Selon un témoin de l’époque, on aurait construit à La Prairie en 1846 une maison pour recevoir les Frères des Écoles chrétiennes, implantés au Québec depuis 1837. Le projet et la maison auraient disparu dans le grand incendie du mois d’août de la même année.

Le 27 mai 1847, Mgr Ignace Bourget rentre à Montréal après une absence de six mois. Après avoir quitté Rome, il était passé par la France et avait obtenu du Père Querbes l’autorisation d’amener avec lui trois Clercs de Saint-Viateur. Arrivés à New York ils ont remonté le fleuve Hudson, puis du lac Champlain et par le Richelieu ils ont atteint Saint-Jean. De là le train les transporte à La Prairie d’où ils embarquent sur le vapeur Prince-Albert qui les conduit au quai Jacques-Cartier vers 10 h du matin. C’est presque vingt ans plus tard que les Clercs reviendront à La Prairie.

En 1860 Richard Casimir Dufresne, président de la commission scolaire visite les écoles de La Prairie en compagnie du commissaire de chaque arrondissement. Il établit un rapport sur le nombre d’enfants fréquentant chacune des écoles, décrit brièvement le programme des matières enseignées et apprécie la qualité de l’enseignement.

Outre le couvent de la Congrégation de Notre-Dame, le territoire de La Prairie compte alors neuf écoles réparties selon les côtes :

Saint-François-Xavier :

45 enfants sur 57 fréquentent l’école

Côte Sainte-Catherine :

54 enfants sur 69 fréquentent l’école

Des Prairies : 19 enfants

L’Ange-Gardien : 28 enfants

Saint-Lambert : 34 enfants

Lapinière : 29 enfants

Fontarabie : 18 enfants sur 34 fréquentent l’école

La Bataille : 15 enfants

École du village : 102 enfantsStatistiques tirées du Fonds Élisée Choquet, dossier 4.9

C’est également à partir de 1860 que le curé Isidore Gravel, qui déplore les manquements dans l’éducation des garçons et craint pour l’éducation morale et religieuse des enfants, multipliera les interventions pour que les Clercs de Saint-Viateur prennent la direction de l’éducation à La Prairie. Il lui faudra patienter durant quatre ans avant que ses voeux se réalisent.

En 1864, le sous-maître H. Saint-Hilaire est partagé entre sa tâche d’enseignement et son travail de postillon. Il doit souvent s’absenter de l’école, car la livraison de la poste est selon les saisons ralentie par la température ou le mauvais état des chemins. C’est alors qu’on projette d’avoir des Frères à La Prairie.