- Au jour le jour, janvier 1987
Communiqué
Généalogie
La Société Historique de La Prairie de la Magdeleine reprend ses activités. Notre local situé au 249, rue Sainte-Marie, La Prairie sera ouvert tous les mardis de 9h à 15h et de 19h30 à 22h. Des personnes spécialisées dans les recherches généalogiques sont prêtes à vous guider bénévolement à retracer vos ancêtres et à vous constituer ainsi un arbre généalogique.
Exposition
Tous les dimanches, de 13h30 à 17h, l'exposition des vestiges archéologiques et celle des photos des maisons anciennes ou rénovées se continue, et vous êtes invités cordialement à vous retremper dans votre histoire familiale et régionale.
Paléographie
La SHLM donne un cours de lecture d'anciens documents (Paléographie) du février au 9 mars 1987 inclusivement, de 19h à 22h, tous les lundis. Le professeur Jean-Michel Rouan s'attardera surtout à déchiffrer les documents manuscrits du 17e s. et du 18e s. Les six (6) cours comprendront la théorie et la pratique. Pour plus amples renseignements concernant, entre autres, le prix de ces et l'inscription, veuillez téléphoner à 659-1393 ou à 659-0354.
En dehors des heures ci-haut mentionnées, nous nous ferons un plaisir d’ouvrir le local sur demande.
- Au jour le jour, janvier 1986
Membres actifs
Asselin Neil
Audren Jeannine
Babeu Monique
Barbeau André
Barbeau René
Beauvais Guy
Boismenu Albert, F.I.C.
Boudreault Yvette
Bourdages Gaétan
Boyer Georges
Boyer-Godin Denise
Brault Pierrre
Brisson Henriette
Brosseau Rolan
Chouinard-Bouthillier Léon
Cuillerrier Réal
Côté Jean-René
Côté Suzanne
Des Noyers Rolland
Domingue Jean-Paul
Doré-Désy Héléna
Doucet Édouard
Dugrenier-Murray Yolande
Dubuc-Favreau Berthe
Dulude Monique
Dupré Guy
Déziel Julien O.F.M.
École Notre-Dame
Favreau Paul
Fontaine Albert
Fontaine Patricia
Fontaine-Santerre Lise
Gareau G.-Robert, ptre
Gatien Denise
Gauthier Michel
Gauthier Rosario
Girard Thérèse
Handfield Claire
Houde Claudette
Hrychiw Paulette
Juteau Jeanne-D’arc
Juteau Roland
L’heureux Jean
L.-Labelle Colette
La Berge-Gélinas Réjane
Lacroix Yvon
Lamarche Marcel
Lamarre Aimé
Lamarre Georges-Hector
Lamarre Rosario A.
Laprotte Jean F.I.C.
Larose-Melançon Jacqueline
Lazure Laurent G.
Le Chasseur-Brosseay Colombe
Le François Lucien G.
Leclerc-Fredette Laurette
Legault Bernard
Lessard Rodolphe
Lussier Gilles
Lussier Jeannine S.
Létourneau Michel
Lévesque Cécile
Mailhot Robert
Martin Aurore
Mayer-Cadieux Pierrette
Mcgee Jeannette
Monchamp Jacques
Monette Conrad
Monette Germaine
Monette Raymond
Moquin Alphonse
Moquin Françoise
Moquin Jacqueline
Oligny Marcel
Ouellet-Surprenant Lucille
Patenaude J.-Z. Léon
Perron René, ptre-curé
Poupart J. Ernest
Péladeau Gérard
Péladeau Léopold
Racine Paul
Raymond Gilles
Robert Réal
Robert Viateur
Rouan Jean-Michel
Rouillier Diane
Rouillier Léo
Roy-Mailhot Denise
Sawyer Jules
Sénécal Yves
Soc. D’histoire Mouillepied
Spénard Maurice
St-James Gilbert
Ste-Marie Alice
Ste-Marie Richard
Surprenant Alexis
Surprenant Martine
Surprenant-Laplante Marie-Jeanne
Taillon André
Tessier Jean-Guy
Trudeau Yvon
Van Leynseele Claire
- Au jour le jour, janvier 1986
Index des numéros précédents
LE BASTION VOL. 1 NO. 1, Janvier 1982, 16 pages
1,50$
Michel Létourneau : Architecture maison Lavallée-Pommainville.
