Au jour le jour, mai 1997

Louis Lavallée, historien de la Seigneurie de La Prairie, avoue cependant être dans l’impossibilité de chiffrer la population. Dès son origine, La Prairie s’avère un lieu de passage pour une population “flottante” composée de voyageurs et autres qui n’y prennent pas racine.
Francophones et anglophones s’unissent en 1819 pour presser les autorités de repousser les limites du Village. La pétition signale l’urgence d’agir pour satisfaire les nombreuses demandes de futurs villageois. Les protestants réclament des terrains pour y bâtir un lieu de culte, des artisans réclament un lieu pour y établir leurs boutiques et plusieurs «retraités» veulent quitter leur ferme pour habiter le Village. Sans le dire, des spéculateurs voient miroiter les bénéfices futurs entraînés par la hausse de prix des terrains.
L’empiètement dans la Commune est d’importance, et l’acquisition des terrains doit s’effectuer en tenant compte de plusieurs facteurs.
Tout d’abord, il faut savoir que les jésuites se sont vus garantir la jouissance de leurs biens par le traité de Paris de 1763. Ces biens sont alors considérés «biens ecclésiastiques». Signalons ici que les jésuites avaient reçu 1/8 de toutes les terres concédées par le Roi de France, la superficie totalisant près d’un million d’arpents. C’est à peine inimaginable… La nouvelle colonie britannique établie dans le Bas-Canada doit se peupler. La vallée du Saint-Laurent était convoitée depuis si longtemps et l’Angleterre craint les populations du sud qui sont déterminées à en faire une 14e colonie dans l’Union américaine. En 1776, les États d’Amérique déclarent leur indépendance et coupent leurs liens avec l’Empire Britannique. C’est l’exode des loyalistes, dont 6,000 émigrent au Bas-Canada. La population francophone se chiffre à 113,000 en 1784. Les loyalistes prennent racine à l’extérieur des Seigneuries, ne voulant pas s’astreindre à un régime de propriété foncière qui leur est entièrement étranger.
Les gouverneurs qui se succèdent après la Conquête à la direction du Bas-Canada accusent des accrocs aux garanties des jésuites. Cependant, jusqu’en 1819, la Commune de La Prairie demeure dans ses limites établies en 1724.
Au pays, en 1800, décède le dernier jésuite résidant au Canada. Rappelons que l’ordre des jésuites avait été supprimé en 1773 et sera rétabli par le Pape en 1814. Pendant 40 ans, la Compagnie de Jésus a cessé d’être reconnue par l’Eglise; l’administration de ses biens au Canada avait été assumée par le gouverneur britannique.

L’ancêtre David L’Étourneau, originaire de Muron, arrondissement de Rochefort, en Saintonge, marié à Sébastienne Guéry a eu trois enfants : une fille, Marie, et deux fils, David et Jean. Après le décès de Sébastienne, David se marie en 1654, en deuxièmes noces, à Jeanne Baril, qui lui donne deux autres enfants. On ne sait pas exactement pourquoi David s’embarqua sur un navire (peut-être le Taureau) en partance pour la Nouvelle-France en mai 1658. Il est accompagné de ses deux fils nés d’un premier mariage. En arrivant au pays, David et ses fils se mirent sans doute au service d’un fermier, à Château-Richer, semble-t-il. Cependant, personne n’a pu trouver leur contrat d’engagement pour 36 mois.
David mit tout en œuvre pour installer ses deux fils, nés du premier mariage, et préparer son foyer pour recevoir son épouse et ses autres enfants, Marie étant demeurée en France. David achète une terre en 1661 dans la paroisse Sainte-Famille à l’Île d’Orléans. Il semble s'être installé avec sa femme à Beauport dès 1665. David prit la charge du moulin à farine du seigneur Giffard puis celui de Château-Richer en 1667. David Létourneau mourut marchand-meunier "demeurant au moulin et à la ferme du Château-Richer" en 1670.
Michel Létourneau est né à Montréal (Ville Émard) en 1951. Il vit à Châteauguay depuis plusieurs années. Architecte de profession, il enseigne la restauration de bâtiments anciens dans un collège privé depuis 1990. Membre de la Société historique depuis 22 ans, Michel a contribué par ses recherches historiques à la déclaration de l'arrondissement historique de La Prairie. Il fut actif lors des fouilles archéologiques du site de l'ancienne Académie Saint-Joseph, et il a collaboré à la rédaction et à l'illustration du bulletin "Le Bastion" et à de nombreuses autres publications. Michel est actuellement très actif au sein de la Fondation Royal-Roussillon où il siège comme vice-président, et continue de promouvoir la sauvegarde et la mise en valeur du patrimoine de notre région.
En collaboration avec Yves Bellefleur, président de la fondation, il dirige actuellement l'important projet de restauration de l'ancien presbytère de Saint-Constant.

