Sélection d'une édition

    Mot du président

    En cette belle saison d’automne, la SHLM a repris ses activités hebdomadaires et mensuelles habituelles.

    Nous tenons à souligner officiellement l’entrée en poste de notre nouveau directeur général, Raphaël Humphries, arrivé en avril de cette année.

    Raphaël a remplacé David Barrette et a réussi à veiller au bon déroulement de la saison estivale avec nos guides étudiants. Titulaire d’un baccalauréat en histoire, Raphaël possède une expérience diversifiée dans le milieu muséal, ayant notamment travaillé à Exporail, au Musée d’archéologie de Roussillon, ainsi qu’au Centre des mémoires montréalaises avant d’arriver à la société d’histoire.

    Un grand merci, encore pour une autre année à succès, à nos bénévoles de la vente de livres annuelle. Finalement, ne manquez pas nos visites effrayantes qui ont lieu les vendredis et samedis d’octobre ainsi que notre prochaine conférence sur l’histoire de la Grèce antique, donnée par l’étudiante à la maîtrise en études classiques à l’Université de Montréal, Aude Grassaud.

    En cette belle saison d’automne, la SHLM a repris ses activités hebdomadaires et mensuelles habituelles. Nous tenons à souligner officiellement l’entrée en poste de notre nouveau directeur général, Raphaël Humphries, arrivé en avril de cette année. Raphaël a remplacé David Barrette et a réussi à veiller au bon déroulement de la saison estivale avec nos guides étudiants. Titulaire d’un baccalauréat en histoire, Raphaël possède une expérience diversifiée dans le milieu muséal, ayant notamment travaillé à Exporail, au Musée d’archéologie de Roussillon, ainsi qu’au Centre des mémoires montréalaises avant d'arriver à la société d’histoire. Un grand merci, encore pour une autre année à succès, à nos bénévoles de la vente de livres annuelle. Finalement, ne manquez pas nos visites effrayantes qui ont lieu les vendredis et samedis d’octobre ainsi que notre prochaine conférence sur l’histoire de la Grèce antique, donnée par l’étudiante à la maîtrise en études classiques à l’Université de Montréal, Aude Grassaud....

    Des nouvelles du Cairn du chemin de la bataille

    Dans l’édition de janvier 2025, Gaétan Bourdages a évoqué l’avenir incertain du cairn commémoratif de la Seconde Bataille de La Prairie, situé à l’intersection de la route 104 et du chemin de la Bataille Nord. Le projet d’élargissement de la route 104 laissait alors entrevoir la possibilité d’un déplacement, voire d’un démantèlement du cairn.

    Un nouveau développement est survenu dans ce dossier le 28 août dernier, lorsque Parcs Canada a procédé soudainement au démantèlement du cairn. Selon les explications fournies, cette décision aurait été prise à la suite d’une collision avec un véhicule qui aurait endommagé le monument plus tôt dans l’année.

    Parcs Canada a confirmé que le cairn ne sera pas reconstruit. La désignation historique nationale de la Seconde Bataille de La Prairie fait actuellement l’objet d’un processus de révision visant à corriger certaines inexactitudes historiques et à actualiser la terminologie employée sur l’ancienne plaque de bronze, qui avait déjà été retirée. Ce processus pourrait durer encore environ deux ans. Au terme de cette révision, Parcs Canada envisage de réinstaller une plaque commémorative sur un support métallique de type « lutrin », à proximité de l’ancien emplacement du cairn commémoratif.

    La Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine a exprimé le souhait que la plaque soit réinstallée le plus près possible de son emplacement d’origine, qu’elle soit clairement identifiée et facilement accessible aux visiteurs.

    La SHLM continuera de suivre attentivement l’évolution de ce dossier et invite les membres qui souhaitent partager leur opinion  à les communiquer à notre adresse courriel. Les commentaires pourront être acheminés à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada afin qu’ils puissent être pris en considération dans les discussions entourant l’avenir de la plaque commémorative et la préservation de ce site historique.

     

    Dans l’édition de janvier 2025, Gaétan Bourdages a évoqué l’avenir incertain du cairn commémoratif de la Seconde Bataille de La Prairie, situé à l’intersection de la route 104 et du chemin de la Bataille Nord. Le projet d’élargissement de la route 104 laissait alors entrevoir la possibilité d’un déplacement, voire d’un démantèlement du cairn. Un nouveau développement est survenu dans ce dossier le 28 août dernier, lorsque Parcs Canada a procédé soudainement au démantèlement du cairn. Selon les explications fournies, cette décision aurait été prise à la suite d’une collision avec un véhicule qui aurait endommagé le monument plus tôt dans l’année. Parcs Canada a confirmé que le cairn ne sera pas reconstruit. La désignation historique nationale de la Seconde Bataille de La Prairie fait actuellement l’objet d’un processus de révision visant à corriger certaines inexactitudes historiques et à actualiser la terminologie employée sur l’ancienne plaque de bronze, qui avait déjà été retirée. Ce processus pourrait durer encore environ deux ans. Au terme de cette révision, Parcs Canada envisage de réinstaller une plaque commémorative sur un support métallique de type « lutrin », à proximité de l’ancien emplacement du cairn commémoratif. La Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine a exprimé le souhait que la plaque soit réinstallée le plus près possible de son emplacement d’origine, qu’elle soit clairement identifiée et facilement accessible aux visiteurs. La SHLM continuera de suivre attentivement l’évolution de ce dossier et invite les membres qui souhaitent partager leur opinion  à les communiquer à notre adresse courriel. Les commentaires pourront être acheminés à la Commission des lieux et monuments historiques du Canada afin qu’ils puissent être pris en considération dans les discussions entourant l’avenir de la plaque commémorative et la préservation de ce site historique.  ...

    Conférence

    L’architecte Victor Bourgeau

    L’un des architectes de l’église de La Nativité-de- la-Sainte-Vierge à La Prairie, Victor Bourgeau (1809-1888), est l’un des plus grands architectes québécois de la deuxième moitié du 19e siècle. Il demeure peu connu, étant donné le peu d’importance que l’on accorde à l’architecture et aux architectes au sein de la société québécoise. On attribue pourtant à Victor Bourgeau quelque 150 bâtiments à travers le Québec, en Ontario, jusqu’à l’Île-du-Prince-Édouard et même aux États-Unis.