Robert Mailhot et André Taillon : Le Royal-Roussillon.
Viateur Robert : Généalogie.
Gaétan Bourdages : Nos églises…
LE BASTION VOL. 1 NO. 2, Juillet 1982, 20 pages
1,50$
Michel Létourneau : Architecture maison Cuillerrier.
Gaétan Bourdages : Deux compagnies du Royal-Roussillon.
Gaétan Bourdages : Nos églises… (suite et fin).
Gaétan Bourdages : D’art en or (sur l’orfèvrerie à l’église de LaPrairie).
LE BASTION VOL. 1 NO. 3, Novembre 1982, 20 pages
1,50$
Jules Sawyer : Hommage au docteur André Barbeau.
Michel Létourneau : Architecture de la maison Lussier.
René Perron : Marguerite Bourgeoys.
Gaétan Bourdages : Trois compagnies du Royal-Roussillon.
Michel Létourneau et Gaétan Bourdages : Le zonage dans le vieux LaPrairie.
Gaétan Bourdages : La commune de LaPrairie.
LE BASTION VOL. 1 NO. 4, Février 1983, 28 pages
2,00$
Gaétan Bourdages : La culture : un service essentiel.
André Taillon : le Prix Thomas-Auguste Brisson.
Michel Létourneau : Histoire de l’Académie St-Joseph.
Gaétan Bourdages : le 10e anniversaire de la Société historique.
Gaétan Bourdages : Trois compagnies du Royal-Roussillon.
Gaétan Bourdages : Le dernier forgeron à LaPrairie.
André Taillon : Connais-tu LaPrairie?
Patricia McGee-Fontaine : Histoire du Fonds Élisée-Choquet.
Aussi : Outils généalogiques.
LE BASTION VOL. 2 NO. 1, juin 1983, 24 pages
2,00$
Jules Sawyer : Edme Henry.
Gaétan Bourdages: Quatre compagnies du Royal-Roussillon.
Patricia McGee-Fontaine : Histoire du Fonds Élisée-Choquet (suite).
Gaétan Bourdages : Outils généalogiques.
Michel Létourneau : Architecture de la “maison fortifiée”.
LE BASTION VOL. 2 NO. 2, décembre 1983, 36 pages
2,50$
Patricia McGee-Fontaine : Histoire du Fonds Élisée-Choquet (fin).
Anonyme : Un bedeau à LaPrairie il y a 150 ans ça travaillait fort.
Emmanuel Desrosiers : La punition de Dieu (légende sur L’île au Diable).
Michel Létourneau : Le moulin à vent de LaPrairie.
Gaétan Bourdages : L’île du Seigneur (toponymie).
LE BASTION VOL. 2 NO. 3, décembre 1984, 34 pages
2,50$
Gaétan Bourdages : le Canal de la Rive-sud et le Ruisseau de la Bataille (toponymie).
Michel Létourneau : Architecture de la maison Patenaude.
La Minerve : Le grand feu de Laprairie. (1846)
Emmanuel Desrosiers : Revenants (récit).
Ildège Brosseau : Dernière tranche de l’histoire des Communes de LaPrairie.
Relevé effectué par Gaétan Bourdages (directeur du BASTION) le 20 janvier 1986.
- Au jour le jour, janvier 1986
Le chemin des sauvages
Il y a près de quatre siècle lorsque nos ancêtres colonisèrent ce coin de pays il était tout naturel que les fleuves et les rivières devinssent les principales voies de communication. Non seulement s’installa-t-on d’abord en bordure de cours d’eau, et ce pour des raisons pratiques fort compréhensibles, mais le Saint-Laurent et ses affluents accélérèrent grandement la pénétration du continent et le développement des échanges commerciaux avec les peuples autochtones.
