Au jour le jour, octobre 2006

Le chien Niagara et le mousquetaire: héros obscurs en Nouvelle-France
Le retour à Montréal
Harcelée par les Tsonnontouans et sans aide de leurs alliés indiens, la troupe quitte le poste de Niagara pour le retour à Montréal. Le chef des Hurons, Kondiaronk apprend que le gouverneur Français négocie avec l’ennemi Iroquois et il sabotera toutes les tentatives de paix avec ceux-ci.
L'île de Montréal avec sa petite ville fortifiée de 650 âmes, ses « habitations » entourées de palissades de pieux, ses terres labourées, ses jardins et ses vergers, était un petit monde plein de courage, d'élégance, de politesse formaliste et de discipline militaire. Le gouverneur de l'île, le chevalier de Callières ou M. Le Moyne de Longueuil recevaient; ils donnaient souvent des dîners pour leurs officiers. M. Des Bergères réuni avec son épouse et ses trois enfants se refaisait une santé à l’automne de 1688 pour ensuite participer à la défense de la Nouvelle-France.
À la fin de l’automne 1688 la petite troupe du capitaine Des Bergères est cantonnée chez les habitants de la côte de Batiscan et de la seigneurie de Champlain pour la saison morte.
Nous croyons que Monsieur Des Bergères, sa famille et son chien Niagara sont logés chez une notable de la place, Madame Jeanne Dandonneau. Elle est la veuve de Jacques Babie de Ranville, marchand et ancien officier du Régiment de Carignan décédé le 27 juillet précédent. Jeanne n’a que 34 ans et est enceinte de son onzième enfant.
L’enfant naît le lendemain de Noël, le 26 décembre 1688, et Monsieur Raymond Blaise Des Bergères est demandé comme parrain. L’enfant, Raymond Babie, portera le prénom de son parrain.
Durant les mois d’hiver (entre le 18 janvier et le 20 avril 1689) plusieurs soldats de la compagnie Des Bergères épousaient les filles des colons-défricheurs chez qui ils étaient hébergés. L’été suivant, M. des Bergères signe comme témoin quand François Lagarenne, un soldat de sa compagnie, se noie dans le Saint-Laurent et est enterré à Champlain le premier août 1689.
Monsieur Des Bergères en tant qu’officier était exempté de toute corvée. Son seul souci consistait à trouver les moyens de tromper l’ennui. Plusieurs officiers célibataires se disputaient la compagnie de jolies filles des seigneurs et notables de la place.
Des Bergères et sa femme Anne Richard sont témoins aux noces de certains, dont le commandant du fort Chambly, François Lefebvre Duplessis-Faber le 7 janvier 1689. Le 5 février suivant à Champlain, les deux officiers qui devaient se battre en duel quelques mois plus tard, apposèrent leur signature au bas du contrat de mariage de leur collègue, le capitaine Paul-Louis Dazemar de Lusignan. Vingt et une personnes, dont Anne Richard, ont également signé au bas de ce document rédigé par De Meromont, le notaire seigneurial.
Le sentier de la guerre
Les Agniers (Mohawks) ne restent pas neutres. Avec l’aide du gouverneur de l’état de New-York, Thomas Dongan, ils lèvent la hache de guerre contre la Nouvelle-France.
