Sélection d'une édition

    Élite et petite noblesse « quittent » le Canada en 1760-1761…? (suite 1)

    Durant les derniers jours de l’année 1760, les officiers et soldats canadiens de la Marine qui étaient maintenant à La Rochelle et à Bordeaux avaient appris peu de temps après leur arrivée que le roi licenciait le Corps de la Marine. Afin de poursuivre une carrière militaire, les Canadiens étaient invités à se rendre à Rochefort ou Poitiers pour s’engager dans l’infanterie d’un régiment régulier de l’Armée de Terre. La réaction devant cette trahison ? Selon le Sieur De Senneterre, Maréchal-des-Logis au Régiment de Languedoc : « … aucun n’a voulu y Entendre, et leur Réponse, quazy unanime, a Eté qu’ils Sçavoient le chemin d’Halifax, et qu’ils trouveraient bien le moyen de se rendre En Canada.. ». Lettre du sieur De Senneterre, Maréchal-des-Logis ; La Rochelle, 19 décembre 1760, SHD, série A1, vol. 3574, pièce 148. Enfin, de Halifax tous ces Canadiens, individuellement ou en petits groupes, iraient en bateau ou par une longue marche au travers la forêt de l’Acadie se rendre au bord du Saint-Laurent et enfin chez eux !

    Sur un total de 145 officiers canadiens de la Marine déportés en 1760 et 1761, nous avons répertorié seulement que le tiers de ceux-ci ; ainsi que la vaste majorité de leurs soldats, qui ont réussi à faire le trajet de retour « incognito » au Canada par tous les moyens à leur disposition. Il faut noter également qu’au début de l’année 1760 le roi de France avait aussi renoncé à ses dettes canadiennes, ce qui eut pour conséquence première que plusieurs de ses officiers de la Marine ; seigneurs et/ou fournisseurs de l’armée étaient maintenant ruinés. Cette situation en prédisposait plusieurs à poursuivre leur carrière militaire en France et, même s’ils le désiraient ardemment, à ne pas revenir au Canada et ainsi faire face à leurs nombreux créanciers.

    Un jeune officier de la Marine qui fut expulsé du Canada était un certain célibataire âgé de 28 ans, l’officier cadet « Joseph LeBeau », un des onze fils militaires de feu Marien LeBeau (1692-1758), ancien capitaine de milice de la Longue-Pointe de Montréal. Joseph (Jean-Louis) n’avait pas fait partie des déserteurs après la Capitulation de Montréal et, le 18 octobre 1760, il avait été déporté (Deported … M. Black) sur un des nombreux navires britanniques avec son capitaine et son unité de la Marine. Joseph arriva au port de La Rochelle le 19 décembre 1760… au pays que son grand-père avait quitté presque un siècle plus tôt ; pays étranger où il ne connaissait personne.

    En conclusion, la vaste majorité des officiers ou soldats des Troupes de la Marine nés en Nouvelle-France n’ont pas quitté leur patrie volontairement comme l’affirmait Conrad Black, ils ont tous été forcés à l’exil selon les conditions de « L’Acte de Capitulation de Montréal » et surtout, la volonté revancharde du commandant en chef des Troupes de Terre britanniques, le général Jeffery Amherst.

    Post-Scriptum :

    Les frères aînés, Alphonse-Marie et Charles-Barromée Mézière de L’Espervanche, tous deux nés au Canada et survivants du naufrage de l’Auguste, sont morts une quinzaine d’années plus tard à Mayenne, Normandie, la région natale de leur père. Charles-Barromée Mézière décède en 1773 à Laval, Mayenne, France, et Alphonse-Marie Mézière décède trois ans plus tard en 1776 à Château-Gontier, Mayenne, France. Le jeune Eustache Mézière est décédé le 25/11/1821 après un long service militaire qui se termina à Saint-André, Île de La Réunion près de Madagascar.

    N’ayant revu aucun de ses quatre fils après la déportation des troupes en 1760 et 1761 Marie-Suzanne Nolan, 81 ans, est morte de chagrin à Montréal le jour de Noël 1782. Également décédée à Montréal, sa fille Marie-Josephe le 24 mars 1772 ; et toujours veuve à 90 ans, la cadette de ses filles, Louise-Antoinette Mézière de La Vérendrye (sans postérité) est aussi décédée à Montréal, le 3 mars 1825.

    Heureusement pour l’auteur, quelques mois après son retour « incognito » du port de La Rochelle, France, son ancêtre Joseph LeBeau a uni sa destinée de façon expéditive le 18 janvier 1762 avec la douce Marie-Madeleine Payet à Repentigny. Ils eurent une très nombreuse progéniture. Mais, comme ses frères et plusieurs anciens militaires canadiens de la Marine, Joseph a dû tout faire, pendant les premières années d’occupation, pour ne pas être facilement identifié par les autorités britanniques.

     

    Durant les derniers jours de l’année 1760, les officiers et soldats canadiens de la Marine qui étaient maintenant à La Rochelle et à Bordeaux avaient appris peu de temps après leur arrivée que le roi licenciait le Corps de la Marine. Afin de poursuivre une carrière militaire, les Canadiens étaient invités à se rendre à Rochefort ou Poitiers pour s’engager dans l’infanterie d’un régiment régulier de l’Armée de Terre. La réaction devant cette trahison ? Selon le Sieur De Senneterre, Maréchal-des-Logis au Régiment de Languedoc : « … aucun n’a voulu y Entendre, et leur Réponse, quazy unanime, a Eté qu’ils Sçavoient le chemin d’Halifax, et qu’ils trouveraient bien le moyen de se rendre En Canada.. ». Lettre du sieur De Senneterre, Maréchal-des-Logis ; La Rochelle, 19 décembre 1760, SHD, série A1, vol. 3574, pièce 148. Enfin, de Halifax tous ces Canadiens, individuellement ou en petits groupes, iraient en bateau ou par une longue marche au travers la forêt de l’Acadie se rendre au bord du Saint-Laurent et enfin chez eux ! Sur un total de 145 officiers canadiens de la Marine déportés en 1760 et 1761, nous avons répertorié seulement que le tiers de ceux-ci ; ainsi que la vaste majorité de leurs soldats, qui ont réussi à faire le trajet de retour « incognito » au Canada par tous les moyens à leur disposition. Il faut noter également qu’au début de l’année 1760 le roi de France avait aussi renoncé à ses dettes canadiennes, ce qui eut pour conséquence première que plusieurs de ses officiers de la Marine ; seigneurs et/ou fournisseurs de l’armée étaient maintenant ruinés. Cette situation en prédisposait plusieurs à poursuivre leur carrière militaire en France et, même s’ils le désiraient ardemment, à ne pas revenir au Canada et ainsi faire face à leurs nombreux créanciers. Un jeune officier de la Marine qui fut expulsé du Canada était un certain célibataire âgé de 28 ans, l’officier cadet « Joseph LeBeau », un des onze fils militaires de feu Marien LeBeau (1692-1758), ancien capitaine de milice de la Longue-Pointe de Montréal. Joseph (Jean-Louis) n’avait pas fait partie des déserteurs après la Capitulation de Montréal et, le 18 octobre 1760, il avait été déporté (Deported ... M. Black) sur un des nombreux navires britanniques avec son capitaine et son unité de la Marine. Joseph arriva au port de La Rochelle le 19 décembre 1760… au pays que son grand-père avait quitté presque un siècle plus tôt ; pays étranger où il ne connaissait personne. En conclusion, la vaste majorité des officiers ou soldats des Troupes de la Marine nés en Nouvelle-France n’ont pas quitté leur patrie volontairement comme l’affirmait Conrad Black, ils ont tous été forcés à l’exil selon les conditions de « L’Acte de Capitulation de Montréal » et surtout, la volonté revancharde du commandant en chef des Troupes de Terre britanniques, le général Jeffery Amherst. Post-Scriptum : Les frères aînés, Alphonse-Marie et Charles-Barromée Mézière de L’Espervanche, tous deux nés au Canada et survivants du naufrage de l’Auguste, sont morts une quinzaine d’années plus tard à Mayenne, Normandie, la région natale de leur père. Charles-Barromée Mézière décède en 1773 à Laval, Mayenne, France, et Alphonse-Marie Mézière décède trois ans plus tard en 1776 à Château-Gontier, Mayenne, France. Le jeune Eustache Mézière est décédé le 25/11/1821 après un long service militaire qui se termina à Saint-André, Île de La Réunion près de Madagascar. N’ayant revu aucun de ses quatre fils après la déportation des troupes en 1760 et 1761 Marie-Suzanne Nolan, 81 ans, est morte de chagrin à Montréal le jour de Noël 1782. Également décédée à Montréal, sa fille Marie-Josephe le 24 mars 1772 ; et toujours veuve à 90 ans, la cadette de ses filles, Louise-Antoinette Mézière de La Vérendrye (sans postérité) est aussi décédée à Montréal, le 3 mars 1825. Heureusement pour l’auteur, quelques mois après son retour « incognito » du port de La Rochelle, France, son ancêtre Joseph LeBeau a uni sa destinée de façon expéditive le 18 janvier 1762 avec la douce Marie-Madeleine Payet à Repentigny. Ils eurent une très nombreuse progéniture. Mais, comme ses frères et plusieurs anciens militaires canadiens de la Marine, Joseph a dû tout faire, pendant les premières années d’occupation, pour ne pas être facilement identifié par les autorités britanniques.  ...

