Sélection d'une édition

    La manière de se contenir à table…au 15e siècle

    Bien que rédigé en français, (?) ce texte, qui nous a été proposé par madame Linda Crevier, provient d'un document du British Museum de Londres. En 84 vers, l'auteur résumait les façons de se tenir à table et les impairs à éviter. Par jeu, essayez de comparer ces façons de faire avec celles d'aujourd'hui.
     

    Se tu veulx estre bien courtoys

    regarde ces reigles en françoys:

    assez souvent tes ongles roignes,

    la longueur fait venir les roignes.                 4

    lave tes mains [avant] digner,

    et aussi quand vouldras souper.

    avant di benedicite

    que preignes ta nécessité.                          8

    siez toy, mengue sans contredit

    on lieu où ton hoste te dit,

    du pain et du vin dois prendre,

    et l'autre viande attendre.                           12

    le morcel mys hors de la bouche,

    à ton vaissel plus ne l'atouche,

    ton morceau ne touche en salliere,

    car ce n'est pas belle manière,                   16

    ne furge tes dens de la pointe

    de costel, je t'en acointe,

    ne frote tes mains ne tes bras

    tiens t'en le plus que tu pourras,                 20

    puis à table ne crache point;

    je te di que c'est ung let point.

    de ta toaille ne fais corde

    honnesteté ne s'i accorde.                          24

    tien devant toy ton taillouer net,

    en ung vaissel ton relie met;

    ne veilles ton morceau conduire

    à ton désir, car trop peut nuire,                   28

    garde toy bien de sommeiller

    à table, ne de conseiller.

    s'entour toy a des gens grant rote

    garde toy bien que tu ne routes.                 32

    en plain digner, ne en la fin,

    n'efforce l'oste de son vin;

    ne boy pas la bouche baveuse,

    car la coustume en est honteuse.                36

    ne parle pas la bouche plaine,

    car c'est laide chose et villaine.

    ne tien tes mains dessoubz la table,

    car c'est chose deshonnourable,                 40

    de la nappe n'essuye tes dens

    et si ne la metz point dedans.

    Monstre toy joieux et aprins,

    ne di rien dont tu soye reprins;                   44

    si tu te veulx faire priser,

    ne veuille nully mespriser;

    il t'est conseillé en la bible

    entre grans gens estre paisible.                  48

    n'offre à nully, si tu es saige,

    le demourant de ton potaige.

    se on oste ung plat de devant toy,

    n'en fay semblant, mes tien te coy,             52

    boy simplement à toute feste

    affin que n'affolle ta teste,

    et ne remply pas tant ta pense

    qu'en toy n'ait belle contenance.                    56

    se on mect lievres en ta main,

    mect les en ta manche ou [ton] sain.

    entre boire et vin tenir,

    ne veilles long plait maintenir,                     60

    si tu fais souppes en ung verre,

    boy le vin, ou le gecte à terre.

    se on sert du fruit au digner,

    n'en mengue point sans le laver.                64

    se tu es servy de fromaige,

    si en pren poy, n'en fay oultraige;

    et si tu es servy de noix,

    si en mengue deux ou troys,                       68

    et quant tes mains tu laveras,

    on bassin point ne cracheras.

    quant tu rendras graces à Dieu,

    si te tien en ton propre lieu;                       72

    n'oblie pas les trespassez,

    souvengne-t-en tousjours assez.

    à ton hoste dois mercis rendre;

