté, qu’en douze heures, deux parents oiseaux firent 426 voyages à leur nid, y apportant à la nichée 848 larves.
Proportionnellement les oiseaux insectivores adultes sont moins voraces que leurs petits, mais de par leur nombre ils assument un imposant rôle insecticide.
« Je n’exagère pas, concluait le professeur, sans les oiseaux insectivores, la famine nous décimerait. Qui donc alors oserait, à moins d’être un idiot destructeur, toucher aux nids de ces oiseaux du bon Dieu, qui égayent les campagnes de leur ramage et nous défendent contre le dévorant fléau de l’insecte. »
Ces livres écrits sous la dictée ont, pour quelque temps, servis de manuels de référence à leurs possesseurs. Certains, plus que d’autres, en même temps que transmetteurs de connaissances, nous laissent entrevoir la personnalité du docte auteur dictant son savoir.
- Au jour le jour, mai 2010
La Justice en Nouvelle-France
Un soldat français insulte le roi d’Angleterre !
Il est pour le moins étonnant que la justice de la Nouvelle-France aille jusqu’à protéger la réputation du roi d’Angleterre. Il faut en conclure qu’au-delà des rivalités culturelles, on interdit à tout sujet de salir l’image de toute tête couronnée, peu importe le royaume.
Le soldat Pierre Dupuis dit Lamontagne va apprendre qu’on ne touche pas à un roi !
Soldat du régiment de Carignan-Salières, Pierre Dupuis arrive avec la compagnie du capitaine Louis Petit en 1665. Après le licenciement des troupes en 1688, Pierre Dupuis aide plusieurs autres soldats de sa compagnie à s’établir dans la nouvelle seigneurie de Chambly.
À la suite d’une altercation avec le commandant du fort Saint-Louis, le sieur de Chambly, on arrête Dupuis. Le 4 février 1671, le Conseil souverain à Québec le reconnaît coupable « d’avoir mal parlé de la royauté en la personne du roi d’Angleterre et tenu un discours tendant à la sédition ».
Pour le punir, il est condamné « à l’amende honorable » et sera :
« Tiré des prisons par l’exécuteur de la haute justice pour être conduit, nu en chemise, la corde au col (cou) et la torche au poing, au-devant de la grande porte du Château Saint-Louis et d’en demander pardon au roi et, de là, conduit au poteau de la basse ville pour lui être imprimé une fleur de lys avec le fer chaud sur une de ses joues. »
Pour compléter le tout, Dupuis subira « le carcan pour y rester une demi-heure », laissé à la risée publique.
Les peines criminelles en Nouvelle-France : examinons d’abord certaines définitions de mots ou d’expressions de l’époque.
L’amende honorable est une peine humiliante faite en public. Le criminel est alors « condamné d’aller nu en chemise, la torche au poing et la corde au cou, devant une église pour demander pardon à Dieu, au roi et à la justice » de quelque méchante action.
Nu en chemise signifie sans autre vêtement qu’une chemise. La torche, dans l’amende honorable, doit être portée à la main par le condamné; elle pèse deux livres (1 kilo).
Flétrir signifie imprimer sur une épaule ou la joue d’un condamné, une fleur de lys avec un fer chaud.
Le carcan est un outil pénal qu’on installe dans une place publique. Le criminel est attaché à un poteau à l’aide d’une chaîne et d’un anneau de fer au cou. Le but est de l’exposer à la risée publique durant quelques heures.
Tiré de La scandaleuse Nouvelle-France de Guy Giguère
- Au jour le jour, mai 2010
Rappel à nos membres
Vous êtes les premiers invités à choisir, parmi nos trésors, des lectures qui sauront vous captiver. Soyez au rendez-vous le vendredi 28 mai prochain entre 16 h et 20 h.
Nous ouvrirons les portes du Vieux Marché à 15 h 30 et c’est à 16 h que l’ouverture officielle de la vente des livres usagés aura lieu. Nous vous attendons en grand nombre. Aussi, nous profiterons de cette journée spéciale pour remettre, à 20 h, un très beau prix de présence.
Veuillez confirmer votre présence par téléphone au (450) 659-1393 ou par courriel à [email protected] avant le 18 mai 2010. Au plaisir de vous y rencontrer.
- Au jour le jour, avril 2010
À propos du bulletin
Éditeur
Société d’histoire de
La Prairie-de-la-Magdeleine
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
COLLABORATEURS :
Coordination
Gaétan Bourdages
Rédaction
Gaétan Bourdages
Laurent Houde
René Jolicoeur
Hélène Létourneau
Révision
Jean-Pierre Yelle
Design graphique
François-B. Tremblay
www.bonmelon.com
Impression
SHLM
Siège social
249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Téléphone
450-659-1393
Courriel
Site Web
www.laprairie-shlm.com
Les auteurs assument l’entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l’éditeur.

