Sélection d'une édition

    Le Salon funéraire Henri-Guérin

    «Les cultures sont l’ensemble des forces collectives qui s’opposent à la mort»

    Jean Duvignaud, Introduction à la sociologie, 1971 (1966), p. 12

     

    Ce mois-ci nous vous proposons d’explorer un pan fort intéressant de l’histoire de La Prairie.

    La ville a connu au cours des siècles une importante économie de la mort. Nous n’avons qu’à penser à la Famille Patenaude, qui tenait un commerce de vêtements mortuaires depuis 1944 sur la rue Saint-Ignace. Un jour, ceux-ci auront sans doute un article dédié dans le Bulletin.

    Toutefois, cette fois-ci, notre regard se portera sur la famille Guérin et tout particulièrement sur l’histoire du fondateur du salon funéraire le plus connu de la région.

    Partons à la recherche du passé d’Henry Guérin ; électricien, embaumeur et propriétaire du salon funéraire éponyme au 425 chemin de Saint-Jean.

    Contexte 

    Dans les années 1940, Henry Guérin et sa femme, Léontine Patenaude, habitent Saint-Constant en compagnie de leurs enfants, Charlemagne, Yvon, Fernande, Giselle et Liette. Henry est à cette époque employé par la compagnie Baillargeon de Saint-Constant, fabricants de cierges, à titre de contremaître. Il travaille également le soir comme électricien. Possédant déjà les qualités d’un entrepreneur, Henry travaille beaucoup pour améliorer la situation économique de sa famille. Celui-ci est déjà quelque peu en contact avec l’industrie funéraire. Il fabrique de l’encens pour la compagnie Baillargeon et sa femme avait travaillé brièvement chez les Patenaude de La Prairie. Il est difficile de déterminer ce qui a motivé monsieur Guérin à fonder un salon funéraire : souhaitait-il apporter un soutien moral à la communauté ? Développer une entreprise dans un secteur sous-exploité, ou satisfaire sa volonté d’apprendre un métier tout particulier ? Tout ce que nous savons, c’est qu’Henry aurait entretenu des rapports amicaux et professionnels avec un certain Alfred Allaire, le fondateur des salons funéraires aujourd’hui appelés Yves Légaré. Monsieur Allaire, ayant transformé son salon de barbier à Montréal en salon funéraire dans les années 1930, aurait convaincu Henry de fonder son propre salon sur la Rive-Sud. [1]

    C’est ainsi qu’Henry commence à suivre des cours d’embaumement auprès d’un embaumeur itinérant prénommé Eugène Théorêt. Celui-ci assura la formation de nombreux embaumeurs de la région de Montréal, car à cette époque, le métier d’embaumeur n’avait pas encore de formation professionnelle.

    Fondation du Salon

    Quelques années plus tard, en 1950, le salon funéraire Henry Guérin est officiellement fondé à l’emplacement actuel du 425 chemin de Saint-Jean. À l’aide de ses deux fils, Henry bâtit le salon de ses propres mains et l’aménage adéquatement. On y trouve une salle d’exposition de cercueils, un fumoir et une salle de réception pour l’exposition du défunt. Son atelier d’embaumement est situé dans la cour arrière. Mise à part sa femme Léontine, personne n’était autorisé à pénétrer dans son atelier. Celui-ci tenait à cœur la préservation de la dignité du défunt. Le deuxième étage du bâtiment servait de lieu d’habitation de la famille, comme c’était le cas pour la majorité des commerces de cette époque.

    Le salon des Guérin se démarque rapidement au cours des années 50. Le salon de monsieur Jean-Baptiste Audette, qui était le seul salon du village auparavant, est rapidement concurrencé par le nouvel arrivant. Il ferme ses portes quelques années suivant l’arrivée de la famille Guérin. Il faut dire que le nouveau salon avait apporté un tout nouveau niveau de professionnalisme dans la région. Beaucoup plus moderne que son prédécesseur, le salon Henri se distingue par sa convivialité et son service impeccable. Monsieur Guérin assure la grande majorité des activités de l’entreprise. De la collecte du corps, à l’embaumement, en passant par l’accueil des familles et la comptabilité, Henri est un véritable couteau suisse. Encore une fois, son amour du travail et sa grande sensibilité contribuent à forger sa réputation dans l’entourage.

    Il faut dire que la famille profite aussi d’un contexte favorable au développement de ce type d’affaires. Les années 50 sont marquées par une forte croissance économique dans la région du Grand-Montréal. Les 30 glorieuses percolent sur la Rive-Sud et entraînent la croissance et la fondation de nombreuses municipalités qui avoisinent La Prairie. La ville elle-même connaît une croissance exponentielle et le salon profite de son positionnement stratégique à la jonction entre le boulevard Taschereau et le chemin de Saint-Jean, deux des plus importantes artères économiques et sociales de la Rive-Sud.

    Funérailles, 1960-1970, Archives nationales à Montréal, Fonds Antoine Desilets, (06M,P697,S1,SS1,SSS17,D12,P62), Antoine Desilets

    Changement dans les pratiques mortuaires

    C’est aussi durant cette période que nous assistons à une mutation profonde des pratiques mortuaires et funéraires. C’est le début de l’institutionnalisation de la mort avec l’émergence des salons funéraires. À partir des années 1940, on en voit apparaître partout au Québec. Auparavant, la mort se célébrait chez soi et avait une dimension beaucoup plus enracinée dans les traditions catholiques. Le corps était exposé même durant la nuit. Les membres de la famille se passaient le relais pour accueillir les paroissiens et les anciennes connaissances du défunt. C’est ce que l’on appelait les longues veillées[2]. Plusieurs chapelets étaient récités chaque heure et il était de coutume pour les invités d’asperger le corps du défunt avec une branche de sapin[3]. Les trois jours d’exposition du corps étaient donc chargés d’une ambiance ritualiste. Par contraste, les années d’après-guerre développent une expérience funéraire beaucoup plus sobre et professionnelle.