    Élite et petite noblesse « quittent » en 1760-1761 …? (suite)

    À La Prairie-de-la-Magdeleine il y avait plusieurs officiers de la Marine qui désiraient demeurer et/ou revenir au Canada, et la famille Mézière de L’Espervanche en était un bon exemple. En 1760 cette famille de la noblesse avait quatre fils en service dans les troupes coloniales : Alphonse-Marie – capitaine, 34 ans, Charles-Barromée –  lieutenant, 32 ans, Jean-Marie – enseigne-en-pied, 27 ans, ainsi que le jeune Eustache – enseigne, 20 ans. Leur mère, Louise-Suzanne Nolan, 58 ans, ainsi que leurs sœurs ; Marie-Josephe, 30 ans et Louise-Antoinette, 23 ans, demeuraient à La Prairie depuis le décès en 1750 de leur père Charles-François, également officier de la Marine et ancien commandant des forts de Chambly et de La Prairie. Charles-Barommée était le seul des quatre frères à être marié ; son épouse était Marie-Anne Testard de Montigny.

    Un des grands héros de la Nouvelle-France demeurait depuis peu à La Prairie, il s’agissait d’un autre lieutenant de la Marine du nom de Louis-Joseph Gaultier de La Vérendrye, 43 ans. Louis-Joseph avait, en secondes noces, marié à La Prairie Louise-Antoinette Mézière de L’Espervanche le 31 janvier 1758. Né à Varennes, Louis-Joseph était le plus jeune fils de feu Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye avec qui il avait été au nombre des tout premiers explorateurs à découvrir les montagnes Rocheuses en 1743-44.

    Suite à la capitulation de Montréal et le départ obligatoire des Troupes en octobre 1760, le jeune Eustache avait été le seul officier de la famille Mézière à avoir quitté sur les navires anglais depuis Québec avec le gros de cette armée… destination La Rochelle. Les autres officiers de la famille, tous nés au pays, ont eu la permission de vaquer provisoirement à leurs affaires et ont dû, pour se conformer aux ordres du Général Amherst, quitter leur patrie l’année suivante pour se rendre en France.

    En effet, à Québec le 15 octobre 1761, le lieutenant Louis-Joseph Gaultier de La Vérendrye montait abord du navire « l’Auguste » avec ses trois beaux-frères Mézière de L’Espervanche, tout en laissant à La Prairie sa femme Louise-Antoinette ainsi que les autres femmes de sa belle-famille Mézière… car ces officiers croyaient qu’ils allaient tous revenir, tout au plus, dans quelques mois !

    Un mois plus tard, soit le 15 novembre 1761, dans une mer déchaînée un grand malheur arriva… « l’Auguste » fait naufrage au large du Cap Breton avec à son bord 153 passagers dont une vingtaine d’officiers de la Marine ainsi que certains membres de leurs familles et plusieurs soldats et matelots. Quelques-uns survécurent, dont les deux frères aînés de la famille Mézière et non les autres qui avaient également quitté La Prairie.

     

    À La Prairie-de-la-Magdeleine il y avait plusieurs officiers de la Marine qui désiraient demeurer et/ou revenir au Canada, et la famille Mézière de L’Espervanche en était un bon exemple. En 1760 cette famille de la noblesse avait quatre fils en service dans les troupes coloniales : Alphonse-Marie – capitaine, 34 ans, Charles-Barromée –  lieutenant, 32 ans, Jean-Marie – enseigne-en-pied, 27 ans, ainsi que le jeune Eustache – enseigne, 20 ans. Leur mère, Louise-Suzanne Nolan, 58 ans, ainsi que leurs sœurs ; Marie-Josephe, 30 ans et Louise-Antoinette, 23 ans, demeuraient à La Prairie depuis le décès en 1750 de leur père Charles-François, également officier de la Marine et ancien commandant des forts de Chambly et de La Prairie. Charles-Barommée était le seul des quatre frères à être marié ; son épouse était Marie-Anne Testard de Montigny. Un des grands héros de la Nouvelle-France demeurait depuis peu à La Prairie, il s’agissait d’un autre lieutenant de la Marine du nom de Louis-Joseph Gaultier de La Vérendrye, 43 ans. Louis-Joseph avait, en secondes noces, marié à La Prairie Louise-Antoinette Mézière de L’Espervanche le 31 janvier 1758. Né à Varennes, Louis-Joseph était le plus jeune fils de feu Pierre Gaultier de Varennes et de La Vérendrye avec qui il avait été au nombre des tout premiers explorateurs à découvrir les montagnes Rocheuses en 1743-44. Suite à la capitulation de Montréal et le départ obligatoire des Troupes en octobre 1760, le jeune Eustache avait été le seul officier de la famille Mézière à avoir quitté sur les navires anglais depuis Québec avec le gros de cette armée… destination La Rochelle. Les autres officiers de la famille, tous nés au pays, ont eu la permission de vaquer provisoirement à leurs affaires et ont dû, pour se conformer aux ordres du Général Amherst, quitter leur patrie l’année suivante pour se rendre en France. En effet, à Québec le 15 octobre 1761, le lieutenant Louis-Joseph Gaultier de La Vérendrye montait abord du navire « l’Auguste » avec ses trois beaux-frères Mézière de L’Espervanche, tout en laissant à La Prairie sa femme Louise-Antoinette ainsi que les autres femmes de sa belle-famille Mézière... car ces officiers croyaient qu’ils allaient tous revenir, tout au plus, dans quelques mois ! Un mois plus tard, soit le 15 novembre 1761, dans une mer déchaînée un grand malheur arriva... « l’Auguste » fait naufrage au large du Cap Breton avec à son bord 153 passagers dont une vingtaine d’officiers de la Marine ainsi que certains membres de leurs familles et plusieurs soldats et matelots. Quelques-uns survécurent, dont les deux frères aînés de la famille Mézière et non les autres qui avaient également quitté La Prairie.  ...

    Élite et petite noblesse « quittent » le Canada en 1760-1761…?

    En novembre 2019, l’éditeur et historien Conrad Black signait une chronique dans le National Post de Toronto dans lequel il affirmait qu’à la fin du Régime français l’élite de notre société coloniale avait quitté volontairement (departed) leur patrie pour s’expatrier en France… mais, qu’en est-il au juste ?