Comme les premières agglomérations essaimèrent bientôt entre Québec et Montréal l’on dut bientôt songer à une route moins capricieuse et plus sûr que le fleuve. Ainsi le 13 mai 1665 le Conseil supérieur régla alors que “toutes les personnes qui avaient ou qui auraient des clôtures à faire sur le bord du fleuve devaient les mettre en sorte qu’il restât deux perches libres au-dessus des plus hautes marées pour la liberté tant du passage des charrettes et des bestiaux que de la navigation”. Ce chemin de deux perches de largeur, soit trente-six pieds français, fut le premier chemin du Roi de la colonie.
Nous ignorons depuis quand un chemin “semblable” existait sur la rive-sud entre Saint-Lambert et Laprairie. Nous savons par contre qu’envahie par les glaces en hiver, inondée à l’automne et au printemps et labourée par le passage des hommes et des bêtes; cette voie de terre dut souvent être impraticable. Ne l’avait-on pas baptisée avec mépris “le chemin des sauvages” ? Nul doute aussi que les amérindiens avaient dû emprunter ce passage longtemps avant la venue des Européens. De plus on devait y entretenir de nombreux ponts afin de franchir la rivière Saint-Jacques et une bonne douzaine de petits ruisseaux; sans compter cette partie basse appelée le “mouille-pied”.
Bien sûr la route était fort ancienne car les Surprenant, Moquin, Boyer, Racine et autres cultivateurs avaient pris soin depuis longtemps d’y ériger leurs demeures en bordure avec façade sur le fleuve. Et lorsqu’en 1912 on résolut, après trois ans d’hésitation, d’excommunier cette voie antique pour construire un boulevard convenable loin de la grève et de ses inconvénients, tous ces gens durent accepter que le “Chemin de la Côte Saint-Lambert” coupât maintenant leurs terres. Et qui plus est, soudain on verrait à quelque distance de la nouvelle route, non plus les jolies devantures, mais bien l’arrière des habitations. Quelques-unes de ces maisons (e.g. celle de M. Surprenant près du boulevard De Rome) témoignent encore, tristes reliques près du cher fleuve, du tracé du vieux “chemin des sauvages”.
Bref, chacun donnant gratuitement une largeur de cent pieds sur sa terre pour le passage du chemin nouveau, ce ralliement permit de mener à terme le projet. En plus d’ouvrir aux cultivateurs les marchés les plus avantageux, la nouvelle voie permettrait, aux dires de ses promoteurs, d’augmenter la valeur foncière et d’atteindre “un haut degré de développement social et industriel”. Ainsi jusqu’à la construction de la voie maritime (1959) et de l’autoroute actuelle, la route Édouard VII, depuis le pont Victoria, relia Saint-Lambert à Préville, la Côte Saint-Lambert (aujourd’hui Brossard), Laprairie, Saint-Philippe, Saint-Jacques le Mineur et Napierville.

Recherche : Héléna Doré-Désy
Texte : Gaétan Bourdages
- Au jour le jour, janvier 1986
Rencontre du 26 octobre 1985
Une réunion pas comme les autres s’il en fut une. L’assemblée tenait autant des retrouvailles que d’un colloque tant l’atmosphère était à l’enthousiasme. Dans une chaude poignée de main on s’inquiétait de la santé de chacun tout en s’enquérant de la croissance du dernier projet. Point n’est besoin, lors de pareils échanges, de s’inquiéter de la vitalité du groupe.
Notre présidente sut dès le départ cadrer ce mini-colloque dans une atmosphère empreinte de simplicité et de complicité. D’entrée de jeu M. Édouard Doucet, le conférencier invité, entretint le groupe sur l’un des buts premiers des sociétés d’histoire, à savoir : la recherche historique et la diffusion des résultats. Ce fut là l’occasion pour tous d’apprécier chez notre invité ses dons de pédagogue et son ardeur à défendre l’histoire. Il a su démontrer sa capacité d’interroger avec perspicacité les documents historiques et de les interpréter avec justesse.
Suivit Mme Berthe Favreau. Toujours alerte et fort active elle dressa, dans un style bien personnel, un tableau détaillé des récentes, activités des Aînés; de quoi faire rougir de honte les plus jeunes. Plus tard M. Viateur Robert fit le bilan des réalisations du groupe de généalogie et laissa transpirer un peu de secret des projets à venir.