    Les activités du salon

    Le quotidien d’Henry ressemblait à ceci : on l’appelait lorsqu’un habitant de la région était décédé. Il montait alors dans sa camionnette spécialement conçue pour transporter les corps des défunts. Il se rendait alors sur les lieux, accompagnait la famille dans leur chagrin. Puis, il amenait le corps dans sa salle d’embaumement et attendait entre deux et trois heures pour faciliter son travail. Ensuite, il passait encore entre deux et trois heures à préparer le corps à l’exposition. Il n’était pas rare que les défunts fussent exposés dans la salle de réception du salon le jour même de leur décès. Même en pleine nuit, l’entrepreneur répondait au téléphone et grimpait dans sa camionnette pour honorer les défunts.

    «plus de 1/6 de la population, soit près de 11 millions de personnes en France et plus de 1,3 million au Québec, vivent actuellement des réactions de deuil concomitantes aux pratiques funéraires.»

    Gil Labescat, La ritualisation dans la trajectoire du mourir : l’action rituelle funéraire,, Université de Strasbourg et Université du Québec à Montréal, 2016, p. 318.

    Funérailles, 1960-1970, Archives nationales à Montréal, Fonds Antoine Desilets, (06M,P697,S1,SS1,SSS17,D12,P6), Antoine Desilets.

    La fin d’une ère

    Tous les habitants de La Prairie étant entrés en contact avec Henri sont d’accord sur une chose. Cet homme était rempli d’humanité et de respect pour les familles des défunts. Son calme et son appui moral permettaient aux proches d’effectuer leur deuil dans la dignité.

    Il ne fut alors pas étonnant que Henri eût droit à une grande messe lors de son décès le 13 avril 1966. Plusieurs familles pour lesquelles il avait arrangé les funérailles étaient présentes pour le célébrer et le remercier pour son appui pendant toutes ces années.

    À la suite de sa mort, c’est son fils Yvon qui reprendra le salon. La famille Guérin continuera de gérer le salon jusque dans les années 90. Le salon sera ensuite acheté par La Maison Darche, un autre salon funéraire québécois, toujours propriétaire du salon sur le chemin Saint-Jean.

    ______________________________

    [1] Salon funéraire Yves Légaré, https://yveslegare.com/en/pages/a-propos

    [2] Yves Hébert, « Les rites funéraires d’autrefois (Québec 1880-1940) », Encyclopédie sur la mort, 2001.

    [3] Ibid.

