Nous vous présentons ici quelques textes un peu disparates, mais qui ont pour mérite de nous révéler les premières allusions à La Prairie, faites par certains personnages historiques. Ces textes furent colligés par le Frère Damase Rochette.

En 1535, lors de son deuxième voyage au Canada, Jacques Cartier visita la puissante bourgade d’Hochelaga (Montréal). Le Père Charlevoix, jésuite, lui met dans la bouche ces paroles, alors qu’il était au sommet du Mont-Royal et qu’il regardait du côté du Fleuve Saint-Laurent, donc dans la direction de La Prairie : « Il en est peu au monde de plus beau et de meilleur ». (Mémoires du Père Charlevoix)

Nous avons aussi le témoignage de Samuel de Champlain qui, le 7 juin 1611, remonta la rivière Saint-Jacques – limite actuelle entre la ville de La Prairie et celle de Brossard – jusqu’au bassin de Chambly : « Elle est fort plaisante, y ayant plus de trois lieues de circuit de prairies et force terres qui se peuvent labourer ». (Les Communes, par Élisée Choquet ptre, p. 76)

Dans les Annales de l’Hôtel-Dieu de Montréal, Jeanne Mance raconte que Sœur Morin, arrivée à Ville-Marie le 17 mai 1642, relate ceci : « Le long de la grève, plus d’une demi-lieue de chemin ci-devant, on ne voyait que prairies émaillées de fleurs, de toutes couleurs, qui faisaient une beauté charmante ». (p. 76)

L’établissement de La Prairie de La Magdeleine fait partie de la Seigneurie donnée aux Révérends Pères Jésuites, le 1er avril 1647, par Monsieur de Lauzon, alors gouverneur de la colonie. (Joseph Chevalier, Notes historiques, p. 19) Mais s’il faut en croire le « Journal des Jésuites », octobre-novembre 1667, ce n’est que le 4 octobre que les Révérends Pères Jésuites en furent notifiés par l’Intendant. On lit ceci :

… Le 4 octobre, M. l’Intendant nous répond favorablement à la requête présentée pour aller établir une colonie en La Prairie de La Magdeleine. Le 5, le Père Raffeix s’embarque pour aller hiverner aux îles Percées et reconnaître en toutes les saisons les La Prairie de La Magdeleine. Caron, quatrième, monte avec luy pour en prendre connaissance. Le 14, Jean François Élie sort de la compagnie avec la permission; il s’embarque en habit séculier sous le nom de Hennevouy, conduit par deux de nos frères après avoir changé d’habit à la hâte et tout secrètement.

… Le 22, Caron retourne de là hault avec beaucoup d’estime de la terre qu’il a visitée où il a trouvé tout ce que l’on peut souhaiter dans la fin qu’on le propose en cette habitation, à la réserve de l’abord qui est difficile surtout les moys de septembre et d’octobre. (Journal des Jésuites, J 58 Jo 971 – 023, consulté à la Bibliothèque municipale de Montréal.)