L’audace était également au menu du jour puisque Mme Claire Handfield avoua à tous son intention de mener à terme l’imposante tâche de structurer un mode de gestion et de consultation de l’ensemble de nos archives et de notre documentation. L’enjeu est de taille et l’équipe fort réduite, mais l’acharnement donne souvent des résultats surprenants. N’avions-nous pas d’ailleurs déjà été agréablement surpris par les productions cartographiques de M. Jean-Michel Rouan ? Et beaucoup reste à venir de ce côté semble-t-il!
Les guides bénévoles bénéficièrent de l’intervention de Mme Thérèse Girard. Elle sut habilement mettre en évidence l’extraordinaire évolution du groupe et la disponibilité des Aînés, toujours prêts à dépanner sans préavis.
Plus tard, après une courte pause qui permit au groupe de reprendre son souffle, M. Michel Létourneau servit tout chaud le plat principal. Avec force dessins et explications pertinentes chacun put enfin s’y retrouver dans l’impressionnant et savant dossier des fouilles archéologiques.
Puis c’est en philosophie que le grand argentier lança : “l’argent c’est comme l’oxygène, on commence à en parler lorsqu’on en manque. N’en doutez pas, la preuve est établie, nos argents sont administrés par des mains expertes.
Enfin avant de clore les débats de la journée, j’eus droit à quelques mots sur une éventuelle activité de financement intégrée à un souper-conférence qui devrait avoir lieu quelque part au début du printemps.
Bref une journée lourde de travail mais combien stimulante pour tous les participants. À l’an prochain, peut-être?
- Au jour le jour, janvier 1986
Un mot de la présidente – Du pain sur la planche…
En poste depuis déjà six mois et comme je trouve qu’il y a beaucoup à faire. Je comprends mes prédécesseurs… La Société d’histoire est captivante jour et nuit et malgré les efforts déployés je réalise qu’il reste énormément à faire.
Pourtant, depuis qu’il y a eu “Défi 85”, un projet d’emplois-étudiants. Le groupe de trois employés a fait du bon boulot : une étudiante en arts graphiques a réalisé deux expositions durant l’été, alors que sa compagne, étudiante en tourisme, recevait les groupes de visiteurs. Enfin un adjoint aux archives a aidé à la “finalisation” du projet cartographie “Jos Riel” (index dactylographié de la carte de 1861). Somme toute ce travail efficace fut un apport marquant pour la Société.
Plus tard les Aînés ont fait photocopier les sept microfilms du “Fonds des Biens des Jésuites“ : plus de 12 000 documents en rouleaux, à numéroter, à découper et à classifier. À l’œuvre dès la réception des documents, le Comité des Archives s’est attaqué depuis à la patiente lecture de ces textes et découvre ce faisant des pages, jusque là inconnues, de la passionnante histoire des habitants de chez-nous.
Pour répondre à la demande créée par la diffusion du dépliant intitulé “Train des retrouvailles”, 5 000 actes notariés issus du fonds des Jésuites et couvrant la période 1820-1840 devront être scrutés, répertoriés et indexés. Travail passionnant mais combien essoufflant quand on songe que cette partie du travail doit être terminée avant juin 1986. Il y a donc du pain sur la planche et les collaborateurs éventuels sont les bienvenus.
Il y a eu également des fouilles archéologiques. Le sous-sol des lots 99 et 85 (coin St-Ignace et St-Jean) a été exploré et de nouveaux artéfacts recueillis par les spécialistes d’“Archéos” viendront compléter les découvertes d’”EthnoScop” les précédents archéologues.
Qu’on n’oublie pas au passage le Comité de généalogie, toujours fidèle au poste, qui reçoit les chercheurs tous les mardis soirs. Des cours d’initiation sont offerts aux débutants de tous âges et on y accueille avec enthousiasme de nombreux visiteurs.
Il ne faudrait pas passer sous silence la “journée d’amitié” du 26 octobre où les amis de l’histoire ont pris un contact particulier avec nos activités et ont manifesté leur désir de s’impliquer davantage dans la réalisation des projets de 1986.