    D’entrée de jeu, nous reconnaissons que cette affirmation non fondée a été partagée, à tort selon l’historien Marcel Trudel, par plusieurs collègues alors que celle-ci n’était appuyée que sur une base historique nébuleuse du clergé canadien, et non sur des faits.« La perte du Canada s’acheva par une émigration massive des officiers des compagnies de la Marine… un élément d’explication, l’absence de liens profonds avec le Canada » sic… – Boris Lesueur, Introduction à l’histoire des troupes de la Marine sous l’Ancien Régime, dans : Répertoire des Officiers des Troupes de la Marine au Canada, 1683-1760. pages 81-82. Si M. Black avait changé qu’une seule lettre de ce mot clé, à savoir « deported » au lieu de « departed », cela changerait pour plusieurs, tout le sens et la compréhension de l’histoire du Canada qui a fait suite à la guerre de conquête.

    Cette distorsion des faits historiques évoquée par M. Black laisse implicitement sous-entendre qu’au départ des troupes de l’Armée de terre française en 1760, l’élite ainsi que la petite noblesse militaire de la Nouvelle-France auraient volontairement suivi celles-ci et serait rentrée en France en abandonnant son peuple à lui-même. Selon M. Black le vacuum ainsi créé aurait été rempli par notre « très Sainte Mère l’Église » le clergé qui, lui, resta fidèlement au service de ce petit peuple canadien abandonné.

    Il faut savoir que suite à cette guerre de conquête une étude exhaustive des Troupes de la Marine présente en Nouvelle-France nous apprend que 75 % des officiers ainsi que la vaste majorité des soldats de la colonie étaient en fait, des Canadiens de naissance. En 1760, en service au Canada : 194 officiers de la Marine (excluant de 20 à 30 cadets)… dont 145 étaient nés au pays. –  Répertoire des Officiers des Troupes de la Marine au Canada, 1683-1760… Marcel Fournier – 2017.Il faut aussi admettre que même si les articles #3 et #17 de L’Acte de Capitulation de Montréal « … Toute la garnison de Montréal doit mettre bas les armes et ne servira point pendant la présente guerre… ces Troupes se rendront à Québec pour y être embarquées pour le premier port de France (Bordeaux et/ou La Rochelle), par le plus court chemin. … ». – Articles de la Capitulation de Montréal.accordaient aux troupes de l’Armée de terre française ainsi qu’aux Troupes de la colonie de retourner prestement en France, les Canadiens, eux, croyaient que cette mesure de protocole militaire n’était que transitoire, et qu’elle prendrait fin en même temps que la guerre. Et, il va de soi que les Canadiens avaient l’intention de revenir chez eux, aussitôt que possible, à la fin de la guerre en Europe… selon l’esprit des derniers articles #54 et #55 de l’Acte de Capitulation. «  … et si quelques-uns de ces officiers avaient des affaires au Canada, il leur sera permis d’y revenir. ». – Art.# 54

    Mais, le commandant en chef de l’armée britannique en Amérique ne voyait pas l’avenir de ces soldats coloniaux canadiens de la même façon, surtout dans ce qui deviendrait bientôt la nouvelle colonie anglaise… la « Province of Québec ». En effet le général Jeffery Amherst avait donné ses ordres à savoir qu’il ne devait pas y avoir d’exceptions aux départs des troupes françaises et surtout pour ceux de la Marine, allant même jusqu’à dire en quittant ses troupes pour New York en novembre 1760 : « … j’ai été très explicite et je répète que ces soldats doivent retourner en France, qu’ils soient mariés ou non ! Et pour prévenir la désertion appréhendée de ceux qui se sont mariés au Canada vous devez bien les surveiller et même de les garder, le plus longtemps possible, dans l’ignorance de leur destination. » Instructions du général Amherst au capitaine Anthony Wheelock (à Québec) ; Albany, 17 novembre 1760. PRO. War Office 34/98 / Amherst Papers,/ f.175r-177v.

    Notons que plus tôt en cette dernière année de guerre, au tout début des hostilités à Sainte-Foy, le 28 avril 1760, la très glorieuse prestation des Troupes de la Marine au centre du champ de bataille avait été la clef de la victoire de l’armée française (voir carte #1). En fait, lors de ce dernier grand affrontement de la guerre en Amérique, « … ces Troupes canadiennes avaient été les seuls à ne jamais avoir céder un seul pouce à l’ennemi… » – Vaudreuil au ministre Berryer, 3 mai 1760, LAC, MG1, AC, C11A, vol.105, f.14, reel F-105. l’élite de la Marine ; les six compagnies de Grenadiers accompagnés de quatre compagnies de « Canadiens de Montréal », De là l’origine du terme… « les glorieux Canadiens de Montréal ». avaient lors de cette deuxième bataille sur les Plaines d’Abraham, fait culbuter et humilier à la « bayonet the 15th of Foot » le régiment personnel du général Amherst. « … en une demi-heure, la moitié de nos officiers et de nos 400 soldats sont tombés. Le corps a été brisé et a retraité à sa position antérieure… » – James Miller, soldat du 15th Regiment ; auteur de : Memoirs of an Invalid. – CKS, U1350/Z9A Ceci justifiait sûrement pour le général Amherst le non-retour au pays de ces redoutables troupes coloniales. Les troupes de l’Armée de terre française avaient combattu pour leur roi tandis que les Troupes de la Colonie et les miliciens, eux, s’étaient battus avec un courage hors du commun pour leur Patrie !

     