    « Les cultures sont l’ensemble des forces collectives qui s’opposent à la mort » Jean Duvignaud, Introduction à la sociologie, 1971 (1966), p. 12   Ce mois-ci nous vous proposons d’explorer un pan fort intéressant de l’histoire de La Prairie. La ville a connu au cours des siècles une importante économie de la mort. Nous n’avons qu’à penser à la Famille Patenaude, qui tenait un commerce de vêtements mortuaires depuis 1944 sur la rue Saint-Ignace. Un jour, ceux-ci auront sans doute un article dédié dans le Bulletin. Toutefois, cette fois-ci, notre regard se portera sur la famille Guérin et tout particulièrement sur l’histoire du fondateur du salon funéraire le plus connu de la région. Partons à la recherche du passé d’Henry Guérin ; électricien, embaumeur et propriétaire du salon funéraire éponyme au 425 chemin de Saint-Jean. Contexte  Dans les années 1940, Henry Guérin et sa femme, Léontine Patenaude, habitent Saint-Constant en compagnie de leurs enfants, Charlemagne, Yvon, Fernande, Giselle et Liette. Henry est à cette époque employé par la compagnie Baillargeon de Saint-Constant, fabricants de cierges, à titre de contremaître. Il travaille également le soir comme électricien. Possédant déjà les qualités d’un entrepreneur, Henry travaille beaucoup pour améliorer la situation économique de sa famille. Celui-ci est déjà quelque peu en contact avec l’industrie funéraire. Il fabrique de l’encens pour la compagnie Baillargeon et sa femme avait travaillé brièvement chez les Patenaude de La Prairie. Il est difficile de déterminer ce qui a motivé monsieur Guérin à fonder un salon funéraire : souhaitait-il apporter un soutien moral à la communauté ? Développer une entreprise dans un secteur sous-exploité, ou satisfaire sa volonté d’apprendre un métier tout particulier ? Tout ce que nous savons, c’est qu’Henry aurait entretenu des rapports amicaux et professionnels avec un certain Alfred Allaire, le fondateur des salons funéraires aujourd’hui appelés Yves Légaré. Monsieur Allaire, ayant transformé son salon de barbier à Montréal en salon funéraire dans les années 1930, aurait convaincu Henry de fonder son propre salon sur la Rive-Sud. [1] C’est ainsi qu’Henry commence à suivre des cours d’embaumement auprès d’un embaumeur itinérant prénommé Eugène Théorêt. Celui-ci assura la formation de nombreux embaumeurs de la région de Montréal, car à cette époque, le métier d’embaumeur n’avait pas encore de formation professionnelle. Fondation du Salon Quelques années plus tard, en 1950, le salon funéraire Henry Guérin est officiellement fondé à l’emplacement actuel du 425 chemin de Saint-Jean. À l’aide de ses deux fils, Henry bâtit le salon de ses propres mains et l’aménage adéquatement. On y trouve une salle d’exposition de cercueils, un fumoir et une salle de réception pour l’exposition du défunt. Son atelier d’embaumement est situé dans la cour arrière. Mise à part sa femme Léontine, personne n’était autorisé à pénétrer dans son atelier. Celui-ci tenait à cœur la préservation de la dignité du défunt. Le deuxième étage du bâtiment servait de lieu d’habitation de la famille, comme c’était le cas pour la majorité des commerces de cette époque. Le salon des Guérin se démarque rapidement au cours des années 50. Le salon de monsieur Jean-Baptiste Audette, qui était le seul salon du village auparavant, est rapidement concurrencé par le nouvel arrivant. Il ferme ses portes quelques années suivant l’arrivée de la famille Guérin. Il faut dire que le nouveau salon avait apporté un tout nouveau niveau de professionnalisme dans la région. Beaucoup plus moderne que son prédécesseur, le salon Henri se distingue par sa convivialité et son service impeccable. Monsieur Guérin assure la grande majorité des activités de l’entreprise. De la collecte du corps, à l’embaumement, en passant par l’accueil des familles et la comptabilité, Henri est un véritable couteau suisse. Encore une fois, son amour du travail et sa grande sensibilité contribuent à forger sa réputation dans l’entourage. Il faut dire que la famille profite aussi d’un contexte favorable au développement de ce type d’affaires. Les années 50 sont marquées par une forte croissance économique dans la région du Grand-Montréal. Les 30 glorieuses percolent sur la Rive-Sud et entraînent la croissance et la fondation de nombreuses municipalités qui avoisinent La Prairie. La ville elle-même connaît une croissance exponentielle et le salon profite de son positionnement stratégique à la jonction entre le boulevard Taschereau et le chemin de Saint-Jean, deux des plus importantes artères économiques et sociales de la Rive-Sud. Funérailles, 1960-1970, Archives nationales à Montréal, Fonds Antoine Desilets, (06M,P697,S1,SS1,SSS17,D12,P62), Antoine Desilets Changement dans les pratiques mortuaires C’est aussi durant cette période que nous assistons à une mutation profonde des pratiques mortuaires et funéraires. C’est le début de l’institutionnalisation de la mort avec l’émergence des salons funéraires. À partir des années 1940, on en voit apparaître partout au Québec. Auparavant, la mort se célébrait chez soi et avait une dimension beaucoup plus enracinée dans les traditions catholiques. Le corps était exposé même durant la nuit. Les membres de la famille se passaient le relais pour accueillir les paroissiens et les anciennes connaissances du défunt. C’est ce que l’on appelait les longues veillées[2]. Plusieurs chapelets étaient récités chaque heure et il était de coutume pour les invités d’asperger le corps du défunt avec une branche de sapin[3]. Les trois jours d’exposition du corps étaient donc chargés d’une ambiance ritualiste. Par contraste, les années d’après-guerre développent une expérience funéraire beaucoup plus sobre et professionnelle. Les activités du salon Le quotidien d’Henry ressemblait à ceci : on l’appelait lorsqu’un habitant de la région était décédé. Il montait alors dans sa camionnette spécialement conçue pour transporter les corps des défunts. Il se rendait alors sur les lieux, accompagnait la famille dans leur chagrin. Puis, il amenait le corps dans sa salle d’embaumement et attendait entre deux et trois heures pour faciliter son travail. Ensuite, il passait encore entre deux et trois heures à préparer le corps à l’exposition. Il n’était pas rare que les défunts fussent exposés dans la salle de réception du salon le jour même de leur décès. Même en pleine nuit, l’entrepreneur répondait au téléphone et grimpait dans sa camionnette pour honorer les défunts. « plus de 1/6 de la population, soit près de 11 millions de personnes en France et plus de 1,3 million au Québec, vivent actuellement des réactions de deuil concomitantes aux pratiques funéraires. » Gil Labescat, La ritualisation dans la trajectoire du mourir : l’action rituelle funéraire,, Université de Strasbourg et Université du Québec à Montréal, 2016, p. 318. Funérailles, 1960-1970, Archives nationales à Montréal, Fonds Antoine Desilets, (06M,P697,S1,SS1,SSS17,D12,P6), Antoine Desilets. La fin d’une ère Tous les habitants de La Prairie étant entrés en contact avec Henri sont d’accord sur une chose. Cet homme était rempli d’humanité et de respect pour les familles des défunts. Son calme et son appui moral permettaient aux proches d’effectuer leur deuil dans la dignité. Il ne fut alors pas étonnant que Henri eût droit à une grande messe lors de son décès le 13 avril 1966. Plusieurs familles pour lesquelles il avait arrangé les funérailles étaient présentes pour le célébrer et le remercier pour son appui pendant toutes ces années. À la suite de sa mort, c’est son fils Yvon qui reprendra le salon. La famille Guérin continuera de gérer le salon jusque dans les années 90. Le salon sera ensuite acheté par La Maison Darche, un autre salon funéraire québécois, toujours propriétaire du salon sur le chemin Saint-Jean. ______________________________ [1] Salon funéraire Yves Légaré, https://yveslegare.com/en/pages/a-propos [2] Yves Hébert, « Les rites funéraires d’autrefois (Québec 1880-1940) », Encyclopédie sur la mort, 2001. [3] Ibid....

    Mot du président

    L’année 2025 arrive bientôt à sa fin. Je vous invite à notre dernière conférence de l’année qui se tiendra comme à l’habitude au théâtre du Vieux-La Prairie, juste en haut des locaux de la SHLM.

    Julien Lehoux, historien, viendra parler de notre passé militaire à La Prairie avec l’histoire du 85e bataillon.

    Comme chaque année, nous tiendrons également un kiosque au marché de Noël de La Prairie qui aura lieu du 5 au 7 décembre au Centre multifonctionnel Guy-Dupré.

    Au nom du C.A. de la SHLM, de ses employées, de ses bénévoles et de ses membres, je vous souhaite un bon temps des fêtes avec votre famille et vos amis.

