- Au jour le jour, novembre 2019
L’école de rang du chemin des Prairies – la suite
Une nouvelle apparence
La photographie de la page 2 prise au tournant du XXe siècle montre l’aspect de la nouvelle école de rang.
Devant le bâtiment d’un étage et demi, coiffé d’un toit à deux versants et revêtu de planches à clins et de contrevents installés à l’été 1900, se profile l’image de l’institutrice entourée d’une vingtaine d’écoliers prenant la pose avec tabliers blancs et livres à la main. Sur le devant de l’édifice, un perron surmonté d’un « tambour » donne accès à la porte principale, alors que sur le côté se détache un hangar où est entreposé le bois servant au chauffage de l’école. Un logement est prévu à l’étage pour l’enseignante, mais son contrat stipule qu’elle doit entretenir le feu et voir au ménage. Au moment du recensement de 1901, l’institutrice Céline Grondin habite à l’école et déclare un salaire de 150$ par année.
Le confort est minimal. Même si en 1899 une pompe à eau est disponible à l’intérieur, on devra attendre le début des années 1930 avant de pouvoir profiter des bienfaits de l’électricité. Et comble de privilèges : en 1950 seulement, des « toilettes à chasse d’eau » sont installées à l’intérieur de l’école .11
L’inspecteur d’école : un personnage important
Il arrive fréquemment que l’inspecteur d’école réclame une amélioration de l’état des écoles sous sa juridiction : « Les tableaux noirs de toutes les écoles sont mauvais et insuffisants. Chaque salle de classe doit avoir deux bons tableaux noirs de grande dimension. Cette amélioration est urgente et doit se faire sans retard. » (A.F. Grondin, 16 avril 1906)
Le 4 juin 1908, l’inspecteur Lippens enjoint les commissaires de pallier au mauvais égouttement du terrain de l’école du chemin des Prairies : « Terrain trop bas, mauvaise fondation, eau dans la cave, même en septembre (….) L’école est au milieu d’une mare d’eau après les pluies, et on y patine l’hiver ».
L’année suivante, il note que l’école est spacieuse et propre et recommande d’ajouter six bancs-pupitres de deux places.
Personnage emblématique du milieu scolaire, l’inspecteur d’école entreprend sa tournée de classe deux fois par année et informe les commissaires des forces et des faiblesses de l’enseignement, de l’organisation de l’école et du classement des élèves. Les remarques au sujet de la compétence des institutrices de l’école de l’arrondissement des Prairies sont généralement positives.
En visite dans les huit écoles de rang de la paroisse, le nouvel inspecteur J.A. Dupuis mentionne dans son rapport du 7 juin 1919 le remarquable travail de l’enseignante Alexandrine Langlois, « ..votre meilleure institutrice…. ». Engagée en 1917 au salaire de 230$, elle est toujours présente au cours de l’année scolaire de 1920-1921.
Une autre figure marquante, Marie-Louise Demers (1893-1971), consacra toute sa carrière à l’école de « Brosseau Station ». Originaire de Saint-Jacques-le-Mineur, elle enseigne à plusieurs générations d’écoliers jusqu’à sa retraite en 1949. Par la suite, Adèle Brosseau, fraîchement diplômée de l’École normale, poursuit la tâche d’instruire une trentaine d’élèves du 1er au 5e degré. Lors de sa visite de juin 1950, l’inspecteur est favorablement impressionné par ses efforts à réaliser l’esprit du nouveau programme.
« En général, vous avez lieu de vous réjouir du travail de vos institutrices, la majorité s’acquitte de sa tâche avec zèle et honneur. »
Cette reconnaissance ne s’accompagne pas toujours d’une juste rétribution. En 1953, près de la moitié des institutrices gagnent moins de 1000$ par année.12
- Au jour le jour, novembre 2019
L’école de rang du chemin des Prairies – la suite
De 1894 à 1954 : deuxième école de rang
Au début des années 1890, le bâtiment est en mauvais état et le lieu trop petit et peu propice à l’apprentissage. Le 17 juillet 1894, les commissaires d’école adressent une requête au surintendant de l’Instruction publique à Québec afin d’obtenir la permission « ….de reconstruire leur maison d’école de l’arrondissement no. 2 sur un plan de 24 X 26 pieds en conformité aux règlements du Conseil de l’instruction publique au sujet des bâtisses d’école ».