Partout autour de Montréal courent les rumeurs faisant état de fermes détruites, de familles entières massacrées ou amenées en captivité. En 1688-1689 la seigneurie de La Prairie reçoit 4 ou 5 familles réfugiées de Chambly Les familles sont celles de : François Bourassa, Jean Bessette, Bernard Deniger, René Dumas et également celle de Louis Bariteau dit Lamarche. et aurait maintenant une population de presque 200 habitants.
Entre l’automne 1688 et l’été 1690 M. Des Bergères, le « Mousquetaire Noir », et son chien noir Niagara participent à l’occasion à des opérations militaires avec la brigade des « 100 Mousquetaires » du Chevalier de Clermont. Cette troupe de choc créée par l’ancien colonel des Mousquetaires du Roi, le Marquis de Vaudreuil, avait pour tâche de faire la navette sur la Rive-Sud, entre La Prairie et Sorel, pour débusquer les nombreux partis iroquois ennemis qui rôdaient et qui semaient la terreur dans toute la région.
« Par ses nombreux déplacements avec son maître, le gros chien noir Niagara a connu toutes les pistes et les avenues entre les postes de la rive sud et celui de Chambly ». Et, en route, le chien s’était également fait plusieurs amis car l’instinct de sentinelle et de gardien qu’il avait hérité de sa mère « Vingt-Sols », avait permis d’éviter quelques guet-apens et embuscades des Iroquois. Tous savaient qu’il était de cette race de chien européen qui irait jusqu’à se faire mettre en pièces pour défendre son maître.
Le Mousquetaire du Roi
À l’été de 1689, quelques semaines avant le « massacre de Lachine » il y a une altercation entre le mousquetaire Des Bergères et M. François Lefebvre Duplessis-Faber tous deux « capitaine dans les troupes que sa Majesté a détaché de ses vaisseaux pour la Nouvelle-France en Canada ». Le sujet de la querelle fait en sorte que les deux belligérants en viennent aux coups à Trois-Rivières le 15 juillet en soirée et l’altercation se termina par un duel. « Les officiers dégainèrent prestement l’épée et se fouettèrent mutuellement d’estoc et de taille tant et si bien que Des Bergères reçut une entaille assez grave que le chirurgien-major des troupes, M. Michel Sarrazin, fut obligé de lui donner des soins ».
Quelques jours plus tard, les deux duellistes furent mis aux arrêts et leur procès s’instruisit dès que M. Jean-Baptiste Migeon de Bransac, « juge bailli » de Montréal fut rendu aux Trois-Rivières le 19 juillet pour s’informer de l’affaire en question. Sous le Régime Français les édits royaux contre ce crime étaient très sévères pour les coupables. Les deux officiers, risquent de perdre leurs commandements, honneurs, dignités etc., être bannis du royaume pour trois ans et perdre la moitié de leurs biens. Et s’il y a mort d’homme suite au duel, la peine de mort attend le vainqueur!
Onze personnes viennent témoigner, dont Jean Sicard de Carufel alors premier sergent de la compagnie de M. des Meloizes. Le 16 novembre 1689, devant le Conseil Souverain à Québec, les deux antagonistes furent absous, mais Lefebvre parce qu’il était l’agresseur dut verser à Des Bergères la somme de 600 livres à titre de dédommagement et payer les dépens.