    En fouillant les plans et les marchés de construction  de   la   deuxième   moitié   du   19e siècle, une époque charnière de la formation de l’identité québécoise, Louise Legault fait revivre l’architecte, ses nombreuses réalisations et son époque.

    Journaliste, traductrice et environnementaliste, Louise Legault a toujours cherché à retrouver le côté historique des choses dans ses écrits. Attirée par une bonne histoire et un peu touche-à-tout, ses livres portent sur l’histoire familiale, l’architecture, l’environnement et l’histoire locale, à travers la Société d’histoire de Notre-Dame-de-Grâce dont elle est recherchiste.

     

     

     

     

     

     

    Mardi 8 décembre 2026 à 19 h

    Théâtre du Vieux-La Prairie

    247, rue Sainte-Marie à La Prairie

    Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $

    Pour information : https://shlm.info, 450-659-1393

     

     

    L’architecte Victor Bourgeau L’un des architectes de l’église de La Nativité-de- la-Sainte-Vierge à La Prairie, Victor Bourgeau (1809-1888), est l’un des plus grands architectes québécois de la deuxième moitié du 19e siècle. Il demeure peu connu, étant donné le peu d’importance que l’on accorde à l’architecture et aux architectes au sein de la société québécoise. On attribue pourtant à Victor Bourgeau quelque 150 bâtiments à travers le Québec, en Ontario, jusqu’à l’Île-du-Prince-Édouard et même aux États-Unis. En fouillant les plans et les marchés de construction  de   la   deuxième   moitié   du   19e siècle, une époque charnière de la formation de l’identité québécoise, Louise Legault fait revivre l’architecte, ses nombreuses réalisations et son époque. Journaliste, traductrice et environnementaliste, Louise Legault a toujours cherché à retrouver le côté historique des choses dans ses écrits. Attirée par une bonne histoire et un peu touche-à-tout, ses livres portent sur l’histoire familiale, l’architecture, l’environnement et l’histoire locale, à travers la Société d’histoire de Notre-Dame-de-Grâce dont elle est recherchiste.             Mardi 8 décembre 2026 à 19 h Théâtre du Vieux-La Prairie 247, rue Sainte-Marie à La Prairie Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $ Pour information : https://shlm.info, 450-659-1393    ...

    Conférence

    Aèdes, rhapsodes et identité

    C’est à l’époque des guerres médiques (env.-490 à env.-480), alors qu’ils font face à l’envahisseur perse, que les Grecs expriment pour la première fois leur sentiment d’appartenir à un même peuple qui partage à la fois une langue, un mode de vie, une religion et une origine, et ce, malgré le fait qu’ils n’aient jamais été réunis sous une même entité politique.

    Naturellement, cette identité grecque ne s’est pas construite en un jour, mais la question demeure : comment s’est-elle réellement constituée?

    J’argumenterai que les aèdes, des poètes oraux comme Homère, ont pu jouer un rôle important dans cette construction identitaire, particulièrement sur plan de la religion, de l’histoire commune et de l’origine, tandis que les rhapsodes, leurs successeurs, ont contribué à préserver et réactualiser l’identité grecque par la suite.

    Étudiante à la maîtrise en études classiques à l’Université de Montréal, Aude Grassaud s ’intéresse particulièrement au rôle des artistes dans les sociétés anciennes.

    Son mémoire porte sur le rôle des aèdes et des rhapsodes dans la société grecque archaïque et classique. Elle travaille actuellement à l’université en tant qu’auxiliaire de langue latine et participe à un projet de recherche sur les fausses prophéties dans les épopées flaviennes. La vulgarisation des savoirs historiques auprès du grand public la tenant particulièrement à cœur, Aude a créé, aux côtés de sa mère, une enseignante d’Univers social, un atelier sur la démocratie grecque qu’elle anime ponctuellement dans des classes de secondaire 1 depuis trois ans.

     

     

     

     

    MARDI 10 novembre 2026 à 19 h

    Théâtre du Vieux-La Prairie

    247, rue Sainte-Marie à La Prairie

    Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $

    Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393

     

     

    Aèdes, rhapsodes et identité C’est à l’époque des guerres médiques (env.-490 à env.-480), alors qu’ils font face à l’envahisseur perse, que les Grecs expriment pour la première fois leur sentiment d’appartenir à un même peuple qui partage à la fois une langue, un mode de vie, une religion et une origine, et ce, malgré le fait qu’ils n’aient jamais été réunis sous une même entité politique. Naturellement, cette identité grecque ne s’est pas construite en un jour, mais la question demeure : comment s’est-elle réellement constituée? J’argumenterai que les aèdes, des poètes oraux comme Homère, ont pu jouer un rôle important dans cette construction identitaire, particulièrement sur plan de la religion, de l’histoire commune et de l’origine, tandis que les rhapsodes, leurs successeurs, ont contribué à préserver et réactualiser l’identité grecque par la suite. Étudiante à la maîtrise en études classiques à l’Université de Montréal, Aude Grassaud s ’intéresse particulièrement au rôle des artistes dans les sociétés anciennes. Son mémoire porte sur le rôle des aèdes et des rhapsodes dans la société grecque archaïque et classique. Elle travaille actuellement à l’université en tant qu’auxiliaire de langue latine et participe à un projet de recherche sur les fausses prophéties dans les épopées flaviennes. La vulgarisation des savoirs historiques auprès du grand public la tenant particulièrement à cœur, Aude a créé, aux côtés de sa mère, une enseignante d’Univers social, un atelier sur la démocratie grecque qu’elle anime ponctuellement dans des classes de secondaire 1 depuis trois ans.         MARDI 10 novembre 2026 à 19 h Théâtre du Vieux-La Prairie 247, rue Sainte-Marie à La Prairie Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $ Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393    ...

    Vente de livres d’occasion 2026

    Encore une fois, notre vente de livres d’occasion a été un grand succès!

    Cette année encore, plusieurs nouveaux clients ont découvert notre vente et certains l’ont même qualifiée de véritable « caverne d’Ali Baba »! Il faut dire qu’il y en avait vraiment pour tous les goûts… et pour tous les âges!

    Futur client

    Un immense bravo au comité permanent pour tout le travail accompli et un chaleureux merci à tous les bénévoles qui se sont généreusement joints à nous, que ce soit pour la mise en place, pendant les journées de vente ou lors du démantèlement.

    Votre aide, votre énergie et votre bonne humeur ont grandement contribué à la réussite de cette belle activité.

