Les bulletins de la SHLM

Construite en 1937, l’école du Rang 2 rang d’Authier en Abitibi ferme ses portes en 1958.  Classée immeuble patrimonial en 1982,  elle devient par la suite un centre d’interprétation de l’histoire scolaire du Québec. Photo : YSM

L’école de rang du chemin des Prairies (2)

Une école pour les enfants du peuple

 

L’histoire de la petite école de rang au Québec débute en 1829 au moment où se met en place  un nouveau système public d’écoles élémentaires gratuites, dites écoles « de syndics ».   

Au début du 19e siècle, l’analphabétisme sévit chez les Canadiens français. Depuis la Conquête de 1760, le gouvernement tarde à organiser l’enseignement public avec pour conséquence des générations d’enfants privés complètement d’instruction. L’établissement de deux régimes scolaires parallèles, soit l’Institution royale en 1801 et les écoles de Fabrique en 1824, n’améliorent guère la situation.

Sur une population d’environ 450 000 personnes en 1825, à peine 13 000 sont capables de lire et d’écrire.1  

Devant ces résultats déplorables, le 14 mars 1829, la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada, composée en majorité de députés du Parti patriote, réussit à faire adopter la loi intitulée Acte pour encourager l’éducation élémentaire, mieux connue sous le titre de Loi des écoles de syndics.  Bien au fait de la pauvreté des paroisses, causée entre autres par une succession de mauvaises récoltes, l’État subventionnera plus généreusement le nouveau régime scolaire. Il rembourse la moitié de la construction d’une  maison d’école, verse le salaire du maître (20 livres par année) plus une allocation de dix chelins par enfant pauvre instruit gratuitement.

Quant à la communauté locale, celle-ci doit également s’impliquer. Les propriétaires fonciers ont la responsabilité d’élire les « syndics » ou administrateurs chargés de la gestion locale des écoles. De leur part, les parents sont tenus de participer à la construction de la  bâtisse  en plus  de verser au maître une contribution mensuelle.

Cette fois, l’initiative est couronnée de succès. Le nombre d’écoles augmente ainsi que le taux de fréquentation des enfants. Au début de 1832, on dénombre 1 282 écoles fréquentées par près de 45 203 écoliers. Si bien qu’à cette date, le Comité permanent sur l’éducation considère qu’un enfant sur trois se rend à l’école alors qu’avant 1829, le taux se situait à un enfant sur onze.2

 

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Graveline, Pierre. Une histoire de l’éducation au Québec. BQ, 2007, p. 21-29.

2  Audet, Louis-Philippe. Histoire de l’enseignement au Québec. Tome 1, p. 361-364.

 

Au jour le jour, octobre 2019