    En novembre 2019, l’éditeur et historien Conrad Black signait une chronique dans le National Post de Toronto dans lequel il affirmait qu’à la fin du Régime français l’élite de notre société coloniale avait quitté volontairement (departed) leur patrie pour s’expatrier en France... mais, qu’en est-il au juste ? D’entrée de jeu, nous reconnaissons que cette affirmation non fondée a été partagée, à tort selon l’historien Marcel Trudel, par plusieurs collègues alors que celle-ci n’était appuyée que sur une base historique nébuleuse du clergé canadien, et non sur des faits.« La perte du Canada s’acheva par une émigration massive des officiers des compagnies de la Marine… un élément d’explication, l’absence de liens profonds avec le Canada » sic... - Boris Lesueur, Introduction à l’histoire des troupes de la Marine sous l’Ancien Régime, dans : Répertoire des Officiers des Troupes de la Marine au Canada, 1683-1760. pages 81-82. Si M. Black avait changé qu’une seule lettre de ce mot clé, à savoir « deported » au lieu de « departed », cela changerait pour plusieurs, tout le sens et la compréhension de l’histoire du Canada qui a fait suite à la guerre de conquête. Cette distorsion des faits historiques évoquée par M. Black laisse implicitement sous-entendre qu’au départ des troupes de l’Armée de terre française en 1760, l’élite ainsi que la petite noblesse militaire de la Nouvelle-France auraient volontairement suivi celles-ci et serait rentrée en France en abandonnant son peuple à lui-même. Selon M. Black le vacuum ainsi créé aurait été rempli par notre « très Sainte Mère l’Église » le clergé qui, lui, resta fidèlement au service de ce petit peuple canadien abandonné. Il faut savoir que suite à cette guerre de conquête une étude exhaustive des Troupes de la Marine présente en Nouvelle-France nous apprend que 75 % des officiers ainsi que la vaste majorité des soldats de la colonie étaient en fait, des Canadiens de naissance. En 1760, en service au Canada : 194 officiers de la Marine (excluant de 20 à 30 cadets)… dont 145 étaient nés au pays. -  Répertoire des Officiers des Troupes de la Marine au Canada, 1683-1760... Marcel Fournier – 2017.Il faut aussi admettre que même si les articles #3 et #17 de L’Acte de Capitulation de Montréal « … Toute la garnison de Montréal doit mettre bas les armes et ne servira point pendant la présente guerre… ces Troupes se rendront à Québec pour y être embarquées pour le premier port de France (Bordeaux et/ou La Rochelle), par le plus court chemin. ... ». - Articles de la Capitulation de Montréal.accordaient aux troupes de l’Armée de terre française ainsi qu’aux Troupes de la colonie de retourner prestement en France, les Canadiens, eux, croyaient que cette mesure de protocole militaire n’était que transitoire, et qu’elle prendrait fin en même temps que la guerre. Et, il va de soi que les Canadiens avaient l’intention de revenir chez eux, aussitôt que possible, à la fin de la guerre en Europe... selon l’esprit des derniers articles #54 et #55 de l’Acte de Capitulation. «  … et si quelques-uns de ces officiers avaient des affaires au Canada, il leur sera permis d’y revenir. ». - Art.# 54 Mais, le commandant en chef de l’armée britannique en Amérique ne voyait pas l’avenir de ces soldats coloniaux canadiens de la même façon, surtout dans ce qui deviendrait bientôt la nouvelle colonie anglaise... la « Province of Québec ». En effet le général Jeffery Amherst avait donné ses ordres à savoir qu’il ne devait pas y avoir d’exceptions aux départs des troupes françaises et surtout pour ceux de la Marine, allant même jusqu’à dire en quittant ses troupes pour New York en novembre 1760 : « … j’ai été très explicite et je répète que ces soldats doivent retourner en France, qu’ils soient mariés ou non ! Et pour prévenir la désertion appréhendée de ceux qui se sont mariés au Canada vous devez bien les surveiller et même de les garder, le plus longtemps possible, dans l’ignorance de leur destination. » Instructions du général Amherst au capitaine Anthony Wheelock (à Québec) ; Albany, 17 novembre 1760. PRO. War Office 34/98 / Amherst Papers,/ f.175r-177v. Notons que plus tôt en cette dernière année de guerre, au tout début des hostilités à Sainte-Foy, le 28 avril 1760, la très glorieuse prestation des Troupes de la Marine au centre du champ de bataille avait été la clef de la victoire de l’armée française (voir carte #1). En fait, lors de ce dernier grand affrontement de la guerre en Amérique, « … ces Troupes canadiennes avaient été les seuls à ne jamais avoir céder un seul pouce à l’ennemi... » - Vaudreuil au ministre Berryer, 3 mai 1760, LAC, MG1, AC, C11A, vol.105, f.14, reel F-105. l’élite de la Marine ; les six compagnies de Grenadiers accompagnés de quatre compagnies de « Canadiens de Montréal », De là l’origine du terme... « les glorieux Canadiens de Montréal ». avaient lors de cette deuxième bataille sur les Plaines d’Abraham, fait culbuter et humilier à la « bayonet the 15th of Foot » le régiment personnel du général Amherst. « … en une demi-heure, la moitié de nos officiers et de nos 400 soldats sont tombés. Le corps a été brisé et a retraité à sa position antérieure... » - James Miller, soldat du 15th Regiment ; auteur de : Memoirs of an Invalid. - CKS, U1350/Z9A Ceci justifiait sûrement pour le général Amherst le non-retour au pays de ces redoutables troupes coloniales. Les troupes de l’Armée de terre française avaient combattu pour leur roi tandis que les Troupes de la Colonie et les miliciens, eux, s’étaient battus avec un courage hors du commun pour leur Patrie !  ...

    Tournage…

    Le tournage d’une série québécoise de fiction a été réalisé dans nos locaux au mois de juin.

    Restez à l’affût…

    Le tournage d’une série québécoise de fiction a été réalisé dans nos locaux au mois de juin. Restez à l’affût......

    Des nouvelles de nos deux fédérations

    Afin d’obtenir tout le support nécessaire à l’accomplissement de sa mission, la SHLM est membre de deux fédérations : la Fédération Histoire Québec (FHQ) et la Fédération québécoise des sociétés de généalogie (FQSG). Le mois dernier, nos deux fédérations ont tenu leur assemblée générale annuelle en mode virtuel. La SHLM a participé aux deux réunions et elle était représentée par Mme Caroline Laberge (directrice générale) et M. Stéphane Tremblay (président).

    Des élections étaient prévues dans les deux assemblées. À la suite de la tenue de ces élections, il y a eu un changement au niveau de la présidence des deux organismes. La FHQ sera dorénavant présidée par M. Jean-Louis Vallée (Société d’histoire de Sillery) et c’est Mme Jeanne Maltais (Société de généalogie de Québec) qui assumera la présidence de la FQSG. La SHLM félicite et remercie MM. Richard Bégin (FHQ) et Daniel Rose (FQSG), les présidents sortants, pour leur implication dans le domaine de l’histoire et de la généalogie.

    L’an prochain, les deux fédérations ont l’intention d’organiser un congrès en mode présentiel (en mai 2022 pour la FHQ et en octobre 2022 pour la FQSG).

    Je profite de l’occasion pour souhaiter un bon été à tous.

    Stéphane Tremblay
    Président de la SHLM

     

    Afin d’obtenir tout le support nécessaire à l’accomplissement de sa mission, la SHLM est membre de deux fédérations : la Fédération Histoire Québec (FHQ) et la Fédération québécoise des sociétés de généalogie (FQSG). Le mois dernier, nos deux fédérations ont tenu leur assemblée générale annuelle en mode virtuel. La SHLM a participé aux deux réunions et elle était représentée par Mme Caroline Laberge (directrice générale) et M. Stéphane Tremblay (président). Des élections étaient prévues dans les deux assemblées. À la suite de la tenue de ces élections, il y a eu un changement au niveau de la présidence des deux organismes. La FHQ sera dorénavant présidée par M. Jean-Louis Vallée (Société d’histoire de Sillery) et c’est Mme Jeanne Maltais (Société de généalogie de Québec) qui assumera la présidence de la FQSG. La SHLM félicite et remercie MM. Richard Bégin (FHQ) et Daniel Rose (FQSG), les présidents sortants, pour leur implication dans le domaine de l’histoire et de la généalogie. L’an prochain, les deux fédérations ont l’intention d’organiser un congrès en mode présentiel (en mai 2022 pour la FHQ et en octobre 2022 pour la FQSG). Je profite de l’occasion pour souhaiter un bon été à tous. Stéphane Tremblay Président de la SHLM  ...

    Voies de circulation : quelques dates mémorables

    • 1920 : ouverture du boulevard de Salaberry
    • 1932 : ouverture du boulevard Taschereau jusqu’à La Prairie
    • 1963 : inauguration de l’autoroute A 15-R 132
    • 1966 : puisqu’en direction ouest, le seul accès à La Prairie à partir de l’autoroute 15, se situe à la hauteur de la rue Salaberry, le conseil municipal demande au ministère des Transports de construire un accès au Vieux La Prairie à la hauteur de la rue du Boulevard.
    • 1996 : ouverture du prolongement de l’autoroute 30 entre les autoroutes 10 et 15.
    • 2002 à 2004 : À cause des dangers d’y circuler durant les grands vents en hiver, le ministère des Transports du Québec (MTQ) déplace l’autoroute 15-132 vers le Vieux La Prairie et remplace l'asphalte par du béton strié. Aucune mesure d’atténuation du bruit n’est implantée.
    • 2004 : Construction près de la rue Saint-Henri d’une passerelle pour piétons et cyclistes permettant l’accès au fleuve. Cette passerelle remplace l’ancien tunnel piétonnier qui passait sous l’autoroute. Ce tunnel était situé dans l’axe de la rue Saint-Georges derrière l’ancienne Boulangerie Lussier.
    • 2009 : Suite à l’augmentation notable de la circulation sur la route 104 (chemin de Saint-Jean) en direction de Saint-Jean-sur-Richelieu, l’intersection du boulevard Taschereau et du chemin de Saint-Jean est réaménagée afin de permettre le virage à gauche sur deux voies.
    • 2011 : Aménagement d’un carrefour giratoire à l’intersection du boulevard Saint-José et de la rue Salaberry.
    • 2016 : Afin de rendre la circulation automobile plus sécuritaire, réaménagement, sans feux de circulation, de l’intersection du chemin de la Bataille et du chemin de Saint-Jean.