La Caisse populaire de La Prairie commandite l’impression du bulletin Au jour le jour.
- Au jour le jour, avril 2010
Nouvelles SHLM
Augmentation des cotisations pour l’année 2011 Compte tenu que la cotisation annuelle n’a pas varié depuis près de quinze ans et en raison de l’augmentation constante de nos frais d’exploitation : lors d’une assemblée ordinaire du C.A. tenue le 17 décembre 2009, M. Jean-Marc Garant, trésorier, a proposé d’augmenter, à partir de l’année 2011, le coût de la cotisation annuelle à 30 $ pour un abonnement individuel et à 50 $ pour un abonnement familial s’adressant à deux adultes et aux enfants mineurs habitant à la même adresse. La proposition a été adoptée à l’unanimité. Cette proposition fut par la suite soumise à l’approbation de l’assemblée générale du 16 mars 2010 et entérinée de façon unanime.
Vente annuelle de livres usagés
Chers membres, La vente de livres 2010 s’annonce un événement exceptionnel pour tous les bouquineurs ! En tant que membres, vous recevez aujourd’hui votre invitation à la prévente qui aura lieu le 28 mai. Ouvrez vite l’invitation et signifiez rapidement votre participation à cette rencontre ! Ainsi, vous aiderez les membres du comité dans l’organisation de cette prévente. Vous recevez également quelques petites affiches expliquant la vente de livres qui se tiendra du 29 mai au 6 juin. Nous vous demandons de les distribuer à vos parents et amis. Plus il y aura de publicité, plus cette activité de financement sera un succès ! Merci et au plaisir de vous recevoir le 28 mai.
Hélène Létourneau,
directrice du comité de la vente de livres.
- Au jour le jour, avril 2010
Notre prochaine conférence: L’évolution de l’activité commerciale et industrielle à La Prairie
Longtemps située au carrefour des grandes voies de communication, l’activité commerciale et industrielle à La Prairie a connu au fil des ans de multiples transformations. Soumis aux caprices de la mode ou du climat, affectés par les fléaux que sont les incendies et les inondations, ou encore perturbés par la déviation des routes ou l’apparition de nouveaux moyens de transport, les gens d’affaire de La Prairie ont toujours su s’adapter aux changements. Il en résulte une histoire savoureuse truffée d’imprévus et de rebondissements.
- Au jour le jour, avril 2010
René Jolicoeur quitte la présidence
Bonjour chers membres. Après sept années extraordinaires à la présidence de la SHLM, j’ai décidé de passer le flambeau afin de me consacrer à d’autres activités mais tout en restant impliqué au sein de notre organisme.
Tout d’abord, je tiens à remercier ceux qui ont cru en moi ainsi que tous les membres des différents conseils d’administration qui m’ont constamment appuyé.
J’aimerais faire un petit recul et vous énumérer les grandes lignes du cheminement de notre Société d’histoire.
En 2003, préparation d’un plan d’action pour se donner des outils et des objectifs à atteindre, réaménagement du local de généalogie et de la salle d’ordinateurs, participation à une levée de fonds (plaques commémoratives) avec la Fondation Histoire et Patrimoine de La Prairie et fondation du club de généalogie.
En 2004, formation d’un comité pour notre site web, remplacement partiel de notre parc informatique, calendrier de conservation de nos archives avec Archi-Log, le pow-wow de deux jours avec la collaboration de l’école de la Magdeleine et la participation des conférenciers et danseurs de Kanawake à l’occasion du 400e anniversaire de l’arrivée de Champlain, le premier déjeuner du président pour les bénévoles et l’achèvement de la numérisation du Fonds des Jésuites. À cela s’ajoutèrent de nombreuses publications.
En 2005, la participation de la SHLM au bien cuit de M. Guy Dupré, notre nomination au grand prix d’entrepreneuriat de la MRC de Roussillon et notre activité « Marcher dans l’ombre du passé » avec nos guides étudiants.
En 2006, acquisition de nombreux répertoires et CD en généalogie, notre vente de livres usagés et, à la demande des membres, la préparation d’un code d’éthique, notre premier souper qui remplaçait le traditionnel brunch annuel au cours duquel la SHLM rendait un hommage à M. Guy Dupré. À l’automne de la même année nous recevions le congrès annuel de l’APMAQ (Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec).