François Lefebvre, 42 ans, était un gentilhomme de Paris « maistre d’hostel ordinaire de sa Majesté » et fils de Pierre Lefebvre l’un des « gentils hommes serviteurs de sa Majesté en son hostel de ville de Paris ». Ce noble « poudré » fut, suite aux incidents, écarté de son commandement à Chambly et de futurs postes importants de l’état-major à cause, semble-t-il, de son penchant pour la dive bouteille. En 1692 dans le rôle des officiers, le gouverneur de Montréal De Callières dit de lui « il est attaché au vin, n’est pas bon pour le pays ».

Des Bergères lui était originaire de Saint-Pierre d’Orléans et à 21 ans il eut l’honneur de servir pendant sept ans dans un corps d’élite de l’armée Française, les « Mousquetaires » de la maison du roi Louis XIV. La deuxième compagnie, 150 gentilshommes, appelée « les mousquetaires noirs » formait, avec beaucoup de panache, la garde habituelle du roi dans ses déplacements. Ce corps d’élite avait le Roi pour capitaine, et il se disait autant satisfait de leur sagesse que de leur valeur au combat. Cette cavalerie légère était dotée d’un chapeau et d’habits de velours noir galonnés d’argent et d’une monture de couleur noire. Leurs armes sont l’épée, la dague, le fusil et deux pistolets; le trop lourd mousquet ne servait plus qu’aux parades militaires.
Afin d’accéder au grade d’officier, les turbulents mousquetaires doivent effectuer leur service dans un corps privilégié. Monsieur Des Bergères en 1685 avait choisi de suivre le Marquis de Denonville en Nouvelle-France en tant que capitaine d’une compagnie franche de la marine. Cet officier participe à la grande expédition militaire contre les Tsonontouans en 1687 et il jouera un rôle militaire très important sur nos rives. Il est de tous les combats durant la guerre franco-iroquoise de 1687-1701; commandant successivement au fort Niagara, au fort Chambly et au fort Frontenac (Kingston) et appartient avec son chien Niagara à la grande histoire.
Suite et fin dans notre prochain numéro…

Dans l’atmosphère de l’Halloween, faites une visite du Vieux-La Prairie comme vous ne l’auriez jamais imaginée. Guidé par un journaliste qui n’a pas froid aux yeux, vous découvrirez, par l’intermédiaire de fantômes, des anecdotes depuis longtemps reléguées dans l’ombre du passé.
Une activité pour toute la famille réunissant fantaisie et histoire, le tout animé par une bande de fantômes costumés.
Rendez-vous à la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
Au 249, rue Sainte-Marie
Au coucher du soleil, le soir du samedi 21 octobre 2006
(en cas de pluie, l’activité est remise au lendemain)
Demi tarif pour les moins de 16 ans et les membres de la Société
Le nombre de places étant limité vous devez réserver au 450-659-1393

Bonjour chers membres,
Nous voilà déjà rendus à l'automne et il y a plein d'activités à venir. Votre conseil d'administration participait le 13 septembre dernier au lancement de la nouvelle Chambre de commerce et d’industrie du Royal Roussillon qui regroupe sept municipalités et plus de deux cents membres dont nous sommes fiers d'en être membre. M. Gaétan Bourdages y a présenté un diaporama sur l'origine du régiment du Royal Roussillon qui fut très apprécié des convives.
Votre c.a. souhaite faire une mise à jour des travaux de recherche en cours de réalisation par nos membres bénévoles. Nous pourrions par la suite publier les résultats de ces recherches dans le Au jour le jour et en assurer le suivi. C’est pourquoi nous prions nos membres de nous faire part des travaux qu’ils effectuent pour la SHLM ainsi que des documents qu’ils ont en leur possession. Votre collaboration nous est indispensable pour assurer une gestion efficace des études historiques réalisées chez nous.
Cette année, notre brunch sera remplacé par un souper qui aura lieu le onze novembre au Golf de La Prairie sous la responsabilité de Mme Montpetit. À inscrire à votre agenda. C'est à ne pas manquer.
René Jolicoeur, président

Conférence du mois d’octobre
Le 17 octobre à 19h30, M. Gilles Proulx, animateur de radio bien connu, viendra nous entretenir sur l’histoire de la radio. Un rendez-vous à ne pas manquer.
Information : 450 -659 -1393

Chambre de commerce
Le 13 septembre dernier, le c.a. de la SHLM participait au cocktail du président de la Chambre de commerce et d’industrie Royal Roussillon. L’objectif de la soirée était de présenter aux membres le nouveau nom, le logo, les couleurs de la nouvelle bannière ainsi que la programmation des activités pour la saison 2006-2007. La SHLM s’y illustra en présentant devant plus de 200 participants un diaporama « Power Point » sur le régiment Royal Roussillon ainsi qu’un second diaporama composé de photos anciennes décrivant l’évolution des commerces dans notre région.
Vieux bureau de poste
M. Richard Gandolfi notaire, a fait appel à la SHLM pour l’aider à compléter certaines informations sur l’histoire du vieux bureau de poste dont il est le nouveau propriétaire. En guise de remerciement, M. Gandolfi a remis à la Société un dossier complet sur l’histoire de la bâtisse. Une belle acquisition pour nos archives.
Cent fois merci
Votre conseil d’administration désire, au nom de tous les membres de la Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine, remercier sincèrement le conseil de ville de La Prairie et plus particulièrement notre mairesse Mme Lucie F. Roussel, pour l’aide financière et l’appui continuel accordés à notre société d’histoire. Nous ne saurions être aussi dynamiques sans cette indéfectible complicité.