    de ton aller dois congié prendre,                 76

    se on donne à boire apres graces,

    soit en hanaps, voirres ou tasses,

    laisse premier boire ton hoste,

    et toy apres, quant on luy oste.                  80

    qui à ces choses aparcevroit,

    à table plus saige seroit,

    de se seoir à table n'est digne

    qui d'aucun bien ne porte signe.                 84

    Lexique

    Se: souvent mis pour si

    courtoys: distingué

    digner: dîner

    di: récite, dit

    mengue: mange

    roignes: coupes

    furge: cure

    frote: gratte

    toaille: serviette

    dessoubz: dessus

    aprins: cultivé priser: estimer

    nully: personne

    oste: ôte

    (mots en) -aige: -age

    demourant: le reste

    lievres: livre, document

    gecte: jette

    ton lieu: ta place

    trespassez: morts

    voirres: verres

    seoir: asseoir

    Bien que rédigé en français, (?) ce texte, qui nous a été proposé par madame Linda Crevier, provient d'un document du British Museum de Londres. En 84 vers, l'auteur résumait les façons de se tenir à table et les impairs à éviter. Par jeu, essayez de comparer ces façons de faire avec celles d'aujourd'hui.   Se tu veulx estre bien courtoys regarde ces reigles en françoys: assez souvent tes ongles roignes, la longueur fait venir les roignes.                 4 lave tes mains [avant] digner, et aussi quand vouldras souper. avant di benedicite que preignes ta nécessité.                          8 siez toy, mengue sans contredit on lieu où ton hoste te dit, du pain et du vin dois prendre, et l'autre viande attendre.                           12 le morcel mys hors de la bouche, à ton vaissel plus ne l'atouche, ton morceau ne touche en salliere, car ce n'est pas belle manière,                   16 ne furge tes dens de la pointe de costel, je t'en acointe, ne frote tes mains ne tes bras tiens t'en le plus que tu pourras,                 20 puis à table ne crache point; je te di que c'est ung let point. de ta toaille ne fais corde honnesteté ne s'i accorde.                          24 tien devant toy ton taillouer net, en ung vaissel ton relie met; ne veilles ton morceau conduire à ton désir, car trop peut nuire,                   28 garde toy bien de sommeiller à table, ne de conseiller. s'entour toy a des gens grant rote garde toy bien que tu ne routes.                 32 en plain digner, ne en la fin, n'efforce l'oste de son vin; ne boy pas la bouche baveuse, car la coustume en est honteuse.                36 ne parle pas la bouche plaine, car c'est laide chose et villaine. ne tien tes mains dessoubz la table, car c'est chose deshonnourable,                 40 de la nappe n'essuye tes dens et si ne la metz point dedans. Monstre toy joieux et aprins, ne di rien dont tu soye reprins;                   44 si tu te veulx faire priser, ne veuille nully mespriser; il t'est conseillé en la bible entre grans gens estre paisible.                  48 n'offre à nully, si tu es saige, le demourant de ton potaige. se on oste ung plat de devant toy, n'en fay semblant, mes tien te coy,             52 boy simplement à toute feste affin que n'affolle ta teste, et ne remply pas tant ta pense qu'en toy n'ait belle contenance.                    56 se on mect lievres en ta main, mect les en ta manche ou [ton] sain. entre boire et vin tenir, ne veilles long plait maintenir,                     60 si tu fais souppes en ung verre, boy le vin, ou le gecte à terre. se on sert du fruit au digner, n'en mengue point sans le laver.                64 se tu es servy de fromaige, si en pren poy, n'en fay oultraige; et si tu es servy de noix, si en mengue deux ou troys,                       68 et quant tes mains tu laveras, on bassin point ne cracheras. quant tu rendras graces à Dieu, si te tien en ton propre lieu;                       72 n'oblie pas les trespassez, souvengne-t-en tousjours assez. à ton hoste dois mercis rendre; de ton aller dois congié prendre,                 76 se on donne à boire apres graces, soit en hanaps, voirres ou tasses, laisse premier boire ton hoste, et toy apres, quant on luy oste.                  80 qui à ces choses aparcevroit, à table plus saige seroit, de se seoir à table n'est digne qui d'aucun bien ne porte signe.                 84 Lexique Se: souvent mis pour si courtoys: distingué digner: dîner di: récite, dit mengue: mange roignes: coupes furge: cure frote: gratte toaille: serviette dessoubz: dessus aprins: cultivé priser: estimer nully: personne oste: ôte (mots en) -aige: -age demourant: le reste lievres: livre, document gecte: jette ton lieu: ta place trespassez: morts voirres: verres seoir: asseoir...

    À propos du bulletin

    Éditeur :

    Société d'histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine

    Internet : www.laprairie-shlm.com

    Dépôt légal 2002

    Bibliothèque nationale du Québec

    Bibliothèque nationale du Canada ISSN 1499-7312

    COLLABORATEURS:

    Coordination : Jacques Brunette

    Rédaction :

    Raymond et Lucette Monette (26)

    Jacques Brunette (16)

    Révision :

    Jacques Brunette (16)

    Linda Crevier (Coord.)

    Infographie  : SHLM

    Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.

    Siège social :

    249, rue Sainte-Marie

    La Prairie (Québec) J5R 1G1

    Tél. : 450-659-1393

    Téléc. : 450-659-1393

    Courriel : histoireelaprairie-shlm.com

    Les auteurs assument l'entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l'éditeur.

    Éditeur : Société d'histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine Internet : www.laprairie-shlm.com Dépôt légal 2002 Bibliothèque nationale du Québec Bibliothèque nationale du Canada ISSN 1499-7312 COLLABORATEURS: Coordination : Jacques Brunette Rédaction : Raymond et Lucette Monette (26) Jacques Brunette (16) Révision : Jacques Brunette (16) Linda Crevier (Coord.) Infographie  : SHLM Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc. Siège social : 249, rue Sainte-Marie La Prairie (Québec) J5R 1G1 Tél. : 450-659-1393 Téléc. : 450-659-1393 Courriel : histoireelaprairie-shlm.com Les auteurs assument l'entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l'éditeur....