En ce qui concerne l’organisation des fêtes du 150e anniversaire du premier train canadien, l’exécutif de la S.H.L.M. s’est joint à l’automne dernier aux élus municipaux de La Prairie ainsi qu’aux représentants de quelques groupements sociaux pour répondre à l’invitation de la compagnie Via Rail. Tous transportés dans de luxueux wagons de Brosseau (Brossard) à la gare de Saint-Jean, avec en tête de ligne l’impressionnante LRC. Le voyage et la cérémonie qui s’ensuivit devaient commémorer la pose du dernier crampon du chemin de fer de 1836. Nous étions du coup tous conquis et prêts…pour de belles fêtes à La Prairie en 1986.
Récemment, monsieur Denis Lamarche, maire de La Prairie, et les conseillers municipaux ont confié à M. André Taillon, ancien président de notre Société, le mandat de coordonner l’organisation des “Fêtes du 150e anniversaire du premier train canadien”. Nous ne pouvons que les féliciter de ce choix et assurer M. Taillon de notre étroite collaboration lors de la préparation de ces fêtes. L’année 1986 s’annonce donc riche en projets de toutes sortes : souper bénéfice, conférences, publications, expositions, centenaire de l’arrivée des Frères de l’Instruction chrétienne et fêtes du 150e anniversaire du premier train canadien. Vous comprendrez que l’implication de tous et chacun d’entre nous est indispensable à la réalisation d’objectifs aussi intimement liés à la mise en valeur de notre patrimoine local.
- Au jour le jour, janvier 1986
Frères de l’instruction chrétienne: 100 ans au Québec
L’année 1986 marquera pour les Frères de l’Instruction chrétienne le centenaire de leur établissement au Québec. C’est en effet le vendredi 21 mai 1886 qu’arrivait à Montréal, chez les Jésuites du collège Sainte-Marie, le Frère Ulysse Baron, un solide Breton qui venait de passer dix ans à Saint-Pierre et Miquelon.
Le Frère Ulysse accueillera bientôt cinq autres de ses confrères et, dès le mois de septembre 1886, tous seront au travail : quatre au collège Sainte-Marie et deux à l’école du village de Chambly.
Répondant à l’appel des évêques de la métropole et suivant l’exemple des Frères des Écoles chrétiennes (1837), les Frères enseignants avaient déjà commencé à s’implanter au Québec : Saint-Viateur (1847), Sainte-Croix (1847), Sacré-Cœur (1872, Maristes (1885).
Les Frères de l’Instruction chrétienne, pour leur part, furent fondés en France, en 1819, au lendemain de la Révolution française par Gabriel Deshayes et Jean de la Mennais. Avec les années, ils couvrirent peu à peu les cinq départements bretons et s’empressèrent de donner suite aux appels de service dans les colonies françaises : Guadeloupe (1838), Martinique (1839), Sénégal (1841), Saint-Pierre et Miquelon (1842), Guyane (1843) et Tahiti (1860). Puis, viendront Haïti en 1864 et le Québec en 1886.
Au nombre de six à leur arrivée en 1886, les Frères seront soixante-quinze, dix ans après, répartis en seize écoles. Et quand viendra en 1903 la suppression des congrégations religieuses en France, plus de cent FIC demanderont l’hospitalité au Québec en retour d’une contribution quotidienne et généreuse à l’instruction et à l’éducation chrétienne des enfants du peuple. Et pour bon nombre d’entre eux, cela durera vingt, quarante et même soixante ans et plus.
S’ils tiennent à diriger les écoles publiques qu’on leur confie parce qu’ils croient à l’éducation chrétienne et à des principes pédagogiques qui ont fait leurs preuves, ils collaborent volontiers à des œuvres déjà mises sur pied au Manitoba, en Ontario, aux États-Unis. Au Québec, ils prêteront longtemps leurs services dans les collèges des Jésuites (Sainte-Marie, Loyola, Brébeuf), au collège de Saint-Jean et à celui de Mont-Laurier. Et quand arrivera l’année du Jubilé en 1936, on retrouvera les Frères aussi bien dans les régions de Montréal, de Québec et de la Mauricie que dans celles de l’Estrie et d’Ottawa-Hull. En tout, 700 Frères répartis en 60 établissements.