Le secrétaire trésorier Louis Grondin mentionne que l’école est fréquentée par environ 24 élèves sur trente inscrits. Il ajoute que l’arrondissement compte environ 45 enfants de 5 à 16 ans « …..mais les contribuables qui sont généralement riches envoient beaucoup de leurs élèves au couvent et à l’académie de garçons de cette paroisse ».9
D’un même élan, ils demandent la permission d’édifier le nouveau bâtiment sur un terrain « plus grand, plus élevé et plus convenable » situé à environ cent pieds de l’ancien. Propriété de Louis-Casimir Brossard, cultivateur prospère de la côte des Prairies, le lot identifié sous le numéro 263 au plan et livre de renvoi officiel de la paroisse de La Prairie mesure 180 pieds de longueur sur 110 pieds de largeur. Enclavé entre le chemin de fer et le chemin des Prairies, le terrain a la forme d’un triangle peu propice à la culture du sol. En échange, la commission scolaire de la paroisse de La Prairie, représentée par son président Octave Brossard, lui cède le lot 264 où s’élève « une vielle maison d’école… ».
Accueillie favorablement par « l’honorable Surintendant », l’entente est signée le 28 août 1894 en l’étude du notaire A.J.A. Roberge à La Prairie.10
Convertie en grange, puis laissée à l’abandon, l’ancienne école de syndics sera démolie.
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9 BAnQ-Québec, Fonds du ministère de l’Éducation du Québec (E13), Département de l’Instruction publique, Index de la correspondance reçue de 1891 à 1899.
10 BAnQ-Montréal, greffe du notaire A.J.A. Roberge, le 28 août 1894, no. 8675.
- Au jour le jour, novembre 2019
Visite à l’Assemblée Nationale, 19 septembre 2019
Lors de sa visite du 5 septembre dernier à la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine, monsieur Christian Dubé, député du comté de La Prairie, ministre et président du Conseil du Trésor, a accédé à la demande du GRTSHFR-MTL de faire une déclaration à l’Assemblée nationale du Québec pour :
Souligner la journée du 22 septembre commémorant l’arrivée enNouvelle-France du premier contingent de Filles du Roy, en 1663
Faire connaître l’apport des 18 Filles du Roy qui se sont installées dans la Seigneurie de La Prairie après 1667.
- Au jour le jour, novembre 2019
Semaine nationale de la généalogie
Dans le cadre de la semaine nationale de la généalogie, notre club de généalogie vous propose une soirée portes ouvertes le lundi 25 novembre à compter de 19 h.
Bienvenue à tous!
- Au jour le jour, novembre 2019
Conférence – Des Iroquois sur les galères du Roi-Soleil
Détenteur d’une maîtrise en histoire et d’un certificat en journalisme, Laurent Busseau est un historien consultant sous le label Historien sans Frontière. Histoire peu connue de la Nouvelle-France, 36 guerriers iroquois ont été envoyés sur les galères méditerranéennes du Roi-Soleil Louis XIV à la fin du XVIIe siècle.
Cette conférence offre une nouvelle lecture sur ces Iroquois pris lors de l'expédition punitive du gouverneur militaire de la Nouvelle-France contre l'Iroquoisie en août 1687, pour expliquer leur aventure depuis le port militaire de Rochefort jusqu'à l'arsenal royal de Marseille, où seulement 13 d'entre eux survivront au calvaire des galères et retourneront au Canada en 1689.
- Au jour le jour, novembre 2019
Merci M. Poissant !
Les députés ayant représenté notre circonscription dans le passé ont toujours manifesté un intérêt marqué pour l’action de la SHLM. À ce titre, M. Jean-Claude Poissant n’a pas fait exception à la règle durant son mandat : commandite de notre bulletin mensuel et du site web et aide à notre demande de subvention auprès d’Emplois d’été Canada pour l’embauche des guides étudiants lors de la saison estivale. C’est pourquoi nous tenons à remercier chaleureusement M. Poissant pour son implication auprès de la Société d’histoire au cours des quatre dernières années. Les élections fédérales tenues le lundi 21 octobre dernier ont désigné M. Alain Therrien comme nouveau député de la circonscription de La Prairie. Nous tenons à le féliciter pour son élection et nous l’invitons cordialement à venir rencontrer l’équipe de la SHLM afin de discuter de généalogie, d’histoire et de patrimoine.