    Le coin du livre

    ACQUISITIONS

    • Un boxeur gentilhomme, Eugène Brosseau; 1895-1968; par Gilles Jeanson; ed. Septentrion; 2005 (achat SHLM).
    • Des moulins et des hommes, 1608-1700; par Michel Langlois; 2005 (achat SHLM)
    • Généalogie sur internet (La); par Viga, Miguel; 2003 (achat SHLM)
    • Premières et les filles du Roi à Ville-Marie; par Marie-Louise Beaudoin; 1996 (achat SHLM)
    • Voyage de Pehr Kalm au Canada en 1744; par Jacques Rousseau et Guy Béthune; 1977 (achat SHLM)
    • Sur les trace de Alexandre Lacoste dit Languedoc; par Pierrette Tellier, 2004 (don de monsieur Jean-Guy Longtin)
    • Mes ancêtres POITEVIN-POTVIN; par André Potvin; 2005 (don de monsieur André Potvin)
    • Gaspard Dauth, de l'Alsace au Canada; par René Bacon et Hélène Doth; 2005 (don de Mme Hélène Doth et de monsieur René Bacon).
    • Beauharnois, paroisse Saint-Clément; 1819-­1919-1920; (don de madame Hélène Doth)
    • Catéchisme du diocèse de Québec, 1702; par Mgr de Saint-Vallier (donateur anonyme)
    • Frontenac et ses amis; par Ernest Myrand; 1902 (donateur anonyme)

     

    Dons

    Merci de tout cœur aux donateurs suivants :

    • Monsieur « donateur anonyme » (ce donateur nous a été indiqué par madame Hélène Doth et nous a fait un don important de quatre caisses de livres)
    • Madame Hélène Doth
    • Monsieur Jean-Guy Longtin
    • Monsieur André Potvin
    • Monsieur Giuseppe Tartaglia

    Leur contribution servira encore à enrichir notre bibliothèque.

    ACQUISITIONS Un boxeur gentilhomme, Eugène Brosseau; 1895-1968; par Gilles Jeanson; ed. Septentrion; 2005 (achat SHLM). Des moulins et des hommes, 1608-1700; par Michel Langlois; 2005 (achat SHLM) Généalogie sur internet (La); par Viga, Miguel; 2003 (achat SHLM) Premières et les filles du Roi à Ville-Marie; par Marie-Louise Beaudoin; 1996 (achat SHLM) Voyage de Pehr Kalm au Canada en 1744; par Jacques Rousseau et Guy Béthune; 1977 (achat SHLM) Sur les trace de Alexandre Lacoste dit Languedoc; par Pierrette Tellier, 2004 (don de monsieur Jean-Guy Longtin) Mes ancêtres POITEVIN-POTVIN; par André Potvin; 2005 (don de monsieur André Potvin) Gaspard Dauth, de l'Alsace au Canada; par René Bacon et Hélène Doth; 2005 (don de Mme Hélène Doth et de monsieur René Bacon). Beauharnois, paroisse Saint-Clément; 1819-­1919-1920; (don de madame Hélène Doth) Catéchisme du diocèse de Québec, 1702; par Mgr de Saint-Vallier (donateur anonyme) Frontenac et ses amis; par Ernest Myrand; 1902 (donateur anonyme)   Dons Merci de tout cœur aux donateurs suivants : Monsieur « donateur anonyme » (ce donateur nous a été indiqué par madame Hélène Doth et nous a fait un don important de quatre caisses de livres) Madame Hélène Doth Monsieur Jean-Guy Longtin Monsieur André Potvin Monsieur Giuseppe Tartaglia Leur contribution servira encore à enrichir notre bibliothèque....

    Vente annuelle de livres usagés

    Comme par les années passées, nous tiendrons notre vente annuelle de livres usagés le samedi, 15 octobre 2005, de 9h00 à 17h00.

    Voici quelques catégories de livres à vendre : archéologie, art, architecture, biographies, dictionnaires biographiques, généalogie, histoire du Canada, Nouvelle-France, magazines, romans, littérature anglaise, encyclopédies.

    L’objectif principal de cette vente est de recueillir des fonds destinés à l’achat de livres pour notre bibliothèque.

    Dites-le à vos parents et à vos amis

    Comme par les années passées, nous tiendrons notre vente annuelle de livres usagés le samedi, 15 octobre 2005, de 9h00 à 17h00. Voici quelques catégories de livres à vendre : archéologie, art, architecture, biographies, dictionnaires biographiques, généalogie, histoire du Canada, Nouvelle-France, magazines, romans, littérature anglaise, encyclopédies. L’objectif principal de cette vente est de recueillir des fonds destinés à l’achat de livres pour notre bibliothèque. Dites-le à vos parents et à vos amis...