Leurs traditions pédagogiques, ce sont celles que leur ont transmises les Frères venus d’Europe (262 entre 1886 et 1922); ce sont aussi celles qu’ils ont eux-mêmes mises par écrit et offertes à leurs jeunes confrères qui arrivaient des scolasticats de LaPrairie, de Pointe-du-Lac ou d’Alfred. Celles qu’ils ont également présentées à leurs collègues de l’enseignement primaire et secondaire du Québec. Les plus âgés de nos lecteurs auront vu ou utilisé l’un ou l’autre des volumes suivants : Méthode de lecture, Cours de langue française, Lectures littéraires, Éléments de Géométrie, Éléments d’Algèbre, Notions de Trigonométrie, Éléments de Philosophie, Histoire Sainte, Recueil de Cantiques, Mots usuels, etc.
Les œuvres les plus célèbres d’avant-guerre furent sans aucun doute La Classe en Anglais, série de cinq volumes constituant un cours complet de langue anglaise et le fameux Cours de langue française, communément baptisé la grammaire du frère Louis-Arsène ou plus familièrement La Brique.
Peut-on passer sous silence L’Abeille périodique fondé en 1925 et qui fit les délices de milliers de jeunes pendant plus d’un quart de siècle?
L’après-guerre et les décennies suivantes amènent des changements de programmes, de méthodes, de manuels. Les FIC demeureront dans l’édition et offriront aux professeurs la revue L’ÉCOLE qui rejoindra chaque mois quelque 33 000 d’entre eux. Quant à L’Étudiant destiné aux élèves du primaire et du secondaire, il atteindra 210 000 jeunes à chaque parution. Le domaine des productions scolaires sera sans cesse bien fourni en français, histoire nationale, connaissances usuelles et mathématiques. La collection Mathématiques nouvelles a couvert le Québec pendant vingt ans et elle est encore en demande pendant qu’une autre collection D’un infini à l’autre prend la relève.
La Bonne Chanson, idée originale de l’abbé C.-E. Gadbois, poursuit toujours l’œuvre de son fondateur grâce aux Entreprises culturelles, maison d’édition qui publie les œuvres des frères et de leurs collaborateurs.
Et que dire de l’aide apportée aux pays du Tiers-Monde? Il y a des FIC québécois en Haïti depuis 1903. Ils furent jadis en Égypte et ils maintiennent leur présence en Uganda (1926), au Kenya (1931), en Tanzanie (1946) et au Japon (1951). Depuis 1968, ils sont également en poste au Burundi, au Rwanda et au Zaïre.
Et aujourd’hui ?
Aujourd’hui, les descendants spirituels de ces vaillants Bretons sont encore 500 répartis au Québec, au Nouveau-Brunswick et aux États-Unis. Beaucoup sont à leur retraite; d’autres oeuvrent dans des organismes diocésains ou paroissiaux comme responsables ou bénévoles.
On les retrouve aussi dans l’enseignement à Dolbeau, Saint-Romuald, Pointe-du-Lac, Cap-Rouge, Philipsburg, Oka, La Prairie, Plattsburg (NY) et Canton (OH) où ils dirigent externats et pensionnats, certains d’entre eux à orientation vocationnelle.
Et, dans l’enseignement public, les Frères travaillent dans plus de deux douzaines d’établissements au collégial, au secondaire, au primaire ou dans les services administratifs des commissions scolaires.
Leur joie, c’est d’avoir été utile à la société et de constater que là où leurs collègues plus jeunes oeuvrent encore, ils peuvent rendre maints services dans le monde si complexe de l’enseignement.
Et le centenaire :
Les Frères de l’Instruction chrétienne d’Amérique du Nord tiennent à célébrer ce premier centenaire de l’arrivée du Frère Ulysse Baron et de ses cinq compagnons d’armes.
Ils ont aussi à cœur de souligner l’apport important des 255 autres Frères français qui sont venus, entre 1886 et 1922, mettre leur savoir-faire, leur ténacité et leur désintéressement au service de la jeunesse du nouveau continent.