Dans les hautes sphères gouvernementales on cherche une solution au problème aigu du financement des écoles. Pourquoi ne pas utiliser l’usufruit des Biens des Jésuites? Bien plus, il apparait tout à fait légitime de convertir du terrain où ceux-ci ont des droits de propriété en terrains lotir. C'est ce qui advient à La Prairie. A même la Commune on taille un terrain résidentiel. L’acquéreur d'un lot s'engage cependant à payer des renies seigneuriales pour toujours.
(…) Suivant la Coutume de Paris et le titre de concession dans la Seigneurie de La Prairie (…)
Le plan d'arpentage de William Sax présente l’image d'un terrain sans obstacles. Chacun des lots mesure 60 pieds de front par 90 pieds de profondeur pour une superficie de 50 toises. Les piquets de bornage sont en cèdre! Par opposition, le plan du vieux village offre une forme irrégulière et singulière héritée du tracé du Fort existant en 1705. L'actuel arrondissement historique (1997) a conservé cette particularité unique au Québec.
Le Fort Neuf comprend 224 lots pour habitations, 12 lots sont réservés pour l'église et son cimetière. Les limites sont celles d'aujourd'hui: rue St-Henri, rue Sainte-Rose, chemin de SaiJ1t-Jean et rue Saint-Laurent. Cc nouveau quartier, baptisé Fort Neuf, co11scrvernccue appellation jusqu'en 1950. On disait: Allons au Vieux Fort ou au Fort Neuf.
Déjà en 1821, 167 lots ont trouvé acheteurs. Le bas niveau du sol du nouveau quartier fera que les habitations se construisent d’abord au sud-est de la rue Notre-Dame. Chaque propriétaire s'engage par contrai à participer à une corvée pour creuser un fossé qui canalisera l'eau de pluie et de fonte des neiges vers le fleuve. De plus, ces terrains facilement inondables recevaient les eaux du fleuve lorsqu'à l'automne il y avait la «prise des glaces» ou inondation. Cette vulnérabilité retardera les constructions dans le quadrilatère des rues Saint-Laurent, Saint-Georges, Notre-Dame et Saint-Henri. Le long de la rue Saint-Georges, certains terrains demeureront vacants jusque dans les années 1930-40. Les «anciens» conservent en mémoire les jardins qu'on y cultivait et les pacages pour chevaux dans le «grand bout». Pour les jeunes, ces terrains devenaient une patinoire fort achalandée. La nature fournissait chaque année «l 'eau montée» et le domaine (l'actuel quartier La Citière) offrait lui aussi une surface gelée qui devenait lieu d'amusement.
Un événement majeur viendra accélérer l’urbanisation de la Rive-Sud du Saint-Laurent, l’ouest de Saint-Lambert, dans les années 1950: la canalisation du fleuve Saint-Laurent. Certains autres facteurs contribueront également à celle venue en grand nombre de citoyens qui quittent Montréal pour la banlieue. Le territoire de La Prairie change, et rapidement. Jamais plus pourra-t-on dire de La Prairie que c'est une petite ville semi-rurale. A même les fertiles terres agricoles de l'ancienne ville et Seigneurie vont naître deux villes: Candiac et Brossard. Celle dernière devient vite cosmopolite et sa population dépasse les 60,000 habitants à l'aube du XXIe siècle. La Côte Sainte-Catherine, autrefois cultivée par les censitaires du début de la colonie, se sépare de La Prairie et devient ville autonome.