    Attention !

    Vous pouvez encore voir l’exposition actuellement en cours sur le « Coffre d’espérance » qui prendra fin le 2 octobre.

    C’est cette même fin de semaine du 2 octobre qu’auront lieu les Journées de la culture. Surveillez la publicité qui sera faite à ce sujet.

    Vous pouvez encore voir l’exposition actuellement en cours sur le « Coffre d’espérance » qui prendra fin le 2 octobre. C’est cette même fin de semaine du 2 octobre qu’auront lieu les Journées de la culture. Surveillez la publicité qui sera faite à ce sujet....

    Nouvelles de la SHLM

    N’oubliez pas, le 18 septembre, c’est le brunch annuel de la SHLM

    Nouveaux membres

    La SHLM accueille régulièrement de nouveaux membres. Il nous fait plaisir de souligner l'adhésion des dernières personnes à joindre nos rangs et de leur souhaiter la bienvenue.

    Madame Dianne Parks (176)

    Madame Patricia Lafave-Peck (177)

    Monsieur Wilfred Cusson (178)

    Madame Patricia Smith (179)

    Madame Vicky Chabot (181)

    Monsieur Yves Hébert (182)

    Monsieur Jacques Ménard (184)

    Conférences mensuelles

    Il se prépare actuellement une série de conférences mensuelles. Surveillez bien nos prochains numéros et l’affichage aux locaux de la Société afin de les inscrire à votre agenda.

    Nouvel horaire

    Avec la fin de l’été et la rentrée scolaire arrive l’inévitable changement des heures d’ouverture de nos locaux de la SHLM.

    À partir du 6 septembre 2005, les locaux seront ouverts de 9h00 à 17h00, les mardis, mercredis et jeudis.

    D’autre part, les soirées de généalogie vont reprendre le lundi soir, de 19h00 à 21h00, à partir du lundi, 12 septembre. Bienvenue à tous les chercheurs.

    N’oubliez pas, le 18 septembre, c’est le brunch annuel de la SHLM Nouveaux membres La SHLM accueille régulièrement de nouveaux membres. Il nous fait plaisir de souligner l'adhésion des dernières personnes à joindre nos rangs et de leur souhaiter la bienvenue. Madame Dianne Parks (176) Madame Patricia Lafave-Peck (177) Monsieur Wilfred Cusson (178) Madame Patricia Smith (179) Madame Vicky Chabot (181) Monsieur Yves Hébert (182) Monsieur Jacques Ménard (184) Conférences mensuelles Il se prépare actuellement une série de conférences mensuelles. Surveillez bien nos prochains numéros et l’affichage aux locaux de la Société afin de les inscrire à votre agenda. Nouvel horaire Avec la fin de l’été et la rentrée scolaire arrive l’inévitable changement des heures d’ouverture de nos locaux de la SHLM. À partir du 6 septembre 2005, les locaux seront ouverts de 9h00 à 17h00, les mardis, mercredis et jeudis. D’autre part, les soirées de généalogie vont reprendre le lundi soir, de 19h00 à 21h00, à partir du lundi, 12 septembre. Bienvenue à tous les chercheurs....

    Des tuyaux à odeur de scandale (suite)

    Comme si ce qui précède n'était pas assez pour soulever l'indignation des citoyens, d'autres événements sont venus ajouter la… goutte d'eau qui a fait déborder le vase d'exaspération des gens dont le Dr Brisson s'était fait le porte-parole. D'abord, lors de l'incendie de l'Asile de la Providence, Demers avait réclamé une indemnité supplémentaire qui ne lui sera pas payée. Aussi, lors du grand incendie du 25 juillet 1901, Demers a refusé de fournir l'eau et La Prairie n'a dû d'être sauvée que grâce à des secours venus de l'extérieur.

    Quand, le 15 octobre 1901, Alexandre Demers, qui voit arriver l'échéance du contrat, présente une nouvelle requête pour obtenir des subsides, le Dr Brisson en a assez. Il rédige un pamphlet d'une trentaine de pages intitulé «La question de l'aqueduc à La Prairie» dans lequel il dénonce les outrageantes prétentions d'Alexandre Deniers.

    En effet, ce dernier présente le projet d'un nouveau contrat dans lequel il offre moins et exige plus. En plus des clauses du précédent contrat, Demers demande une indemnité de 50$ par année pour approvisionner la ville en cas d'incendie. Pour assurer son monopole, il exige des restrictions quant à l'usage de l'eau par les particuliers avec imposition d'amendes pour les contrevenants. S'il s'engage à installer des tuyaux en fer et à s'enquérir des baisses possibles d'assurances qu'apporterait son système, il veut discuter du prix d'installation de bornes-fontaines.