Leur premier geste en fut un de reconnaissance et ils le posèrent le samedi 19 octobre dernier, à la Maison mère de La Prairie, alors que le Frère Roch Bourbonnais, provincial de La Prairie, accueillit une délégation internationale composée du conseil général et des provinciaux de toutes les parties de la Congrégation, c’est-à-dire des cinq continents.
Ce fut aussi l’occasion de dire toute leur admiration et leur fierté pour cette race de bâtisseurs dont les noms et les actions sont synonymes d’un valeureux passé. Et au cas où la mémoire viendrait à faillir, une plaque de bronze inaugurée par le Frère Bernard Gaudeul, supérieur général, rappellera aux générations présentes et futures les réalisations de leurs prédécesseurs.
- Au jour le jour, janvier 1986
Le fonds des Jésuites
Il y a déjà 8 ans monsieur Jacques Denault, de la Société canadienne du Microfilm, informait Mme Patricia McGee-Fontaine, notre actuelle présidente, que les documents des Jésuites relatifs à LaPrairie étaient conservés à Québec depuis 1940 et qu’il était certainement possible de les récupérer.
Dès cette époque madame Fontaine s’Est empressée de faire les demandes nécessaires auprès de M. Jacques Grimard conservateur des Archives nationales à Québec. Ce dernier s’était d’ailleurs déjà intéressé au Fonds Élisée Choquet.
Différentes démarches furent effectuées tant aux Archives nationales à Québec qu’aux bureaux de Montréal. Ce n’est qu’il y a deux ans que nous avons appris que la classification complète du Fonds Élisée Choquet était enfin achevée et que de ce fait le rapatriement des documents seigneuriaux était devenu chose possible.
La Société historique de Laprairie a donc reçu pendant l’été 1984, douze mille documents se rapportant à l’administration de la seigneurie par les Pères Jésuites durant la période s’étendant de 1647 à 1876.
Mais nous n’étions pas pour autant au bout de nos peines puisque ces milliers de documents étaient autant de microfiches qu’on avait jointes pour former sept longs microfilms. Il fallut donc se procurer d’urgence une visionneuse, lire une fois toute la documentation et reproduire les microfilms sur papier afin d’en rendre la classification possible. Le travail fut ardu à cause du très grand nombre de pièces et du petit format (16 mm) des clichés. Qu’à cela ne tienne, la pagination et le découpage sont maintenant en cours de réalisation. Simultanément une classification particulière identifiée par les “costes” et également par la chronologie des évènements s’effectue.
Suite à ces efforts la Société historique a donc pu, dans un premier temps, produite une liste complète des documents contenus dans le fonds des Jésuites. C’est ainsi que nous y retrouvons des actes légaux concernant :
1.les concessions des terres aux premiers colons de la région.
2. les achats de terrains par les Jésuites
3. les cens et rentes
4. les procès-verbaux d’arpentage
5. les déclarations et reconnaissances des censitaires envers les seigneurs Jésuites.
6. le recensement seigneurial
7. les biens administratifs des Jésuites tels que les baux des moulins.
8. les procès administratifs pour rentes non payées.
9. des documents permettant d’identifier les individus ayant occupé des sites précis dans la seigneurie
Dans un proche avenir de nombreux cahiers-index seront rédigés à la fois selon l’ordre alphabétique et selon l’ordre chronologique, et aussi en fonction de certains thèmes. Ces cahiers-index seront ensuite mis à la disposition de tous ceux qui voudront ou qui auront besoin de les consulter puisqu’à partir des informations recueillies chacun arrivera à situer physiquement l’endroit où certains parmi ses ancêtres habitaient à l’intérieur de l’immense seigneurie de Laprairie de la Magdeleine.
Comme chacun de nous peut le constater, il y a une foule de sujets à fouiller et de plus d’une façon, selon le centre d’intérêt de chacun. Si vous en avez le goût et que vous soyez curieux et patient à fouiller, il ne vous reste qu’à communiquer avec notre directrice des Archives; Mme Claire Handfield. Elle se fera un plaisir particulier à vous guider dans les dédales des milliers de documents dont nous avons la garde.