    Prenez du temps pour vous et au plaisir de se revoir au retour du congé pour vous souhaiter une bonne année 2026.

    Antoine Simonato, président de la SHLM

     

    L’année 2025 arrive bientôt à sa fin. Je vous invite à notre dernière conférence de l’année qui se tiendra comme à l’habitude au théâtre du Vieux-La Prairie, juste en haut des locaux de la SHLM. Julien Lehoux, historien, viendra parler de notre passé militaire à La Prairie avec l’histoire du 85e bataillon. Comme chaque année, nous tiendrons également un kiosque au marché de Noël de La Prairie qui aura lieu du 5 au 7 décembre au Centre multifonctionnel Guy-Dupré. Au nom du C.A. de la SHLM, de ses employées, de ses bénévoles et de ses membres, je vous souhaite un bon temps des fêtes avec votre famille et vos amis. Prenez du temps pour vous et au plaisir de se revoir au retour du congé pour vous souhaiter une bonne année 2026. Antoine Simonato, président de la SHLM  ...

    Conférence

    PAYSAGE ENCHANTEUR DES CAGEUX

    Au 19e siècle, dans la vallée du Saint-Laurent, on pouvait apercevoir ces immenses trains de bois équarri, avec leurs mâts de sapin, leurs banderoles colorées, leurs nombreuses voiles et leurs maisonnettes se transformant en villages nichés sur l’onde.

    Partisan du pittoresque, l’ouvrage populaire C.R. Chisholm’s Panoramic Guide consacre aux cageux plusieurs gravures « sur bois debout ».
    Cette conférence sur l’épopée des cageux sera enrichie d’un court métrage (17 min.) et d’une discussion autour de la reconstitution historique d’un radeau auparavant mis à l’eau.

    Isabelle Regout et Alexandre Pampalon sont les cofondateurs de la Maison des Cageux du fleuve Saint-Laurent situé à Lanoraie.
    Depuis une décennie, le duo fait connaître l’histoire des cageux (raftmen). Ayant à leur actif de nombreux livres, vidéos et articles traitant du sujet, il est convenable d’affirmer que ces deux amoureux de l’histoire sont de véritables spécialistes de ces marins atypiques.

     

    Mardi 18 novembre 2025 à 19 h
    Théâtre du Vieux-La Prairie
    247, rue Sainte-Marie à La Prairie
    Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $
    Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393

    PAYSAGE ENCHANTEUR DES CAGEUX Au 19e siècle, dans la vallée du Saint-Laurent, on pouvait apercevoir ces immenses trains de bois équarri, avec leurs mâts de sapin, leurs banderoles colorées, leurs nombreuses voiles et leurs maisonnettes se transformant en villages nichés sur l’onde. Partisan du pittoresque, l’ouvrage populaire C.R. Chisholm’s Panoramic Guide consacre aux cageux plusieurs gravures « sur bois debout ». Cette conférence sur l’épopée des cageux sera enrichie d’un court métrage (17 min.) et d’une discussion autour de la reconstitution historique d’un radeau auparavant mis à l’eau. Isabelle Regout et Alexandre Pampalon sont les cofondateurs de la Maison des Cageux du fleuve Saint-Laurent situé à Lanoraie. Depuis une décennie, le duo fait connaître l’histoire des cageux (raftmen). Ayant à leur actif de nombreux livres, vidéos et articles traitant du sujet, il est convenable d’affirmer que ces deux amoureux de l’histoire sont de véritables spécialistes de ces marins atypiques.   Mardi 18 novembre 2025 à 19 h Théâtre du Vieux-La Prairie 247, rue Sainte-Marie à La Prairie Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $ Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393...

    Conférence

    Évolution des relations avec les Autochtones du Québec; du Contact à nos jours

    Au Québec, nous sommes nostalgiques de la Nouvelle-France et nous disons qu’à l’époque les relations avec les Premières Nations étaient meilleures. Nous avons une image des Français, Canadiens et Autochtones vivant en harmonie et combattant ensemble l’envahisseur britannique. La situation aurait changé drastiquement avec la Conquête et créé un écart grandissant entre les divers groupes. Est-ce vraiment le cas et, si oui, pourquoi ?
    Cette conférence présentera l’évolution des interactions avec les Autochtones du Québec allant du Contact jusqu’à maintenant.
    Historien et conférencier, Gilbert Desmarais est aussi auteur de livres jeunesse sur l’histoire dont Montréal : 375 ans d’histoire (2016) ; Les enfants de la Nouvelle-France (2020); Les enfants de la Conquête (2023) et Les enfants de la Confédération (2024) publiés aux Éditions Bayard Canada.
    Il est conseiller historique au Musée des plaines d’Abraham et a collaboré à divers projets, dont une étude sur l’histoire de la foresterie dans la MRC d’Argenteuil.
    Depuis une vingtaine d’années, il anime des sites patrimoniaux au Canada et aux États-Unis avec divers groupes de reconstitution historique. Il est chevalier de l’ordre de Saint-Véran depuis 2011.

     

    Mardi 14 octobre 2025 à 19 h
    Théâtre du Vieux-La Prairie
    247, rue Sainte-Marie à La Prairie
    Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $
    Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393

    Évolution des relations avec les Autochtones du Québec; du Contact à nos jours Au Québec, nous sommes nostalgiques de la Nouvelle-France et nous disons qu'à l'époque les relations avec les Premières Nations étaient meilleures. Nous avons une image des Français, Canadiens et Autochtones vivant en harmonie et combattant ensemble l'envahisseur britannique. La situation aurait changé drastiquement avec la Conquête et créé un écart grandissant entre les divers groupes. Est-ce vraiment le cas et, si oui, pourquoi ? Cette conférence présentera l'évolution des interactions avec les Autochtones du Québec allant du Contact jusqu'à maintenant. Historien et conférencier, Gilbert Desmarais est aussi auteur de livres jeunesse sur l’histoire dont Montréal : 375 ans d'histoire (2016) ; Les enfants de la Nouvelle-France (2020); Les enfants de la Conquête (2023) et Les enfants de la Confédération (2024) publiés aux Éditions Bayard Canada. Il est conseiller historique au Musée des plaines d’Abraham et a collaboré à divers projets, dont une étude sur l’histoire de la foresterie dans la MRC d’Argenteuil. Depuis une vingtaine d'années, il anime des sites patrimoniaux au Canada et aux États-Unis avec divers groupes de reconstitution historique. Il est chevalier de l’ordre de Saint-Véran depuis 2011.   Mardi 14 octobre 2025 à 19 h Théâtre du Vieux-La Prairie 247, rue Sainte-Marie à La Prairie Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $ Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393...