    Toutefois, tout cela n'est que fausse représentation: Demers affirme que l'estimation des assurances ne se fera qu'après les travaux, mais il n'y aura en fait aucune diminution. De plus, le diamètre des tuyaux et le nombre de bornes-fontaines seront insuffisants. Devant ces révélations, Demers tente d'obtenir gain de cause par le pouvoir politique grâce à l'influence de sa clique, mais c'est l'échec et c’est la résolution du Conseil du 2 juin 1902.

    Considérant les clauses du contrat toujours en vigueur avec Alexandre Demers et les mesures à prendre pour le bien-être des citoyens, un homonyme, monsieur David Demers, propose, appuyé par C.A. Lefebvre, de requérir les services d'un ingénieur pour estimer la valeur actuelle du système, les coûts d'entretien et de rénovation. Évidemment, la clique d'Alexandre Demers s'opposa à cette résolution, suggérant même de faire leur autocritique.

    Le Dr Brisson conclut son réquisitoire écrit par des conseils de prudence. Bien qu'on le sente retenu dans la vigueur de ses propos par une certaine correction, il est facile de percevoir entre les lignes de son texte toute l'indignation et la colère contenue qui animent son intervention. Il demande à ses concitoyens de se méfier des comédies, de ne pas hésiter à faire la dépense d’une étude approfondie du problème et de n'accepter aucune construction avant l'échéance du contrat en cours. Il met en évidence les dangers d'une autre franchise de 25 ans et propose de s'en remettre à un référendum populaire sur la question.

    C'est le 20 décembre 1902 que l'opuscule du Dr T.A. Brisson paraîtra, dédié aux contribuables. Si l'un de vous, lecteurs, connaît les suites de cette affaire, j'aimerais bien qu'il me les fasse connaître afin de pouvoir donner une suite et une conclusion à «la question de l'aqueduc de La Prairie».

    Comme si ce qui précède n'était pas assez pour soulever l'indignation des citoyens, d'autres événements sont venus ajouter la... goutte d'eau qui a fait déborder le vase d'exaspération des gens dont le Dr Brisson s'était fait le porte-parole. D'abord, lors de l'incendie de l'Asile de la Providence, Demers avait réclamé une indemnité supplémentaire qui ne lui sera pas payée. Aussi, lors du grand incendie du 25 juillet 1901, Demers a refusé de fournir l'eau et La Prairie n'a dû d'être sauvée que grâce à des secours venus de l'extérieur. Quand, le 15 octobre 1901, Alexandre Demers, qui voit arriver l'échéance du contrat, présente une nouvelle requête pour obtenir des subsides, le Dr Brisson en a assez. Il rédige un pamphlet d'une trentaine de pages intitulé «La question de l'aqueduc à La Prairie» dans lequel il dénonce les outrageantes prétentions d'Alexandre Deniers. En effet, ce dernier présente le projet d'un nouveau contrat dans lequel il offre moins et exige plus. En plus des clauses du précédent contrat, Demers demande une indemnité de 50$ par année pour approvisionner la ville en cas d'incendie. Pour assurer son monopole, il exige des restrictions quant à l'usage de l'eau par les particuliers avec imposition d'amendes pour les contrevenants. S'il s'engage à installer des tuyaux en fer et à s'enquérir des baisses possibles d'assurances qu'apporterait son système, il veut discuter du prix d'installation de bornes-fontaines. Toutefois, tout cela n'est que fausse représentation: Demers affirme que l'estimation des assurances ne se fera qu'après les travaux, mais il n'y aura en fait aucune diminution. De plus, le diamètre des tuyaux et le nombre de bornes-fontaines seront insuffisants. Devant ces révélations, Demers tente d'obtenir gain de cause par le pouvoir politique grâce à l'influence de sa clique, mais c'est l'échec et c’est la résolution du Conseil du 2 juin 1902. Considérant les clauses du contrat toujours en vigueur avec Alexandre Demers et les mesures à prendre pour le bien-être des citoyens, un homonyme, monsieur David Demers, propose, appuyé par C.A. Lefebvre, de requérir les services d'un ingénieur pour estimer la valeur actuelle du système, les coûts d'entretien et de rénovation. Évidemment, la clique d'Alexandre Demers s'opposa à cette résolution, suggérant même de faire leur autocritique. Le Dr Brisson conclut son réquisitoire écrit par des conseils de prudence. Bien qu'on le sente retenu dans la vigueur de ses propos par une certaine correction, il est facile de percevoir entre les lignes de son texte toute l'indignation et la colère contenue qui animent son intervention. Il demande à ses concitoyens de se méfier des comédies, de ne pas hésiter à faire la dépense d’une étude approfondie du problème et de n'accepter aucune construction avant l'échéance du contrat en cours. Il met en évidence les dangers d'une autre franchise de 25 ans et propose de s'en remettre à un référendum populaire sur la question. C'est le 20 décembre 1902 que l'opuscule du Dr T.A. Brisson paraîtra, dédié aux contribuables. Si l'un de vous, lecteurs, connaît les suites de cette affaire, j'aimerais bien qu'il me les fasse connaître afin de pouvoir donner une suite et une conclusion à «la question de l'aqueduc de La Prairie»....