En 2007, le renouvellement complet de notre parc informatique, le 35e anniversaire de la SHLM souligné de façon mémorable en présence de plusieurs anciens présidents, acquisition de fonds d’archives et installation de plaques commémoratives sur des bâtiments de l’arrondissement.
En 2008, la publication en couleur du Au jour le jour, notre premier souper bénéfice, vente de livres usagés, Gala Méritas à l’école de la Magdeleine et participation aux journées de la culture.
En 2009, réorganisation et implication des responsables des différents comités : informatique, généalogie, archives, bibliothèque, publications et conférences. Le lancement du livre 1691 La Bataille de La Prairie a connu un immense succès. Enfin la mise à jour de nos règlements généraux allait permettre de redonner à l’assemblée générale des membres tous les pouvoirs qui lui incombent.
Et pour 2010, nous prévoyons publier les répertoires des baptêmes, mariages et sépultures de la Nativité de La Prairie, réaliser la seconde phase de numérisation et de description des photos d’architecture de l’arrondissement historique et présenter au public une exposition sur les tramways de Montréal dans la première moitié du 20e siècle.
Bien entendu, il y a des choses qui se répètent annuellement tels que le plan d’action, notre participation à la fête de la Saint-Jean, notre vente de livres usagés, nos visites guidées, notre participation au Gala Méritas, les journées de la culture et bien d’autres.
Tout ceci s’est réalisé grâce à la très grande participation de nos bénévoles et au financement de la ville de La Prairie, de Desjardins Caisse La Prairie, de la Fondation Guy Dupré ainsi que de tous nos commanditaires, ce qui a permis d’étendre la visibilité de notre organisme en Montérégie.
Encore une fois, merci à vous tous.
- Au jour le jour, avril 2010
Gardien de barrière
Quand mes grands-parents Desrosiers sont arrivés de la côte Sainte-Catherine pour s’installer près du village de La Prairie leur famille comptait cinq enfants. On était au début de l’été. Le plus jeune des enfants était un bébé et les autres avaient de deux à sept ans.
Grand-père avait déjà une bonne expérience comme cultivateur, mais il n’avait pas les moyens d’acquérir une terre. Il en loue une, dite terre des syndics. Ces derniers sont les administrateurs des affaires de la commune de La Prairie. La terre longe la limite sud-ouest de la commune dont elle fait partie. D’une largeur de deux arpents, elle s’étend du fleuve, sur 25 arpents, jusqu’au rang San José. Elle est pourvue d’une grange et à son extrémité ouest, sur une partie située entre le Chemin du bord de l’eau et le fleuve, d’une modeste habitation réservée au gardien de la barrière.
Comme son nom le dit, la commune est à l’usage de la communauté des censitaires d’une seigneurie (les Jésuites) qui, sous certaines conditions, sont autorisés à y récolter du bois et à y faire paître les animaux. Les parties en prairie de la commune où le pâturage est possible sont clôturées pour éviter que les animaux n’aillent errer et se perdre aux alentours. Non loin de la maison du gardien, une barrière permet de livrer passage aux vaches lorsque leurs propriétaires les mènent au pré et les ramènent chez eux pour la traite. Cette entrée accommode surtout les premiers cultivateurs dont les terres débutent près de la limite de la commune. Ceux qui ont des taures les laissent s’y nourrir du printemps à l’automne.
En aménageant dans la modeste demeure du gardien la famille devient connue comme Les Desrosiers de la barrière. Dans son rôle de gardien grand-père veille à ce que la barrière soit en bon état et qu’elle soit bien fermée lorsqu’il le faut. Il a aussi l’obligation d’approvisionner en eau les abreuvoirs où les bêtes viennent se désaltérer, près de la barrière. Aussi souvent que cela est nécessaire, il remplit un gros tonneau d’eau puisée dans le fleuve et que son cheval tire sur un stone bob, un traîneau utilisé lors de l’épierrage d’un champ.
Elysée Choquet résume bien l’avantage du système des gardiens de barrière. Conçu pour éviter d’onéreux débours il doit être avantageux tant pour l’administration des syndics que pour le gardien de barrière pour être durable.
À son avantage, le gardien se voit accorder par bail le droit de cultiver à son profit une certaine partie de terre de la commune aux conditions ordinaires de 1 $ l’arpent (en 1903). Il a une maison à sa disposition, grand-père l’améliorera passablement, à ses frais, pendant son séjour. En contrepartie, il devra, la première année de son bail, défricher la terre de ses aulnaies, arbustes et buissons. L’année précédant la fin de son bail, après l’avoir cultivé à son gré, il s’oblige à semer l’étendue cultivée en mil et en trèfle. Il laissera ainsi un beau pré de grasses pâtures aux usagers de la commune.
