- Au jour le jour, mai 2013
Comité de la vente des livres usagés
Apparaissent sur cette photo une partie des bénévoles ayant oeuvré dans le comité de vente des livres usagés. On reconnaît dans l’ordre habituel : Hélène Doth, Jean L’Heureux, Solange Lamarche, Nicole Surprenant, Huguette Langlois, Elizabeth Dorman, Nicole Crépeau, Susana Pitchon, Marie-Josée Machabée, Stéfanie Guérin (debout), Yolaine Durocher (assise) et Louise André.
- Au jour le jour, mai 2013
Laprairie sera une ville
Québec – Par un vote de 18 à 14, le comité des bills privés a adopté, ce matin, le préambule du bill de Laprairie, après une chaude discussion entre les avocats. Laprairie se trouve donc à obtenir devant ce comité, d’être érigée en ville, et de s’annexer 750 acres de la commune, cette bande de terre, près du fleuve, qui appartient aux Jésuites depuis plus de deux cents ans.
Avant de s’approprier la commune pour la diviser en lots à bâtir, Laprairie devra traiter avec les Jésuites et leurs censitaires.
Le conseil de ville actuel continuera de régner jusqu’en février 1910. Le futur conseil sera composé d’un maire et de six échevins, tous élus par le peuple. […]
Extrait du journal La Presse dans son édition du 1er avril 1909.
- Au jour le jour, mai 2013
Notre prochaine conférence: La présence des troupes allemandes au Canada de 1776 à 1783
À l’étage du 249, rue Sainte-Marie
Basée sur l’ouvrage de Virginia Easley-DeMarce, Mme Ritchot a écrit un livre qui identifie les soldats des troupes auxiliaires allemandes qui se sont établis au Canada et au Québec après la Guerre d’indépendance américaine. Le livre est un recueil de données sur ces individus, leurs familles ainsi que leur établissement.
Entrée gratuite pour les membres, 5 $ pour les non-membres.
- Au jour le jour, mai 2013
Souvenirs de guerre
À cause de sa situation géographique, le Canada n’a heureusement pas été directement touché par les deux grandes guerres du 20e siècle. Ici, pas de bombardements ou de villes détruites, encore moins de camps de la mort ou d’occupations militaires. Après la guerre, les Canadiens n’ont pas eu à souffrir les millions de sans-abri ni les années d’errance des apatrides.
Les guerres de 14-18 et de 39-45 ont cependant largement modifié le quotidien des gens d’ici. Presque toutes les familles ont été touchées par l’un ou plusieurs des phénomènes périphériques engendrés par les conflits mondiaux : l’enrôlement volontaire, la conscription, le rationnement, la chasse aux conscrits, les bons de la victoire, les mariages à la hâte, les usines d’armements, l’appel à la main-d’oeuvre féminine, le recyclage, l’absence temporaire ou la perte d’êtres chers etc.
Dans les lignes qui suivent, nous vous proposons de découvrir à travers les souvenirs de Pierrette Marion dans quelle mesure le conflit de 1939-1945 a joué un rôle déterminant dans sa vie ainsi que dans celle de ses proches. Sixième et dernière d’une famille de six enfants dont l’un des garçons n’a vécu qu’une journée, Pierrette, qui jouit encore d’une excellente mémoire malgré son grand âge, n’avait que 13 ans lorsque la guerre a débuté.
Pierrette est la fille d’Antoine Marion et d’Emma Gauthier, mariés à Montréal en 1920. Elle eut trois frères et une soeur : Paul-Antoine, né en 1920, Jean, né en 1922, Antoinette née en 1924, Eugène, né en 1925 et Joseph Édouard Antoine, né en 1923, qui n’a vécu qu’une journée.
Pierrette a vécu son enfance d’une façon bien différente des autres enfants de son époque puisque, à sa naissance, son père était hospitalisé à Sainte-Anne-de-Bellevue depuis trois mois. Enrôlé en 1914 à l’âge de 18 ans, Antoine Marion avait combattu en Europe. Très doué pour l’apprentissage des langues, il fut prêté à l’armée britannique qui l’utilisa comme espion. Après la guerre, le retour à la vie civile s’avéra fort difficile. À cause de ce qu’il avait vu et vécu durant la guerre, Antoine, sans doute victime d’un stress post-traumatique, avait des « absences ». Sa santé mentale se détériora à un point tel que, en août 1927, on a dû l’hospitaliser à Sainte-Anne-de-Bellevue où il est demeuré jusqu’à son décès en 1975.