    Avis à nos lecteurs…

    De nombreuses circonstances nous imposent de modifier la fréquence de publication du bulletin Au jour le jour. Il n’y aura pas de numéro en novembre et le prochain bulletin vous sera livré en décembre. En 2026, le bulletin paraîtra dans l’ordre suivant : février, juin, septembre et décembre.

    Nous vous rappelons que toute personne intéressée à l’histoire locale peut nous faire parvenir un texte et des illustrations afin d’enrichir le contenu du Au jour le jour.

    À vos plumes et crayons (le traitement de texte est aussi valable…).

    Merci de votre compréhension!

    De nombreuses circonstances nous imposent de modifier la fréquence de publication du bulletin Au jour le jour. Il n’y aura pas de numéro en novembre et le prochain bulletin vous sera livré en décembre. En 2026, le bulletin paraîtra dans l’ordre suivant : février, juin, septembre et décembre. Nous vous rappelons que toute personne intéressée à l’histoire locale peut nous faire parvenir un texte et des illustrations afin d’enrichir le contenu du Au jour le jour. À vos plumes et crayons (le traitement de texte est aussi valable…). Merci de votre compréhension!...

    Vente de livres d’occasion 2025

    Remerciements aux bénévoles

    Michel Côté, responsable du comité, tient à remercier tous les bénévoles pour leur implication dans le succès de la vente de livres d’occasion. Leur participation a été essentielle à chaque étape : collecte des livres à la bibliothèque, tri et nettoyage des centaines de livres dans les locaux, mise en place de la salle, accueil et aide aux acheteurs lors des journées de vente, et rangement le dimanche en fin de journée.

    Résultats de la vente

    Pour les trois jours de l’événement, un total de 11 847 $ de livres d’occasion et de casse-tête ont été vendus. À cela s’ajoutent environ 200 $ de livres en anglais (vendus au courant de l’année) et 365 $ de livres neufs (SHLM), ainsi que des dons.

    Les casse-tête, toujours aussi populaire.
    Remerciements aux bénévoles Michel Côté, responsable du comité, tient à remercier tous les bénévoles pour leur implication dans le succès de la vente de livres d’occasion. Leur participation a été essentielle à chaque étape : collecte des livres à la bibliothèque, tri et nettoyage des centaines de livres dans les locaux, mise en place de la salle, accueil et aide aux acheteurs lors des journées de vente, et rangement le dimanche en fin de journée. Résultats de la vente Pour les trois jours de l’événement, un total de 11 847 $ de livres d’occasion et de casse-tête ont été vendus. À cela s’ajoutent environ 200 $ de livres en anglais (vendus au courant de l’année) et 365 $ de livres neufs (SHLM), ainsi que des dons. Les casse-tête, toujours aussi populaire....

    Le terminus 1836

    Sur les traces du premier chemin de fer au Canada

    Inauguré le 15 septembre 2025, le Terminus 1836 est un nouvel espace commémoratif qui rappelle un moment fort et déterminant de l’histoire, l’inauguration du premier chemin de fer au Canada, reliant La Prairie à Saint-Jean-sur-Richelieu.

    Il comprend un pavillon évoquant l’ancienne gare disparue, des panneaux d’interprétation, une réplique de la voie ferrée et une œuvre d’art public signée Claude Millette. Il est situé derrière le garage Shell, à la jonction de la rue Saint-Philippe et de la piste cyclable, à proximité du stationnement du Complexe multifonctionnel Guy-Dupré.

    La voie ferrée était en réalité un chemin à lisses. En fait, les rails étaient en bois (du chêne blanc), recouverts d’une bande de métal de trois pouces de large.

    Le terminus 1836 est une initiative de la Ville de La Prairie. La SHLM y a contribué directement, puisque c’est elle qui, en 2023, avait amorcé la mise en valeur de l’emprise du premier chemin de fer en regroupant les partenaires concernées, notamment la Ville de La Prairie, le Collège Jean-de-la-Mennais, Exporail, Vigile verte et Track.

    L’intérieur du pavillon.

    À la lecture des panneaux, le visiteur peut s’imaginer que le Terminus 1836 était un véritable carrefour, car ce premier chemin de fer reliait essentiellement Montréal aux États-Unis, notamment Albany et New York. La Prairie servait de lieu de transition vers Saint-Jean où les passagers poursuivaient leur route par voie d’eau sur le Richelieu, le lac Champlain et la rivière Hudson.

    N.D.L.R.  Le signataire de cet article est le véritable initiateur du projet « Le terminus 1836 ». Nous lui devons la recherche historique, la rédaction des textes et les interventions auprès des autorités concernées. Son travail acharné et compétent a mené à la réalisation du Terminus 1836.