    Merci à chacun et chacune d’entre vous pour votre précieux soutien. C’est grâce à vous que cette vente connaît, année après année, un si beau succès!

     

    Encore une fois, notre vente de livres d’occasion a été un grand succès! Cette année encore, plusieurs nouveaux clients ont découvert notre vente et certains l’ont même qualifiée de véritable « caverne d’Ali Baba »! Il faut dire qu’il y en avait vraiment pour tous les goûts… et pour tous les âges! Futur client Un immense bravo au comité permanent pour tout le travail accompli et un chaleureux merci à tous les bénévoles qui se sont généreusement joints à nous, que ce soit pour la mise en place, pendant les journées de vente ou lors du démantèlement. Votre aide, votre énergie et votre bonne humeur ont grandement contribué à la réussite de cette belle activité. Merci à chacun et chacune d’entre vous pour votre précieux soutien. C’est grâce à vous que cette vente connaît, année après année, un si beau succès!  ...

    Joseph Hébert – Capitaine de milice, juge de paix et censitaire – Partie 2

    1. Univers seigneurial

    ____________________________________________

    Ce sont surtout les actes fonciers qui gardent la trace de l’arrivée de Joseph Hébert dans la région de La Prairie. Entre 1768 et 1780, sa résidence échappe à toute documentation notariée comme aux chroniques locales : cultivait‑il une terre déjà acquise par sa famille, vivait‑il sur une concession sans titre enregistré à la Petite Cadie ? Aucun document ne permet de trancher.

    En février 1780[i], un acte notarié — signé de sa main — atteste enfin que le capitaine Joseph Hébert habite Laprairie.  Le mois suivant, son père meurt.  D’autres actes au nom de « Joseph Hébert » décrivent un preneur qui ne sait pas signer, et l’identité se brouille. À ce moment‑là, deux Joseph circulent dans les actes notariés : le fils d’Amand et Joseph Ignace, fils d’Olivier, tous deux illettrés, tous deux confondus sous le même prénom.

    La première terre de Joseph Hébert n’est qu’un ruban de friche, sans maison ni grange. Trois arpents de front sur trente de profondeur, au nord de la rivière de Montréal entre les lots de Jacques Brosseau et de Pierre Marié. Acquise d’Étienne Tremblay pour 250 chelins, cette parcelle l’assujettit au régime seigneurial: cens à verser, rentes à payer, terre à mettre en valeur. Avant la fin de l’année, il la revend pour 800 schellings, sans l’avoir ni défriché ni dressé la moindre construction. La revente s’explique sans doute par un achat le mois précédent : une terre à la Côte des Saints-Anges, payée 1 900 livres. Un prix qui laisse croire à des bâtiments, même si l’acte demeure muet à ce sujet. De dimensions identiques à la première, ce lot affleure le chemin du roi. Il est encadré d’un côté par une terre que Joseph possède déjà, de l’autre par celle de Nicolas Lefebvre. Trois mois plus tard, une concession d’un arpent sur trente à la Côte Sainte-Catherine vient compléter l’ensemble.

    Au début de 1782, ces deux terres passent aux mains de Julien Sarrazin dit Depelteau[ii] pour 4 000 livres, un profit de 54%. Joseph, lui, continue à demeurer à La Prairie, sans qu’on puisse préciser où il habite. Les terres qu’il achète alors sont des lots en friche, sans bâtiments, qu’il revend avec profit, peut-être pour alimenter le moulin à scie de son demi‑frère René David.

    Au recensement de 1787, un Joseph Hébert apparaît rue Saint‑Ignace, sur un terrain d’environ 1 180 pieds carrés, avec une maison et une grange. S’agit-il de notre Joseph ou d’un des cousins du même nom ? Des sources notariales concordantes le présentent comme propriétaire d’une maison rue Saint‑Ignace, et le testament de Josephte Hébert, rédigé en 1822, précise que l’acte a été passé dans une chambre nord‑est de cette maison.

     

     

     

    1. Patrimoine

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    Joseph Hébert ne se contente pas de ses premières acquisitions : dans les années 1780 et 1790, il étend patiemment son emprise sur la terre, achetant des parcelles dans la baronnie de Longueuil, la seigneurie du Sault-Saint-Louis et celle de La Salle.

    En 1787[iii], un achat se détache des autres : Joseph obtient de l’aubergiste McKillip une maison avec verger, adossée à la deuxième église et bordant le cimetière, sur le chemin Saint‑Jean, l’actuelle rue du Boulevard. Là, sa présence se greffe au cœur même du village.

    Le bail conclu avec son neveu Samuel Everton détaille un ensemble déjà complet : maison de pierre, grange, étables, laiterie, clôtures, fossés, ainsi que quatre vaches, chacune rapportant dix‑huit livres de plus par an, pour un loyer de base de cent piastres d’Espagne. Ce bail décrit une exploitation structurée et non une simple terre de subsistance. Entre ses lignes, on lit autre chose : Joseph gère son bien en famille, en confiant à un neveu ce qu’il aurait pu louer à un étranger. Il possède assez, désormais, pour entretenir une maison de pierres et plusieurs bâtiments agricoles, ce qui, dans le monde rural de l’époque, le place déjà au‑dessus du simple paysan.

    En 1785, une autre acquisition vient jeter une ombre sur cet essor patrimonial. Le 4 avril, à Montréal, devant un notaire[iv], le capitaine des milices de La Prairie Joseph Hébert achète pour 50 livres, cours d’Halifax, un jeune homme noir d’environ vingt‑et‑un ans, désigné dans l’acte comme « un nègre » nommé Joseph, vendu comme esclave par William Ward, originaire du Connecticut.

     

     

    Les documents conservés permettent de suivre la chaîne de propriété de ce Joseph : d’abord entre les mains du Dr John Clarke, puis vendu à Henry Rice à Providence en 1779, passé ensuite à Alexander Thompson, endossé en 1781, puis finalement revendu à Ward avant d’être acheté par Hébert. De Providence à Montréal, ce parcours fait entrer, au cœur même du monde seigneurial de La Prairie, un homme déplacé comme une marchandise, qui reste prisonnier du statut d’esclave.