Son épouse Emma s’est donc retrouvée seule avec ses 5 enfants. Puisqu’elle n’était pas éligible à une pension de veuve, l’hospitalisation de son mari résultant directement de son service durant la guerre, elle demeurait sous la responsabilité de l’armée. Le dossier tardant à se régler à Ottawa, son beau-frère Napoléon ainsi que la Croix-Rouge et l’Armée du Salut durent lui venir en aide.
L’oncle Napoléon qui, comme son frère Antoine avait combattu durant la Première Guerre mondiale, était entraîneur du corps de tambours et clairons dans la paroisse Saint-Bernard dans l’est de Montréal. Son neveu Paul-Antoine y était sergent-major et menait la parade alors qu’Eugène était clairon. À tous les dimanches, après la grand-messe, le corps de tambours et clairons défilait dans les rues de la paroisse et allait jouer le salut devant la maison d’Emma, devant celle de Napoléon et devant la résidence d’un des garçons choisi à chaque semaine. René, un frère d’Antoine et de Napoléon avait aussi servi outre-mer durant la Première Guerre Mondiale et était demeuré dans la réserve par la suite. Bref, c’était une famille dans laquelle le service militaire était à l’honneur.
- Au jour le jour, mai 2013
Un beau succès
Grâce au travail assidu d’une formidable équipe de bénévoles, notre vente de livres usagés a connu encore une fois un immense succès.
Il aura fallu des centaines d’heures de travail pour recevoir, trier, nettoyer, classer, transporter et évaluer plusieurs milliers de livres. Tout cela sans compter la préparation des trois journées et demie de vente : s’assurer d’une publicité efficace, dresser les tables selon un plan établi, étaler les livres par catégories, recevoir et guider les acheteurs, faire les comptes et engranger les profits.
Merci à tous ceux et celles qui ont fait de cette activité une belle réussite, particulièrement à Mme Élizabeth Dorman responsable de la vente, ainsi qu’à ses principales adjointes Mmes Huguette Langlois, Nicole Surprenant, Yolande Girard, Nicole Crépeau et Susana Pitchon. Vous trouverez une photo d’une partie de l’équipe en page 4.
Merci également aux nombreux acheteurs. À tous, nous disons à l’an prochain.
- Au jour le jour, avril 2013
Suicide
Inévitablement, la guerre fait son lot de victimes et ils ne meurent tous pas sur le champ de bataille. Durant la guerre de 1812, plusieurs déserteurs seront fusillés ou pendus dans la commune de La Prairie, près des casernes nouvellement construites. Dans une lettre datée du 8 mai 1813, le curé Boucher cite le cas d’un lieutenant qui s’est suicidé :
« […] Un pauvre Lieutenant des Voltigeurs, à l’heure de la seconde parade s’est tiré dans l’oreille avec un petit pistolet, sur son lit, et il est mort quelques minutes après, sur le rapport des témoins, les jurés ont pu donner pour verdict insanity. […] »
- Au jour le jour, avril 2013
Un milicien durant la guerre de 1812
Dans une lettre adressée à l’évêque de Québec datée du 27 avril 1813, le curé de La Prairie, Jean-Baptiste Boucher, décrit ainsi le costume des miliciens.
« Nos Miliciens ont reçu, un accoutrement nouveau. je les ai sous les yeux, la garde se montant en ce moment – devant la porte de l’Église. ils ont un gilet d’un brun léger (olive), qui par derrière se termine en pointe ; le collet et les bottes sont de drap rouge ; leurs pantalons sont d’un bleu tirant sur le violet ; ils ont un chapeau sans bord qui doit être relevé d’une aigrette rouge et blanche, et qui est en outre orné dune fi gure de corne à poudre ou de cor de chasse. Le Bataillon, comme le Jousslin de Popel a fait encore l’acquisition d’un Bugle dans lequel personne ne sait souffl er. »
N.B. le chapeau sans bord est un shako.
- Au jour le jour, avril 2013
Notre prochaine conférence: Le rôle des sages-femmes
Mme Chevrier dresse un portrait fort bien documenté sur les accoucheuses du régime français à Chambly et à La Prairie. Agrémentée d’illustrations fort originales, cette causerie, sur un sujet d’histoire trop peu connu (les sages-femmes et la naissance), mérite d’être écoutée.
Entrée gratuite pour les membres, 3 $ pour les non-membres.