Si le gardien cultive la terre assez longtemps et travaille bien il y trouve aussi son compte. Sans avoir à s’endetter et pour un loyer modeste, il peut en tirer de bons revenus tout en bénéficiant d’un logis.
À l’automne de 1922, dix-neuf ans après la signature de son premier bail et après trois reconductions, Arthur Desrosiers s’engage pour un dernier terme de cinq ans. Le 11 octobre 1922, le cahier des délibérations des syndics fait état de ce que suit : 50 arp, Boulevard Salaberry, à Arthur Desrosiers: 5 ans, $2 l’arpent, donc $100 année – Semé 3 ans, 2 ans en prairie après mil et trèfle: broussailles et cloture aux frais du loca.
Au cours de son séjour sur la terre des syndics, la famille Desrosiers s’est consacrée à la culture maraîchère. On produisait de la tomate en grande quantité. Par contrat, la plus grande partie était livrée au village à la conserverie De Gruchy. On écoulait aussi au marché Bonsecours, où on se rendait en voiture, des cargaisons de boites de tomates, de poches de patates, d’oignons et de haricots jaunes.
En bonne partie pour l’usage de la famille, on cultivait aussi du maïs, des pois, de l’ail, des navets, carottes, betteraves, choux… Les légumes qui pouvaient se conserver étaient entreposés dans la cave de la maison. Grand-mère apprêtait aussi certains légumes pour la conservation : betteraves dans le vinaigre, cornichons salés, ketchup et autres.
Six ou sept vaches permettaient de répondre amplement aux besoins de la famille en lait, crème et beurre. Le beurre non requis pour la consommation familiale était vendu au village au magasin Rother de la rue Saint-Louis. Un poulailler comptait une quarantaine de volailles dont quelques pintades et une oie destinée au plat de résistance du jour de l’An. On engraissait aussi quelques cochons dont on fumait les cuisses et les épaules.
En somme, on vivait plutôt bien sur la terre des syndics, à peu de distance du village avec son église, ses écoles, ses magasins bien garnis, quelques parents et amis et même, au cours des années vingt, durant la saison estivale son cinéma en plein air dans la cour de Paul Hébert sur la rue Saint-Ignace.
En 1927, vingt-quatre ans après qu’on se soit rapproché du village, on vint y vivre. Animaux, équipement agricole et tout ce qui serait désormais inutile furent vendus à l’encan. Comme pour plusieurs cultivateurs qui avaient trimé dur dans la force de l’âge le temps était venu de s’adonner à des tâches physiquement moins exigeantes tout en pouvant se permettre une vie sociale enrichie.
Références
Choquet, Elysée, Les communes de La Prairie, Imprimerie du Sacré-Coeur, 1935
- Au jour le jour, avril 2010
Mot du nouveau président
Suite à l’assemblée générale annuelle du 16 mars dernier, je suis devenu le nouveau président de la SHLM. Compte tenu du travail accompli et des défis qui s’annoncent, je considère cette nomination à la fois comme une marque de confiance et comme une importante responsabilité. Nous serons jugés sur nos résultats et sur notre habileté à nous entourer de bénévoles dévoués et compétents. En cours de mandat je pourrai heureusement compter sur l’appui et les conseils d’une solide équipe :
Robert Mailhot, premier vice-président et responsable du réseau informatique.
René Jolicoeur, second vice-président, qui saura nous faire profiter de son expérience.
Stéphane Tremblay, secrétaire et coresponsable du Club de généalogie.
Marie-Hélène Bourdeau, trésorière et responsable de l’animation auprès des enfants.
Enfin, je salue le grand dévouement des responsables des divers dossiers, les nombreux bénévoles, nos partenaires et tous nos membres qui, fidèles année après année, nous accordent leur appui sans réserve.
- Au jour le jour, mars 2010
À propos du bulletin
Éditeur
Société d’histoire de
La Prairie-de-la-Magdeleine
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
COLLABORATEURS :
Coordination
Gaétan Bourdages
Rédaction
Gaétan Bourdages
Geneviève Dumouchel
Jean-Marc Garant
Jean Joly
Hélène Létourneau
Jean L’Heureux
Révision
Jean-Pierre Yelle
Design graphique
François-B. Tremblay
www.bonmelon.com
Impression
SHLM
Siège social
249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Téléphone
450-659-1393
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www.laprairie-shlm.com
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La Caisse populaire de La Prairie commandite l’impression du bulletin Au jour le jour.