    1. Capitaine de milice et juge de paix

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    Joseph Hébert s’impose aussi dans la vie publique de La Prairie. Dès septembre 1781, il reçoit le grade de capitaine de milice, titre qu’il conserve au moins jusqu’en octobre 1797, où il est promu premier capitaine. Dans les campagnes du Bas‑Canada, cette charge déborde de loin la simple mise en rang des hommes : le capitaine est la voix de l’administration coloniale dans le village, celui qui veille, transmet et rappelle que l’ordre vient de plus haut. Déporté acadien, il est passé du rang de sujet meurtri à celui d’homme qui relaie la parole du conquérant. Pour les exilés comme pour lui, cette nouvelle voix de l’autorité n’a sans doute pas toujours sonné comme une récompense. Pourtant, son cheminement montre qu’il a voulu prendre en main le destin de son peuple et travailler à son bien‑être.

    Que le titre de capitaine accompagne régulièrement son nom dans les actes notariés n’est donc pas un simple ornement : c’est la manière dont la paroisse fixe sur le papier le rang d’homme d’autorité qu’elle lui accorde.

    En décembre 1790, une nouvelle nomination vient sceller ce statut : il devient juge de paix pour la juridiction de La Prairie, dépositaire des querelles du quotidien, mais aussi des mandats, des amendes et des ordonnances qu’il doit faire tomber sur les épaules de ses voisins. Réunies, ces deux fonctions font de lui l’une des pièces maîtresses du maintien de l’ordre civil dans sa région. À ce poste de confiance, il voit la province se dédoubler en Bas‑Canada et en Haut‑Canada et, depuis son banc de notable paroissial, assiste à la naissance des premières élections parlementaires.

    Plus tard, cette autorité locale est mobilisée dans une affaire qui met en jeu les biens des Jésuites. En 1807, la nomination du notaire Edme Henry comme agent des biens des Jésuites dans le district de Montréal repose dès l’origine sur le cautionnement de deux hommes, dont le capitaine Joseph Hébert de La Prairie. L’enquête qui s’ensuit aboutit, deux ans plus tard, à la confirmation de cette nomination[v]; Joseph Hébert et Jean‑Baptiste Perras s’engagent alors conjointement pour une somme de 750 livres, constituant une garantie contre tout manquement éventuel d’Henry dans l’exercice de ses fonctions.

    1. Donations et testaments

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    Joseph Hébert consacre les dernières décennies de sa vie à organiser minutieusement sa succession. En 1813, dans un premier testament[vi], il partage ses biens entre les fils de ses demi‑frères, soucieux que chacun reçoive sa juste part égale. En décembre 1820, il retire du lot ce qu’il a de plus précieux : son verger, cœur vivant de son domaine. Il en fait donation[vii] à sa petite‑nièce Sophie Everton, épouse du marchand Robert McNabb de La Prairie. Sophie a grandi parmi ces rangs d’arbres : son père en a tenu le bail pendant quelques années, et elle reste, à ses yeux, la seule à en aimer la terre autant que lui.

    Deux ans plus tard, en septembre 1822, il abroge puis refonde l’ensemble de ses dispositions testamentaires[viii]. Pour le reste de sa vie, son épouse aura la jouissance de tous ses biens : elle pourra en vivre, les occuper, mais ne les possédera jamais tout à fait. À sa mort, il laisse à Vital Bourassa et à sa femme, Elizabeth Dupuis, nièce de Mme Hébert, un terrain au village de La Prairie‑de‑la‑Madeleine, avec maison et dépendances. Ce terrain court le long du côté ouest de la rue Ignace jusque sur la rive du Saint‑Laurent, là où le vieux bourg s’ouvre sur le fleuve. Ils recevront aussi deux lots presque de même taille, chacun d’environ deux arpents trois quarts de front sur vingt de profondeur, ces bandes de terre profondes qui s’enfoncent dans la campagne. L’un se trouve à la Côte Saint‑Jean, l’autre, boisé, à la Côte Sainte‑Catherine, dans la seigneurie du Sault‑Saint‑Louis. Ce qu’il leur donne, il le donne à condition qu’ils restent auprès de lui : pour veiller sur lui dans la santé comme dans la maladie, et pour lui assurer, au dernier jour, des funérailles à la hauteur de la place qu’il s’est faite.

    Les années 1823 et 1824 sont marquées par deux deuils : son épouse meurt en avril 1823, puis Sophie à son tour décède l’année suivante, à vingt‑quatre ans, laissant Joseph veuf, quoiqu’il puisse compter sur la proximité de ses deux demi‑frères. À mesure qu’il vieillit, la question de sa succession cesse d’être une simple affaire de papiers pour devenir un terrain de dispute. En mars 1826, son demi‑frère René David proteste[ix] officiellement contre la nomination de leur cousin Vital Bourassa et contre la façon dont celui‑ci exerce la curatelle de Guillaume Hébert, charge que Joseph avait lui‑même assumée auparavant.

    Joseph tranche l’affaire le mois suivant, en arbitrant lui‑même entre la parenté et les services reçus. En avril 1826, désormais âgé et retiré, il consent à Vital Bourassa une donation[x] à titre onéreux portant sur la moitié indivise de plusieurs biens — maison en pierre, bâtiments annexes, portion du verger — en contrepartie des soins que celui‑ci lui a prodigués.  Le même jour, un testament[xi] refondu constate l’absence d’héritiers directs et désigne ses frères consanguins, René David et Jacques Hébert, comme légataires universels de l’autre moitié, y compris une terre à la Côte‑Saint‑Catherine. Après sa mort, ils n’échapperont pas l’un à l’autre : devenus copropriétaires, les uns par service, les autres par sang, ils devront s’entendre sur le devenir de son héritage.

     

    Conclusion

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    Mort à La Prairie le 15 août 1827, à l’âge de 87 ans, et inhumé deux jours plus tard à Notre-Dame-de-La-Prairie-de-la-Magdeleine, Joseph Hébert aura vécu trois mondes : la Grandpré de son enfance, la Nouvelle-Angleterre de l’exil et les seigneuries de La Prairie et de Longueuil où il s’enracine.

    Son avis de décès indique qu’il succombe à une apoplexie et le décrit comme « un vieillard universellement aimé de tous ceux qui avaient eu le plaisir de le connaître, et qui sera généralement regretté ».

    Acadien de Grandpré déporté en Nouvelle-Angleterre puis revenu au Canada avec les siens, il prend rang comme censitaire, bailleur, tuteur, capitaine de milice et juge de paix. En tissant des liens entre patrimoine, parenté et droit, il a su protéger les siens et leur permettre de s’épanouir dans ce qu’ils appelaient leur nouvelle « Petite Cadie », tout en portant aussi, comme beaucoup de notables de son temps, la responsabilité d’avoir possédé un jeune homme noir réduit en esclavage.