     

    Exemple d’un panneau d’interprétation.
    Sur les traces du premier chemin de fer au Canada Inauguré le 15 septembre 2025, le Terminus 1836 est un nouvel espace commémoratif qui rappelle un moment fort et déterminant de l’histoire, l’inauguration du premier chemin de fer au Canada, reliant La Prairie à Saint-Jean-sur-Richelieu. Il comprend un pavillon évoquant l’ancienne gare disparue, des panneaux d’interprétation, une réplique de la voie ferrée et une œuvre d’art public signée Claude Millette. Il est situé derrière le garage Shell, à la jonction de la rue Saint-Philippe et de la piste cyclable, à proximité du stationnement du Complexe multifonctionnel Guy-Dupré. La voie ferrée était en réalité un chemin à lisses. En fait, les rails étaient en bois (du chêne blanc), recouverts d’une bande de métal de trois pouces de large. Le terminus 1836 est une initiative de la Ville de La Prairie. La SHLM y a contribué directement, puisque c’est elle qui, en 2023, avait amorcé la mise en valeur de l’emprise du premier chemin de fer en regroupant les partenaires concernées, notamment la Ville de La Prairie, le Collège Jean-de-la-Mennais, Exporail, Vigile verte et Track. L'intérieur du pavillon. À la lecture des panneaux, le visiteur peut s’imaginer que le Terminus 1836 était un véritable carrefour, car ce premier chemin de fer reliait essentiellement Montréal aux États-Unis, notamment Albany et New York. La Prairie servait de lieu de transition vers Saint-Jean où les passagers poursuivaient leur route par voie d’eau sur le Richelieu, le lac Champlain et la rivière Hudson. N.D.L.R.  Le signataire de cet article est le véritable initiateur du projet « Le terminus 1836 ». Nous lui devons la recherche historique, la rédaction des textes et les interventions auprès des autorités concernées. Son travail acharné et compétent a mené à la réalisation du Terminus 1836.   Exemple d'un panneau d'interprétation....

    L’autotricoteur, le passe-temps qui a sauvé des vies

    Dans le guide de la ménagère de décembre 1927, entre recettes et conseils, se retrouve une annonce qui semble trop belle pour être vraie. À la page 43, un titre en gras attire l’attention : « Cette femme a gagné $2 427,00 pendant ses moments de loisir maison. »2 

    Le texte qui suit raconte l’histoire d’une dame E. Gauvreau du Québec, qui dans ses temps libres, tricote des chaussettes grâce à un autotricoteur de la compagnie The Auto Knitter Hosiery Co. Limited.1 À chaque semaine, affirme-t-elle, en échange de son labeur, elle reçoit un chèque pour la quantité de chaussettes qu’elle a produite.2 Suite à ce témoignage suivent d’autres affirmations, venant de tout le Canada, de clients contents de faire un peu plus d’argent supplémentaire. Une dame de la Colombie-Britannique, un homme de la Saskatchewan et une jeune fille voulant aider ses parents proclament que, grâce à ce programme, ils ont pu se trouver de quoi s’occuper facilement en plus d’assurer un apport d’argent supplémentaire pour leur foyer. Cette annonce se termine ensuite par une carte détachable, afin d’inscrire ses coordonnées et contacter la compagnie pour s’inscrire à leur programme. Cette publicité n’est pas unique. Des annonces similaires apparaissent dans plusieurs autres journaux et magazines, anglais et français. Cet étrange modèle d’affaires est-il légitime ?

    Boîte contenant l’appareil, quelques pièces de rechange ainsi que le manuel d’instructions.

    Apparemment oui, et la compagnie Auto Knitter Hosiery and co. Ltd, appartenant à monsieur T.W Chadburn 8, ne serait pas la seule dans ce mouvement. Aux États-Unis, la compagnie Ainslie and co fonctionne de manière similaire. Basée à Brooklyn, New York, elle offre aussi d’envoyer leurs machines autotricoteur aux foyers de leurs clients, en échange des chaussettes produites 10. Il y a tout de même des standards. Dans un manuel d’instruction de la compagnie Harmony Auto Knitter, une autre compagnie ayant ce type de modèle d’affaires 3, les standards des chaussettes sont énoncés clairement pour que celles-ci soient vendables. La bordure doit être tissée dans une tension plus élevée et doit avoir une largeur de 5 pouces, la jambe de la chaussette doit mesurer 8 pouces et avoir une tension plus faible que la bordure, le dessus du pied doit avoir la même tension que la jambe et doit mesurer 7 pouces alors que le dessous du pied doit mesurer 11 pouces 7. Pour faire une paire, il faut absolument que le nombre de tours et la tension soient identiques pour les deux chaussettes 7. Pour ce qui est de notrecompagnie canadienne, monsieur Chadburn promet un prix fixe aux chaussettes qui sont aux standards de sa compagnie. Une annonce de la compagnie promet un taux fixe de 75 centimes par chaussette 5.

     

    Des chaussettes pour la Croix-Rouge

    Ces compagnies, apparaissant au tournant du 20e siècle, voient toutefois leur popularité bondir lors de la Première Guerre mondiale et lors de la Seconde Guerre mondiale. Il y a un besoin urgent de produire des chaussettes en masse. À cause des conditions inhumaines dans les tranchées dues à l’eau et la boue constante. Les bottes et molletières coupent la circulation dans les pieds des hommes 6. La combinaison de ces conditions engendre le pied de tranchées, un fléau pour les soldats 6.

    Les pieds de tranchées

    Lors de la Première Guerre mondiale, 75 000 soldats seront touchés par cette maladie nécrotique et souvent fatale si laissée non traitée trop longtemps 9. Pour prévenir, il faut changer régulièrement ses chaussettes pour une nouvelle paire propre et sèche 6. Ceci est plus facile à dire qu’à faire, puisque les pauses sont courtes et avec le manque d’hygiène ; les paires de chaussettes fraîches se font rares. Il était commun, pour les soldats écrivant à leurs familles, de demander de nouvelles paires de chaussettes.