- Au jour le jour, janvier 1986
Les noms des lieux
Fontarabie
Les Pères Jésuites, seigneurs de la Seigneurie de LaPrairie, décident en février 1699 de l’ouverture d’une nouvelle côte : c’est Fontarabie. L’arpentage en est fait par Gédéon de Catalogne.
Il semble bien que ce range doive son nom à Pierre Legros dit Fontarabie, jeune soldat français du fort des Trois-Rivières. Accoutumé à la vie des “sauvages” et fidèle compagnon des Jésuites, Pierre Legros accompagnait souvent ces derniers dans leurs périples chez les amérindiens. Le 10 mai 1652 lui et le Père Jacques Buteux furent surpris, attaqués et tués par les Iroquois. Leurs corps furent par la suite dénudés et jetés à la rivière St-Maurice près de la chute de Shawinigan. Il est loisible de croire que les Jésuites aient décidé de laisser le nom de Fontarabie à une côte de leur seigneurie en souvenir de ce courageux compagnon mort avec l’un des leurs.
D’ailleurs les Ursulines de Trois-Rivières ont aussi donné ce nom à un rang dans la paroisse de Sainte-Ursule dans le comté de Maskinongé.
Rivière Saint-Jacques
Le 7 juin 1611, Champlain part en reconnaissance sur la rivière Saint-Jacques, “par où vont quelquefois les Sauvages à la guerre, qui va se rendre au sault de la rivière des Iroquois (riv. Richelieu)”; il la trouve “fort plaisante, y ayant plus de trois lieues de circuit de prairies et force terres qui se peuvent labourer”. Cependant, sur la carte de la région qu’il dresse à cette époque, Champlain désigne la rivière Saint-Jacques sous l’appellation de “petite rivière”. Deux hypothèses ont été retenues quant à l’origine du nom actuel : la première porte à croire que les Jésuites lui auraient donné le nom de Jacques de la Ferté, abbé de la Madeleine supposé donateur de la seigneurie. Or, il n'est pas du tout certain que Jacques de la Ferté soit le bienfaiteur des Jésuites, du moins en ce qui concerne LaPrairie.
La seconde hypothèse voudrait que ce soit Jacques Frémin s.j. qui ait laissé son nom au cours d’eau. Né à Reims le 12 mars 1628, il entre au noviciat de la Compagnie de Jésus à Paris le 21 novembre 1646 et se trouve à Québec dès 1655. L’année suivante, il est envoyé à Onnontagué et il servira au pays des Iroquois jusqu’à ce qu’il soit obligé en 1680 de se retirer à Québec à cause de nombreuses infirmités. Jacques Frémin est le second curé de la mission Saint-François-Xavier-des-Prés de LaPrairie, du 2 novembre 1671 au 20 juillet 1672. Or la première mention connue du nom de rivière Saint-Jacques apparaît dans un contrat du notaire Tissot en 1672 : est-ce suffisant pour croire en la seconde hypothèse?
Source des informations :
CHEVALIER, Joseph. Laprairie; notes historiques à l’occasion du centenaire de la consécration de l’église. Laprairie, 1941. Page 254.
ROCHEMONTEIX, Camille de. Les Jésuites et la Nouvelle-France. (au XVIIe s.). Letouzy et Ané, Editeurs. Paris, 1895. Tome II p. 406 note 2 et Tome III p. 365 note 5.
Candiac
Le nom de Candiac rappelle le domaine de Candiac où la famille de Montcalm possédait un château. Situé dans le Languedoc, cet endroit est le lieu de naissance du marquis de Montcalm.
La ville de Candiac est née le 31 janvier 1957 sur un domaine de 105 millions de pieds carrés acheté par la Candiac Development Corporation, société québécoise de placements et aménagements immobiliers. L’agglomération pourra recevoir 50 000 habitants et 400 acres seront réservés à l’industrie. Cependant, elle ne commencera vraiment à se développer qu’en 1959 et, en mars 1963, elle ne compte que 2 000 résidents. Aujourd’hui la ville peut s’enorgueillir d’un parc industriel bien garni et sa population dépasse les 8 500 habitants.
N.B. Une partie des informations qui précèdent est tirée de LA PRESSE du 22 novembre 1956.