- Au jour le jour, avril 2013
La Maison à tout le monde a plus de 40 ans
En 1971, une maison des jeunes à l’académie Saint-Joseph
Durant l’été 1971, les étudiants employés pour l’organisation des terrains de jeu de la Ville de La Prairie transforment le rez-de-chaussée de l’ancienne académie Saint-Joseph en maison des jeunes. Une entente entre la Commission scolaire, la Ville et des clubs sociaux permet l’utilisation de ce local situé à l’angle de la rue Saint-Ignace et du chemin de Saint-Jean. Qu’en était-il de cet édifice ? « En 1872, les Clercs de Saint-Viateur déménagent dans leur nouvel établissement (qui deviendra plus tard l’Académie Saint-Joseph) qui est construit sur les fondations de la maison d’Edmée Henry, administrateur des biens des Jésuites ». Puis, « les Frères de l’Instruction chrétienne, deux ans après leur arrivée au Canada, prennent la relève. […] L’académie est agrandie en 1911-1912. Le bâtiment est utilisé à des fins pédagogiques jusqu’en 1954. Inoccupé et abandonné pendant un certain temps, il est incendié le 3 janvier 1978 ».
Toutefois, avant de disparaître, l’Académie aura regroupé, quelques soirs par semaine, le temps d’un été, des jeunes, filles et garçons, autour de cafés, de boissons non alcoolisées, de tables de jeu (rien à voir avec un casino), d’un tourne-disques ainsi que différents invités pour des échanges sur des thèmes choisis par les jeunes eux-mêmes. C’est de cette expérience que germe l’idée d’un endroit où se retrouveraient des gens de tous âges. Mais l’exigüité du bâtiment de l’Académie ne permet pas la concrétisation de ce rêve. Il existe cependant un ancien couvent, voisin de l’église de la Nativité…
Le programme Perspectives-Jeunesse
À l’été 1971, le gouvernement canadien avait lancé le programme Perspectives-Jeunesse (PJ) géré par le Secrétariat d’État. « L’objectif du programme était de solliciter les étudiants à faire preuve de créativité en leur offrant du financement afin qu’ils puissent créer et gérer leur propre emploi. De plus, ces emplois devaient entraîner des répercussions positives pour le milieu. (…) Les buts visés par le Programme PJ étaient [entre autres] les suivants : offrir des emplois d’été à des étudiants en éliminant toute compétition entre les étudiants et la main-d’oeuvre permanente ; créer des emplois apportant une contribution au milieu et étant mis en place et gérés par les étudiants participants… ».
À la fin de l’hiver 1971 – 1972, le temps presse pour soumettre un projet qui puisse se réaliser l’été suivant dans le cadre du programme Perspectives- Jeunesse. En moins de trois jours, date limite oblige, des étudiants rédigent un projet par lequel l’ancien couvent deviendrait La Maison à tout le monde. La Ville de La Prairie et des clubs sociaux écrivent des lettres d’appui et s’engagent à soutenir ce projet, ce qu’ils feront d’ailleurs vigoureusement avec l’aide de leurs services ou de leurs membres. Le Service régional des loisirs de la Rive-Sud métropolitaine est consulté ; les députés provincial et fédéral sont sensibilisés.

Les couvents dans le Vieux-La Prairie
Rappelons un peu d’histoire sur les couvents qui ont été érigés depuis plus de 300 ans dans le Vieux-La Prairie. « Le premier couvent construit en bois en 1697 est destiné aux religieuses de la Congrégation de Notre-Dame ». « En 1718, elles bâtirent un second couvent dont une partie se voyait encore en 1863 ». « Un troisième couvent est construit en 1815. En 1867, un quatrième couvent en pierre et brique remplace le précédent. Suite à l’incendie du 27 juillet 1901, un cinquième couvent est érigé sur les fondations du précédent. C’est ce couvent qui sert aujourd’hui de centre communautaire « La Maison à tout le monde ». Les religieuses de la Congrégation demeurent à La Prairie jusqu’en 1972 ». C’est donc en 1972 que la Ville de La Prairie se porte acquéreur de ce qu’il convient dorénavant d’appeler « l’ancien couvent ». Voilà un lieu où l’espace ne manque pas. Reste à lui trouver une vocation de départ et un peu de financement.
Au printemps 1972, approbation du projet La Maison à tout le monde
Dans l’édition du 31 mai 1972 de l’hebdomadaire régional L’Éveil, le titre coiffant un article de la page 2 se lit comme suit : Le couvent de La Prairie devient Maison-à-tout faire (sic). Le texte débute ainsi : « Voilà environ deux semaines, nous recevions, en provenance d’Ottawa, une lettre nous informant que le projet intitulé “La Maison à tout le monde” et soumis au gouvernement fédéral dans le cadre du programme Perspectives-Jeunesse était approuvé et recevait par le fait même les crédits demandés. Quel ne fut pas notre réconfort à la pensée de savoir que la population, grâce au travail de 12 étudiants, bénéficierait enfin de loisirs vraiment organisés sur une base communautaire et davantage accessibles à tous ».