     

    1920 : ouverture du boulevard de Salaberry 1932 : ouverture du boulevard Taschereau jusqu’à La Prairie 1963 : inauguration de l’autoroute A 15-R 132 1966 : puisqu’en direction ouest, le seul accès à La Prairie à partir de l’autoroute 15, se situe à la hauteur de la rue Salaberry, le conseil municipal demande au ministère des Transports de construire un accès au Vieux La Prairie à la hauteur de la rue du Boulevard. 1996 : ouverture du prolongement de l’autoroute 30 entre les autoroutes 10 et 15. 2002 à 2004 : À cause des dangers d’y circuler durant les grands vents en hiver, le ministère des Transports du Québec (MTQ) déplace l’autoroute 15-132 vers le Vieux La Prairie et remplace l'asphalte par du béton strié. Aucune mesure d’atténuation du bruit n’est implantée. 2004 : Construction près de la rue Saint-Henri d’une passerelle pour piétons et cyclistes permettant l’accès au fleuve. Cette passerelle remplace l’ancien tunnel piétonnier qui passait sous l’autoroute. Ce tunnel était situé dans l’axe de la rue Saint-Georges derrière l’ancienne Boulangerie Lussier. 2009 : Suite à l’augmentation notable de la circulation sur la route 104 (chemin de Saint-Jean) en direction de Saint-Jean-sur-Richelieu, l’intersection du boulevard Taschereau et du chemin de Saint-Jean est réaménagée afin de permettre le virage à gauche sur deux voies. 2011 : Aménagement d’un carrefour giratoire à l’intersection du boulevard Saint-José et de la rue Salaberry. 2016 : Afin de rendre la circulation automobile plus sécuritaire, réaménagement, sans feux de circulation, de l’intersection du chemin de la Bataille et du chemin de Saint-Jean.  ...

    Les chemins de la guerre – partie 2 (suite 1)

    De la communication du village de la Prairie au fort St. Jean

      
    « Cette communication peut être considérée en deux parties. La première, comprise entre le village de la Prairie et l'entrée dans le bois, est de 2 grandes lieues (Longue d’environ 9,8 km, il s’agit sans doute de la partie établie par Robineau de Becancour en 1700)).  Le chemin y est tortueux et assujetti aux sinuosités de la rivière nommée vulgairement de la fourche (rivière Saint-Jacques), sur laquelle sont deux grands ponts en fort bon état;  d'ailleurs, il est traversé de 15 à 20  autres petits ponceaux, établis sur des fossés d'écoulement, mais en tout il est bon et praticable en tout temps.

    Son entretien est à la charge des habitants de ce village. Qu'à une lieue et demie (6,5 km) en avant du dit village, le chemin qui vient de Chambly y débouche sur la gauche. La seconde partie de trois lieues et demie (17 km) de longueur a été tracée sur 2 alignements tirés droit chacun jusqu'à la rivière Chambly (rivière Richelieu): le premier, percé dans une partie de bois, est traversé de 2 grands ponts établis, l'un à peu près dans son milieu, et l'autre, à son extrémité sur la rivière de Montréal (rivière l’Acadie);  ils sont brûlés aujourd'hui. On ne saurait apporter trop de diligence à leur rétablissement. […] Qu'on nomme savane un terrain mal spongieux et qui ne produit que de mauvais sapinages. Parvenu à l'extrémité de ce second alignement, le chemin prend sur la droite pendant une demie lieue (environ 2,5 km) et conduit tout le long de la rivière au fort Saint Jean. […]

    On observe que cette seconde partie de communication est totalement à la charge du Roy, et que, par la suite, à mesure que les établissements demanderont considération, l'on pourra redresser cette communication, en diriger l'alignement du clocher du village de la Prairie, droit sur le fort St.  Jean. » Louis Franquet, Voyages et mémoires sur le Canada, Québec, Institut canadien de Québec, 1888, 212 pages, pages 127 et 128

     Il semble qu’au cours de la guerre de 1756-1760, la situation ne se soit guère améliorée :

    Le 21 juin 1757 : « On a reconnu les endroits à faire camper d'ici à la Prairie le régiment de Languedoc, qui pourra fournir cent vingt travailleurs, qui, avec deux cent cinquante Canadiens, pourront accommoder provisionnellement le chemin de la Prairie à Saint-Jean, chemin aussi utile que nécessaire. Mais pour l'accommoder à demeure, il faudrait deux bataillons pendant deux mois, et […] » Collection des manuscrits du maréchal de Lévis, C.O. Beauchemin  et fils, Montréal, 1889, 12 volumes, Vol. 10   page 218

    Le 23 juin 1758 : « Communication de Montréal à Saint-Jean, dans l’état présent, lente, difficile et dispendieuse; à examiner à la paix, s’il faudrait faire le chemin de la Prairie à Saint-Jean directement par les savanes, ou de la Prairie, ou en prenant plus bas, de Longueuil à Chambly, et de ce fort à Saint-Jean, par terre ou en accommodant la rivière; ou s’il ne serait pas plus avantageux, en cas que cela soit possible, de faire un canal de la Prairie ou de Longueuil à Saint-Jean.[…] »   Collection des manuscrits du maréchal de Lévis, C.O. Beauchemin  et fils, Montréal, 1889, 12 volumes, Vol. 7  pages 377-378

    La dernière recommandation de l’ingénieur Franquet citée plus haut n’est sans doute pas étrangère au fait qu’en mai 1815, le Grand-Voyer Louis Chaussegros de Léry se rend à La Prairie afin de rencontrer plusieurs habitants qui demandent une modification du tracé du chemin de Saint-Jean.

    C’est qu’en 1815, le chemin de Saint-Jean part près du fleuve, passe par la rue actuelle du Boulevard, donc derrière l’église, et se dirige vers la rivière Saint-Jacques qu’il longe jusqu’au chemin de Fontarabie.

    Or, plusieurs se plaignent de ne pouvoir entrer au village, à deux périodes de l’année, à cause des inondations, soit au printemps et à l’automne. Leur requête vise donc à déplacer le chemin de sorte qu’il parte près du fleuve, en plein village, passe devant l’église et quitte le village en longeant la commune jusqu’au chemin de Fontarabie, soit grosso modo, son tracé actuel.

    Bien que plusieurs s’opposent au nouveau tracé proposé, le procès-verbal du Grand-Voyer précise le tracé du nouveau chemin, à partir du fleuve jusqu’au chemin de Fontarabie. Il ordonne l’abolition de l’ancien chemin, puis la construction d’un pont sur la rivière Saint-Jacques et celle de deux levées pour prévenir les inondations. Les informations sur le changement de 1815 sont tirées de l’article de Jean Joy intitulé « Le grand dérangement du chemin de Saint-Jean » paru dans le Au jour le jour de février 2008.  

    Depuis cette modification du tracé en 1815, hormis l’amélioration de la chaussée, le chemin de Saint-Jean a connu peu de modifications. De nos jours, la route 104 commence à l'intersection du boulevard Taschereau (route 134), empruntant le chemin de Saint-Jean. Cette section correspond à l'ancienne route 9B. Plus à l'est, elle passe à Saint-Jean-sur-Richelieu, où elle forme un chevauchement avec l'autoroute 35 (Autoroute de la Vallée-des-Forts).

    Des travaux sont entamés en 1964 afin d'ériger entre l'autoroute A15-R132 et Saint-Jean-sur-Richelieu une autoroute se substituant à l'itinéraire de la route 9B. Les travaux, inachevés, ne sont complétés que dans le secteur Saint-Luc. La portion en contournement de La Prairie est qualifiée, en 1984, de « projet révolu » par le ministère des Transports, qui opte finalement pour une amélioration de la route 104 dans l'emprise existante.

    Avec une importante augmentation de la population des villes riveraines (La Prairie, Saint-Philippe, Saint-Luc et Saint-Jean-sur-Richelieu), la route 104 (chemin de Saint-Jean) est devenue une voie de circulation très achalandée. Ceci explique pourquoi la municipalité de La Prairie réclame toujours l’élargissement à deux voies de cette route sur toute sa longueur.

    Ancienne route militaire, le chemin de Saint-Jean est de nos jours devenu une artère vitale pour une vaste population.