Dans le territoire que conserve La Prairie, on modifie l’utilisation de plusieurs terres pour y implanter le quartier résidentiel de «La Magdeleine». Dans le cœur de la ville, le grand terrain laissé vacant par l’ancienne commune est exproprié par la municipalité, loti et rapidement construit. On y crée une deuxième paroisse, le Christ-Roi. Puisque les droits de 1694 existent toujours, une indemnité est négociée. Les ayant droit, soit les censitaires, représentés par les syndics de la Commune, font appel à la Législature provinciale pour que prenne fin l’existence de la Commune de La Prairie de la Magdeleine, ce qui est accordé en 1966. Conséquemment, les Jésuites demeurent les seuls propriétaires de ce qui reste des terrains de la Commune.
En compensation pour cette transmission de propriété, les Jésuites avaient accepté de verser la somme de 350 000 $ à être partagés entre 713 censitaires. À titre d’exemple, la somme de 255 $ a été versée au propriétaire des lots 136-137, dans le Village, rue Saint-Jacques. Quant au propriétaire des lots 211 à 216, situés rue Saint-Georges, dans le Fort Neuf, il recevra 125 $.
La Commune de La Prairie a existé de 1694 à 1966 comme entité juridique à propriété partagée. Depuis 1966, les Jésuites ont vendu tous leurs terrains de l’ancienne commune à des promoteurs immobiliers.
Après Brossard et Candiac, La Prairie devient à son tour une banlieue de la métropole. Des quartiers résidentiels nouveaux sont bâtis : La Citière (ancien domaine des Jésuites), le Grand Boisé (partie de la commune), l’arrondissement et la Clairière. La Ville de La Prairie établit un nouveau plan d’urbanisme (no 940) en 1993. Une vaste étendue agricole est conservée en direction sud-est vers Saint-Luc et l’Acadie. Cette zone verte, vestige des concessions où les premiers colons se sont taillés une terre dans le pays neuf qu’était la Nouvelle-France, rencontré à l’opposé, sur les rives du grand fleuve, «l’arrondissement historique», le Vieux-La Prairie, dont la configuration témoigne de l’existence du Fort de 1705.
La Prairie, ville d’avenir, se souvient de son passé

L’Association des familles Monet et Monette d’Amérique Inc. organise son cinquième rassemblement annuel, le 14 juin 1997, à partir de 9h30, à Saint-Mathieu-de-La Prairie, au Centre communautaire situé au 299 St-Édouard (route 15 sud, sortie 38, tourner à droite après la sortie, rouler jusqu’au village, passer devant l’église et tourner immédiatement à gauche et c’est à 100 mètres sur votre gauche.)
L’invitation s’adresse à tous les Monet, Monette, Boismenu, Boivenu et en particulier à toutes les femmes qui ont, après mariage, adopté le patronyme de leur mari.