Et l’article de poursuivre : « Établie à La Prairie, au 135, Chemin St-Jean, soit dans les locaux de l’ancien couvent de la Congrégation Notre-Dame, la “Maison” sera restaurée et aménagée de façon à constituer un cadre attrayant pour tous ceux qui voudront venir s’y divertir ou participer à une activité (…). Plusieurs organismes de tous genres et répondant à toutes les espèces d’aspirations ont déjà souscrit d’emblée à l’idée maîtresse sous-tendant l’établissement de “La Maison à tout le Monde”. La mise sur pied d’un véritable centre communautaire devient en effet de plus en plus pressante et les possibilités sérieuses qu’elle laisse entrevoir quant à la création prochaine de structures stables, continues et solides ne peuvent qu’accentuer la qualité des services offerts à la population qui, en définitive, verra s’accroître son bien-être, sa joie de vivre et ses loisirs. »

Lors de l’ouverture officielle de La Maison à tout le monde, à l’été 1972, le concierge, M. Portugais, a coupé le ruban en présence de dignitaires, de citoyens, de représentants d’organismes et des 12 étudiants (à gauche en commençant par le bas, Richard Parenteau, Diane Dubé, Antonio Pinho, Lucie Gatien, Réjean St-Onge et Jorge Pinho ; à droite, de bas en haut, Alain Pomminville, Marie-Thérèse Lussier, Marcelle Desbiens, Monique Favreau, Louis Lemay et Louis Bernier).
La Maison à tout le monde, située au 135, chemin de Saint-Jean, près de la rue Sainte-Marie, est attenante à l’église de la Nativité, dans le Vieux-La Prairie.
À l’été 1972, ouverture de La Maison à tout le monde
Le groupe des 12 étudiants se forme graduellement, la plupart d’entre eux s’intéressant au projet avant même son acceptation par le Secrétariat d’État. Avec le temps, on oublie parfois celles et ceux qui ont consacré leur été 1972 à apporter les premières transformations à l’ancien couvent. Les voici, par ordre alphabétique : Louis Bernier, Marcelle Desbiens, Diane Dubé, Monique Favreau, Lucie Gatien, Louis Lemay, Marie-Thérèse Lussier, Richard Parenteau, Antonio Pinho, Jorge Pinho, Alain Pomminville et Réjean St-Onge.
Sur les quatre étages de l’ancien couvent, les étudiants s’attardent davantage au deuxième, auquel donne accès l’entrée principale sise sur le chemin de Saint-Jean. La structure est suffisamment solide. Cependant, les couleurs ne correspondent pas au goût du jour. On applique donc de la peinture sur les murs, à commencer par ceux du hall d’entrée. On convertit aussi une pièce sur la gauche en salle de détente et en café. Des tables et des petits bancs, fabriqués alors, existent encore aujourd’hui à l’étage de la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine, un organisme qui voit le jour en 1972. Donnant sur le corridor à gauche, une salle sert d’abord aux amateurs d’échecs ; une autre est emménagée en bureau. La grande salle, baptisée quelques années plus tard la « salle des miroirs », est plus propice à la tenue de réunions, à des cours de peinture, voire de danse.
Là où l’ancien couvent cède véritablement le pas à La Maison à tout le monde, c’est lorsque la chapelle, aux murs bleu poudre, située à la droite de l’entrée principale, devient une discothèque, aux murs bleu marine avec des colonnes orange, et que le confessionnal disparaît. Le concierge, auparavant à l’emploi de la Congrégation de Notre-Dame et maintenant payé par la Ville de La Prairie, en croit à peine ses yeux. Néanmoins, ce beau personnage, M. Portugais, accepte en cours d’été l’invitation des étudiants à couper le ruban marquant l’ouverture officielle de La Maison à tout le monde.
Après la sensibilisation des décideurs et de la population, les coups de marteau et de pinceaux, puis les activités de loisirs organisées pour des gens de tous âges, les 12 étudiants ont laissé à la communauté de La Prairie un héritage qui a accueilli, en plus de 40 ans, non seulement des milliers de personnes, mais aussi quantité d’organismes qui ont profité des espaces et de l’esprit de La Maison à tout le monde
- Au jour le jour, avril 2013
À propos du bulletin
Éditeur
Société d’histoire de
La Prairie-de-la-Magdeleine
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
COLLABORATEURS :
Coordination
Gaétan Bourdages
Rédaction
Gaétan Bourdages
Jorge Pinho
Révision
Robert Mailhot
Design graphique
François-B. Tremblay
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Desjardins Caisse La Prairie commandite l’impression du bulletin Au jour le jour.