    Mot du président

    Après une saison estivale aussi active et productive que nous l'avions prévu, voilà que nous entreprenons une nouvelle année à la poursuite de nos objectifs. D'aucuns parleront de routine; nous préférons parler de persévérance et de fidélité. D'autre part, pour répondre à ce souci de l'histoire et de la généalogie, de plus en plus développé chez nos concitoyens, nous disposons d'une équipe de personnes dont le bénévolat est synonyme d'engagement.

    La vie nous a privés de précieux éléments, mais avec un solide noyau de vétérans, avec de nouvelles têtes qui assurent la relève et qui nous font dire que, comme les bonnes équipes de hockey, nous ne manquons pas de profondeur, avec nos généreux mécènes, avec une coordonnatrice imaginative, méticuleuse et aussi efficace, comment pourrions-nous douter de notre succès ?

    Aussi, c'est avec confiance que nous abordons cette nouvelle étape de la vie de la SHLM, persuadés de pouvoir compter sur votre constance, sur votre collaboration et sur votre appui. Je vous invite à venir nous voir, à participer par vos articles à notre journal et à profiter des services que vous offre votre Société d’histoire.

    Après une saison estivale aussi active et productive que nous l'avions prévu, voilà que nous entreprenons une nouvelle année à la poursuite de nos objectifs. D'aucuns parleront de routine; nous préférons parler de persévérance et de fidélité. D'autre part, pour répondre à ce souci de l'histoire et de la généalogie, de plus en plus développé chez nos concitoyens, nous disposons d'une équipe de personnes dont le bénévolat est synonyme d'engagement. La vie nous a privés de précieux éléments, mais avec un solide noyau de vétérans, avec de nouvelles têtes qui assurent la relève et qui nous font dire que, comme les bonnes équipes de hockey, nous ne manquons pas de profondeur, avec nos généreux mécènes, avec une coordonnatrice imaginative, méticuleuse et aussi efficace, comment pourrions-nous douter de notre succès ? Aussi, c'est avec confiance que nous abordons cette nouvelle étape de la vie de la SHLM, persuadés de pouvoir compter sur votre constance, sur votre collaboration et sur votre appui. Je vous invite à venir nous voir, à participer par vos articles à notre journal et à profiter des services que vous offre votre Société d’histoire....

    Bilan des guides de la saison estivale 2005

    La SHLM tient à remercier tous les membres de l'équipe des guides qui ont si bien accueilli et dirigé les touristes pendant tout l'été. Voici leur bilan de la saison.

    Cet été, nous avons accueilli plus de 1300 visiteurs à la SHLM, un chiffre assez respectable pour l'été chaud, humide et  pluvieux—que nous avons connu! Évidemment, l'exposition « Le Coffre d'espérance » est devenu notre champ d'intérêt principal, surtout pour les filles, qui s'intéressaient peut-être un peu plus au travail des femmes de l'époque.

    Les idées foisonnaient en début d'été pour rendre celui-ci encore plus mouvementé que celui de l'an dernier. Le Carnaval, organisé pour la mi-août, nous a tenus occupés plusieurs semaines, mais le projet qui a connu le plus de succès est incontestablement Marcher dans l'ombre du passé. Cette activité, animée par des fantômes, consiste en une visite de nuit du Vieux-La Prairie où plusieurs histoires vous donneront des frissons tout en vous faisant revivre le temps. L'activité a été tellement appréciée par les « spectateurs » que nous l'avons présentée une seconde fois, et elle l'aurait été encore plusieurs fois si les guides ne devaient pas retourner au collège! Cependant, il n'est pas trop tard pour ceux qui n'y ont pas encore assisté; Marcher dans l'ombre du passé sera probablement représenté à l'Halloween. De plus, le partenariat avec Halte dans le jardin s'est avéré un franc succès pour la deuxième année consécutive, malgré une faible affluence en début de saison. Parmi les autres projets sur lesquels nous avons travaillé, nous avons terminé les fiches « sépultures » de St- Philippe. Il reste toujours les fiches « baptêmes », qui, malgré nos efforts soutenus, n'ont pas été complétées et devront l'être l'année prochaine. Nous remercions les bénévoles qui ont rendu notre été des plus agréables, et des plus occupés.

