Dans quelles mains le Rituel de 1703 a-t-il passé? Une certitude? Non, mais des hypothèses.

La paroisse de La Prairie dessert de nombreux habitants, et cela depuis les débuts : à La Prairie, il y a « une cure à servir où il y a cent habitations de français » écrit le père Chauchetière en 1682.

Le procureur général de la colonie rencontre seigneurs et habitants en 1721, dont Paul-Armand Ulric, curé fixe de La Prairie.

Jacques Marchand des Ligneries, sulpicien, est curé de La Prairie de 1731 à 1775.

À Saint-Philippe de La Prairie, Messire Ignace Gamelin est curé de 1756 à 1799. Gamelin et J. des Ligneries sont de « bons amis ».

Dans le Fonds d'Archives E. Choquet nous trouvons le testament de Jacques des Ligneries (27-03-1775) et l'inventaire après décès que dresse son exécuteur testamentaire (17- 05-1775).

Ignace Gamelin, qui préside l'inventaire des biens de « son ami », note que la bibliothèque du défunt compte 1 100 volumes. Plusieurs séries sont incomplètes… J. des Ligneries, pendant ses 44 années de ministère à La Prairie, a reçu souvent des visiteurs qui venaient « emprunter » des volumes. De plus, et ceci est fort significatif; l'évêque de Québec envoyait au curé des jeunes théologiens qui séjournaient à La Prairie pour terminer leurs études théologiques et s'initier à la pratique pastorale.

Dans le Rituel de 1703 se trouve une enveloppe vide et non datée, dont le papier très jauni témoigne de l'ancienneté. Cette enveloppe est adressée à :

Madame Frédéric Singer

St-Philippe

Or un prêtre sulpicien (1828-1887) né à Saint-Philippe avait pour père Frédéric Singer, marchand du village, sa mère avait pour nom Cécile Hert. Que cette enveloppe ait contenu une lettre envoyée par Augustin Singer à sa mère nous apparaît plausible.

Le Rituel de 1703 comprend une autre particularité : un texte manuscrit de 2 pages (recto-verso) y a été inséré et collé entre les pages 250-251. Il s'agit d'une copie du texte latin de l'indulgence plénière accordée aux catholiques du diocèse de Québec par le Pape Benoit XIV (pape de 1740 à 1758).

Tous ces indices ne peuvent nous permettre de conclure par quelles mains a passé la copie du Rituel de 1703 que possède la S.H.L.M. Ce qui importe, c'est que nous possédons ce volume qui nous permet de mieux connaître les normes sous-jacentes aux directives et observances que l'évêque de Québec voulait imposer aux colons, nos ancêtres.