    Les documents conservés laissent voir, presque pas à pas, comment un exilé acadien a transformé la déportation en point de départ et fait de l’enracinement son œuvre de toute une vie dans la société seigneuriale du Bas‑Canada.

    ______________________________

    [i] Vente no 2014, 15 février 1780, greffe du notaire Pierre Lalanne, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

    [ii] Vente, 26 janvier 1782, greffe du notaire Pierre Lalanne, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

    [iii] Vente No 15, 1 mars 1787, greffe du notaire John Gerbrand Beek, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

    [iv] Vente, 4 avril 1785, greffe du notaire F. Leguay, Bibliothèque et Archives nationales du Québec.

    [v] Lettre d'[Edme] Henry adressée aux commissaires de la Commission administrant les biens des Jésuites. Au sujet du cautionnement et de sa nomination comme agent responsable des biens des Jésuites pour le District de Montréal. Les noms de ses cautions sont Joseph Hébert, capitaine de milice et Jean-Baptiste Perras, marchand; tous deux résidents dans la paroisse de La Prairie 20 août 1809 – consulté 2026/07/03- Archives nationales à Québec – Fonds ministère des Terres et Forêts 03Q,E21,S64,SS5,SSS2,D1652 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3147027

    [vi] Testament no 4303, 5 janvier 1813, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

    [vii] Donation no 4363, 9 décembre 1820, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

    [viii] Testament No 4368, 10 septembre 1822, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

    [ix] Protêt No 109, 27 mars s1826, greffe du notaire Jean-Baptiste Dupuis, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

    [x] Donation No 4371, 26 avril 1826, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

    [xi] Testament No 4370, 26 avril 1826, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec

    Univers seigneurial ____________________________________________ Ce sont surtout les actes fonciers qui gardent la trace de l’arrivée de Joseph Hébert dans la région de La Prairie. Entre 1768 et 1780, sa résidence échappe à toute documentation notariée comme aux chroniques locales : cultivait‑il une terre déjà acquise par sa famille, vivait‑il sur une concession sans titre enregistré à la Petite Cadie ? Aucun document ne permet de trancher. En février 1780[i], un acte notarié — signé de sa main — atteste enfin que le capitaine Joseph Hébert habite Laprairie.  Le mois suivant, son père meurt.  D’autres actes au nom de « Joseph Hébert » décrivent un preneur qui ne sait pas signer, et l’identité se brouille. À ce moment‑là, deux Joseph circulent dans les actes notariés : le fils d’Amand et Joseph Ignace, fils d’Olivier, tous deux illettrés, tous deux confondus sous le même prénom. La première terre de Joseph Hébert n’est qu’un ruban de friche, sans maison ni grange. Trois arpents de front sur trente de profondeur, au nord de la rivière de Montréal entre les lots de Jacques Brosseau et de Pierre Marié. Acquise d’Étienne Tremblay pour 250 chelins, cette parcelle l’assujettit au régime seigneurial: cens à verser, rentes à payer, terre à mettre en valeur. Avant la fin de l’année, il la revend pour 800 schellings, sans l’avoir ni défriché ni dressé la moindre construction. La revente s’explique sans doute par un achat le mois précédent : une terre à la Côte des Saints-Anges, payée 1 900 livres. Un prix qui laisse croire à des bâtiments, même si l’acte demeure muet à ce sujet. De dimensions identiques à la première, ce lot affleure le chemin du roi. Il est encadré d’un côté par une terre que Joseph possède déjà, de l’autre par celle de Nicolas Lefebvre. Trois mois plus tard, une concession d’un arpent sur trente à la Côte Sainte-Catherine vient compléter l’ensemble. Au début de 1782, ces deux terres passent aux mains de Julien Sarrazin dit Depelteau[ii] pour 4 000 livres, un profit de 54%. Joseph, lui, continue à demeurer à La Prairie, sans qu’on puisse préciser où il habite. Les terres qu’il achète alors sont des lots en friche, sans bâtiments, qu’il revend avec profit, peut-être pour alimenter le moulin à scie de son demi‑frère René David. Au recensement de 1787, un Joseph Hébert apparaît rue Saint‑Ignace, sur un terrain d’environ 1 180 pieds carrés, avec une maison et une grange. S’agit-il de notre Joseph ou d’un des cousins du même nom ? Des sources notariales concordantes le présentent comme propriétaire d’une maison rue Saint‑Ignace, et le testament de Josephte Hébert, rédigé en 1822, précise que l’acte a été passé dans une chambre nord‑est de cette maison.       Patrimoine ____________________________________________ Joseph Hébert ne se contente pas de ses premières acquisitions : dans les années 1780 et 1790, il étend patiemment son emprise sur la terre, achetant des parcelles dans la baronnie de Longueuil, la seigneurie du Sault-Saint-Louis et celle de La Salle. En 1787[iii], un achat se détache des autres : Joseph obtient de l’aubergiste McKillip une maison avec verger, adossée à la deuxième église et bordant le cimetière, sur le chemin Saint‑Jean, l’actuelle rue du Boulevard. Là, sa présence se greffe au cœur même du village. Le bail conclu avec son neveu Samuel Everton détaille un ensemble déjà complet : maison de pierre, grange, étables, laiterie, clôtures, fossés, ainsi que quatre vaches, chacune rapportant dix‑huit livres de plus par an, pour un loyer de base de cent piastres d’Espagne. Ce bail décrit une exploitation structurée et non une simple terre de subsistance. Entre ses lignes, on lit autre chose : Joseph gère son bien en famille, en confiant à un neveu ce qu’il aurait pu louer à un étranger. Il possède assez, désormais, pour entretenir une maison de pierres et plusieurs bâtiments agricoles, ce qui, dans le monde rural de l’époque, le place déjà au‑dessus du simple paysan. En 1785, une autre acquisition vient jeter une ombre sur cet essor patrimonial. Le 4 avril, à Montréal, devant un notaire[iv], le capitaine des milices de La Prairie Joseph Hébert achète pour 50 livres, cours d’Halifax, un jeune homme noir d’environ vingt‑et‑un ans, désigné dans l’acte comme « un nègre » nommé Joseph, vendu comme esclave par William Ward, originaire du Connecticut.     Les documents conservés permettent de suivre la chaîne de propriété de ce Joseph : d’abord entre les mains du Dr John Clarke, puis vendu à Henry Rice à Providence en 1779, passé ensuite à Alexander Thompson, endossé en 1781, puis finalement revendu à Ward avant d’être acheté par Hébert. De Providence à Montréal, ce parcours fait entrer, au cœur même du monde seigneurial de La Prairie, un homme déplacé comme une marchandise, qui reste prisonnier du statut d’esclave. Capitaine de milice et juge de paix ____________________________________________ Joseph Hébert s’impose aussi dans la vie publique de La Prairie. Dès septembre 1781, il reçoit le grade de capitaine de milice, titre qu’il conserve au moins jusqu’en octobre 1797, où il est promu premier capitaine. Dans les campagnes du Bas‑Canada, cette charge déborde de loin la simple mise en rang des hommes : le capitaine est la voix de l’administration coloniale dans le village, celui qui veille, transmet et rappelle que l’ordre vient de plus haut. Déporté acadien, il est passé du rang de sujet meurtri à celui d’homme qui relaie la parole du conquérant. Pour les exilés comme pour lui, cette nouvelle voix de l’autorité n’a sans doute pas toujours sonné comme une récompense. Pourtant, son cheminement montre qu’il a voulu prendre en main le destin de son peuple et travailler à son bien‑être. Que le titre de capitaine accompagne régulièrement son nom dans les actes notariés n’est donc pas un simple ornement : c’est la manière dont la paroisse fixe sur le papier le rang d’homme d’autorité qu’elle lui accorde. En décembre 1790, une nouvelle nomination vient sceller ce statut : il devient juge de paix pour la juridiction de La Prairie, dépositaire des querelles du quotidien, mais aussi des mandats, des amendes et des ordonnances qu’il doit faire tomber sur les épaules de ses voisins. Réunies, ces deux fonctions font de lui l’une des pièces maîtresses du maintien de l’ordre civil dans sa région. À ce poste de confiance, il voit la province se dédoubler en Bas‑Canada et en Haut‑Canada et, depuis son banc de notable paroissial, assiste à la naissance des premières élections parlementaires. Plus tard, cette autorité locale est mobilisée dans une affaire qui met en jeu les biens des Jésuites. En 1807, la nomination du notaire Edme Henry comme agent des biens des Jésuites dans le district de Montréal repose dès l’origine sur le cautionnement de deux hommes, dont le capitaine Joseph Hébert de La Prairie. L’enquête qui s’ensuit aboutit, deux ans plus tard, à la confirmation de cette nomination[v]; Joseph Hébert et Jean‑Baptiste Perras s’engagent alors conjointement pour une somme de 750 livres, constituant une garantie contre tout manquement éventuel d’Henry dans l’exercice de ses fonctions. Donations et testaments ____________________________________________ Joseph Hébert consacre les dernières décennies de sa vie à organiser minutieusement sa succession. En 1813, dans un premier testament[vi], il partage ses biens entre les fils de ses demi‑frères, soucieux que chacun reçoive sa juste part égale. En décembre 1820, il retire du lot ce qu’il a de plus précieux : son verger, cœur vivant de son domaine. Il en fait donation[vii] à sa petite‑nièce Sophie Everton, épouse du marchand Robert McNabb de La Prairie. Sophie a grandi parmi ces rangs d’arbres : son père en a tenu le bail pendant quelques années, et elle reste, à ses yeux, la seule à en aimer la terre autant que lui. Deux ans plus tard, en septembre 1822, il abroge puis refonde l’ensemble de ses dispositions testamentaires[viii]. Pour le reste de sa vie, son épouse aura la jouissance de tous ses biens : elle pourra en vivre, les occuper, mais ne les possédera jamais tout à fait. À sa mort, il laisse à Vital Bourassa et à sa femme, Elizabeth Dupuis, nièce de Mme Hébert, un terrain au village de La Prairie‑de‑la‑Madeleine, avec maison et dépendances. Ce terrain court le long du côté ouest de la rue Ignace jusque sur la rive du Saint‑Laurent, là où le vieux bourg s’ouvre sur le fleuve. Ils recevront aussi deux lots presque de même taille, chacun d’environ deux arpents trois quarts de front sur vingt de profondeur, ces bandes de terre profondes qui s’enfoncent dans la campagne. L’un se trouve à la Côte Saint‑Jean, l’autre, boisé, à la Côte Sainte‑Catherine, dans la seigneurie du Sault‑Saint‑Louis. Ce qu’il leur donne, il le donne à condition qu’ils restent auprès de lui : pour veiller sur lui dans la santé comme dans la maladie, et pour lui assurer, au dernier jour, des funérailles à la hauteur de la place qu’il s’est faite. Les années 1823 et 1824 sont marquées par deux deuils : son épouse meurt en avril 1823, puis Sophie à son tour décède l’année suivante, à vingt‑quatre ans, laissant Joseph veuf, quoiqu’il puisse compter sur la proximité de ses deux demi‑frères. À mesure qu’il vieillit, la question de sa succession cesse d’être une simple affaire de papiers pour devenir un terrain de dispute. En mars 1826, son demi‑frère René David proteste[ix] officiellement contre la nomination de leur cousin Vital Bourassa et contre la façon dont celui‑ci exerce la curatelle de Guillaume Hébert, charge que Joseph avait lui‑même assumée auparavant. Joseph tranche l’affaire le mois suivant, en arbitrant lui‑même entre la parenté et les services reçus. En avril 1826, désormais âgé et retiré, il consent à Vital Bourassa une donation[x] à titre onéreux portant sur la moitié indivise de plusieurs biens — maison en pierre, bâtiments annexes, portion du verger — en contrepartie des soins que celui‑ci lui a prodigués.  Le même jour, un testament[xi] refondu constate l’absence d’héritiers directs et désigne ses frères consanguins, René David et Jacques Hébert, comme légataires universels de l’autre moitié, y compris une terre à la Côte‑Saint‑Catherine. Après sa mort, ils n’échapperont pas l’un à l’autre : devenus copropriétaires, les uns par service, les autres par sang, ils devront s’entendre sur le devenir de son héritage.   Conclusion ____________________________________________ Mort à La Prairie le 15 août 1827, à l’âge de 87 ans, et inhumé deux jours plus tard à Notre-Dame-de-La-Prairie-de-la-Magdeleine, Joseph Hébert aura vécu trois mondes : la Grandpré de son enfance, la Nouvelle-Angleterre de l’exil et les seigneuries de La Prairie et de Longueuil où il s’enracine. Son avis de décès indique qu’il succombe à une apoplexie et le décrit comme « un vieillard universellement aimé de tous ceux qui avaient eu le plaisir de le connaître, et qui sera généralement regretté ». Acadien de Grandpré déporté en Nouvelle-Angleterre puis revenu au Canada avec les siens, il prend rang comme censitaire, bailleur, tuteur, capitaine de milice et juge de paix. En tissant des liens entre patrimoine, parenté et droit, il a su protéger les siens et leur permettre de s’épanouir dans ce qu’ils appelaient leur nouvelle « Petite Cadie », tout en portant aussi, comme beaucoup de notables de son temps, la responsabilité d’avoir possédé un jeune homme noir réduit en esclavage. Les documents conservés laissent voir, presque pas à pas, comment un exilé acadien a transformé la déportation en point de départ et fait de l’enracinement son œuvre de toute une vie dans la société seigneuriale du Bas‑Canada. ______________________________ [i] Vente no 2014, 15 février 1780, greffe du notaire Pierre Lalanne, Bibliothèque et Archives nationales du Québec. [ii] Vente, 26 janvier 1782, greffe du notaire Pierre Lalanne, Bibliothèque et Archives nationales du Québec. [iii] Vente No 15, 1 mars 1787, greffe du notaire John Gerbrand Beek, Bibliothèque et Archives nationales du Québec. [iv] Vente, 4 avril 1785, greffe du notaire F. Leguay, Bibliothèque et Archives nationales du Québec. [v] Lettre d'[Edme] Henry adressée aux commissaires de la Commission administrant les biens des Jésuites. Au sujet du cautionnement et de sa nomination comme agent responsable des biens des Jésuites pour le District de Montréal. Les noms de ses cautions sont Joseph Hébert, capitaine de milice et Jean-Baptiste Perras, marchand; tous deux résidents dans la paroisse de La Prairie 20 août 1809 - consulté 2026/07/03- Archives nationales à Québec - Fonds ministère des Terres et Forêts 03Q,E21,S64,SS5,SSS2,D1652 https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3147027 [vi] Testament no 4303, 5 janvier 1813, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec [vii] Donation no 4363, 9 décembre 1820, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec [viii] Testament No 4368, 10 septembre 1822, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec [ix] Protêt No 109, 27 mars s1826, greffe du notaire Jean-Baptiste Dupuis, Bibliothèque et Archives nationales du Québec [x] Donation No 4371, 26 avril 1826, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec [xi] Testament No 4370, 26 avril 1826, greffe du notaire Edme Henry, Bibliothèque et Archives nationales du Québec...