    La SHLM tient à remercier tous les membres de l'équipe des guides qui ont si bien accueilli et dirigé les touristes pendant tout l'été. Voici leur bilan de la saison. Cet été, nous avons accueilli plus de 1300 visiteurs à la SHLM, un chiffre assez respectable pour l'été chaud, humide et  pluvieux—que nous avons connu! Évidemment, l'exposition « Le Coffre d'espérance » est devenu notre champ d'intérêt principal, surtout pour les filles, qui s'intéressaient peut-être un peu plus au travail des femmes de l'époque. Les idées foisonnaient en début d'été pour rendre celui-ci encore plus mouvementé que celui de l'an dernier. Le Carnaval, organisé pour la mi-août, nous a tenus occupés plusieurs semaines, mais le projet qui a connu le plus de succès est incontestablement Marcher dans l'ombre du passé. Cette activité, animée par des fantômes, consiste en une visite de nuit du Vieux-La Prairie où plusieurs histoires vous donneront des frissons tout en vous faisant revivre le temps. L'activité a été tellement appréciée par les « spectateurs » que nous l'avons présentée une seconde fois, et elle l'aurait été encore plusieurs fois si les guides ne devaient pas retourner au collège! Cependant, il n'est pas trop tard pour ceux qui n'y ont pas encore assisté; Marcher dans l'ombre du passé sera probablement représenté à l'Halloween. De plus, le partenariat avec Halte dans le jardin s'est avéré un franc succès pour la deuxième année consécutive, malgré une faible affluence en début de saison. Parmi les autres projets sur lesquels nous avons travaillé, nous avons terminé les fiches « sépultures » de St- Philippe. Il reste toujours les fiches « baptêmes », qui, malgré nos efforts soutenus, n'ont pas été complétées et devront l'être l'année prochaine. Nous remercions les bénévoles qui ont rendu notre été des plus agréables, et des plus occupés....

    Des tuyaux à odeur de scandale

    La question des commandites, qui a défrayé la chronique ces derniers temps, en a scandalisé plus d'un. Pourtant il y a eu, de tout temps, des stratagèmes semblables que des citoyens vigilants, à défaut des journalistes, ont su mettre en lumière. À titre d'exemple, je vous propose cette curieuse affaire de l'aqueduc qui a dû préoccuper les gens de La Prairie, au tout début du siècle dernier. Pour ce faire, je vous résume ici un opuscule publié à ce sujet par le Dr Brisson, citoyen en vue de cette époque.

    En guise d'introduction, le Dr Brisson soulève le problème d'un service d'eau défectueux. Il relie ce problème à l'octroi de franchises à long tenue qui mettent en péril le bien-être de la population et lient les mains du Conseil municipal. Ceci pour en arriver à la franchise accordée à Médard DemersIl s’agit du neveu de Médard Demers, capitaine de traversier, dont il a été question dans un article antérieur. en 1883 et qui constitue en fait un monopole qu'on n'hésiterait pas aujourd'hui à qualifier de scandaleux. Qu'on en juge d'après les droits et avantages que la municipalité avait accordés à cet entrepreneur qui se faisait fort d'approvisionner la ville de La Prairie en eau potable.

    • Monopole de 25 ans.
    • Exemption de taxes municipales pour ces services.
    • Accès libre de ses employés à la propriété privée.
    • Choix libre du matériau pour les canalisations.
    • Liberté de creuser partout et d’éventrer les rues.
    • Permission d’inspecter les logis et d’analyser la consommation.
    • Droit de passer ou non l’eau dans certaines rues, selon le vœu de la majorité de ses habitants.
    • Permission de fermer l’eau pendant trois fois 24 heures d’affilée.
    • Chaque contrat individuel avec les usagers est d’une durée de six mois payable à l’avance. Chacun de ces contrats est privé et donc soumis à des clauses différentes selon le cas. D’où puissance absolue et despotisme.

    Les responsabilités de l’entreprise se limitaient aux articles suivants :

    • Installer un système d’aqueduc général avec des connexions individuelles jusqu’à quatre pouces à l’intérieur du solage.
    • Fournir de l’eau potable aux habitants de La Prairie (dans les limites des clauses qui précèdent).
    • Remettre en état les endroits qui auront été creusés.
    • Annulation du contrat pour manquement d’une année (!) à fournir l’eau.
    • Obligation de fournir l’eau à la municipalité, surtout pour les incendies (obligation qui n’a pas été respectée lors du grand feu du 25 juillet 1901, malgré le paiement d’une indemnité de 50$).
    • Droit de rachat dans les 15 ans par la municipalité.