Stéphane Tremblay, président
- Au jour le jour, octobre 2019
1691 La bataille de La Prairie offert en ligne
Il y a 10 ans, par la publication de « 1691 La bataille de La Prairie », les trois co-auteurs souhaitaient faire la lumière sur les deux batailles survenues à La Prairie au matin du 11 août 1691. Or, victime de son succès et, malgré une réimpression vers 2012, l’ouvrage est maintenant épuisé.
Dans l’optique d’une nouvelle édition, les auteurs se proposent de réviser certains aspects des trois chapitres initiaux et d’y ajouter un chapitre supplémentaire sur les résultats de la prospection archéologique de l’automne 2016. D’ici là, la SHLM a résolu d’offrir, via notre site web, la version électronique (format ePub) de l’ouvrage original. Pour la somme de 15 $, via PayPal, les amateurs d’histoire pourront donc télécharger le livre à compter de cet automne.
Stéphane Tremblay, président
- Au jour le jour, octobre 2019
Conférence – Le fort de Saint-Lambert est à Brossard
Curieux et amoureux de la recherche, Richard Lacroix a une formation de physicien et d'informaticien. Ancien résident de St-Lambert, il savait qu'un fort du même nom avait été construit dans la région au tout début de la colonisation. Il en ignorait la localisation et les raisons de son existence. En déménageant à Brossard, il s'est rapidement aperçu qu'il habitait sur les lieux mêmes de ce fort dont les traces étaient encore visibles en 1850. Contrairement à celui de La Prairie, ce fort était quasiment inconnu. Il a effectué quelques recherches pour se satisfaire, mais surtout pour informer les autres résidents habitant ce lieu. Cette conférence a pour objectif d'honorer l'apport des 32 premiers pionniers de Brossard.
- Au jour le jour, octobre 2019
Visite du député provincial
Le 5 septembre dernier, la SHLM avait l’heureux plaisir de recevoir M. Christian Dubé, député de La Prairie, Ministre responsable de l’Administration gouvernementale et Président du Conseil du trésor. M. Dubé s’est montré très intéressé par la généalogie, les livres anciens et le travail de la Société d’histoire des Filles du Roy (SHFR).
Dans l’ordre habituel on reconnaît: Denise Campeau, Solange Lamarche, Antoine Simonato, M. Christian Dubé, Stéphane Tremblay, Gaétan Bourdages, Michelle Desfonds, Lise Brousseau et Lucie Filion.
- Au jour le jour, octobre 2019
L’école de rang du chemin des Prairies (4)
Place aux institutrices
À La Prairie, les commissaires Guillaume D’Eschambault, Moïse Brossard, Louis Brosseau et Julien Bourassa, assisté du R.P. Tellier curé de la paroisse, s’activent à la relance du nouveau régime scolaire. Le 23 septembre 1846, l’instituteur Eusèbe Lussier est engagé à l’école de la côte des Prairies pour enseigner la lecture, l’écriture et l’arithmétique.7 Mais il quitte l’année suivante. Il faut dire que les conditions de travail sont difficiles et le salaire versé par les commissaires peu lucratif. De plus, les parents et les commissaires préfèrent de beaucoup les institutrices jugées plus dociles et plus dévouées envers les jeunes enfants. En 1855, elles représentent déjà 67% du personnel enseignant.8
Les historiennes Andrée Dufour et Micheline Dumont citent les mots du surintendant Jean-Baptiste Meilleur dans un rapport daté de 1854:
(…) on les préfère généralement aux hommes, surtout pour tenir les écoles fréquentées par de jeunes enfants, parce qu’elles savent mieux condescendre à la faiblesse de leur âge, à la pratique des moyens propres à s’insinuer dans leur estime, et à gagner leur confiance et leur affection.
Au cours de la seconde moitié du 19e siècle, plusieurs enseignantes vont se succéder à l’école de rang de la côte des Prairie. En 1873, l’inspecteur d’école souligne le progrès des élèves sous la direction de l’institutrice Ernestine Dumontet, 19 ans, arrière-petite-fille de la veuve Étienne Dumontet. Le rapport indique également que le nombre d’élèves inscrits s’élève à 35 et la moyenne de fréquentation, de 22 à 26.
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7 BAnQ-Montréal, Collection Élisée Choquet, La Prairie et comté, Écoles 1840-1866.
8 Dufour, Andrée. Dumont, Micheline. Brève histoire des institutrices au Québec de la Nouvelle-France à nos jours. Boréal, 2004, p.55-88.