La radio allumée
Pour les douze prochains mois toutes les conférences, les expositions et autres activités de la SHLM destinées au grand public seront annoncées sur la station de radio FM 103,3. Voilà pour nous une occasion privilégiée de mieux nous faire connaître puisque FM 103,3 est l’unique média électronique régional implanté et impliqué dans son milieu. Il s’agit d’une véritable porte d’entrée auprès des 500 000 personnes de la Rive-Sud de Montréal.
Société littéraire
M. Jean-Marie Legault de La Prairie nous faisait don récemment du cahier manuscrit des procès-verbaux des réunions de la Société littéraire depuis 1906 jusqu’en 1982. M. Legault fut le dernier secrétaire de la Société : « Durant les dernières années ce n’était plus une société littéraire. On organisait des bouillons au maillé et on jouait aux cartes. C’était des rencontres sociales. En 1982 la ville nous a demandé le local à l’étage du Vieux Marché et nous a offert de nous loger à la Maison à tout l’monde. On a refusé puisqu’il n’y avait plus personne qui venait aux réunions. Ce fut la fin. »
Inutile d’ajouter que ce cahier renferme de précieuses informations sur l’histoire de la Société littéraire. Nous y reviendrons.
M. Legault nous a également remis le cahier des règlements de la Société littéraire.
Fil de l’histoire
Vous souhaitez connaître à l’avance les activités à venir de la SHLM? Il vous suffit de consulter la rubrique « Fil de l’histoire » sur le site web de la Fédération des sociétés d’histoire du Québec. Vous pourrez également en apprendre davantage sur les activités proposées par les autres sociétés d’histoire membres de la FSHQ.
http://www.histoirequebec.qc.ca
Congrès de l’APMAQ
Le congrès des Amis et propriétaires de maisons anciennes du Québec (APMAQ) se tiendra cette année les 13,14 et 15 octobre dans le Vieux La Prairie. À cette occasion la SHLM offrira aux congressistes une exposition de photos de maisons anciennes.
Pour en savoir davantage :
www.maisons-anciennes.qc.ca


Fidèle à la tradition la SHLM invite ses membres à un souper le samedi 11 novembre 2006 au Club de golf La Prairie.
Heure : 17h 30
Coût : 30$ par personne
Au menu : suprême de volaille
Chaque table peut recevoir huit convives, à vous d’organiser votre table.
Informations au 450-659-1393

Dans notre numéro de septembre nous annoncions que la conférence de Mme Jacynthe Tardif sur « Le mariage en Nouvelle-France » aurait lieu le mardi 21 mai 2007.
Il s’agit d’une erreur. Cette conférence aura plutôt lieu mardi le 15 mai 2007.
Prière d’apporter la correction sur votre calendrier. Toutes nos excuses.

Éditeur :
Société d’histoire de La Prairie-de-la-Magdeleine
Dépôt légal 2002
Bibliothèque nationale du Québec
Bibliothèque nationale du Canada
ISSN 1499-7312
Collaborateurs :
Coordination : Jean-Pierre Yelle
Rédaction : Gaétan Bourdages; Albert LeBeau
Révision : Jean-Pierre Yelle
Infographie : SHLM
Impression : Imprimerie Moderne La Prairie inc.
Siège social :
249, rue Sainte-Marie
La Prairie (Québec) J5R 1G1
Tél. : 450-659-1393
Courriel : [email protected]
Les auteurs assument l’entière responsabilité du contenu de leurs articles et ce, à la complète exonération de l’éditeur.
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