Maison “Lavallée-Pommainville”

336 à 342 rue St-Ignace, LaPrairie.

1975

         Le terrain est concédé par les Jésuites, en 1756, à A. Cusson, maître farinier et demeurant au moulin à vent. Vers 1772, le nouveau propriétaire, Jean-Baptiste Cardinal y bâtit : “…une maison de bois sur solage et cheminé de pierre, une écurie et un four.”

La maison aura ensuite plusieurs propriétaires dont :

1775- André Perras

1788- Jean-Baptiste Chabot

1796- François Bellefleur

1797- François Rolland, négoce

1800- Pierre Frolin

1813- Henry Polonceau, orfèvre

1836- Louis Hébert

A ce moment, la vieille maison “menace ruine”. L’année suivante, M. Hébert la démolira pour y construire la maison actuelle. On mentionne la maison en 1842 alors que Hébert la vend à M. Roy Portelance.

Cette superbe maison de deux étages est alors coiffée d’un comble éclairé par six lucarnes, le toit est couvert de bardeaux de cèdre, deux cheminées de pierre en chicane servent à chauffer cet imposant volume. La répartition des ouvertures est symétrique et le toit s’arrête à l’effleurement des murs. Les murs extérieurs sont lambrissés de planches verticales teintes ou chaulées. Son allure ressemblait à ce moment à une maison de la Nouvelle-Angleterre.

Vers le dernier quart du XIXe s. l’apparence de la maison sera passablement modifiée lorsque sa vocation change pour devenir une auberge, comme d’ailleurs beaucoup de maisons dans le village à cette époque. On construira alors les larmiers du toit afin de protéger les galeries finement décorées dans l’esprit victorien en vogue à l’époque. On présume aussi que tout le cloisonnement intérieur y a été modifié.

Avec les années, suite au déclin de la vie économique du vieux bourg, l’auberge sera transformée en un “quatre logements”, les galeries seront “modernisées”, les vieilles lucarnes disparaîtront ainsi que les cheminées de pierre. Les corniches pourries seront coupées…etc..

En 1978, Mme Lavallée alors propriétaire, l’ayant héritée de son père M. Pommainville, profite des programmes de restauration alors en vigueur pour redonner à ce patrimoine familial sa splendeur d’antan. Cette initiative fort louable vint enrichir notre arrondissement historique d’un de ses plus beaux éléments.