|
Élisabeth, Virginie et Flavie |
||
|
Michel Létourneau Francine Langlois |
La Visitation de Notre-Dame de Château-Richer 02 septembre 1994 |
Richard Langlois Claire Lauzon |
|
Gilles Létourneau Berthe Riendau |
Saint-Zotique de Montréal 18 octobre 1947 |
Léopold Riendeau Bertha Legris |
|
Elzéar Létourneau Marie-Lucrèce Esméralda-Lefebvre |
Saint-Constant, cté de La Prairie 13 février 1893 |
Isaïe Lefebvre Marie Alaire |
|
Siméon Létourneau Marie-Réa Cardinal |
Saint-Constant, cté de La Prairie 10 octobre 1865 |
Solime Cardinal Marie Trudeau |
|
Hubert Létourneau Marguerite Laslin |
Saint-Constant, cté de La Prairie 6 octobre 1834 |
Jean-François Régia-Lasselin Joseph Lanctôt |
|
Joseph Létourneau Dorothée Dupuis |
Saint-Constant, cté de La Prairie 27 octobre 1809 |
Jean-Baptiste Dupuis Charlotte Saurel |
|
Michel Létourneau Marie-Anne Desbois |
La Nativité de La Prairie 17 juin 1782 |
François Desbois Marie-Anne Monelle |
|
Joseph Létourneau Marie-Angélique Bouteillier |
Saint-Antoine de Padoue, Longueuil 13 janvier 1738 |
Antoine Bouteiller Marie-Louise Goyau |
|
Bernard Létourneau Hélène Paquet ou Pasquier |
Saint-François de l’Île d’Orléans 31 juillet 1703 |
René Paquet ou Pasquier Hélène Lemieux |
|
David Létourneau Françoise Chapelain |
Château-Richer 6 juin 1664 |
Louis Chapelain Françoise Dechaux |
|
David Létourneau Sébastienne Guéry |
David est de Muron, arrondissement de Rochefort, évêché de Saintes, Saintonge (Charente-Maritime) France. |
Sébastienne (n’est pas venue au Canada) |

1. À corriger – Dons – mars
De : Robert Gagné
Répertoire des actes notariés des familles Gagné et Bellavance
2. À notre souvenir
Le 18 mars dernier est décédée Aurore Serres-Martin. Aurore fut active à la SHLM et a siégé au conseil d’administration. Elle a également collaboré dans le domaine de la généalogie. Tous ceux qui ont travaillé avec elle ont pu apprécier son affabilité et son grand souci du travail bien fait. Ses funérailles auront lieu le samedi le 10 mai, à l’église de Saint-Philippe.
3. Internet
La SHLM est maintenant branchée sur INTERNET. Nos membres qui veulent correspondre avec nous par le biais de l’autoroute électronique n’ont qu’à cliquer : [email protected]
4. Projet subventionné
Le projet subventionné par Assurance-Emploi a été prolongé jusqu’au 30 avril. Martin Hogue, archiviste et Sonia Cadoret, graphiste ont accompli des tâches d’une grande utilité pour la SHLM. Nous devons à Sonia Cadoret la présentation graphique de la Brochure 1997 du dépliant publicitaire pour ARCHI-LOG et de la mise en page de notre site WEB.
5. Baptêmes et sépultures à la Prairie
Notre président, Jean L’Heureux, espère faire éditer en 1997 les répertoires des baptêmes et sépultures de La Prairie. À date il en est à plus de 50,000 noms. La recherche se continue; tenant compte du fait que la date de départ est 1667, ce n’est pas une mince tâche. Il faut également tenir compte des changements de noms pour certains descendants d’un même ancêtre…
6. Dons
De Suzanne Perrault, de La Prairie : Les Communes de La Prairie, Élisée Choquet, 1935
De Yvon Trudeau : 4 caisses de documents historiques relatifs à l’histoire de Delson, 1 caisse de documents généalogiques sur différentes familles.
Différents volumes et publications.

C’est sous la présidence d’honneur de Madame Louise Beaudoin, ministre de la Culture et des Communications, que la Société historique de La Prairie lançait le 12 mai dernier la brochure « L’arrondissement historique de La Prairie »
Cette brochure sera bientôt distribuée dans tous les foyers de La Prairie
Conformément à la loi 25 du Québec, nous utilisons des témoins (cookies) pour :
Vous pouvez modifier vos choix à tout moment via notre politique de témoins.
Au jour le jour,
Par