     

    La croix rouge encourage la distribution de machines à coudre et de laine dans les foyers d’Amérique du Nord et en Angleterre1. Le modèle le plus utilisé est la Gearhart et les foyers peuvent contribuer à l’effort de guerre en fabriquant des chaussettes pour les soldats. Grâce à cet effort, les cas de pieds de tranchée peuvent diminuer, sauvant la vie de nombreux soldats alliés 6.

     

    Donc, chers tricoteurs, la prochaine fois que vous prendrez vos aiguilles ou votre tricotin moderne, gardez en tête les efforts vaillants des femmes qui ont participé aux efforts de guerre de leurs cuisines, aidant à gagner de l’argent pour leurs foyers et protégeant les pieds de leur fils et de leurs maris dans les tranchées. Même si le modèle d’affaires des autotricoteurs est depuis longtemps éteint, il reste tout de même qu’il y eut une époque où ce passe-temps a réellement sauvé des vies.

    ______________________________

    1-Keyel, Rebecca. «Knit a Bit for Our First Line of Defense» : Emotional Labor, Knitters, and Comforts for Soldiers during the First World War. s. d. consulté le 13 août 2025. https://digitalcommons.unl.edu/tsaconf/975.

     

    2-Guide de la Ménagère, décembre 1927, page 43, Archives de la Société d’Histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine P1, S3, D3.94, Fond Élisée Choquette

     

    3-Tony, Nutting. 1999. « The British Hosiery and Knitwear Machine Building Industry since 1850. » Textile History 30 (2) : 207–33. doi:10.1179/004049699793710543.

     

    4-Tricotage à la maison avec machine auto-knitter chez Émile Létourneau. Saint-Luc, comté de Saint-Jean., 1951, Archives nationales à Québec, Fonds Ministère de la Culture et des Communications, (03Q,E6,S7,SS1,D2,P 88 837), Omer Beaudoin.

     

    5-The Journal of agriculture and horticulture, 1929-02, Collections de BAnQ, Page 3.

     

    6-Radio-Canada — . «Des chaussettes pour les soldats : un aperçu de l’effort de guerre de familles canadiennes » .11 novembre 2016. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/814080/acadie-chaussette-guerres-mondiales.

     

    7-Manuel d’instruction de la compagnie Harmony Auto knitter, 1924 Harmony_2.pdf

     

    8-Grey Roots museum and archives, the Auto Knitter Hosiery and Co. Limited The Auto Knitter Hosiery Co. Ltd. | Grey Roots Museum & Archives

     

    9-Régnier Christian Les pieds de tranchée; Controverse Étiologiques, Histoire des sciences Médicales tome XXXVIII— nu. 3, 2004 HSMx2004x038x003x0315.pdf

     

    10-https://www.oldtymestockings.com/sock_machines_american.html

     

    11-« Trench foot is dangerous! » (Reeve 084392-13), National Museum of Health and Medicine