     

     

    De la communication du village de la Prairie au fort St. Jean    « Cette communication peut être considérée en deux parties. La première, comprise entre le village de la Prairie et l'entrée dans le bois, est de 2 grandes lieues (Longue d’environ 9,8 km, il s’agit sans doute de la partie établie par Robineau de Becancour en 1700)).  Le chemin y est tortueux et assujetti aux sinuosités de la rivière nommée vulgairement de la fourche (rivière Saint-Jacques), sur laquelle sont deux grands ponts en fort bon état;  d'ailleurs, il est traversé de 15 à 20  autres petits ponceaux, établis sur des fossés d'écoulement, mais en tout il est bon et praticable en tout temps. Son entretien est à la charge des habitants de ce village. Qu'à une lieue et demie (6,5 km) en avant du dit village, le chemin qui vient de Chambly y débouche sur la gauche. La seconde partie de trois lieues et demie (17 km) de longueur a été tracée sur 2 alignements tirés droit chacun jusqu'à la rivière Chambly (rivière Richelieu): le premier, percé dans une partie de bois, est traversé de 2 grands ponts établis, l'un à peu près dans son milieu, et l'autre, à son extrémité sur la rivière de Montréal (rivière l’Acadie);  ils sont brûlés aujourd'hui. On ne saurait apporter trop de diligence à leur rétablissement. […] Qu'on nomme savane un terrain mal spongieux et qui ne produit que de mauvais sapinages. Parvenu à l'extrémité de ce second alignement, le chemin prend sur la droite pendant une demie lieue (environ 2,5 km) et conduit tout le long de la rivière au fort Saint Jean. […] On observe que cette seconde partie de communication est totalement à la charge du Roy, et que, par la suite, à mesure que les établissements demanderont considération, l'on pourra redresser cette communication, en diriger l'alignement du clocher du village de la Prairie, droit sur le fort St.  Jean. » Louis Franquet, Voyages et mémoires sur le Canada, Québec, Institut canadien de Québec, 1888, 212 pages, pages 127 et 128  Il semble qu’au cours de la guerre de 1756-1760, la situation ne se soit guère améliorée : Le 21 juin 1757 : « On a reconnu les endroits à faire camper d'ici à la Prairie le régiment de Languedoc, qui pourra fournir cent vingt travailleurs, qui, avec deux cent cinquante Canadiens, pourront accommoder provisionnellement le chemin de la Prairie à Saint-Jean, chemin aussi utile que nécessaire. Mais pour l'accommoder à demeure, il faudrait deux bataillons pendant deux mois, et […] » Collection des manuscrits du maréchal de Lévis, C.O. Beauchemin  et fils, Montréal, 1889, 12 volumes, Vol. 10   page 218 Le 23 juin 1758 : « Communication de Montréal à Saint-Jean, dans l’état présent, lente, difficile et dispendieuse; à examiner à la paix, s’il faudrait faire le chemin de la Prairie à Saint-Jean directement par les savanes, ou de la Prairie, ou en prenant plus bas, de Longueuil à Chambly, et de ce fort à Saint-Jean, par terre ou en accommodant la rivière; ou s’il ne serait pas plus avantageux, en cas que cela soit possible, de faire un canal de la Prairie ou de Longueuil à Saint-Jean.[…] »   Collection des manuscrits du maréchal de Lévis, C.O. Beauchemin  et fils, Montréal, 1889, 12 volumes, Vol. 7  pages 377-378 La dernière recommandation de l’ingénieur Franquet citée plus haut n’est sans doute pas étrangère au fait qu’en mai 1815, le Grand-Voyer Louis Chaussegros de Léry se rend à La Prairie afin de rencontrer plusieurs habitants qui demandent une modification du tracé du chemin de Saint-Jean. C’est qu’en 1815, le chemin de Saint-Jean part près du fleuve, passe par la rue actuelle du Boulevard, donc derrière l’église, et se dirige vers la rivière Saint-Jacques qu’il longe jusqu’au chemin de Fontarabie. Or, plusieurs se plaignent de ne pouvoir entrer au village, à deux périodes de l’année, à cause des inondations, soit au printemps et à l’automne. Leur requête vise donc à déplacer le chemin de sorte qu’il parte près du fleuve, en plein village, passe devant l’église et quitte le village en longeant la commune jusqu’au chemin de Fontarabie, soit grosso modo, son tracé actuel. Bien que plusieurs s’opposent au nouveau tracé proposé, le procès-verbal du Grand-Voyer précise le tracé du nouveau chemin, à partir du fleuve jusqu’au chemin de Fontarabie. Il ordonne l’abolition de l’ancien chemin, puis la construction d’un pont sur la rivière Saint-Jacques et celle de deux levées pour prévenir les inondations. Les informations sur le changement de 1815 sont tirées de l’article de Jean Joy intitulé « Le grand dérangement du chemin de Saint-Jean » paru dans le Au jour le jour de février 2008.   Depuis cette modification du tracé en 1815, hormis l’amélioration de la chaussée, le chemin de Saint-Jean a connu peu de modifications. De nos jours, la route 104 commence à l'intersection du boulevard Taschereau (route 134), empruntant le chemin de Saint-Jean. Cette section correspond à l'ancienne route 9B. Plus à l'est, elle passe à Saint-Jean-sur-Richelieu, où elle forme un chevauchement avec l'autoroute 35 (Autoroute de la Vallée-des-Forts). Des travaux sont entamés en 1964 afin d'ériger entre l'autoroute A15-R132 et Saint-Jean-sur-Richelieu une autoroute se substituant à l'itinéraire de la route 9B. Les travaux, inachevés, ne sont complétés que dans le secteur Saint-Luc. La portion en contournement de La Prairie est qualifiée, en 1984, de « projet révolu » par le ministère des Transports, qui opte finalement pour une amélioration de la route 104 dans l'emprise existante. Avec une importante augmentation de la population des villes riveraines (La Prairie, Saint-Philippe, Saint-Luc et Saint-Jean-sur-Richelieu), la route 104 (chemin de Saint-Jean) est devenue une voie de circulation très achalandée. Ceci explique pourquoi la municipalité de La Prairie réclame toujours l’élargissement à deux voies de cette route sur toute sa longueur. Ancienne route militaire, le chemin de Saint-Jean est de nos jours devenu une artère vitale pour une vaste population.    ...

    Les chemins de la guerre – partie 2 (suite)

    Du même coup, les services de Bleury n’étaient plus requis. Toutefois les dirigeants de la colonie constatèrent rapidement que les fossés de Lanouillier étaient insuffisants et la nouvelle route s’avéra impraticable dès le printemps suivant.

    À ce propos, Madame Bégon écrivait:

    « Le 12 (décembre 1748). -Rien de nouveau, cher fils, sy ce n'est le retour de Lery qui est arivez de son fort st Jean où il est depuis le 27 avril. Tous ceux qui on veu cette ouvrage dise que cela est fort joly, mais cela est de bois et, par concéquand peu solide. Je crois que pour ôter à Bleury le peut de profit qui luy donnès steThérèze, il en coûtera bon au Roy, tant pour ce nouveau fort que pour le chemain de St Jean qui ne peut estre pratiquable que l'hiver, n'ayan pu y aler à la fin de l'estez avec une charette vide quoyque l'anée ait été fort seiche; mais il y a longtemt que l 'on avet envie de faire cette belle découverte qui ne sera jamais de grand secours. »Ces trois paragraphes sont tirés de : Réal Fortin, Le fort de Sainte-Thérèse et la Nouvelle-France, Éditions Histoire Québec, Collection Société d’histoire de la seigneurie de Chambly, 2003, 210 pages. Pages 38-39

     
    L’année suivante, le voyageur suédois Pehr Kalm constate que l’état du chemin ne s’est guère amélioré :