    Mot du président

    Bonjour,

    La rentrée 2026 approche à grand pas pour la SHLM. De nombreux évènements vous attendent :

    Samedi 12 septembre (9h à 17h) :
    Nous animerons un kiosque lors de la Fête des Récoltes au parc Lucie-Roussel.

    Dimanche 13 septembre:
    Journée du patrimoine religieux à l’église de La Nativité (visites de l’église).

    À compter du lundi 14 septembre (19 h):
    Reprise des activités du club de généalogie.

    Samedi 26 septembre:
    Journées de la Culture: visites gratuites du Vieux La Prairie et du Musée d’archéologie.

    Visites effrayantes:
    De retour en octobre. Les dates seront annoncées prochainement.

    Antoine Simonato, Président de la SHLM

     

     

     

    Bonjour, La rentrée 2026 approche à grand pas pour la SHLM. De nombreux évènements vous attendent : Samedi 12 septembre (9h à 17h) : Nous animerons un kiosque lors de la Fête des Récoltes au parc Lucie-Roussel. Dimanche 13 septembre: Journée du patrimoine religieux à l’église de La Nativité (visites de l’église). À compter du lundi 14 septembre (19 h): Reprise des activités du club de généalogie. Samedi 26 septembre: Journées de la Culture: visites gratuites du Vieux La Prairie et du Musée d’archéologie. Visites effrayantes: De retour en octobre. Les dates seront annoncées prochainement. Antoine Simonato, Président de la SHLM      ...

    Guides-étudiant en 2026

     

    Nous tenons à remercier chaleureusement nos trois guides, Avelyn, Clélia et Matthias, pour leur excellent travail et leur engagement tout au long de l’été.

    Clélia Fournier
    Avelyn Daoust-McMahon

    Grâce à leur accueil chaleureux, leur enthousiasme et leur intérêt pour l’histoire, ils ont contribué à faire découvrir le patrimoine de la région à de nombreux visiteurs, certains venus d’aussi loin que la Nouvelle-Zélande. Ils ont notamment assuré l’accueil des visiteurs, animé les visites guidées du Vieux-La Prairie et, en collaboration avec l’ArchéoMusée, accueilli de nombreux groupes de jeunes lors des Journées du Vieux-La Prairie.

    Ils ont également répondu aux requêtes généalogiques et nous ont apporté une précieuse aide auprès de nos bénévoles dans le cadre de différentes tâches et recherches.

    Merci, Avelyn, Clélia et Matthias, pour votre dynamisme et votre belle contribution à notre saison estivale 2026!

    Nous vous souhaitons une excellente rentrée et beaucoup de succès dans vos études!

    Nos guides seront exceptionnellement de retour pour la Fête des récoltes, la Journée du patrimoine religieux et la Journée de la culture, auxquelles nous vous convions chaleureusement, ainsi que pour les visites effrayantes en octobre!

    L’exposition consacrée à Joséphine Marchand se poursuit! Nous remercions chaleureusement le Musée du Haut-Richelieu pour le prolongement de cette belle exposition jusqu’à la fin septembre.