     

    À elles seules, de telles conditions représentaient déjà un scandale, mais d’autres lacunes sont apparues dans la mise en œuvre de ce contrat qui allaient ajouter à l’exaspération des citoyens. D’abord, Médard Demers choisit de faire ses installations en bois. Un tel choix ne pouvait qu’entraîner des écoulements et, par conséquent, un très mauvais service. Les conséquences de ce choix allaient d’ailleurs retomber sur l’associé de Médard Demers, son fils Alexandre. De plus, les conditions de remise en état des rues n’ont pas été respectées et les réparations sont souvent à la charge du Conseil. Le Dr Brisson reconnaît qu’un projet d’eau était nécessaire, mais pas à ce prix.

    Photo de couverture : Pour aider le lecteur éventuel de l'article ci-contre, nous joignons cette portion de page tirée du catalogue de T. Eaton, publié en 1910. Les prix qu'on y découvre permettent de se faire une petite idée sur le niveau de vie et la valeur du dollar à cette époque.

    La question des commandites, qui a défrayé la chronique ces derniers temps, en a scandalisé plus d'un. Pourtant il y a eu, de tout temps, des stratagèmes semblables que des citoyens vigilants, à défaut des journalistes, ont su mettre en lumière. À titre d'exemple, je vous propose cette curieuse affaire de l'aqueduc qui a dû préoccuper les gens de La Prairie, au tout début du siècle dernier. Pour ce faire, je vous résume ici un opuscule publié à ce sujet par le Dr Brisson, citoyen en vue de cette époque. En guise d'introduction, le Dr Brisson soulève le problème d'un service d'eau défectueux. Il relie ce problème à l'octroi de franchises à long tenue qui mettent en péril le bien-être de la population et lient les mains du Conseil municipal. Ceci pour en arriver à la franchise accordée à Médard DemersIl s’agit du neveu de Médard Demers, capitaine de traversier, dont il a été question dans un article antérieur. en 1883 et qui constitue en fait un monopole qu'on n'hésiterait pas aujourd'hui à qualifier de scandaleux. Qu'on en juge d'après les droits et avantages que la municipalité avait accordés à cet entrepreneur qui se faisait fort d'approvisionner la ville de La Prairie en eau potable. Monopole de 25 ans. Exemption de taxes municipales pour ces services. Accès libre de ses employés à la propriété privée. Choix libre du matériau pour les canalisations. Liberté de creuser partout et d’éventrer les rues. Permission d’inspecter les logis et d’analyser la consommation. Droit de passer ou non l’eau dans certaines rues, selon le vœu de la majorité de ses habitants. Permission de fermer l’eau pendant trois fois 24 heures d’affilée. Chaque contrat individuel avec les usagers est d’une durée de six mois payable à l’avance. Chacun de ces contrats est privé et donc soumis à des clauses différentes selon le cas. D’où puissance absolue et despotisme. Les responsabilités de l’entreprise se limitaient aux articles suivants : Installer un système d’aqueduc général avec des connexions individuelles jusqu’à quatre pouces à l’intérieur du solage. Fournir de l’eau potable aux habitants de La Prairie (dans les limites des clauses qui précèdent). Remettre en état les endroits qui auront été creusés. Annulation du contrat pour manquement d’une année (!) à fournir l’eau. Obligation de fournir l’eau à la municipalité, surtout pour les incendies (obligation qui n’a pas été respectée lors du grand feu du 25 juillet 1901, malgré le paiement d’une indemnité de 50$). Droit de rachat dans les 15 ans par la municipalité.   À elles seules, de telles conditions représentaient déjà un scandale, mais d’autres lacunes sont apparues dans la mise en œuvre de ce contrat qui allaient ajouter à l’exaspération des citoyens. D’abord, Médard Demers choisit de faire ses installations en bois. Un tel choix ne pouvait qu’entraîner des écoulements et, par conséquent, un très mauvais service. Les conséquences de ce choix allaient d’ailleurs retomber sur l’associé de Médard Demers, son fils Alexandre. De plus, les conditions de remise en état des rues n’ont pas été respectées et les réparations sont souvent à la charge du Conseil. Le Dr Brisson reconnaît qu’un projet d’eau était nécessaire, mais pas à ce prix. Photo de couverture : Pour aider le lecteur éventuel de l'article ci-contre, nous joignons cette portion de page tirée du catalogue de T. Eaton, publié en 1910. Les prix qu'on y découvre permettent de se faire une petite idée sur le niveau de vie et la valeur du dollar à cette époque....