    Le 23 juillet 1749 : « Ce matin nous poursuivons notre voyage en direction de Prairie (sic). […] D’ici (du fort Saint-Jean) à Prairie on compte six lieues (29,5 km) entièrement par voie de terre.  […] partout le pays est composé de terres basses, boisées, assez humides pour que les chemins le soient encore au beau milieu d’un été très sec. Tout cela nous empêche d’avancer rapidement. Il faut noter que le Fort Saint-Jean a été bâti au cours de l’été précédent, que l’ensemble de cette route n’a été construit qu’à cette époque-là et qu’elle n’a pas pu se stabiliser en si peu de temps ; 260 hommes […] travaillèrent durant trois mois à exécuter ce chemin; on dit que le travail sera poursuivi dès l’automne prochain. […] Il a dû exister dans les temps anciens un marécage, aujourd’hui desséché. […] » Pehr Kalm, Voyage au Canada en 1749, Éditions Pierre Tisseyre, Montréal, 1977. Pages 176 et 177

     
    Ingénieur du roi, Louis Franquet fut chargé en 1750, par le gouvernement de Versailles d’inspecter les forts et autres travaux militaires de la Nouvelle-France. En 1752, il se rend à Québec, Trois-Rivières et Montréal et visite quelques forts. En parcourant la distance qui sépare La Prairie du fort Saint-Jean, Franquet constate que le chemin établi par Robineau de Becancour en 1700 est toujours en bon état. Il note également qu’à partir de l’intersection avec le chemin qui mène à Chambly, la voie qui mène au Richelieu est tracée sur deux alignements différents. Suite à cette reconnaissance de la situation et de l’état déplorable de la section qui est en terrain spongieux, Franquet propose qu’éventuellement on redresse l’ensemble du « chemin de Saint-Jean en l’alignant sur le clocher de La Prairie.

     

    Du même coup, les services de Bleury n’étaient plus requis. Toutefois les dirigeants de la colonie constatèrent rapidement que les fossés de Lanouillier étaient insuffisants et la nouvelle route s’avéra impraticable dès le printemps suivant. À ce propos, Madame Bégon écrivait: « Le 12 (décembre 1748). -Rien de nouveau, cher fils, sy ce n'est le retour de Lery qui est arivez de son fort st Jean où il est depuis le 27 avril. Tous ceux qui on veu cette ouvrage dise que cela est fort joly, mais cela est de bois et, par concéquand peu solide. Je crois que pour ôter à Bleury le peut de profit qui luy donnès steThérèze, il en coûtera bon au Roy, tant pour ce nouveau fort que pour le chemain de St Jean qui ne peut estre pratiquable que l'hiver, n'ayan pu y aler à la fin de l'estez avec une charette vide quoyque l'anée ait été fort seiche; mais il y a longtemt que l 'on avet envie de faire cette belle découverte qui ne sera jamais de grand secours. »Ces trois paragraphes sont tirés de : Réal Fortin, Le fort de Sainte-Thérèse et la Nouvelle-France, Éditions Histoire Québec, Collection Société d’histoire de la seigneurie de Chambly, 2003, 210 pages. Pages 38-39   L’année suivante, le voyageur suédois Pehr Kalm constate que l’état du chemin ne s’est guère amélioré : Le 23 juillet 1749 : « Ce matin nous poursuivons notre voyage en direction de Prairie (sic). […] D’ici (du fort Saint-Jean) à Prairie on compte six lieues (29,5 km) entièrement par voie de terre.  […] partout le pays est composé de terres basses, boisées, assez humides pour que les chemins le soient encore au beau milieu d’un été très sec. Tout cela nous empêche d’avancer rapidement. Il faut noter que le Fort Saint-Jean a été bâti au cours de l’été précédent, que l’ensemble de cette route n’a été construit qu’à cette époque-là et qu’elle n’a pas pu se stabiliser en si peu de temps ; 260 hommes […] travaillèrent durant trois mois à exécuter ce chemin; on dit que le travail sera poursuivi dès l’automne prochain. […] Il a dû exister dans les temps anciens un marécage, aujourd’hui desséché. […] » Pehr Kalm, Voyage au Canada en 1749, Éditions Pierre Tisseyre, Montréal, 1977. Pages 176 et 177   Ingénieur du roi, Louis Franquet fut chargé en 1750, par le gouvernement de Versailles d’inspecter les forts et autres travaux militaires de la Nouvelle-France. En 1752, il se rend à Québec, Trois-Rivières et Montréal et visite quelques forts. En parcourant la distance qui sépare La Prairie du fort Saint-Jean, Franquet constate que le chemin établi par Robineau de Becancour en 1700 est toujours en bon état. Il note également qu’à partir de l’intersection avec le chemin qui mène à Chambly, la voie qui mène au Richelieu est tracée sur deux alignements différents. Suite à cette reconnaissance de la situation et de l’état déplorable de la section qui est en terrain spongieux, Franquet propose qu’éventuellement on redresse l’ensemble du « chemin de Saint-Jean en l’alignant sur le clocher de La Prairie.  ...

    Les chemins de la guerre – partie 2

    N.D.L.R. Dans les pages qui suivent, les gras italiques et les remarques entre (…) sont de nous.

    D’abord un chemin d’utilité dans la section qui traverse la seigneurie de La Prairie, le chemin de Saint-Jean fut quelques décennies plus tard prolongé et élargi afin de servir des objectifs militaires.

    Le chemin royal de Saint-Jean

    En l’an 1700, le grand voyer Robineau de Becancour se rend à La Prairie pour y établir un chemin royal qui deviendra plus tard le chemin de Saint-Jean. Ce premier chemin longe la rivière Saint-Jacques jusqu’à Fontarabie, ce qui explique pourquoi le voyer prévoit la construction de ponts qui permettront de traverser la dite rivière facilitant ainsi les communications entre les censitaires établis sur les deux rives.

    « Conseil Souverain de quebec Le lundy ier fevrier 1700 huictieme touchant les chemins; nous pierre Robineau chevalier et seigneur de Becancour baron de portneuf grand voyer en ce pays nous sommes transporté dans la coste et Seigneurie la prairie de la Magdelaine paroisse St-Francois Xavier appartenant aux très Revevrends Pères de la compagnie de Jesus Seigneur et proprietaire de la dite Seigneurie Et du consentement et advis du Sr pierre Gagné capitaine de milice de la dite coste et du Sr Jean caillou dit Baron nostre commis à la grand […] Et des Srs Jacques Destaillis, francois Le Ber Michel St marie, René Diné dit courville, francois Lefebre, françois DuMay avons réglé le grand chemin Royal de la dite Seigneurie de deux lieües un quart environ (11 km) Et quil sest trouvé un ruisseau appellé communement le grand ruisseau ou il est necessaire de faire un pont lequel pour les habitants depuis la riviere de la tortue seront obligé de construire tous ensemble bon […] et proprement le poids et charrois, ils travailleront aussi a rendre ce luy de la commune praticable avec tous les habitants de la dite Seigneurie, Et depuis le fort jusque au bout de la dite Seigneurie ils rendront les chemins praticables chacun endroit soy faisant des ponts sur les […] pieds de large bons et valables et auterons les grosses pierres et cailloux qui se trouvent dans le dit chemin Et a chacun sur sa terre a lesgard des deux ponts qui se rencontre chez françois Leber ils seront faicts Et entretenus par ceux dont les avant des terres se dechargent sont les dits ponts, […] Jean Cailloud Jacques Detaillis francois LeBer Michel Ste Marie René […] de Courville francois lefebure et francois du may declacré ne savoir de ce interpellé selon l’ordonnance. » Pierre Robineau de Becancour – grand voyer in BAnQ numérique.  Document paléographié par Lina Chopin – avril 2021

    Ce premier « chemin de Saint-Jean » atteignait la limite sud-est de la seigneurie.

    La Réorganisation de la défense du Richelieu et abandon du fort Sainte-Thérèse

    Au même moment, le gouverneur étudiait diverses possibilités d’améliorer la défense sur la rivière Richelieu ainsi que le transport entre Montréal et le lac Champlain. Emprunter la voie navigable entraînait un long détour et surtout une perte de temps à partager entre Chambly et Sainte-Thérèse. Depuis longtemps on avait songé à tracer une route entre La Prairie et Saint-Jean ce qui, en théorie, aurait permis une importante économie de temps et d’argent.