     

    Matthias Galanis
      Nous tenons à remercier chaleureusement nos trois guides, Avelyn, Clélia et Matthias, pour leur excellent travail et leur engagement tout au long de l’été. Clélia Fournier Avelyn Daoust-McMahon Grâce à leur accueil chaleureux, leur enthousiasme et leur intérêt pour l’histoire, ils ont contribué à faire découvrir le patrimoine de la région à de nombreux visiteurs, certains venus d’aussi loin que la Nouvelle-Zélande. Ils ont notamment assuré l’accueil des visiteurs, animé les visites guidées du Vieux-La Prairie et, en collaboration avec l’ArchéoMusée, accueilli de nombreux groupes de jeunes lors des Journées du Vieux-La Prairie. Ils ont également répondu aux requêtes généalogiques et nous ont apporté une précieuse aide auprès de nos bénévoles dans le cadre de différentes tâches et recherches. Merci, Avelyn, Clélia et Matthias, pour votre dynamisme et votre belle contribution à notre saison estivale 2026! Nous vous souhaitons une excellente rentrée et beaucoup de succès dans vos études! Nos guides seront exceptionnellement de retour pour la Fête des récoltes, la Journée du patrimoine religieux et la Journée de la culture, auxquelles nous vous convions chaleureusement, ainsi que pour les visites effrayantes en octobre! L’exposition consacrée à Joséphine Marchand se poursuit! Nous remercions chaleureusement le Musée du Haut-Richelieu pour le prolongement de cette belle exposition jusqu’à la fin septembre.   Matthias Galanis...

    Conférence

    Le pari du silence 2.0

    Avec le spectacle Le pari du silence 2.0, Nadyne Bédard nous transporte au cœur des années 1920-1940, un moment charnière où le folklore canadien-français connaît un véritable âge d’or.

    Chercheurs, collecteurs, chanteurs et conteurs parcourent alors le territoire pour sauvegarder la mémoire vivante d’un peuple en transformation.

    À travers le récit de son arrière-grand-père Philias Bédard — agriculteur, aventurier du Klondike, chanteur et informateur précieux des folkloristes — la conteuse dévoile comment un destin individuel s’inscrit dans un vaste mouvement collectif. Contes, chansons, archives sonores et anecdotes éclairent cette époque fascinante où la tradition orale devient un projet national.

    Nadyne Bédard est conteuse, chanteuse et médiatrice du patrimoine vivant. Depuis 2005, elle fait vivre la tradition orale québécoise à travers des contes et des chansons inspirés de récits familiaux et populaires. Avec sensibilité et engagement, elle tisse des spectacles où la mémoire, l’identité et les voix de femmes occupent une place centrale.

     

     

    EXCEPTIONNELLEMENT

    JEUDI 17 septembre 2026 à 19 h

    Théâtre du Vieux-La Prairie

    247, rue Sainte-Marie à La Prairie

    Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $

    Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393

     

     

    Le pari du silence 2.0 Avec le spectacle Le pari du silence 2.0, Nadyne Bédard nous transporte au cœur des années 1920-1940, un moment charnière où le folklore canadien-français connaît un véritable âge d'or. Chercheurs, collecteurs, chanteurs et conteurs parcourent alors le territoire pour sauvegarder la mémoire vivante d'un peuple en transformation. À travers le récit de son arrière-grand-père Philias Bédard — agriculteur, aventurier du Klondike, chanteur et informateur précieux des folkloristes — la conteuse dévoile comment un destin individuel s'inscrit dans un vaste mouvement collectif. Contes, chansons, archives sonores et anecdotes éclairent cette époque fascinante où la tradition orale devient un projet national. Nadyne Bédard est conteuse, chanteuse et médiatrice du patrimoine vivant. Depuis 2005, elle fait vivre la tradition orale québécoise à travers des contes et des chansons inspirés de récits familiaux et populaires. Avec sensibilité et engagement, elle tisse des spectacles où la mémoire, l’identité et les voix de femmes occupent une place centrale.     EXCEPTIONNELLEMENT JEUDI 17 septembre 2026 à 19 h Théâtre du Vieux-La Prairie 247, rue Sainte-Marie à La Prairie Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $ Pour information : www.shlm.info, 450-659-1393    ...

    Conférence

    Philippe Gélinas, ménétrier (crédit photo: Élise Boer) (Joueur d’instrument de musique populaire sous l’Ancien Régime et au Moyen Âge, souvent appelé violoneux de campagne.)

    Oyez, Oyez, Voyage musical unique à travers le temps !

    Des grands châteaux du Moyen Âge, jusqu’au coeur des belles seigneuries de la Nouvelle-France, venez entendre les airs à danser des ménestrels et les chants de rame des canotiers d’autrefois.

    Par le biais d’anecdotes historiques, le multi-instrumentiste Philippe Gélinas propose une activité artistique interactive autour d’instruments inusités: vièle à archet, cornemuse, luth, cistre, dulcimer, flûtes, vielle à roue…

    Des musiques étonnantes qui ont animé la vie des gens il y a plus de 400 ans!

    Fondateur et directeur artistique de l‘Atelier du Conte en musique et en images (ACMI), il a parcouru les routes du Québec et à l’extérieur des frontières pour présenter la musique ancienne et les instruments d’époque et ce, pendant plus de 30 ans.

     

     

     

    Mardi 13 octobre 2026 à 19 h

    Théâtre du Vieux-La Prairie

    247, rue Sainte-Marie à La Prairie

    Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $

    Pour information : https://shlm.info, 450-659-1393

     

     

    Philippe Gélinas, ménétrier (crédit photo: Élise Boer) (Joueur d'instrument de musique populaire sous l'Ancien Régime et au Moyen Âge, souvent appelé violoneux de campagne.) Oyez, Oyez, Voyage musical unique à travers le temps ! Des grands châteaux du Moyen Âge, jusqu’au coeur des belles seigneuries de la Nouvelle-France, venez entendre les airs à danser des ménestrels et les chants de rame des canotiers d’autrefois. Par le biais d’anecdotes historiques, le multi-instrumentiste Philippe Gélinas propose une activité artistique interactive autour d’instruments inusités: vièle à archet, cornemuse, luth, cistre, dulcimer, flûtes, vielle à roue… Des musiques étonnantes qui ont animé la vie des gens il y a plus de 400 ans! Fondateur et directeur artistique de l‘Atelier du Conte en musique et en images (ACMI), il a parcouru les routes du Québec et à l’extérieur des frontières pour présenter la musique ancienne et les instruments d’époque et ce, pendant plus de 30 ans.       Mardi 13 octobre 2026 à 19 h Théâtre du Vieux-La Prairie 247, rue Sainte-Marie à La Prairie Membres SHLM : GRATUIT. Non-membres : 8 $ Pour information : https://shlm.info, 450-659-1393    ...