    Dans le guide de la ménagère de décembre 1927, entre recettes et conseils, se retrouve une annonce qui semble trop belle pour être vraie. À la page 43, un titre en gras attire l’attention : « Cette femme a gagné $2 427,00 pendant ses moments de loisir maison. »2  Le texte qui suit raconte l’histoire d’une dame E. Gauvreau du Québec, qui dans ses temps libres, tricote des chaussettes grâce à un autotricoteur de la compagnie The Auto Knitter Hosiery Co. Limited.1 À chaque semaine, affirme-t-elle, en échange de son labeur, elle reçoit un chèque pour la quantité de chaussettes qu’elle a produite.2 Suite à ce témoignage suivent d’autres affirmations, venant de tout le Canada, de clients contents de faire un peu plus d’argent supplémentaire. Une dame de la Colombie-Britannique, un homme de la Saskatchewan et une jeune fille voulant aider ses parents proclament que, grâce à ce programme, ils ont pu se trouver de quoi s’occuper facilement en plus d’assurer un apport d’argent supplémentaire pour leur foyer. Cette annonce se termine ensuite par une carte détachable, afin d’inscrire ses coordonnées et contacter la compagnie pour s’inscrire à leur programme. Cette publicité n’est pas unique. Des annonces similaires apparaissent dans plusieurs autres journaux et magazines, anglais et français. Cet étrange modèle d’affaires est-il légitime ? Boîte contenant l’appareil, quelques pièces de rechange ainsi que le manuel d’instructions. Apparemment oui, et la compagnie Auto Knitter Hosiery and co. Ltd, appartenant à monsieur T.W Chadburn 8, ne serait pas la seule dans ce mouvement. Aux États-Unis, la compagnie Ainslie and co fonctionne de manière similaire. Basée à Brooklyn, New York, elle offre aussi d’envoyer leurs machines autotricoteur aux foyers de leurs clients, en échange des chaussettes produites 10. Il y a tout de même des standards. Dans un manuel d’instruction de la compagnie Harmony Auto Knitter, une autre compagnie ayant ce type de modèle d’affaires 3, les standards des chaussettes sont énoncés clairement pour que celles-ci soient vendables. La bordure doit être tissée dans une tension plus élevée et doit avoir une largeur de 5 pouces, la jambe de la chaussette doit mesurer 8 pouces et avoir une tension plus faible que la bordure, le dessus du pied doit avoir la même tension que la jambe et doit mesurer 7 pouces alors que le dessous du pied doit mesurer 11 pouces 7. Pour faire une paire, il faut absolument que le nombre de tours et la tension soient identiques pour les deux chaussettes 7. Pour ce qui est de notrecompagnie canadienne, monsieur Chadburn promet un prix fixe aux chaussettes qui sont aux standards de sa compagnie. Une annonce de la compagnie promet un taux fixe de 75 centimes par chaussette 5.   Des chaussettes pour la Croix-Rouge Ces compagnies, apparaissant au tournant du 20e siècle, voient toutefois leur popularité bondir lors de la Première Guerre mondiale et lors de la Seconde Guerre mondiale. Il y a un besoin urgent de produire des chaussettes en masse. À cause des conditions inhumaines dans les tranchées dues à l’eau et la boue constante. Les bottes et molletières coupent la circulation dans les pieds des hommes 6. La combinaison de ces conditions engendre le pied de tranchées, un fléau pour les soldats 6. Les pieds de tranchées Lors de la Première Guerre mondiale, 75 000 soldats seront touchés par cette maladie nécrotique et souvent fatale si laissée non traitée trop longtemps 9. Pour prévenir, il faut changer régulièrement ses chaussettes pour une nouvelle paire propre et sèche 6. Ceci est plus facile à dire qu’à faire, puisque les pauses sont courtes et avec le manque d’hygiène ; les paires de chaussettes fraîches se font rares. Il était commun, pour les soldats écrivant à leurs familles, de demander de nouvelles paires de chaussettes.   La croix rouge encourage la distribution de machines à coudre et de laine dans les foyers d’Amérique du Nord et en Angleterre1. Le modèle le plus utilisé est la Gearhart et les foyers peuvent contribuer à l’effort de guerre en fabriquant des chaussettes pour les soldats. Grâce à cet effort, les cas de pieds de tranchée peuvent diminuer, sauvant la vie de nombreux soldats alliés 6.   Donc, chers tricoteurs, la prochaine fois que vous prendrez vos aiguilles ou votre tricotin moderne, gardez en tête les efforts vaillants des femmes qui ont participé aux efforts de guerre de leurs cuisines, aidant à gagner de l’argent pour leurs foyers et protégeant les pieds de leur fils et de leurs maris dans les tranchées. Même si le modèle d’affaires des autotricoteurs est depuis longtemps éteint, il reste tout de même qu’il y eut une époque où ce passe-temps a réellement sauvé des vies. ______________________________ 1-Keyel, Rebecca. « Knit a Bit for Our First Line of Defense » : Emotional Labor, Knitters, and Comforts for Soldiers during the First World War. s. d. consulté le 13 août 2025. https://digitalcommons.unl.edu/tsaconf/975.   2-Guide de la Ménagère, décembre 1927, page 43, Archives de la Société d’Histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine P1, S3, D3.94, Fond Élisée Choquette   3-Tony, Nutting. 1999. « The British Hosiery and Knitwear Machine Building Industry since 1850. » Textile History 30 (2) : 207–33. doi:10.1179/004049699793710543.   4-Tricotage à la maison avec machine auto-knitter chez Émile Létourneau. Saint-Luc, comté de Saint-Jean., 1951, Archives nationales à Québec, Fonds Ministère de la Culture et des Communications, (03Q,E6,S7,SS1,D2,P 88 837), Omer Beaudoin.   5-The Journal of agriculture and horticulture, 1929-02, Collections de BAnQ, Page 3.   6-Radio-Canada — . « Des chaussettes pour les soldats : un aperçu de l’effort de guerre de familles canadiennes » .11 novembre 2016. https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/814080/acadie-chaussette-guerres-mondiales.   7-Manuel d’instruction de la compagnie Harmony Auto knitter, 1924 Harmony_2.pdf   8-Grey Roots museum and archives, the Auto Knitter Hosiery and Co. Limited The Auto Knitter Hosiery Co. Ltd. | Grey Roots Museum & Archives   9-Régnier Christian Les pieds de tranchée ; Controverse Étiologiques, Histoire des sciences Médicales tome XXXVIII— nu. 3, 2004 HSMx2004x038x003x0315.pdf   10-https://www.oldtymestockings.com/sock_machines_american.html   11-« Trench foot is dangerous! » (Reeve 084392-13), National Museum of Health and Medicine...

    Mot du président

    L’automne est arrivé. C’est la reprise de nos activités hebdomadaires comme le club de généalogie qui se réunit tous les lundis à partir de 19 h dans nos locaux au 249, rue Sainte-Marie à La Prairie.

    Pour ce qui est de nos activités mensuelles, les conférences ont débuté en septembre dernier. Ne  manquez pas la prochaine le mardi 14 octobre à 19 h avec l’historien Gilbert Desmarais intitulé L’évolution des relations avec les autochtones du Québec; du Contact à nos jours.

    Merci aussi à tous nos bénévoles pour votre soutien lors de notre vente annuelle de livres d’occasion et pour nos visites guidées effrayantes qui ont lieu présentement chaque samedi en soirée jusqu’à la fin octobre.

    Je souhaite à tous un automne magnifique.

    Antoine Simonato, président de la SHLM

    L’automne est arrivé. C'est la reprise de nos activités hebdomadaires comme le club de généalogie qui se réunit tous les lundis à partir de 19 h dans nos locaux au 249, rue Sainte-Marie à La Prairie. Pour ce qui est de nos activités mensuelles, les conférences ont débuté en septembre dernier. Ne  manquez pas la prochaine le mardi 14 octobre à 19 h avec l’historien Gilbert Desmarais intitulé L’évolution des relations avec les autochtones du Québec; du Contact à nos jours. Merci aussi à tous nos bénévoles pour votre soutien lors de notre vente annuelle de livres d'occasion et pour nos visites guidées effrayantes qui ont lieu présentement chaque samedi en soirée jusqu’à la fin octobre. Je souhaite à tous un automne magnifique. Antoine Simonato, président de la SHLM...

    Événements à venir

     

    Ne manquez pas cette chance unique de vous procurer des livres d’occasion à petit prix. On vous attends en grand nombre.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    Nos visites effrayantes seront de retour en 2025.
    Restez à l’affût.
    Des détails supplémentaires vous seront communiqués très prochainement

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