    Malheureusement, la région située entre la petite rivière L’Acadie et l’église actuelle de Saint-Luc était une immense savane. Au printemps ou à la suite de fortes pluies, aucun drainage naturel ne permettait aux eaux de s’écouler rapidement. Ceux qui tentaient de s’y aventurer se retrouvaient dans la boue jusqu’à la mi-cuisse. On chargea, en 1747, le grand voyer Jean-Eustache Lanouillier de Boiscler de creuser des fossés afin de remédier à ce problème et de procéder à la prolongation du chemin jusqu’à Saint-Jean où on projetait d’ériger un nouveau fort. […]

    François Bigot, nouvellement nommé intendant, dira alors : « Nous avons fait des économies où nous avons pu. Nous avons même transporté de Sainte­Thérèse tout ce qui était utilisable (…). Au cours de l’été 1748, une route a été construite de Laprairie directement à Saint-Jean. Plus de portage ! On n’aura plus besoin de maintenir une garnison à Sainte-Thérèse ».

     

    N.D.L.R. Dans les pages qui suivent, les gras italiques et les remarques entre (…) sont de nous. D’abord un chemin d’utilité dans la section qui traverse la seigneurie de La Prairie, le chemin de Saint-Jean fut quelques décennies plus tard prolongé et élargi afin de servir des objectifs militaires. Le chemin royal de Saint-Jean En l’an 1700, le grand voyer Robineau de Becancour se rend à La Prairie pour y établir un chemin royal qui deviendra plus tard le chemin de Saint-Jean. Ce premier chemin longe la rivière Saint-Jacques jusqu’à Fontarabie, ce qui explique pourquoi le voyer prévoit la construction de ponts qui permettront de traverser la dite rivière facilitant ainsi les communications entre les censitaires établis sur les deux rives. « Conseil Souverain de quebec Le lundy ier fevrier 1700 huictieme touchant les chemins; nous pierre Robineau chevalier et seigneur de Becancour baron de portneuf grand voyer en ce pays nous sommes transporté dans la coste et Seigneurie la prairie de la Magdelaine paroisse St-Francois Xavier appartenant aux très Revevrends Pères de la compagnie de Jesus Seigneur et proprietaire de la dite Seigneurie Et du consentement et advis du Sr pierre Gagné capitaine de milice de la dite coste et du Sr Jean caillou dit Baron nostre commis à la grand […] Et des Srs Jacques Destaillis, francois Le Ber Michel St marie, René Diné dit courville, francois Lefebre, françois DuMay avons réglé le grand chemin Royal de la dite Seigneurie de deux lieües un quart environ (11 km) Et quil sest trouvé un ruisseau appellé communement le grand ruisseau ou il est necessaire de faire un pont lequel pour les habitants depuis la riviere de la tortue seront obligé de construire tous ensemble bon […] et proprement le poids et charrois, ils travailleront aussi a rendre ce luy de la commune praticable avec tous les habitants de la dite Seigneurie, Et depuis le fort jusque au bout de la dite Seigneurie ils rendront les chemins praticables chacun endroit soy faisant des ponts sur les […] pieds de large bons et valables et auterons les grosses pierres et cailloux qui se trouvent dans le dit chemin Et a chacun sur sa terre a lesgard des deux ponts qui se rencontre chez françois Leber ils seront faicts Et entretenus par ceux dont les avant des terres se dechargent sont les dits ponts, […] Jean Cailloud Jacques Detaillis francois LeBer Michel Ste Marie René […] de Courville francois lefebure et francois du may declacré ne savoir de ce interpellé selon l’ordonnance. » Pierre Robineau de Becancour – grand voyer in BAnQ numérique.  Document paléographié par Lina Chopin – avril 2021 Ce premier « chemin de Saint-Jean » atteignait la limite sud-est de la seigneurie. La Réorganisation de la défense du Richelieu et abandon du fort Sainte-Thérèse Au même moment, le gouverneur étudiait diverses possibilités d’améliorer la défense sur la rivière Richelieu ainsi que le transport entre Montréal et le lac Champlain. Emprunter la voie navigable entraînait un long détour et surtout une perte de temps à partager entre Chambly et Sainte-Thérèse. Depuis longtemps on avait songé à tracer une route entre La Prairie et Saint-Jean ce qui, en théorie, aurait permis une importante économie de temps et d’argent. Malheureusement, la région située entre la petite rivière L’Acadie et l’église actuelle de Saint-Luc était une immense savane. Au printemps ou à la suite de fortes pluies, aucun drainage naturel ne permettait aux eaux de s’écouler rapidement. Ceux qui tentaient de s’y aventurer se retrouvaient dans la boue jusqu’à la mi-cuisse. On chargea, en 1747, le grand voyer Jean-Eustache Lanouillier de Boiscler de creuser des fossés afin de remédier à ce problème et de procéder à la prolongation du chemin jusqu’à Saint-Jean où on projetait d’ériger un nouveau fort. […] François Bigot, nouvellement nommé intendant, dira alors : « Nous avons fait des économies où nous avons pu. Nous avons même transporté de Sainte­Thérèse tout ce qui était utilisable (...). Au cours de l’été 1748, une route a été construite de Laprairie directement à Saint-Jean. Plus de portage ! On n’aura plus besoin de maintenir une garnison à Sainte-Thérèse ».  ...

    La 19e Journée nationale des Patriotes

    Le 24 mai prochain, le Québec soulignera, pour la 19e fois, la Journée nationale des Patriotes. Selon le communiqué de presse du premier ministre Bernard Landry, issu le 24 novembre 2002, ce jour férié a été instauré pour souligner « l'importance de la lutte des patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance de leur nation, pour sa liberté politique et pour l'établissement d'un gouvernement démocratique ».

    Ce jour de congé était autrefois connu sous deux autres dénominations : « La fête de la Reine » (toujours observée dans le reste du Canada) qui nous vient de notre passé colonial britannique et qui commémorait le jour de naissance de la reine Victoria (née le 24 mai 1819) et « La fête de Dollard », instituée vers 1920 grâce à l’influent abbé Lionel Groulx pour commémorer les exploits de Dollard des Ormeaux à la bataille du Long-Sault le 12 mai 1660.

    Pour en apprendre davantage sur l’histoire des Patriotes de 1837-1838 je vous invite à consulter le site web de l’historien Gilles Laporte (www.1837.qc.ca) ou à vous procurer l’ouvrage de référence sur le sujet, L’histoire des Patriotes de l’historien Gérard Filteau, réédité chez Septentrion en 2003.

    Patriotiquement vôtre,

    Stéphane Tremblay
    Président de la SHLM

     

    Le 24 mai prochain, le Québec soulignera, pour la 19e fois, la Journée nationale des Patriotes. Selon le communiqué de presse du premier ministre Bernard Landry, issu le 24 novembre 2002, ce jour férié a été instauré pour souligner « l'importance de la lutte des patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance de leur nation, pour sa liberté politique et pour l'établissement d'un gouvernement démocratique ». Ce jour de congé était autrefois connu sous deux autres dénominations : « La fête de la Reine » (toujours observée dans le reste du Canada) qui nous vient de notre passé colonial britannique et qui commémorait le jour de naissance de la reine Victoria (née le 24 mai 1819) et « La fête de Dollard », instituée vers 1920 grâce à l’influent abbé Lionel Groulx pour commémorer les exploits de Dollard des Ormeaux à la bataille du Long-Sault le 12 mai 1660. Pour en apprendre davantage sur l’histoire des Patriotes de 1837-1838 je vous invite à consulter le site web de l’historien Gilles Laporte (www.1837.qc.ca) ou à vous procurer l’ouvrage de référence sur le sujet, L’histoire des Patriotes de l’historien Gérard Filteau, réédité chez Septentrion en 2003. Patriotiquement vôtre, Stéphane Tremblay Président de la SHLM  ...