Pour connaître ses ancêtres il suffit de dresser son arbre généalogique à partir du mariage de ses grands-parents ou de ses arrière-grands-parents. Cette tâche laborieuse et complexe il y a quelques décennies est maintenant grandement facilitée par la disponibilité de nombreuses banques de données tant sur internet que sur CD. La mise sur pied de ces registres informatisés a été rendue possible grâce à l’existence sur le territoire québécois de centaines de milliers d’actes de baptême, de mariage et de décès : les missionnaires et les prêtres notaient tout.

Des sites comme celui du PRDH (Programme de recherche en démographie historique) de l’Université de Montréal, FrancoGène ou encore Ancestry permettent de retracer nos ancêtres jusqu’aux premiers qui se sont installés en Amérique du Nord. Les plus curieux pourront même remonter plus loin en consultant les archives départementales de France ou d’ailleurs selon l’origine de leurs ancêtres.

Sauf de très rares exceptions, il est inhabituel que la recherche généalogique nous permette de remonter au-delà du 16e siècle. Bien sûr si vous comptez parmi vos ancêtres Jean-Baptiste Desrosiers dit Dutremble de Trois-Rivières vous pouvez retracer ses ancêtres de la noblesse française jusqu’à Charlemagne roi des Francs et empereur d’Occident au 8e siècle. Mais dans la très grande majorité des cas vous devrez vous limiter à deux ou trois générations en France. Le nombre de nos ancêtres connus ou prétendus est donc minime par rapport au nombre réel d’ancêtres qui nous ont précédés depuis la nuit des temps.

Il faut également être conscient que la recherche en archives renferme ses pièges et ses limites. Une généalogie peut être incorrecte parce que basée sur de nombreuses erreurs cléricales, un ancêtre a pu être confondu avec un autre ou simplement omis. Que dire des adoptions non mentionnées ou des enfants nés hors mariage? Il est aussi tentant de se fier à des généalogies déjà établies par des amateurs parfois peu rigoureux dans leurs recherches : les erreurs se multiplient et se répètent. Mieux vaut tout vérifier.

Plusieurs trouvent encore de bon ton lors de rencontres familiales de brandir, parfois à tort, leurs origines amérindiennes, irlandaises, germaniques ou autres. Les preuves de ces lignées paternelles ou maternelles sont souvent difficiles à établir de façon certaine. C’est alors que la généalogie génétique vous propose des réponses basées sur une démarche scientifique.

L’ADN est le sigle de l’acide désoxyribonucléique caractéristique de nos chromosomes qui sont le support de toute notre information génétique ou génome. Quelle que soit votre généalogie établie à partir des archives, l’analyse de votre ADN ne peut mentir. Tout en validant les résultats de vos recherches vous apprendrez rapidement d’où venaient vos lointains ancêtres : Europe, Afrique, Asie etc. Peut-être découvrirez-vous que vous n’êtes pas le descendant biologique de l’ancêtre que vos travaux désignaient jusqu’alors.

La procédure de cueillette d’un échantillon est simple : le test est fait à partir de cellules prélevées dans la bouche à l’aide d’un coton-tige que l’on frotte à l’intérieur des joues. Selon l’analyse requise (ADN autosomal ou mitochondrial) et le nombre de marqueurs génétiques il vous en coûtera entre 100 $ et 300 $ pour l’analyse.

« C’est en testant l’ADN autosomal (l’ensemble des chromosomes non sexuels contenu dans le noyau des cellules), que l’on peut connaître notre pourcentage de gène européens, amérindiens ou autre. Ce patrimoine, légué pour moitié par notre père, pour moitié par notre mère, forme le tableau […] des gènes légués par l’ensemble des aïeux de notre arbre généalogique et "rebrassé" à chaque génération. […] » Magazine Québec Science, Été 2008, page 42.

La généalogie génétique propose également un test d’ADN mitochondrial i.e. ce petit bout d’ADN légué intact par la mère à tous ses enfants. Cette analyse permet de reculer jusqu’à une ancêtre maternelle ayant vécu il y a parfois plus de 100 000 ans. Comme « les scientifiques étudiant les grandes migrations humaines ont en effet réussi à déterminer une trentaine de signatures génétiques (ou haplogoupes) à partir de l’ADN mitochondrial. Ces signatures indiquent dans quelle région du monde cette très vieille grand-maman a vécu. » Magazine Québec Science, Été 2008, page 42.

Pour en apprendre davantage vous devrez consulter le site internet du Projet ADN d’Héritage français (ADNHF) qui s’adresse à tous ceux qui pensent avoir des ancêtres français, même lointains (www.ADNHF.org). Ce projet, chapeauté par la société américaine Family Tree DNA, poursuit de nombreux objectifs dont un destiné au Filles du Roi et un autre relié aux soldats du Régiment de Carignan installés en Nouvelle-France.

Un peu comme le sont l’histoire et l’archéologie, loin de s’opposer, la recherche généalogique traditionnelle en archives et la généalogie génétique sont complémentaires et poursuivent une mission commune : nous permettre d’établir avec certitude les origines qui définissent ce que nous sommes et ce que seront nos descendants. Libre à vous d’y ajouter l’histoire familiale avec ses drames, ses traumatismes, ses joies et ses secrets enfouis. Mais attention vous n’êtes peut-être pas celui ou celle que vous avez toujours cru être…